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LE BOSPHORE

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du promontoire Eski - Fanaraki est destiné à protéger les ouvrages de la mer Noire contre un débarquement qui les prendrait à revers. Au delà du village de Derkos, à une grande journée de Constantinople , s'étendait la muraille d'Anastase , destinée à arrêter les incursions des Barbares.

Rive d'Asie. — La forteresse de Riva sur la côte d'Asie, à l'entrée d'une charmante vallée , est construite dans le même but que celle de Kila sur la côte d'Europe, celui de protéger les ouvrages de défense du Bosphore. On rencontre ensuite sur la côte le rocher de Colo ne ou Kromion, maintenantuni àla terre ferme par l'accumulation des sables, puis le cap Koum-Bournou , l'ancien promontoire d'Ancyraaum , d'où les Argonautes levèrent définitivement l'ancre pour se rendre aux bords du Phase. Après Koum- Bournou s'ouvre la baie de Kabakos , où l'on peut visiter deux grottes assez vastes. Cette baie présentait autrefois des Ilots , qu'on appelait les C y anées d'Asie, et qui ne sont plus que desécueils sous-marins.

• Anadouli-Fénéri, ou Fanaraki fie fanal d'Asie), marque l'entrée du Bosphore. Poiraz (par corruption de Boreas), qui vient ensuite, est un fort qui répond à celui de Karibtché sur la côte d'Europe.

Fil-Bournou , qui vient ensuite , est également fortifié. La côte présente une baie irrégulièrement découpée, dominée par une espèce de haute falaise à pic, jusqu'au promontoire de Hiéron, qui porte a son sommet le château génois, ruiné, et à son pied, le fort moderne et le village de

Anadouli-Kavak. Le promontoire Hiéron (sacré) devaitson nom antique au Temple des douze dieux, consacré par l'Argien Phrygos, et doté par Jason à son retour de la Colchide. Près de là s'élevait aussi le Temple de Jupiter favorable \ £«ù> o-jptoç), élevé par les Cnalcédoniens, et que Justinien convertit plus tard en une église dédiée à l'ar-

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change saint Michel. Ce promontoire, le dernier contre-tort jeté par les montagnes de la Bithvnie, en face du dernier chaînon de rHému8 sur la rive d'Europe , intercepte un détroit qui a toujours été considéré comme la première barrière du Bosphore contre les invasions du N . ; il a été fortifié depuis les temps les plus anciens, et a servi à la fois de défense et de bureau de péage pour les navires qui franchissaient le drtroit. Prusias, roi de Bitbynie, enleva Hiéron aux Byzantins. Cet endroit fut bien souvent le théâtre des combats livrés contre les barbares, les Hérules en 248, puis les Goths, les Russes en 865 et 941.

Au xiv" siècle, les Génois, s'emparantdu détroit (T. p. 396), y bâtirent sur la rive d'Asie le château dont on voit aujourd'hui les ruines pittoresques. Les murailles, d'une étendue assez considérable, portent encore les armes de Gênes et de Byzance. Du reste, cette possession fut disputée vivement aux Génois parles Vénitiens (1350) et par les Byzantins eux-mêmes.

C'est encore en cet endroit que ces derniers résistèrent aux premières attaques des Turcs. —Le fort à'Anadouli-Kavak a été bâti par Murad IV.

Un peu plus loin, au pied du Mont du Géant, on rencontre la batterie de Ioucha-Tabia, qui croise ses feux avec celle de Teli-Tabia {V. p. 396), et la petite échelle de Sudlidjé, quelques maisons avec un café, ombragées par un beau bouquet d'arbres, où 1 on débarque pour monter en 20 min., par un sentier bien tracé, au sommet du

Mont du Géant, en turc Ioutha- Dagh (le mont de Josué), la plus haute montagne des rives du Bosphore, élevée de 180 met. au-dessus de la mer. Le pied du Mont du Géant forme deux promontoires:

le Madgiar-Bournou (cap des Hongrois), au N. , et le Selvé- Bournou au S., séparés par la petite baie d'Umour-Iéri, qui fait face au golfr de Buyuk-Déré. Le nom

de Mont du Géant provient d'une légende classique. Amycus, roi des Bébryces, tué par Pollux au combat du ceste [V. Bey«-Koz), fut enterré sur cette montagne. Selon une tradition musulmane, qui n'a pas môme pour elle l'apparence d'une raison , le géantn'était autre que Josué (loucha), le juge des Hébreux. On trouve sur la montagne, au-dessus des ruines de l'église de Saint- Pantaléon bâtie par Justinien, le tombeau du éant, qui a été aussi nommé penant longtemps le lit d'Hercule.

