SA M OS
eurent lieu entre les Priéniens et les Samiens au sujet des limites du territoire que ceux-ci prétendaient s'attribuer sur le continent. Les Samiens furent un des premiers peuples qui se rendirent redoutables sur mer. Amphicrate, qui n'^nait en OfO, fit de continuelles incursions dans l'Archipel. Ce fut le dernier roi de Sainos.
Cette île se déclara libre et se donna des magistrats appelés Géomares. (Jette liberté lut bientôt renversée par Polvcrate , qui , après Pythagore , fut la plus grande illustration de Sarnos dans les temps aurions {'M?;. Il attaqua et vainquit les Milésiens et sut repousser les Spartiates. Il fit fleurir les arts et donna à sa patrie un haut degré <le prospérité, mais il périt par trahison (524). Après quelques tyrannies éphémères, Samos fut reconstituée en démocratie ; elle prit une part active à la révolte de l'Ionië. Dans les guerres modiques, elle se divisa en deux partis : les citoyens riches tinrent pour les Perses et combattirent pour eux à Salamine, tandis que le peuple voulut favoriser la cause de la Grèce. Bientôt les Grecs l'emportèrent, et les Samiens prirent part aux succès 'le Cimon ; le traité de 449 assura leur autonomie. Dès ce moment, cette lie devint riche et puissante.
1 ne querelle s'engagea avec les Milésiens. Athènes vint au secours (ie ceux-ci , et Périclôs assiégea Samos* sans succès d'abord; mais il revint avec des machines et des forces nouvelles, et les soumit après neuf mois de résistance.
Les Samiens accompagnèrent les Athéniens comme sujets dans la guerre de Sicile ; ils prirent part a la bataille des Arginuses (400,1 et à celle dVEgos-Potamos. Le parti «es nobles de Samos appela alors
;'*antlre ct 1(ÎS Ln^édémoniens qui établirent le parti oligarchique, bientôt renversé par c°non. La paix d'Antaleidas reo ^amos sous la domination des p<**es (387*. Les Athéniens Cha-
brias et Iphicrate la reprirent et la colonisèrent. Un décret d'Alexandre, qui rappelait les exilés dans leurs diverses villes, fit rentrer les Samiens dans leurs possessions.
En l'année 200 , Samos s'allia à Rome; prise par Philippe V en 197, elle recouvra un peu de liberté après la victoire de Flaminius. Le port de Samos fut le centre des opérations de la guerre entre les Romains et Antiochus ; elle resta sous le patronage des Romains, et. Auguste lui rendit sa liberté, qui 'fut respectée par ses successeurs; mais en 70 elle fut réduite en province romaine. Au ivp siècle de 1ère chrétienne, Samos eut beaucoup à souffrir de la famine, de la peste , de plusieurs tremblements de terre et des ravages des pirates. Les Sarrasins, qui l'avaient dévastée en 888, la reprirent en 911, et la gouvernèrent jusqu'en 1125, époque à laquelle elle fut saccagée par les Vénitiens; elle devint en 1204 le partage des Francs. En 1223, Jean Ducas la rendit aux empereurs byzantins.
Les Turcs s'en emparèrent en 1553, et après l'avoir ravagée, ils l'abandonnèrent; elle resta déserte pendant un siècle. Repeuplée vers 1450 par l'amiral Kilidj-Ah, elle devint, en 1587, le domaine du sultan, lille >rit une part active h la guerre de 'Indépendance et ne craignit pas d'attaquer les Turcs souvent avec succès. Le sultan Mahmoud voulut tenter une répression énergique ; il fut complètement battu (1822).
Les Samiens essayèrent alors de s'emparer de Chio (V. p. 535); mais ils furent obligés de fuir :
ils surent du moins défendre leur lie en brûlant le vaisseau amiral du c api tan-pacha. Les Samiens saccagèrent toutes les eôUes de l'Asie Mineure pendant les années 1822 et 1823. ct repoussèrent victorieusement plusieurs attaques de la Hotte turque (1824). Après la bataille de Navarin (1827], Samos fut rendue à la Porte ; on lui donna un gouverneur choisi parmi les chrétiens du rit grec ; en 1H3Q,
cette ile était assez tranquille :
depuis vingt ans , sa situation est restée la même ; elle forme une province à part.
État actuel. — Samos, en turc Sousam adassi, est une île montagneuse, aux lignes sévères, mais fertile et pittoresque au plus haut degré. Elle a 56 le il . do long sur une largeur de 20. Son point culminant , le Kerki (ancien Cerceteus), presque toujours couvert de neige, a 1570 met. de haut. Les pentes de plusieurs montagnes sont couvertes de pins, de cyprès, de thuyas et de chênes. Dans la zone cultivée, on remarque le myrte, l'olivier, le figuier, le lentisque, le mûrier, et surtout la vigne. L'hiver de 1849 a détruit les orangers, les grenadiers, qu'on voyait jadis a Samos. Du reste, rien de plus varié et de plus fécond en contrastes charmants que les points de vue offerts par cette lie. Ici, v le mont Kerki, dont les horribles pentes et les immenses précipices semblent faire croire que l'île n'est qu'un prodigieux chaos de rochers entassés; » là, « des ravins profonds, dont les uns, privés de verdure, ressemblent a des canaux taillés à pic entre deux murs de rocher, et les autres bordés d'arbres qui s'entrelacent, et semés de lauriers-roses et d'açmus-castus, sont comme autant de fraîches oasis qui invitent le voyageur à s'arrêter.... » ;V. Guérin.)
