DE CONSTANTINOPLE A SALO- NIQUE
10 jour» (iil heure»).
Cette route , loninie et pénible , est rarement suivie par les voyageurs. Elle présente pourtant quelques localités intéressantes au point de vue historique .
entre Kavala et Salonique. Le trajet de
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KAVALA. — PHILIPPES.
k' avala a Constantinople doit être fait par mer autant que possible*
On quitte Constantinople par la porte ae Daoud-Pacha, et longeant la côte de la mer de Marmara, on traverse les gros villages de (6 h.) Buyuk-Tchekmedjé, (5 h.) Silivri et 5 h. ErégU.
A l 'extrémité d'un promontoire au S. -0., Ruyuk Erégli occupe l'emplacement de l'antique Héraclie ou Périnthe , dont il reste encore quelques traces. Cette Tille , habitée par Alcibiade pendant son exil, est célèbre pour la courageuse résistance qu'elle opposa à Philippe.
Après (9 h.) Rodosto, grand port de mer de 18 000 hab., la route Quitte la côt(; pour s'enfoncer dans un pays sauvage et montagneux, où l'on rencontre les gros villages de (4 h. ) Aïnedjik, fJO h.) Malgara et (5 h.) Kcchan.
Franchissant ensuite la grande plaine marécageuse de la Maritsa .Hébrus) et (5 h. 30 m.) la rivière du même nom, on atteint (30 m.) Vira, qui occupe peut-être l'emplacement de 1 antique Dyme. On descend bientôt sur les bords de la mer Egée que l'on suit jusqu'à (8 h.) Mékri, par une route pittoresque qui rappelle celle de la Corniche. Remontant ensuite vers leN.-O. à (4 h.) Kieupéh-Keuiet(6h.) Gumourdjina, on passe entre la chaine du Hhodope et l'extrémité N. du grand lac salé de Bourougueul (bisthonis), avant d'atteindre •10 h.) Ienidjé. Après avoir traversé la plaine marécageuse du Kara-Sou (Nestus) et (4 h.) la rivière du même nom, on gravit un contre-fort du mont Pangée, d'où la vue s'étend sur la ville de Kavala, le golfe de Contessa et le mont Athos. Au delà des ruines d'un aqueduc , une route pavée desceiia jusqu'à (6 h.)
Ravala. Cette ville occupe l'emplacement de l'antique Néapolis.
le port de Philippes, devant lequel la flotte de Brutus et Cassius stationna pendant la bataille de Philippes, et où saint Paul débarqua en venant de Troas.
Kavala, assise sur un contre-fort du mont Pangée qui s'avance dans la mer, entourée de murailles et dominée par un vieux château»
présente un aspect pittoresque.
Elle a été considérablement embellie par Méhémet-Ali, auquel elle a donné le jour. Kavala pos sède deux beaux ports et fait un commerce considérable de céréales, de sésame et de tabac.
On y trouve des barques pour se rendre à l'île de Thasos (R. 59), que l'on aperçoit au S.-E. du golfe. Les navires du Lloyd touchent à Kavala le vendredi • en revenant de Salonique à Constantinople.
Excursion à Philippes. — On quitte Kavala du côté N. par la route de Drama ; après avoir franchi une chaine de montagnes {Symbolum) par une gorge étroite, on traverse une plaine immense jusqu'à (2 h.
30 m.) un Khani situé près d'une colline conique qui marque l'emplacement de
Philippes. Cette ville , d'abord appelée Crénides , fut rebâtie par Philippe, qui lui donna son nom et en fit une des places les plus fortes de son royaume. Elle fut érigée en colonie romaine. C'est près de cette ville qu'Auguste écrasa les légions républicaines de Brutus et de Cassius. Philippes rappelle plusieurs faits importants de la vie de saint Paul ; sa première prédication en Europe, sa flagellation, son emprisonnement, sa délivrance miraculeuse, etc.
(Actes des Apôtres, XVI, 9-40.) Le grand Apôtre adressa une épltre à TÉglise de cette ville.
