‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 209 sur 511 · LARISSE · texte numérisé non relu

LARISSE

actuel se compose d'une longue rangée de maisons blanches, au

piea de la ville antique.

Au sortir de Pharsale, la route s'engagedans une immense plaiqe nue et poudreuse, au fond de laquelle le regard va se reposer au N., sur les cimes majestueuses de l'Olympe, et à l'O. sur les hauts sommets du Pélion et surtout de l'Ossa, qui par sa forme disgracieuse se distingue des autres montagnes. Dépassant (l h. 30 m.) le tombeau d'un scbeik entouré de magnifiques cyprès, et (1 h.

30 m.) une fontaine, on se dirige (2 h. 30 m.) vers les blancs minarets de

Larisse (Yéni-Schèhr). (18 h. 30 min.) Cette ville, l'ancienne capitale des États d'Achille, fut l'alliée d'A thènes pendant la guerre du Péloponèse. Lors de 1 invasion romaine, elle est citée comme une place importante. Cbef-lieu de la puissance turque en Europe avant la prisede Constanlinople, Larisse est encore de nos jours la ville la plus musulmane de ces contrées.

Située sur l'emplacement de la ville antique, elle s'étage en pente douce sur la rive droite du Pénée (Salamvria) ; ses blancs minarets, ses beaux jardins et son pont pittoresque lui donnent un aspect des plus gracieux. Elle est très-florissante et renferme environ 30,000 hab. Une certaine animation règne dans les rues, où l'on voit circuler d'élégants arabas et de lourds chariots thessaliens dont la forme n'a pas varié depuis l'antiquité.

Quelques-unes de ses mosquées sont fort belles et méritent a'étre d être visitées. On retrouve q^uelaues vestiges de la ville antique dans le bazar et parmi les pierres tumulaires du cimetière.

De Larisse à Janina (F. R. 63).

Quittant Larisse du côté N., on laisse k droite la grande plaine marécageuse couverte de troupeaux, qui entoure l'extrémité N.

du lac Bœbéi» (Karla). Bientôt la route franchit, sur une chaussée

en pierres, le marais de Kara (Par lus-Nessinis) , qui reçoit le tropplein du Pénée et alimente le lac Bœbéis. Une avenue d'arbres magnifiques descend ensuite sur les bords gracieux du Pénée, que l'on suit jusqu'à (5 b.)

Baba. Ce charmant v. est situé au pied des escarpements de l'Ossa et en face de la belle vallée de Dcréli, ouverte dans la chaîne de l'Olympe, dont les cimes majestueuses se dressent de l'autre côté du Pénée. Au-dessous de Baba et sur les flancs de l'Ossa , on remarque Ambéîakia, entouré de belles plantations de vignes. Ce v. faisait autrefois un ffrand commerce de soie et étendait ses relations jusqu'en Allemagne. En se rapprochant du Pénée, on atteint le khani df Ambéîakia. qui marque l'entrée de la

Vallée de Tempé 1 , aujourdhui Lykostomo (gueule de loup). La Thessalie était autrefois un vaste lac renfermé dans de hautes montagnes ; elle ne fut desséchée que lorsqu'un tremblement de terre, séparant le montOlympe de l'Ossa , forma par la vallée de Tempé la seule communication entre la mer et la Thessalie du N.

Selon la fable, Neptune fendit le roc d'un coup de trident et ouvrit ainsi un passage à l'onde emprisonnée. Cette vallée, dont le nom seul réveille avec nos souvenirs classiques l'idée des plus frais paysages, est un étroit défilé entre deux montagnes gigantesques, déchirées par un tremblement de terre. Mais le cours tranquille du Pénée et la riche végétation qui l'entoure adoucissent la sévérité du spectacle. Le Pénée, à moitié caché sous des platanes immenses, des lauriers-roses et des agnuscastus, roule majestueusement ses flots argentés entre deux gigantesques murailles rouges qui le dominent sans le resserrer, sans

1 f. l'intéressant travail da H, Mettre» sur la Pclion et ro»»a ; Arch. des Mittionx scient., I Ile ,ol. 1852.

D'EUROPE. [Route 61.j

le réduire aux proportions d'un torrent, sans rien lui ôter de sa majesté et de sa grâce.

