DE BROUSSE A KA1SAR1ÈH
PAR AHOORA ET YOtTSGAT.
(55 jour* tu noini, mail il faut compter de 40 à 50 jour i pour faire le voyage agréablement et arec fruit. On ne peut indiquer d'étape* fue» dent un voyage de cette nature. Le voyageur •'arrête a »a aruiae daoi les localité* qui Tintéressent, ou dao« le» aitei qui lui plaisent le plu».)
D.o Brousse à Séid -el-Ghazy (F. R. 82i. — 10 j. par.Ezani, Kutayé , Afioun-Kara-IIissar et Eski- Kara-Hissar, ou 7 j. seulement en allant de Kutayé à Séid-cl- Ghazv directement (F. p. 510), ou bien 7j. par Aïnèh-Gueul , Vézir- Khàn . In-Eughi et Eski-Schèhr (R.82, p.510et 511, lisez arebours).
Les 44 heures de la route de Séid-el-Ghazy à Angora se repartissent ainsi i 15 jusqu'à Sivri-Hissar, 11 de cette ville au fleuve Sakaria , 18 de ce dernier point à Angora. La première partie de cette route se fait dans un pays accidenté, que l'on coupe en ligne presque droite de l'O. à l'E., et qui est semé de ruines antiques , notamment à (5 h.) Koumaraja-Adassi, station sur les bords d'un affluent du Sakaria : à (2 h.) un vallon dont le nom nous est inconnu, où coule une rivièro qui répond a l'ancien Alander; enfin, à 3 h.) Kàimak (10 h. de Séid-el-Ghazy \ qu'on suppose être l'antique Tri-
D'ASIE. m [Route 84.]
comia. On descend alors dans une belle plaine, dominée par une ville fortifiée qui s'étend sur un des flancs du Gunesch-Dagh : c'est (5 h.)
SivTÎ-Hissar , où le voyageur pourra stationner quelques jours afin d'en explorer les environs.
Sa première visite est due au village de (3 h. 30 min.) Bala-Hitw.
situé au delà do la montagne, au S., et bâti sur l'emplacement de 1* célèbre Pessinunte. Il y a là de fort belles ruines, et notamment celles d'une acropole, d'un théâtre, d'un hippodrome, et d'un temple que M. Texier croit pouvoir affirmer être le temple de la Mère des Dieux , si renommé dans tout** l'antiquité. Voici ce qu'il dit des ruines de ce temple, soutenues au S. par un soubassement en inarbre blanc: ; Il est construit en assise^ réglées, et l'appareil est formé par des blocs poses alternativement de front et en boutisse, genre de construction tout à fait hellénique. L'intérieur de l'édifice présente une série de fûts de colonnes cannelées et rompues, qui appartenaient sans doute au portique du péribole. » Le mémo voyageur voit dans cet édifice, non le temple primitif, mais celui qui fut reconstruit par les Attales. Quant à!»
situation même de la ville, cil»' est mise hors de doute par diverses inscriptions dont la j»lus curieuse mentionne les Tolisioboïes Pessinuntins , l'un des trois peuples gaulois qui fondèrent le petit État de Galatie. Les ruines se développent à l'E. et à 10. du village qui occupe un pli de terrain; la croupe d'un coteau qui le domine est sillonnée de voies en ligne droite qui semblent avoir été les rues de l'ancienne cité.
Le reste de la route n'offre guère qu'un seul intérêt , celui des beautés naturelles, mais il suffit a compenser le reste. Les premières heures sont les moins attrayantes ; mais, dè§ qu'oit arrive (11 h.) au Sakaria. après avoir traversé quatre ou cinq village» turc?
