S DES PRINCES
très-étroite, qui passe, bien à tort, pour le heu des séances du concile. Son exiguïté ne permet pas d'ajouter foi à une pareille supposition.
La Tour de Léandre, ou de la Vierge (Kiz-Koulessi). — En face du port de Scutari, se dresse sur un rocher, à l'entrée du Bosphore, la tour de la Vierge, improprement appelée par les Francs Tour de Le'anare. En effet, ce n'est pas le Bosphore , mais l'Hellespont que Léandre traversait pour aller rejoindre Htro. (V. p. 347.) Les Turcs ont aussi une légende sur la tour dont il s'agit ici. Une bohémienne avait prédit à Mohammed-Sultan que sa fille mourrait d'une piqûre de serpent. Il fit bâtir, pour y enfermer sa fille, cette tour, où ne pouvait pénétrer aucun reptile. Méhar-bchégid (c'était le nom de la captive) grandit et devint si belle que. sa réputation attendant de proche en proche, arriva, on ne sait comment, •jusqu'au fils du Shah de Perse, qui en tomba amoureux et trouva moyen défaire parvenir à la jeûna princesse un bouquet de fleurs, dont le langage symbolique devait déclarer son amour. Par malheur, il s'était glissé parmi les fleurs un aspic qui mordit la princesse. Elle allait mourir, quand son amant parut soudain et la rendit à la vie en suçant la blessure. Mohammed récompensa son courage en lui donnant sa fille. On a cru à tort que cette tour avait été bâtie par Manuel Comnène, et qu'elle avait servi à soutenir la chaîne qui barrait aux navires l'entrée de la Corne-d'Or. Cette chaîne était étendue de la pointe du Séraï au rivage de Galata.
Iles des Princes.
Les (les des Princes, appelées par les anciens Démonesi , sont un groupe d'Iles situées à l'entrée du Bosphore de Thrace, au S.-E. de Constantinople. On les nommait aussi Papadanisia. c'est-à-dire (tes
TURQUIE U'EUKOPK.
des Prêtres, en turc Papaz-Adassi , à cause de plusieurs couvents qui s'y trouvaient; (les des Princesses, à cause des fondations pieuses faites par les princesses grecques de la famille impériale qui gardaient le célibat; et enfin iles des Princes, parce qu'elles servaient de lieu de plaisance aux princes du Bas- Empire. Elles sont au nombre de quatre principales, entourées d'autres petits Ilots.
Proti, la première, appelée Ti~ naki par les Turcs, n'est pas cultivée.
Antigoni, formée de rochers, est presque aussi stérile que Proti.
A 1 mille plus loin se trouve
Khalki, autrefois Khalcitù, appelée ainsi à cause d'une mine de cuivre renommée : elle possède trois grands monastères. L'aspect pittoresque et la douceur du climat en faisaient un délicieux séjour, que les Grecs riches venaient habiter. Qn y remarquait le tombeau de sir Edouard Barton, le premier ambassadeur anglais envoyé à Constantinople par la reine Elisabeth.
Prinkipo est la plus grande des îles de ce groupe et la plus éloignée vers le golfe de Nicomédie.
Elle a 8 milles de tour, et surpasse en hauteur toutes les îles circonvoisines. C'est aussi la plus peuplée et la mieux cultivée. On y voit plusieurs couvents dans une belle situation.
Le bourgde Prinkipo est bAti sur une berge élevée. Des sentiers
rapides, bordés de rampes de bois, montent de la mer aux maisons.
De tous côtés, le rivage est bordé de cabinets de bain. Le soir, l'espace compris entre les maisons «t la berge sert de lieu de réunion aux dames arméniennes et grecques, qui viennent s'y asseoir en grande toilette , en cheveux, et décolletées. Tous les cafés ont «des terrasses sur la mer. Prinkipo a deux bons hôtels : ce qui, joint à sa situation, le rend très-propre à servir de point de départ pour les excursions qu'on voudrait faire dans les autres îles.
A une certaine distance du v., vers le S.-O., est un ancien couvent grec consacré à saint Georges, oui sert maintenant d'hôpital pour les fous. La situation de ce couvent est admirable. Il s'élève sur un soubassement de rochers, d'oùl'on domine la mer et les collines de l'Ile.
Les environs, couverts d'une riche végétation de myrtes et de térébinthes, présentent plusieurs sites d'un aspect très-sauvage.
A Prinkipo , comme dans les autres îles de ce groupe, l'air est d'une douceur et d'une pureté extrêmes. Cet avantage, joint à la commodité qu'offre la côte pour prendre des bains, rend le séjour do cette île délicieux. Elle est très-fréquentée par les Français établis h Constantinople. Un serservice régulier de bateaux à vapeur (F. p. 353) la met en communication journalière avec la capitale.
De Constantinople h Andrinoplc. R. 70. — A Belgrade, R. 68. — À Brousse, R. 81. — A Bucharest, R. 68 et 71 — A Choumla, R. 70. — A Rayais, R. 60. — A Jassy, R. 68 et 73. — Au Mont Atbos, R. 59 et 62. — A Nicée et Nicomedie, R. 81. — A Nisch, R. 70. — » A Philippopolis, R. 70. — A Rodosto , R. 60 — A Routschoak, R. 68. — A Salonique , R. 59 et 60. — A Smyrne. R. 89. — A Sophia, R. 70. — A Trébizonde, R. 85. — A la Troade, R. 80. — A Varna, R. 68.