L'acropole couronnait la colline dont nous avons parlé, et sur la-
3uelle on remarque les ruines 'une forteresse. La ville s'étendait dans la plaine du côté du S.-O., où Ton distingue encore les débris d'un amphithéâtre , des fragment de colonnes et quelques tumulus. Des fouilles entreprises dans les marécages qui couvrent en grande partie l'emplacement de Philippes, donneraient sans doute lieu a des découvertes inté-
ressantes. La bataille de Pbilippes se livra dans la plaine au S.-O.
de la ville. Brutus et Cassius étaient campés près du col du mont Symboium et pouvaient ainsi communiquer avec leur flotte à Néapolis. Le marais à l'O.
de Pbilippes est celui qu'Auguste dut traverser pour venir attaquer ses adversaires.
De retour à Kavala, on se dirige à TO. pour atteindre (3 b.) Pravùta, au pied du mont Pilaf (Pangée), (6 b.) Rouphani ou Orphano et (1 h.)
Contessa. Les ruines de cette petite ville vénitienne, situées à l'embouchure du Strouma (Strymon) , marquent l'emplacement de Eion, le port d'AmpnipoU*. En remontant le cours de cette rivière classique qui séparait la Tbrace de la Macédoine, on arrive (2 b.) au v. de Néo-Khorio ou Yéni- Keui. oui indique la position de
Amphipolis. L'emplacement de cette ville appelée iwrfa o£e{ (neuf chemins), à cause des nombreuses routes qui s'y croisaient, appartenait aux Éd'oniens, peuple de la Tbrace. Les Athéniens essayèrent à plusieurs reprises d'y établir une colonie; mais ils ne réussirent qu'en 437. Amphipolis, fondée par Agnon, fils de Nicias, devint une des possessions les plus importantes a'Atbènes. En 424, elle se rendit sans résistance au général lacédémonien Brasidas.
L'historien Thucydide, général de la flotte athénienne , arriva en toute hâte de Tbasos, mais il ne put sauver que Eion, le port d'Amphipohs; cet échec causa sa disgrâce. Cléon, son successeur, ne fut pas plus heureux, et perdit la vie dans un combat , où péritaussi Brasidas.
A partir de ce moment, Amphipolis resta indépendante d'Athènes; elle sut même lui résister victorieusement en 360, par son alliance avec piynthe. Philippe l'annexa à «es États en 358. Sous Jes Romains, elle devint le cheflieu d une des quatre provinces de
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la Macédoine. Amphipolis donna le jour au grammairien Zoïle, et fut visitée par saint Paul. Pendant le moyen Âge, elle porta, selon Tafel, le nom de Popolin.
Amphipolis, située à 4kil. de la mer, occupait un contre-fort du mont Pangée, qui se projette sur la rive droite du Strymon, près de sa sortie du lac Cercint. Placée surlavta Egnatia , la grande voie de communication entre l'Italie et l'Orient, cette ville commandait le seul passage facile pour pénétrer des bords du golfe de Contessa aux plaines de la Macédoine.
Le Strymon décrivait un demicercle autour d'elle et la défendait ainsi au N., à l'O. et au S. A l'E., la ville était protégée parue mur qui occupait toute la largeur du col par lequel elle ae relie au mont Pangée.
Le v. de Néo-Khorio occupe une partie de l'emplacement de la ville antique au pied de la colline; on ne retrouve que queloues vestiges des fortifications, line partie du mur qui s'est écroulée dernièrement a obstrué l'entrée du lacCercino (Takinos). Ce lac, long d'environ 6 lieues, est encore renommé pour ses anguillles.
comme il 1 était dans l'antiquité.
En sortantde Néo-Khorio,la route descend vers le S. pour traverser le Strymon sur un pont de pierre, atteint (30 m.) le v. de Kutchuck- Krouchova, et lonpe ensuite les bords du golfe jusqu à (1 h.) Vastra, à gauche, se montre le v. de Sta~ eros, qui indique probablement la position de l'antique Stagyre, patrie d'Aristote.
Après avoir traversé la charmante vallée d'Aréthuse, ombragée de beaux chênes, on laisse a gauche (1 h. 30 m.) un khani et une route pour le mont Atbos.
Puis, côtoyant la rive N. du lac Betchhk (Bolbé), on atteint {% b.) liuyuck-Betchxh et (3 h.) RûùsêU.
On laisse ensuite à droite la petit lac Langadsa pour arriver (• h.) à Salonique (R. 69).
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l'H A RSALE.