. Cette vallée si belle et si poétique était consacrée au culte d'Apollon. Tous les neuf ans, une théorie envoyée de Delphes venait cueillir des lauriers de Tempé pour couronner les vainqueurs aux jeux pythiens. Lors de l'invasion de Xerxès, les Grecs envoyèrent 10,000 hommes à Tem| >é pour arrêter les Perses; mais, ayant appris que l'on pouvait arriver en Thessalie par un passage à travers l'Olympe et descendre dans la vallée de Déréli, ils se retirèrent aux Thermopyles. Pour les Romains, la vallée de Tempé était un poste militaire; elle eut une grande importance pendant leur»

luttes avec les rois de Macédoine et leurs guerres civiles. Tite-Live parle des quatre forteresses qui la défendaient. La route actuelle, où l'on voit encore des traces de chars antiques, suit la rive droite du Pénée. Sur le bord opposé, la rivière serre de si près la montagne, qu'en quelques endroits c'est à peine si un homme pourrait se frayer un passage. Bientôt la vallée se rétrécit, et les contre-forts de l'Ossa et de l'Olympe plongent leurs pieds dans le Pénée, qui n'a pas plus d'une trentaine de mètres de large. La route grimpe sur les rocs qui dominent la rivière.

Bientôt s'ouvre dans les flancs de TOssa la sauvage langada d'infmou-l1rypa (trou des vents). Al'entrée de la langada , et au pied d'un énorme rocher qui semble barrer le passage, on remarque des débris antiques qui marquent l'emplacement d'une des quatre forteresses mentionnées par Tite- Livc. Sur le sommet du rocher se trouvent les débris du château de la Belle, Castro tis Horaias, qui date du moyen âge. Un peu au delà de la forteresse, au moment où le sentier s'élève sur les flancs de l'Ossa, le rocher a été taillé à droite de la route, et porte l'inscription suivante : L. CASSIV5

Koutb 62. j DE SALON 1QUE AU MONT ATHOS.

LONGINVS PRO. COS. TEMPE M VNIVIT, qui rappelle les travaux exécutés par les Romains pour faciliter les communications par la vallée du Tempé.

Au débouché de la vallée (2 h.), la vue s'étend tout a coup sur le magnifique panorama du golfe Thermaïque, du mont Olympe, de l'Athos et des Sporades. On traverse le Pénée sur un bac près d'un khani, et en amont du pont et du v. de Bakrina. A une courte

distance et sur les flancs de l'Ossa, I sant (3 h. 30) le v. cle tibanovo, on

piques. La route , toujours en plaine et en vue de la mer, suit les bases de l'Olympe, et dépassant (2 h. 15 m.) Katérina atteint (3 h.)

Kidros (10 h. 15 de Platamona), joli village grec, qui occupe peut- «*tre l'emplacement de l'antique Pydna, ou Scipion Nasica remporta sur Persée une victoire qui donna la Macédoine aux Romains.

On longe ensuite l'extrémité N.

du golfe Thermaïque, et. traver-

couvent de Saintune église byzan-

se trouve le Dimitri, avec

tin© antérieure à Justinien. La route, en vue de la mer, traverse au N. une riche plaine jusqu'à (3 h.)

Platamona (9 h. de Larisse). Le fort et le kbani qui couronnent un rocher fort élevé au-dessus de la mer, marquent l'emplacement de l'antique Héraclée, dont on voit encore quelques ruines.

On troure ordinairement à Platamona des barques qui Viennent charger les bois et les charbons de l'Olympe. Il taut mieux se rendre par mer de cet endroit à Saloniqne que de suivre la route de terre qui est peu intéressante, et sourent pénible.

En s 'écartant de la route directe pour gravir un chemin sur les flancs de l'Olympe, on atteint {2 h.) le v. de Lcftokarya. Plus loin le v. de (1 h.) Lithokhorio domine une sauvage langada à travers laquelle se déroule une belle vue sur le mont Olympe, qui se présente ici dans toute sa majesté.

On descend (2 h.) à Malathria, qui marque l'emplacement de Dium, ville importante de, la Macédoine, détruite par les Etoliens pendant la guerre sociale, et érigée plus tard en colonie romaine.

On trouve encore quelques restes d'un théâtre et d'un stade. Quelques débris placés non loin des sources indiquent sans doute la position du temple de Jupiter, près duquel

franchit les rivières (2 h.) Vistritza (Haliacmon), (3 h.) Mavronéro (Loudias) , et (3 h.) Vardar (Axius), pour atteindre (4 h.) Salonique (15 h. 30 de Kidros) (R. 59).

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