‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 256 sur 511 · I. RenteirnemenU · texte numérisé non relu

I. RenteirnemenU

Le» formalité» dedcbarqtiementiontles mime» qu'à Smyrne; mais au coucher du wleil le port et la ville sont fermes, et l'on ne peut avoir la pratique.

Paquebots A vapeur. Ménageries français tous les 15 j. pour Mersina, les échelles de Syrie , l'Egypte et Marseille le mercredi; pour Smyrne, Syra, Malte et Marseille le vendredi (correspondance avec les lignes de Constantinople et de l'Archipel i. — Lloyd autrichien tous lea 15 j. pour Chypre et les échelles de Syrie, le dimanche; pour Alexandrie d'Egypte, trajet direct le mercredi ; pour Smyrne tous les 15 j. le dimanche et le mercredi (correspondance avec les lignes de Constantinople, de Grèce et de Trieste). Rhodes est la dation la plu» favorable pour parcourir la côte de Caramanie avec un petit bâtiment léger. (F. R. 9s?.)

U. Situation, Configuration. Statistique.

Rhodes, située par 26° de long.

E. et 36' de lat. N., en regard de l'angle S.-O. de l'Asie Mineure , Présente à peu près la forme d'une barque à proue efiilée vers le N'.-E. La longueur de l'Ile est de 10 lieues, sa largeur de 5, et sa 1 distance de la terre ferme, de 3au plus. Pline a très-bien évalué sa « irconT rence à 1^">000 pas ( un peu plus de -16 lieues ). Elle a, en quelque sorte, pour épine dorsale une chaîne de montagnes qui la traverse tout entière et dont le point culminant est le Tairos (1500 met.) f superbe masse qui est l'ancien Atabyron f ce nom rappelle singulièrement YAtaby- Tius, nom classique du Thahor

phénicien , et YAtabara sanscrit ).

Célèbre en tout temps par son admirable climat, par cette pureté de son ciel qui lui a valu chez une foule do poètes l'épithètede Clara Rhodos, cette ile frappe de loin par les lignes sévères et heurtées de ses montagnes, que domine le Taïros, souvent couvert de neige :

de près, elle charme le regard par la végétation multiple de ses vallées et ses mille ravins, où l'eau coule sous un épais rideau de lauriers-roses. Les essences d'arbres dominantes à Rhodes sont les mêmes qu'à Chio et à Samos : le pin.

l'olivier et le figuier sont surtout nombreux. Les vignobles de Rhodes, célébrés par Virgile , n'ont pas trop dégénéré. Du reste , l'agriculture est en souffrance dans cette lie , si richement douée par la nature, ce qui tient sans doute au chiffre restreint de sa population rurale ( 16 000 Ames). Administrativement, Rhodes est un liva de l'éyalet des lies, lequel liva comprend les Sporades. Le pacha des îles réside à Rhodes, où il dispose d'une trentaine de kavas et de 360 hommes de garnison : tous les pouvoirs sont centralisés dan» sa main.

Selon les plus anciennes traditions, Rhodes, sortie du sein des eaux, aurait été d'abord habitée par les Telchines. d'origine phénicienne. L'Ile elle-même parait devoir son nom à Rhodes, fille de Neptune et d'ilalia , sœur des Telchines. Rhodes, aimée par le Soleil ( Hélios), en eut sept fils, les Héliadcs, nom de la première dynastie qui régna sur 1 lie. Une autre étymologic plus naturelle attribue le nom de Rhodes aux roses ( 'Pioov), ou plutôt aux grenadiers (ll'3f«), dont l'Ile était semée, et qu'on retrouve sur d'anciennes médailles. Rhodes donna successivement asile à Danaiis , chassé de l'Egypte avec ses filles; à Cadmus et à ses Phéniciens, à plusieurs colonies de Pélasges, de

Cretois et d'Argiens; Tlépolème, I un de ces derniers, figure dans la guerre de Troie. Le Doricn Althémène l'attacha définitivement à la confédération connue sous le nom d'Hexapole dorique.

Rhodes resta pendant des siècles riche et indépendante; elle devint, par son commerce et sa marine, la plus puissante do toutes les îles grecques, et envoya des colonies dans l'Archipel , sur la côte d'Asie, et jusqu'en Sicile, en Italie et en Espagne. A la fin du vie siècle , Rhodes fut forcée de se soumettre aux Perses ; elle fut ensuite ralliée à la confédération athénienne. En 412, après la défaite de Syracuse, les Rhodiens s'engagèrent dans le parti des Lacédémoniens; les Athéniens firent d'inutiles efForts pour reconquérir cette possession. Alcibiade mit Rhodes au pillage (408), mais non lieutenant Antiochus fut vaincu par Lysandre sur les côtes de l'Ionie. C'est. à cette époque que remonte la fondation de la ville de Rhodes, capitale de l'Ile.