Koitk 84.1
Ortou, Moulk, rt<\\ où l'on peut stationner quelques instants, les I "hux sites se succèdent sans interruption jusqu'à Angora. On tranehit le fleuve il « j à considérable, à 2 h. environ de son continent avec l'Engouri-Sou (rivière <i Angora .et laissant sur la gauche une montagne isolée, au pied de laquelle les deux rivières se réunissent, on gagne le nord de la ï'Tnirre pour ne plus la quitter, l.a route suit pendant 7 ou H h. une j'îaine fertile et rouverte de vil- Wes, dominée au N. par des collines assez élevées, et au S. par 1rs : Ktoresques escarpements du Germes» h-Dagh ; à Kttra-Koyounli, ou villa, fr* » du mouton noir K h. du *akana', on peut se reposer un infant, avant de s'engager dans la montagne pour éviter un grand ■'rtuoV que la vallée fait en cet en- Iroit; puis on descend à «1 h.,
Istanos , gros bourg arménien, *itué à la goTge d'une autre belle ' f'ulée qui vient déboucher dans la vallée principale. Ce bourg, resserré entre le coteau et la rive «lr. du ruisseau, n'est guère qu'une "'figue rue pavée et bordée d'habitations dont l'aspect annonce aisance, l.a partie inférieure est lormnee par un rocher isolé, couv<'rt de ruines antiques et percé de '■rêvasses ci ui semblent avoir servi " diverses époques de refuge aux Imputations; elles sont intéressantes à visiter. Les environs d'Isl^uos offrent au voyageur des V au tés de premier ordre , et il -fa bien de s'arrêter quelques l°tirs pour faire les excursions vivantes : au X. , la plaine de Mourta, prolongement supérieur
< 'die d Istanos ; à l'O., l'aseenv'">i «lu Gueuk-Dagh avec ses glan*Ts et sa caverne renommée; au *-0. entin, ^2 h.) les ruines d'une forteresse romaine qui couvrent la pointe orientale du Gerrnesch.
Apres Istanos, les villages dépendent encore plus fréquents, et ,A population plus dense annonce • approche d'une grande ville.
Angora 6 h. d Istanos . C'est
PKSSlXt'NTK.— ANGOKA. 515 une cité de 28 OoO Ames , ou
le voyageur trouvera plusieurs Khans pourvus de tout le confortable relatif de l'Orient.
Histoire. — Angora , l'ancienne Àncyre, » été fondée par les Phrygiens, vers l'an tiôO avant notre ère.
La ville primitive, qui occupait le sommet de la butte volcanique au pied de laquelle passe le Tvhtboult-Sou ruisseau de la pipe), devint la capitale des Galates- Teétosages, et aux derniers temps de l'empire romain, la métropole de la Galalio salutaire. Sous Héraclius, les Perses s'en emparèrent, et les Arabes la conquirent momentanément ; les Turcs Seldjou- .kides la gardèrent plus longtemps, si ce n'est que pendant la première croisade, les Latins la possédèrent 1* ans. Le 20 juillet 1402, Bajazet perdit devant ses murs la mémorable bataille qui le fit tomber aux mains de Timour ; c'est le dernier fait saillant de son histoire.
État actuel.— La ville moderne est d'un aspect plus triste et plus délabré que ne le ferait supposer l'aisance bien connue de ses nabitants. Elle a peu de monuments; mais, en revanche, ses ruines gréco-romaines sont du plus grand intérêt. La plus saillante est celle de YAnnustcum , temple consacré par les princes galates « à Auguste et à la déesse Home -> ; on peut encore en visiter un beau débris éehappé au vandalisme des Turcs et à demi enterré sous des décombres ét des constructions misérables . qui masquent en partie le fameux monumejd d' Ancyre, copie du tcstamentd'Augusto, inscrit à Home sur deux tables de bronze.
C'est peut-être la plus belle antiquité de l'Asie Mineure. Il ne reste aujourd'hui de l'Augusteum, que les deux murs parallèles formant le grand côté de la cella, le pronaos et les antes. La cella avait une largeur de 10 mètres 34. C'est dans le pronaos , à droite, que se trouve l'inscription latine , en >i\ colonnes égales. Il faut aussi ad-