COS-HALICARNASSE
j Ro vth 90.]
médecine ; Apelle, le plus grand peintre de cette époque ; Philétas, poète et grammairien , et Ariston le philosophe. — Elle vécut en paix jusqu'à la décadence de l'Empire romain, époque à laquelle les Sarrasins lui firent éprouver de grands dommages. Au xive siècle, elle appartint , sous le nom de Lango, aux chevaliers de Rhodes,
?ui surent la défendre de 1454 à 464 contre les attaques des Turcs.
Elle se soumit et fit partie de l'Empire ottoman après la prise de llbodes, etreçutle nomdeStanco.
En 1821, elle ne prit aucune part à la guerre de l'Indépendance.
État actuel. — La population de l'île est de 20 000 Ames, moitié Turcs, moitié Grecs. Le sol, assez bien cultivé, produit des raisins secs, des oranges et des citrons, du vin , de la soie et des grains.
La capitale, Cos, située au pied d'un coteau bien boisé et au bord de la mer, surprend par la blancheur de ses maisons et son air de propreté. Elle est fort ancienne et s'appelait primitivement Astypalva ; elle fut transférée , à une date inconnue , là où elle est aujourd'hui. Strabon la peint comme une ville de médiocre étendue, mais peuplée et renommée par ses vins et ses tissus. On pent juger de ces derniers par un costume do femme figuré sur un bas-relief d'un autel dessiné par M.Texier; on dirait la gaze la plus diaphane.
Détruite par un tremblement de terre, la ville fut rétablie par Antonin.
Il ne reste rien du temple d'Esrulape. qui l'illustrait jadis , mais toute l'île est pleine du souvenir d'Hippocrate qui y est né; son nom a été donné à un énorme platane de prés de 10 métrés de tour. A deux heures de la ville , est une montagne où les insulaires montrent la fontaine d'Hippocrate , qui est bien certainement une source minérale antique , car une inscription votive qui est voisine ne laisse aucun doute à ce sujet. La source, qui sort d'une
Op.lFN T.
roche crayeuse, a été dégagée par un travail de mine , et Ta galerie se termine à sa partie inférieure
{>ar un canal en maçonnerie. — Le ort de Cos est relativement moderne, il date des chevaliers de Saint-Jean.
De Cos , le voyageur fera bien de remonter au N. , visiter sur le continent le village de Boudroun , où sont les belles ruines de
Halicarnasse , l'une des six villes de l'ancienne confédération dorienne. Soumise par les Perses, elle devint la proie du tyran Hygdamis , dont la famille y régna sous la suzeraineté de la Perse.
Artémise , veuve de Hygdamis, combattit contre les Grecs à Salamine. Artémise II , veuve de Mausole, est plus connue dans l'histoire par la fondation du monument destiné à rappeler sa douleur conjugale. Alexandre prit Halicarnasse après un siège opiniâtre et l'incendia, mais il ne put prendre l'acropole ; appelée Salmacis. La ville fut rebâtie , mais rentra dans l'obscurité : cependant, du temps de Pline, le mausolée continuait à l'illustrer et à attirer les voyageurs.
Le plan de l'ancienne cité est encore facile à suivre sur le terrain. Elle se développait autour du port, qui était fermé par deux
§ ointes dont la plus saillante (celle e l'E.'f supportait le palais des anciens rois. Un peu à Î'E. du palais commençait l'enceinte , qui tirait au N. , suivait les soubresauts du terrain, et formait un angle très-excentrique au N.-E. pour revenir se relier à l'acropole : de là elle se dirigeait au S. -O. jusqu'à un angle où était la porte de Myndus, puis elle venait au S.-S.-E.
rejoindre la mer en ligne brisée.
Les principaux édifices à l'intérieur étaient, au pied de 1 A erg*, pôle, le théâtre à 10. et 1«; Mausolée à l'E. : il parait t^jf chevaliers de Saint-Jean, vaut en 1402 le château Boudroun sur l'emplacemei célèbre monument, lui portèrent
•il
TURQUIE D'ASlfi.
dernier coup. Du moins les murs du château portent une foule de sculptures pris aux monuments antiques d'Halicarnasse.