Alliés successivement des Athéniens , des Lacédémoniens et des Thébains, les Rhodiens prirent une grande part à la guerre sociale.

Mausole, roi de Carie, qui les avait aidés a s'affranchir du joug d'Athènes , leur'imposa son autorité, que sa veuve Artémise sut conserver après sa mort (354), grâce à l'appui des Perses. Les Rhodiens essayèrent de les renverser et de s'emparer de la Carie; mais Artémise les battit et prit leur ville par surprise.

L'aide d'Athènes (351) et la mort d'Artémise leur rendit la liberté.

En 336, Rhodes se soumit avec empressement à Alexandre le Grand ; mais à sa mort , en 323, elle proclama son indépendance. Antigone la lit attaquer par son fils Démétrius Poliorcète (305-304).

Les Rhodiens surent résister pendant plus d'un an, grâce aux secours de Ptolémée. De guerre lasse , Démétrius fit la paix ; Rhodes conserva son indépen-

D'ASIE. [Route 901

dance et fut plus puissante que jamais. Renversée en 222 par ua tremblement de terre t elle se releva avec l'aide des cités grecques et retrouva sa magnificence. Vie torieuse des Byzantins en 220, elle s'allia avec Attale et les Romains pour combattre et vaincre Philippe V, roi de Macédoine, et Antiochus le Grand. Les Rhodiens éloignèrent d'eux les Romains par leur conduite équivoque quand éclata la guerre contre Persée (172); mais ils regagnèrent peu a peu la faveur du peuple romain et obtinrent son intervention dans leur guerre contre les Cretois ( 154 ). Rhodes sut résister avec succès à Mithridate ; mais, plus tard, ayant pris parti pour DoJabella , elle fut pillée et occupée par Cassius; Antoine la délivra et lui laissa ses anciens droits « qui lui furent enlevés sous le règne de Claude et rendus par Néron.

Enfin Yespasien la plaça définitivement sous l'administration impériale. En 155 après J.-C, elle fut détruite de nouveau par un tremblement de terre.

Rhodes fut la patrie de Mcmnon , qui, à la tôte des troupes de Darius, résista avec talent * Alexandre le Grand : ses artistes, ses philosophes et ses poètes étaient également renommés; li1 peintre Protogène, les sculpteur?

Charèsde Lindos, les philosophes stoïciens Cléobule et Panétius étaient Rhodiens. L'orateur Eschineetle poëte Apollonius avaieut obtenu droit de cité à Rhodes.

Le christianisme s'établit de bonne heure à Rhodes ; sous l'empire d'Orient, elle eut à souffrir de< incursions des Sarrasins et des Perses. Vers le milieu du vu* siècle, sous le calife Omar , Moaww»

s'en empara, mais elle rentra bientôt sous l'autorité de l'empereur, et appartint successivement au* Grecs, aux Latins, à Jean Ducs* Vatace. Les Arabes, les Génois, le* Turcs l'attaquèrent successivement. Foulques de Villaret, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de

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Jérusalem, s'en rendit maître en 1309 et y installa définitivement »on ordre , qui devint pendant plus de deux siècles le boulevard de la chrétienté contre les envahissements des musulmans.

Toujours au premier rang pour l'attaque , les chevaliers prirent Stnyrne, Alexandrie, Patras, et partout, sur terre et sur mer , tirent trembler les soudans d'Egvpte et de Syrie et les premiers sultans ottomans ; mais bientôt l'ordre , abandonné par la chrétienté , allait être réduit à la défensive : en 1444, les Egyptiens vinrent attaquer Rhodes et lurent repoussés par le grand maître Jean de Lastic, après un siège de quarante-deux jours. Mahomet II, maître de Constantinople , voulut exiger un hommage et un tribut de Rhodes; mais le grand maître Jean de Lastic s'y refusa avec noblesse et commença aussitôt ses préparatifs de défense. Les premières tentatives , dirigées par Hamza-bey , n'eurent aucun succès, et Mahomet consentit à un armistice de deux • ans ( 1461 ).

Mais enfin une déclaration de guerre à outrance fut envoyée à Rhodes par le sultan (1471): les chrétiens gagnèrent du temps et agrandirent leurs moyens de défense. Ce fut en 1480, sous la maîtrise de Pierre d'Aubusson, que la flotte ottomane parut devant Rhodes. Après trois mois de siège , les Turcs tentèrent un assaut général, qui fut repoussé victorieusement par l'héroïque Pierre d'Aubusson. La mort seule de Mahomet II empêcha le fier sultan de tirer vengeance de cet échec, et pendant les règnes de Bayézid et aeSélim, aucune tentative sérieuse ne fut faite contre lui. Mais en 152*2, f»ous la maîtrise de Villiers de l'Ile-Adam, Soliman le Magnifique , après avoir conquis Belgrade , résolut de s'emparer de Rhodes, qui tenait en échec la puissance musulmane; une flotte de trois cents voiles et une armée de cent mille hommes, comman-

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