Vathy, où l'on débarque ordinairement, se compose de deux villes : Vathy ano (le haut), qui • compte 1100 maisons, et Vathy hato île bas , qui n'en a que 400 :
mais, grâce ù son port, c'est la ville des consuls et du commerce.
Le port est très-beau comme situation, et le serait davantage si une jetée l'abritait contre les vents du S.-O.; il a 2 kil. d'ouverture et 5 de longueur : sa profondeur varie de 18 h .'10 brasses. Tout près est le monastère de Zoodoki Pighi, où il faut monter pour embrasser fVnn coup d'œil le snlendide panorama du golfe d Ephèse.
D'ASIE. fRooTB 90]
Pour aller à Chora, la capitale actuelle de l'Ile, on gravit un sentier fort difficile, qui mène a une chaîne faîtière de 450 met. de haut : au delà, par une mauvaise route pavée, on arrive? à (6 kil.)
Mity Uni, "gros village fondé il y a 280 ans par une colonie de Lesbiens, près de la ravissante vallée de Mitylinous, que dominent les es carpements boisés du Rakivouno.
L'ascension de cette montagne, qui n'a que 32() mèt. de haut, offre un beau coup d'œil sur la mer et le massif du mont Mycale : on y distingue des ruines cyclopéennes, et, en descendant à 1U, on traverse une forêt de beaux oliviers, de lentisques et de pins, pour arriver à une fontaine placée dans un site romantique, non loin d'un monastère délabré appelé Hagia Paraskevi. En ce dernier lieu, on voit, à l'extrémité d'une salle, une hypogée antique assez curieuse.
lïhora (4 kil. de Mitylini) est un gros village de 335 maisons, toute»
modernes. Il n'y a absolument rien à y visiter. Le gouverneur demeure dans une maison un peu plus belle que les autres ; le Sénat siège à l'ancien évêché, et l'assemblée des Samiens se tient dan* une église. Il faut visiter dans le> environs :
Les ruines àe l'ancienne Samos, couronnant la hauteur de Kastro, à 2 kil. E. de Chora. La description de Strabon peut éclairer le voyageur : « La ville et le port regardent le midi ; le mouillage est sûr. La plus grande partie de 1* cité s'étend dans la plaine et est baignée par la mer : une autre partie monte le long de la montagne qui la domine. » Les ruines subsistant encore sont : la grande enceinte, de 8 kil. de circuit, flanquée de tours carrées de distance en distance : l'acropole, beau spc" cimen d'architecture militaire hellénique : la petite acropole. * l'E., flanquée de fortes tours : U£ restes sous-marins de la ]eîh de 2 stades de long, qui *bn[a;?
le port, et une autre jetée pi"5.
Hoî'TK 90.]
petite, de 180 mètres, coupant le port en deux; à l'extrémité de [ ette jetée, on voit un amas de blocs renverses, qui semblent à M. Gtaéria les mines d'un phare.
Des ruines de temples, celles d'un théâtre, mesurantenviron cent pas <le diamètre , celles d'un aqueduc romain à l'O., etde l'Héroon, près du torrent Daphnia, complètent cet ensemble.
En dehors du rayon de la capitale, le voyageur, s'il a du loisir, fera bien île visiter le massif du mont Kerki, à la pointe O. de l'Ile. Il y trouvera des beautés naturelles qui compensent bien la fatigue d'un voyage d'environ heures. Auprès de la chapelle Saint-Jean, il faut voir le puits de Ptnareto : c'est un abime des plus sinistres, cavité naturelle dont les bords sont taillés de main d'homme : il a 13 mètres de tour et une profondeur vertigineuse, dont on peut juger en y jetant des pierres <uii rebondissent longtemps le long des parois. Le nom de Panareto est celui d'un habitant do l'iatanos qui voulut y descendre il y a 100 ana, et qui y périt par imprudence. Aux environs de ce pui u, il faut voir l'ermitage d'Hadgi Manoli, le ravin romantique justement nommé kakoperata (mauvais
Îastage), escalader la cime du Lerki, d'où la vue embrasse sans obstacle la carte à vol d'oiseau de nie entière, et descendre au N.
au Port-du-Diable (Scheïtan), dont le nom dit assez la valeur.
En quitant Samos, le Voyageur reprend l'itinéraire des paquebots a vapeur. Le petit groupe des lies fourni et de Nikaria, ile ciblée, montueuse et presque déserte, ne doivent guère l'arrêter : la pauvreté de ces lies était la principale Cause qui jetait jadis la popul»on dans les hasards de la piraterie.
Pathmos, située au sud des précédentes, mérite une visite. Cet llot,de ir> kil.sur 10, est un rocher steri\e, avec un port nommé Scala, W vivent 140 familles. Le souve-