M EÎZO VO.— J AN IN A
La route, qui est très-mauvaise, descend dans le ravin de l'Arta poursuivre le cours tourmenté de cette rivière jusqu'au (S h.) Khani de Baldumna. La délicieuse vallée du même nom, au milieu duquel il se trouve, court du N. au S., entre la chaîne du Pinde et le mont Drisko. On franchit cette dernière montagne, du sommet de laquelle la vue s'étend sur la ville de Janina, avec ses dômes, ses minarets éclatants, et son château aux blanches murailles qui s'élève du sein du lac. Après une petite descente, on côtoie le lac de Janina jusqu'à (3 h. 30) Ka$trit»a , où des ruines helléniques, situées sur une petite colline, indiquent, selon quelques auteurs, l'emplacement de l'antique Dodone, berceau des anciens Hellènes. De ce v. une route agréable sur la rive O. du lac conduit en 2 h. à
Janina ou Joannina ( 13 h. 30 deMetzovo). C'est la ville la plus importante de l'Ai banie ( ancienne Épire) ; sa situation est admira
de deux ruisseaux qui forment la' ble. Au pied de la haute mon-
source du Pénée. Il faut ensuite gravir le Pinde par un sentier pénible pour atteindre (2 h.) le col da mont Zygos. De ce point , la vue s'étendlibrement à l'E. sur la Thessalie, le Pélion, l'Ossa et l'Olympe. A gauche du col se dresse le mont Zygos (ancien Lacmon ) , le pic le plus élevé du Pinde; c'est à sa base que les cinq plus grandes rivières delà Grèce prennent leur source ( V. p. 20, 1. 43).
Une descente rapide conduit dans la vallée où se trouve ( i h. )
Metzovo ( Il h. de Kalabaka ).
Ce gros v. domine le passage le plue important du Pinde. Il s'étage sur le flanc de la montagne, en face du Zygos, dont il est séparé par un immense ravin au fond duquel coule l'Arta. — Metïovo renferme une population d'environ 7.000 hab ; c'est une des principales stations des marchands qui font le commerce entre la Grèce occidentale et Salonique ou Constantinople.
tagne de tte tzikéli , le premier et le plus bas des gradins du Pinde, et le long de sa base, s'étend un lac de huit lieues de long sur deux de large. Du côté de la montagoe, une petite lie s'élève audessus des eaux; en face de l'île, un promontoire étroit s'avance dan? le lac : c'est là qu'e3t bâtie Janina. Cette ville n'a pas d'histoire avant la fin du siècle dernier, et il est probable que 6on existence ne date pas de très-loin. Il ne paraît même pas qu'il y ait eu plus anciennement une ville bâtie sur cet emplacement. Janina a eu, au commencement de ce siècle , 50,000 habitants, une nombreuse garnison, 16 mosquées, 8 églises grecques, 2 collèges , des fortifications en bon état. C'était au temps d'Ali-pacha. Depuis, Janina a déchu ; elle n'a plus maintenant que 20,000 habitants, ses fortifications sont démantelées, et le reste est à l'avenant, quoiqu'elle serve toujours de résidence a un pacha.
Voici l'histoire succincte de l'homme à qui Janina doit ses principaux monuments et, on peut Je dire, la popularité de son nom en Europe.
Ali naquit à Tépélen, en 1741. 11 commença par faire mettre à mort son beau-pere , le pacha de Delvino, contre lequel le sultan avait rendu une sentence capitale. Il fut , en récompense de cet exploit, nommé d'abord lieutenant du pacha de Roumélie, puis pacha de Trikala. Il s'empara par la force du pachalich de Janina en 1788. Reconnu par la Porte, il étendit peu à peu son empire autour de Janina. et finit par se rendre maître de toute l'Albanie et de la Grèce proprement dite. Aidé de ses fils , et riche d'un immense trésor amassé par toutes sortes de moyens, il ne se contenta pas de se rendre complètement indépendant du sultan. Il menaça les autres provinces de la Porte , qui hésita longtemps à l'attaquer. En 1819, une dernière offense décida le sultan, qui lança contre lui une sentence de mort. Le difficile était de la mettre à exécution. Ali appela les Grecs ù la révolte. Il se défendit longtemps dans sa forteresse de Janina, et peut-être fût-il resté victorieux, si l'on n'eût employé contre lui que la force.
Kourschid-Pacha, qui l'assiégeait, lui proposa une conférence qu'Ali accepta, et dans laquelle il lut assassiné, le 5 février 1822.
Le pacha actuel habite une forteresse appuyée au lac et défendue du côté de terre par un fossé. On y parvient en traversant des ruines. Dans l'enceinte de la citadelle , s'élève le palais , vaste construction irrégulière dont l'aspect est néanmoins saisissant. Derrière, apparaissent les restes informes du séraï et les forteresses de Couliaetde Litharitza. — La première de ces constructions estgravement endommagée. — Un canal, qui n'existe plus, la mettait, au temps d'Ali , en communication avec le lac. La forteresse de Litha-
ritza, la
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a, la première qu'Ali ait construite , lui manqua au moment suprême. Les Albanais s'y enfermèrent et refusèrent d'y recevoir leur maître, parce qu'ils voulaient traiterpour eux-mémeset a ses dépensavec les troupes turques. Ali se réfugia dans la petite île en face. La chambre où il fut tué, et qui porte encore des traces de balles, fait partie d'un petit couvent situé dans cette île. Son corps est enterré sous une massive construction en pierre, dans la citadelle dont nous venons de parler.
DE JANINA A PRÉYÉSA,