C'est une fosse longue de 6 mèt.

et largede ] mèt. 50cent., entourée d'un enclos de pierres planté de fleurs et d'arbustes. Deux derviches gardent le tombeau du prétendu Josué, et les musulmans viennent y suspendre les débris de leurs vêtements déchirés, sorte d'offrande qui doit les préserver de la maladie. — Du sommet du Mont du Géant, on découvre un panorama magnifique qui s'étend au N. jusqu'à la mer Noire, et au S. jusqu'au long promontoire Bouz- Bournou, au tond de la mer de Marmara. A l'E., on plane sur une région montagneuse et pittoresque, où le regard s'égare dans de fraîches vallées entre des collines bien boisées. A l'O., c'est Je Bosphore et la cote d'Europe, déjà décrite. Constantinoplc est caché ar un pli du terrain, mais le golfe e Buyuk-Déré, Thérapia, la baie de Balta-Liman et Roumili-Hissar.

se montrent sous l'aspect le plus enchanteur. La côte d'Asie présente vers le S. ilounkiar-Iskélessi.le golfe de Bey-Koz, la pointe de Kandlidjé, puis celle de Kandilli, en face de Roumili-Hissar, et la baie de Tchenghel-Keui, dominée par le mont Boulgourlou.

Du Mont du Géunt on peut redescendre par de bons sentiers dans la iolie vallée de ïokat, ou vers le le kiosque de Hounkiar Iskélessi, à travers de belles prairies.

Un sentier qui descend du Mont du Géant vers le S.-O., nous ramène au petit port de Umour-Iéri,

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ou Kiradjilar, ombragé d'un beau bouquet de platanes, où l'on se rembarque pour suivre les rives du Bosphore.

« La cote d'Asie, dit M. de Lamartine, ne doit presque rien à l'homme; la nature y a tant fait!

Il n y a plus là ni Buyuk-Déré, ni Thérapia, ni palais d'ambassadeurs, ni vilU8 d'Arméniens ou de Francs; il n'y a que des montagnes, des gorges qui les séparent, de petits vallons tapissés de prairies qui se creusent entre les racines de rochers, des ruisseaux qui y serpentent, des torrents qui les blanchissent de leur écume, des forêts qui se suspendent à leurs flancs, qui glissent dans leurs ravines, qui descendent jusqu'aux bords des golfes nombreux de la côte ; une variété de formes et de teintes, et defeuilhge, et de verdure, que le pinceau du peintre de paysage ne saurait pas même inventer ; quelques maisons isolées de matelots, ou de jardiniers turcs, répandues de loin en loin sur la grève, ou jetées sur la plate-forme d'une colline boisée, ou groupées sur la pointe des rochers où le courant vous porte et se brise en vagues bleues comme le ciel de nuit; quelques voiles blanches de pêcheurs, qui se traînent dans les anses profondes, et qu'on voit glisser d'un platane à l'autre, comme une toile sèche que les laveuses replient ; d'innombrables volées d'oiseaux blancs qui s'essuient sur le bord des pr*s ; des aigles qui planent du haut des montagnes sur la mer; les criques les plus mystérieuses, entièrement fermées de rochers et de troncs d'arbres gigantesques, dont les rameaux, chargés de nnag-es de feuilles, se courbent sur les flots et forment sur la mer des berceaux où les caïqs s'enfoncent, des villages cachés dans l'ombre de ces criques, avec leurs jardins jetés derrière eux sur des pentes vertes, et leurs groupes d'arbres au pied des rochers. »

Après avoir doublé Sefot-Rour-

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, on arrive au petii port et au kiosque de Hounkiar Iskélessi [l'échelle de

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