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PRIHCIPÀUTÉS UNIES : MOLDAVIE ET VALACHIE

DE GIURGÉVO A BUCHAREST.

15 h. de ehetal, 6 de carroulit. On p«ul coocbcr 4 Kalougaréni.

Les étrangers doiveut faire viser leur»

passe-ports à la police et à la douane de Giurgévo , et faire marché avec un des loueurs de voitures qui abondent dans les hôtels, s'ils ne peuvent trouver place à la diligence de Bucharest qui part de l'hôtel de Vienne, et dont le prix de* places est de 18 zwanxigs d'Autriche ou 16 fr.—Ce service est fort mal fait dans les principautés à cause de l'usage où sont les boyards de ne royager qu'en poste. — La langue parlée par les classes instruites (en dehors de la langue nationale) est le français: beaucoup de personnes savent l'allemand, surtout dans la bourgeoisie : le russe et le grec moderne sont parlés par beaucoup de commerçants . et tous les Israélites parlent ou comprennent l'espagnol. Mais la très-grande majorité du peuple moldo-vala<}ue ne parle que sa langue propre, le roumain, langue sortie du latin avec un alliage slave que la renaissance huera ire actuelle tend à en écarter de plus en plus. Voici quelques mots usuels dont le voyageur fera bien de se munir : la ttinga, à gauche ; la dreapta, à droite; drept, tout droit; a casa, à la maison; lirgù, ville; satu, village; padure, forêt; apa, eau; do mi, donnes-moi ; pdine, du pain ; aretzi caméra, avez-vous une chambre?

brinza, du fromage; lapte, du lait; birja, un fiacre ; cal, cheval ; cine acold ? — 0m bun, qui vive?— Ami; vinoinquà, viens ici : vurjem , allons; kdte parait y combien coûte... unde este, où est? unde chade domnul X ? Où demeure M. X? Noms de nombre : un, dot, ire,patru, cinci, chose, chapte , opt, noe, zetee.

Vu se prononce toujours ou ; jt se prononce dj ; â, eu; c, comme eu i tan eu {ich

devant e, t, et k devant a , o, u) ; nous sommes obligés de transcrire par les lettres ch, Ys avec une cédille, qui n'existe pas dans notre alphabet.

En quittant Giurgévo (F. p. 429) la route traverse une plaine trèsunie jusau'à la station de poste de Daja (12 kil.} où l'on gravit un plateau qui mène par Podima (10 kil.) à la troisième poste, Kalougaréni (13 kil. environ). En descendant dans cette vallée sauvage et riche à la fois, et dont le fond n'est qu'un immense marais coupé par une chaussée d'une longueur de près d'un mille, on passe près d'un petit oratoire circulaire qui rappelle le plus brillant fait d'armes de l'histoire valaque, la bataille livrée par Michel le Brave et ses 12000 nommes à 140 OOOTurcs (août 1595).

Michel, qui necombattait que pour couvrir sa capitale, n'avait d'autre but que de retarder l'ennemi, et effectivement il l'arrêta tout un jour, lui tua beaucoup de monde et se retira sans être entamé. On peut faire halte au khân de Kalougaréni, et y dîner confortablement à l'européenne.

De là à Bucharest (30kil.) on passe par Mogurcni, en traversant de grands villages etdes steppes d'une monotonie mortelle. On voit briller à droite les vastes constructions de l'abbaye de Vakaresti, et après avoir échangé son passe-port contre un» permis d'entrée a la barrière Scherban-Yoda, on arrive au bord du plateau d'où se développe le magique panorama de

Bucharest. — Hôtels: de France rue Mogochoï; de Vienne , national (ou Khân Karakatch ) près la rue Lipskani ; de Londres, d'Athènes , rue Tirgu-d'Àfare, etc. Le plus confortable de ces hôtels nous a

^Roltb 71.;

paru être celui de Londres ; dans presque tous, on parie français.

Sur la place du théâtre est le café Fialkovski, rendez-vous de la jeunesse élégante.

Bucharest, capitale moderne de la Valachie, parait tirer son nom du motlioukourea (plaisir);mais une légende consacrée par l'érection d'une vieille petite église au S.-O.

de la Dimbovitza, attribue l'origine de cette ville, relativement moderne, au berger Boukhor. Kimpuluogù et Tirgovist avaient été, avant Bucharest, les capitales de la Valachie.

Bucharest est une ville tout orientale, malgré certains aspects modernes. Les 127 églises (que le proverbe valaque porte par exagération au nombre de 365) sont pour la plupart le centre de quartiers distincts, bâtis sans régularité et composés de maisons particulières entourées de verger* et de jardins qui donnent à la ville, vue des hauteurs de la métropole , l'aspect d'un décor vraiment magique. On nomme ces quartiers mahalas; il y en a plus de quatre-vingts.

