‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 261 sur 511 · VI. De Larnaca a Limassol , Amathonte et Fapnos · texte numérisé non relu

VI. De Larnaca a Limassol , Amathonte et Fapnos

(Ptr ttrre on par m«r, à tolooti , 26 h.)

Le voyageur qui a quelque loisir ne peut guere se dispenser de faire une visite aux ruines des villes célèbres de l'antique Chypre, toutes situées le lonç de la cote S. et S.-O. Cette excursion, si elle se fait par terre, sera assez pénible, vu la nature du sol et les contre-forts du mont Olympe, qui viennent finir à la côte : par la

TURQUIE D'ASIE

[Uoi te 91.;

même raison, rien de plus pittoresque et de plus varié. On peut tout concilier en traitant à Larnaca avec un patron de barque pour une excursion le long des côtes de l'ile, en touchant à Kiti, Limnsxol, Episkopi, Kuklia, Baffo.

Kiti (2 h.ï, que son nom a fait assimiler à l'antique G ittium. Ce tétine des Hébreux, colonie phénicienne; mais cette assimilation est plus que douteuse. C'est un village assez vaste, avec quelques ruines.

Limassol (10 h.) est un petit port oui vit surtout de l'exportation des vins de l'île et des caroubes.

La population est hospitalière.

C'est à Limassol que les Turcs abordèrent en 1571, quand ils vinrent conquérir l'ile. De là il faut aller, à 6 kil. au N. , visiter les ruines d'âmathoilte, célèbre dans l'antiquité comme capitale d'un des royaumes cypriotes, par ses mines de cuivre, et surtout par son temple de Vénus. La ville fut détruite pondant les croisades par Richard Co ur de Lion, et Limassol hérita de ses ruines.

Kolossi (1 h.) n'est pas au bord de la mer; mais on a pour s'orienter la Commandent, tour bâtie par les Templiers, passée après eux aux chevaliers do Rhodes. On voit à l'intérieur les armes de ces deux ordres : c'est un beau monument gothique, dont l'intérieur surtout est curieux. Du sommet de la tour on jouit d'une vue admirable. C'est de là Que vient, comme nous l'avons dit, le fameux vin de la Commanderie.

Épiscopi 3 h.), joli v. dans le site le plus romantique : c'est l'antique Curium. une des neuf capi-

tales de l'île. En continuant au N.-O., on a sous les yeux un jardin perpétuel, le v. de Pissouri (4 h.), au sommet d'une colline, et le v. turc d'Ardimon, sur l'emplacement d une ville antique {'i h.), mais où il n'y a rien à voir.

Kouklia (3 h.), qui est l'ancienne Paphos proprement dite [Palxo-Paphos) , séjour favori de Vénus : on y voit une grande forteresse carrée tombant en ruine , et quelques grottes intéressantes.

On attribue la fondation de Paphos au phénicien Cinyras , dont les descendants, les Cinyrades, y perpétuèrent un gouvernement théocratique limité. Ruinée par un tremblement de terre, la ville fut rebâtie par Vespasien. Les ruines du fameux temple de Vénus existent toujours à quelque distance de la mer : avec elles et à l'aide des médailles, l'antiquaire danois Hcntsch a pu rétablir le plan de ce monument fameux.

On traverse une fort belle plaine, et on arrive à ^1 h.) Iéroskypos ou iardin sacré, où la tradition place le bain et le jardin de Vénus. Le souvenir de cette déesse vit sur toute cette cdte, de Kiti à Baffo.

Baffo f2 h.), appelé Nèo-Papbos :

on y chercherait en vain les vestiges certains du fameux temple de Vénus ; mais des ruines qui couvrent le sol attestent l'importance de cette ville, détruite, a-t-on supposé, par un tremblement de terre. Trois tumulus artificiels supportent les ruines d'autant de temples. On voit dans les environs des grottes nombreuses qui pas" sent pour avoir servi de reiug* aux premiers chrétiens.

Page 1