Reprenant sa route vers le S. et laissant à l'E. le golfe profond do Cos, ou golfe Céramique, au fond duquel se dressent les sommités neigeuses du Taurus, le voyageur abordera ensuit»? dans le petit port de Tadjir-Limani , protégé par le cap Krio , ancien promontoire de Triouas. En cet endroit, s'élevait la ville de
Cnide. — Histoire. — Fondée par les Spartiates , Cnide devint une ville riche par le commerce, et fonda Lipara près de Ja Sicile.
Harpagus, général persan, la soumit : dans la guerre du Péloponèse, elle passa du parti d'Athènes dans celui de Sparte, et les Athéniens tentèrent inutilement de s'en emparer. Lors des guerres des Romains contre Antiochus, Cnide prit parti pour les premiers et dut à cette conduite le titre de ville libre après la conquête de l'Asie. Elle fut prise par les pirates avant l'époque de leur destruction par Pompée en l'an 07.
État actuel. — On reconnaît sur le terrain l'exactitude de la description de Strabon : « Cnide a deux ports dont l'un peut être fermé, et a une station pour 20 navires: en face de la ville, est une lie d'environ 7 stades de tour , basse, en forme de théâtre, jointe à la terre ferme par une chaussée ; la plus grande partie de la ville est sur l'Ile, qui couvre les deux havres. » Cette lie , aujourd'hui Cap Krio, tient à la terre par une langue de sable qui n'existait pas anciennement, puisque Pausanias en fait un détroit qu'il appelle Buripe i I <>w il place un pont, sur lequ« t >ans doute la chaus-
^réedoin parle Strabon. Les deux pot it toujours , fermés
un ; « Jeux belles digues.
Celles du petit port (port des Tri- )i sont bien conservées, de HPP^'ur celle qui est a droite nd en sort du grand port :
[Route 90.
elle plonge dans la mer à une profondeur de 100 pieds. Celle de gauche est détruite et ne se voit que sous les eaux. L'entrée peut avoir 20 met. de large et 17 brasses de fond. A l'entrée du petit port, est une tour ronde à bossape.
qui est une des œuvres les plus parfaites de l'art antique en ce genre. Parmi les ruines de la ville, il faut remarquer : divers ouvrages cyclopéens, comme un quai, des tombeaux , les vieux remparts, deux théâtres, dont l'un a 1-20 mèt. de diamètre , un portique dorien et diverses autre* constructions. Grâce aux fréquentes visites des vaisseaux européens, le temple de Vénus a presque disparu, on en distingue À peine le plan. Cette fameuse Vénus enidienne, œuvre de Praxitèle, attirait à Cnide lc*s visiteurs du monde connu : Théodose la fit transportera Constantinople , au palais de Lausus , et elle prrit dans l'incendie de ce palais en 17.-».
De Cnide et du cap Krio, le navire reprend sa course vers le S.- E. On voit à l'O.la côte S. de ttle de Cos, qui, de ce côté, est aride et sauvage: puis les îles sans intérêt de Yali, Nisyro, Tilo, Kharki, qui continuent la chaîne entre Cos et Rhodes. « La population de toutes ces îles, depuis celle île Chio, est exclusivement grecque.
Symi, entre Rhodes et la presqu'île de Cnide, n'a de remarquable que l'habileté de ses plongeurs , qui vont , hommes et temmes, chercher à de grandes profondeurs le corail et les éponges dont leurs côtes abondent »
{ Y. Saint-Martin ). Rhodes se présente par le travers, occupant une vaste étendue de l'horizon. En arrière, on voit au fond du golfe de Symi la silhouette de la longue presou'lle de Cnide. Après ave"" doublé le cap le plus méridional de Symi , avec l'Ilot de Kiskilla-s, on s<* dirige vers I* ointe N.-E. de Rhodes : au loin, a l'E., apparaissent les cimes net
[Routb 9a.]
geusesdu Taurus. A mesure «qu'on approche de Rhodes, on distingue ses plages couvertes d'une belle végétation et de riants villages.
Ou contourne bientôt une pointe sablonneuse couverte de moulins à vent , par-dessus laquelle se montrent déjà les tours de la capitale, et, dès qu'on l'a doublée, on mouille devant le port.