Le centre de la ville modifie désagréablement cette première impression. C'est un amas de rues sinueuses, étroites, boueuses, sans trottoirs: une boue profonde en hiver, une poussière suffocante en été, rendent la circulation très-pénible aux piétons. Il est vrai qu on a la ressource des birjas, fiacres a environ 1 fr. 70 c. la course, et analogues aux drochkis russes. Les blanches constructions des palais des boyards tranchent vivement sur l'aspect mesquin de la plupart des habitations. Aprèsles établissements officiels qui sont le palats du prince, la métropole (fondée par saint Spiridion, évéque d'Erivan), l'école militaire, la police, la vornikchie (ministère de l'intérieur), l'hôpital Koltzi, l'hôpital Brankovano, le théâtre et les consulats, on doit citer les palais Stirbey (rue Mogochoï), Bibesco, Ghika, Soutzo,Otetelechano, Brankovano, etc., la tour Koltzi, bâtie

par les Suédois de Charles XII internés à Bucharest, la bibliothèque publique, qui a des manuscrits précieux et a été achetée du voyageur Sonhifii : l'ancien palais des

F rinces, vers le milieu ue lâ ville, école de chirurgie, fondation récente, principalement due au docteur Davila, le colléce Saint-Sava, et hors de la ville, le magnifique palais-couvent de Kotroutscheni, au prince Stirbey, et Kolentina, k la famille Ghika. Mais les merveilles de Bucharest, pour un étranger, sont les deux admirables jardins publics appelés Tschismedjiù etla Chaussée Mogochoï, cette dernière traversée par la route de Transylvanie: elles peuvent rivaliser avec les plus belles prome— nades des capitales européennes.

Le Tchismcdjiù , création du prince Bibesco, n'était il y a quelques années qu'un bas-fond marécageux, comme l'indique son nom.

La ville est coupée en deux par la Dimbovitza, rivière célèbre en Valachie à cause de ce proverbe :

Dîmboritza, apa dulce Cine be nu mai se duce.

« Dimbovitza, eau douce !

Qui en boit ne s'en va plus. *

Ce proverbe s'applique moins h la rivière elle-même, trouble et bourbeuse , qu'à Bucharest, ville justement renommée par lecharme exquis, la sociabilité de ses habitants, qualités surtout appréciables à des voyageurs français, qui peuvent s'étonner de trouver dans le* salons d'une ville d'Orient la langue, les usages et l'éducation de la meilleure société de Paris. Ceci s'applique à la boyarie et à une minorité très-cultivée de la bourgeoisie, car la grande majorité de cette dernière a gardé la plupart des habitudes de l'Orient, et l'éloignement des Valaques pour le commerce fait que la très-grande partie du tiers état de Bucharest est étrangère, comme l'atteste l'énumération des rues nemtseaska (allemande), ovreaska (juive), française, arménienne, etc.

[Route 7a*« }

DE BUCHA KEST

DE BUCHAREST A HERMANSTADT.

On sort de Bucharest par la porte Mogoehdi, au delà de laquelle s'étend le beau jardin public de la Chaussée, coupé en deux par la route, qu'aucune barrière n en sépare. Les quatre premières stations ne sont que de misérables villages valaques situés le long de YArajùch, dans une grande plaine d'ailuvion : la cinquième, Pitesti, (26 1. de Bucharest), chef-lieu de la préfecture de l'Ardjisch, est une des ville* importantes de la principauté, et on peut s'y arrêter et diner confortablement.

Deux stations plus loin (7 1.), on arrive à Curte-d'Ardjisch, siège d'un évêché et plus important encore par son magnifique monastère, achevé il y a trois siècles et demi par le prince Bassaraba; l'église renferme les tombeaux et les portraits de ce prince et de safamille.

Le voyageur ne peut se dispenser de visiter en détail ce chef-d'œuvre de l'architecture byzantine , auquel se rattache l'émouvante légende que voici : — Bassaraba avait fixé aux constructeurs de l'édifice un terme au delà duquel, si le temple n'était pas terminé, ils seraient pendus. Ils se mirent à l'œuvre avec ardeur, et remarquèrent avec stupeur que chaque nuit, un génie malfaisant renversait tout ce qu'ils avaient élevé.

Pour rompre le charme, ils se concertèrent, et. sur la proposition de lear chef, l'illustre Manoli , ils jurèrent de murer vive dans leur construction la première femme qui viendrait a passer. La victime tut précisément la femme même de Manoli , la belle Mariuça, qui fut saisie et murée dans les fondations sous les yeux de son mari '.

Le touriste qui stationnera à

1 C«tle snpci»lition de U femme murée se retroate »ur jilujieur» poir.U de l'Orient, comme k ScaUri, «a Monténégro, «le.

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