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DE TRÉBIZONDE A ERZEROUM

(62 heure», i à 10 joun.)

De Trébizonde a Kr/eroum, on suit l'ancienne route génoise , c'est-à-dire la route dont les Génoi* avaient obtenu l'usage des

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rois d'Arménie, pour les besoins de leur commerce avec l'Asie centrale : ils y avaient élevé, de distance en distance , des forteresses spacieuses., renfermant de grands entrepôts. Le premier de ces postes était Baïbourt, le second Erzeroum.

On sort de la ville en gravissant un terrain ondulé, aprè* lequel on descend dans la vallée du Djevislik sou, qui tire son nom d'un village où 1 on arrive au bout de 8 h.

On couche en cet endroit, d'où lb.

de montée mènent au khan de Karakapan , à travers une région abrupte d'une grande beauté pittoresque, couverte de forêts, avec quelques habitations clair-seinées.

Puis la route tourne au S.-E.^ s'enfonce dans un paysnon moins beau et encore plus sauvage; ce sont les gorges du Koulabad-Boghazi, d'où l'on débouche sur la vallée du Balakhor-sou : on passe cette rivière au Tach-Keupri ( pont de pierre ), et le premier village qu'on rencontre est (7 h. de Karakapan ) Vésernik , après quoi viennent Djennaza, Kaderna , Iskila : ces quatre hameaux sont séparés les uns des autres par un intervalle d'une grande heure.

Deux autres étapes de v2 heures chacune mènent à Chadrak et à Ralalchor. Entre ce point et Baïbourt , on franchit des montagnes où vit une population de Lazes troglodytes aussi sauvages que du temps de Xénophon.

Baïbourt (prononciation locale Baïbaut) 5 h. de Balakhor), ville de 6000 âmes , avec de belles antiquités grecques et une citadelle délabrée , est le point où on atteint la vallée tortueuse du Tchourouq-sou (eau puante], l'aneien Lycus. On la remonte pendant une dixaine d'heures , on asse par les villages insignifiants e Marsal et de (iurula, et un col assez bas mène dans une vaste et fertile plaine' où l'on nasse presque à sa source l'Euplirate occidental (Kara-sou), prés du village d'Ilidja , dont le nom indique des

D'ASIE. [Kottb 86.]

eaux thermales sulfureuses qui y existent en effet. Deux grandes heures plus loin , à l'extrémité de la plaine, est (30 h. de Baïbourt!,

Erzeroum, capitale de l'Arménie ottomane. C'est une grande ville, peuplée d'environ 45 000 âmes, mais qui a dû en renfermer 130 000 autrefois. Tl v a plusieurs khàn-* dépourvus de tout confortable, et la plupart des habitations particulières sont de vraies huttes a la circassienne , au milieu desquelles on fait du feu, la cheminée étant remplacée par une ouverture au plafond. Quelques maisons de riches négociants ar menions font une heureuse exception , que le voyageur pourra apprécier , s'il a eu la précaution de se munir à Constanunople ou à Trébizonde de lettres de recommandation.

Histoire. — La ville actuelle a succédé h la cité arménienne de Garin (nom gréeisé en Caranitis Un général romain fit fortifier cette place en 415, et elle changea son nom en Théodosiopolis, en l'honneur de Théodose le jeune. Au x" siècle, les Seldjoukides ayant saccagé la ville voisine d'Arzen, les habitants se réfugièrent à Théodosiopolis, que les Turcs appelèrent depuis Arzen-Roum ( Arzen des (îrecs i ou Erzeroum. Après avoir été en quelque sorte la métropole des Osmanlis orientaux, elle fut prise par les Russes eu 18*28, et n'est plus qu'une ombr»

de ce qu'elle était jadis , depuis que les Russes, en se retirant, ont lait émigrer avec eux 6*000 familles arméniennes, les plus riches et les plus industrieuses de la ville. En 1 année 1850, elle a iV en grande partie détruite par un tremblement de terre.

Etat actuel. Topographie. Monuments. — L'aspect de la ville, assoz imposant à distance , est misérable et presque repoussant à l'intérieur. Le quartier chrétien, horde l'enceinte de la cité, est le plus habitable, et c'est là que sont 1ps consulats européens. La ville n Je

[Route 87.] ERZEROUM.

vieilles fortifications crénelées , encore couvertes de croix et de caractères grecs. Les monuments se réduisent à un hissar ou château en ruines et à deux mosquées, dont la principale, Oulou-Djami, a pour dépendance l'hospice de Tchiflé minaret , curieux produit d'un art byzantin-sarrasin. « Le plan de l'étiifiee est celui d'une nef d'église latine, au fond de la- Quelle est élevé le tombeau du fondateur. De part et d'autre, des colonnes de pierre soutiennent des arcs en ogive qui forment un portique à deux étages... La porte, qui était d'albâtre, a été enleyéc par les Russes et emportée à Krivan. La façade se compose d'une grande arcade , qui encadre la porte formée d'un arceau surbaissé. Le tympan, en forme de niche,

3ui surmonte la porte , est orné 'un ajustement de polygones dont U description donnerait difficilement une idée.* (Ch. Texier.)Ce curieux édifice est aujourd'hui en ruines et converti en poudrière.

L'autre mosquée parait remonter à la même époque; il n'en reste plus qu'une porte et un minaret de briques, orné à l'extérieur d'ajustements en émail vert et bleu :

on la nomme Mourgo serai, le palais de Mourgo , vaillant chef vézidi. converti à l'islamisme, disent les indigènes, a la suite d'une vision, et assassiné par ses compatriotes irrités de sa défection.

D'Erceroum à Bayczid, ao mont Ararat et au lac de Van, R. 87; — a Kaïs, R. 88.

DERZEROUM A BAYÉZTD ET MONT ARARAT.

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