KARAMANIE
(Lycie, Pamphylie, Cilicie, Piaidio, Lycaonie.)
DE TELMISSUS A ADALJA.
Le »©yaçenr qui n'aura pat tmttt* par terra loute la penintule partira de Rhodet »ur un eaïq oo un petit bâtiment Ic^er qu'il fera bien de louer pour toute l'cieur»ion , et avec lequel il gagnera en peo de lemp< la côte de Lycie ( 1 ri i 20 lu ue*), débarquant aux point» intcrcjuant» et f»i.«ant <]iel(joe» etciir»iont dan* lei terre*. La plu» trrande difGeullr iera de »e pniteurer de» chcvaut pour ces excurtion* dan* les petite* loc.ilile» où l'on Marquera. En »i»ivant la marche que nous indiquouj, le Tot-igeur éprouvera peu d'embarra*.
Le golfe de Makri, où nous commencerons notre exploration des côtes de Lycie, rrpond à l'ancien golfe Glaucus. Se* rives sinueuses, les iles dont il est semé, les montagnes qui l'entourent, lui donnent l'aspect le plus pittoresque. Le petit port de Makri, où l'on débarquera, est une station favorable pour entreprendre une tournée aux localités intéressantes del'inara, Tlos, Xanthus, etc. Pendant ce temps on enverra le eaïq attendre à l'embouchure du Xanthus (Khodia Tehaïj et, en face de U plage de Patara . ou plutôt dans la petite baie de Kaiamaki { Bazergian • Keui ), qui en est voisine, la plage de Patara étant exposée aux vents. Makri, bâti a l'embouchure du M« is, possède deux mosquées; les maisons sont
1 Endi-ti^nant «oui le nom de Kirtmanie Urole md A* '.a Pemn-hle, nou« n'tgnorom pa» que cette pr..Tincc ne comprenait qu'une pu lie «le celle tôle, cl «'étendait surtout d.int l'intérieur «ur te territoire dei ancienne» province* de Phrygie, de G.iUlie et de Cappadute , et que la Lvcie e»t f«<mpri*e dîna l'Anatole. Non* atont cependant préféré le nom général de Karamanie, u»uel parmi le» Letantina, aux nom» moins connu* de? t'valeU «* l'administration turque moderne, doutant plo» que ceux- ci out .voûtent changé de circonscription.
couvertes en terrasse. Des palmiers et des touffes de lauriers et d'arbrisseaux vigoureux l'entourent d'un véritable jardin. Tout autour de Makri se trouvent les ruines de l'antique Telmissus (Ti>- Wià;) , une des villes principales de l'ancienne confédération Lycienne. Ses ruines sont disséminées sur une assez, grande surface, ce qui montre que Telmissus dépassait de beaucoup les limites de Makri ; à l'O., au bas d'un ravin, on voit les restes d'un théâtre parfaitement conservé, avec 28 rangs de gradins. L'ancienne acropole . réparée par les chevaliers de Rhodes , occupait un mamelon isolé à l'E. de la ville; enfin du côté du N.-E. s'étend une vaste nécropole. Les monuments lyciens (sarcophages en ogive et grottes sépulcrales, imitant les constructions en bois (v. p. 455), sont un peu en avant de l'acropole. Les monuments grecs sont dans la partie E. de la montagne, les tombeaux romains sont répandus dans laplaine. Deux tombeaux grecs . dont l'un porte le nom à'Amxjntas, attirent surtout l'attention : ils sont en forme de temple, avec un fronton d'ordre ionique, et creusés dans la paroi d'un rocher vertical. De Makri, on se dirige au S.-E., et gravissant une chaîne de collines, on entre (1 h.) dans un défilé compris entre deux montagnes élevées , le Khodja- Dagh au N. f-2030 mèt.), et leMendouz-Dagh [i 180 mèt.) au S., puis on longe en écharpe les pentes de ce dernier , jusqu'au pied d'un contre-fort avancé du mont Cragus, qui porte (3 h.) les ruines de Pinara. — Cette ville, dont l'his-
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toire est inconnue, a laissé des ruines considérables : un théâtre très-bien conservé, et dont tous
les gradins sont intacts, des mur* de construction eyclopéenne, avec des portes massives, formées de trois immenses pierres. Au milieu de l'ancienne cité se dresse un grand rocher littéralement criblé de grottes sépulcrales. Les tombeaux, dont le nombre est immense, sont couverts d'inscriptions en caractères lyciens et
f[recs, et ornés quelquefois do joies sculptures. Des ruines de Pinara, on redescend vers l'E. au (l h.) v. de Minora, d'où, se dirigeant au N.-E. , et traversant (lh. 30) le fleuve Xanthus (Khodja- Tchaï), près du v. de Kieusk, on atteint (1 h.) le v. de Douvar, au-dessus duquel se trouvent, sur un plateau assez large (2 h.), les ruines de
Tlos (T*ûiç;, une des six villes principales de la confédération lycienne. On y voit des bâtiments considérables, qui semblent avoir été des palais de l'époque romaine, bien qu'aucune inscription ne le prouve, et que le style d'architecture n'appartienne pas à cette nation ; de puissantes fortifications , dans lesquelles sont encastrés des fragments de sculpture d'une époque antérieure ; le théâtre, trèsvaste, est le mieux conservé qu'on puisse voir ; les sièges sont en marbre poli, et ornés d'une corniche soutenue par des pattes de lion.
Mais ce qu il y a déplus intéressant, c'est l'Acropole, dont les flancs creusés de tombeaux présentent l'apparence d une ruche. Ces tombeaux sont sculptés dans le roc, et ornés avec beaucoup de goût.
Leur forme est généralement triangulaire.
De Tlos, on redescend en plaine vers le S., puis, laissant (45 m.l a gauche la chemin direct de Gunik (Xanthus), et inclinant au S.-O., on franchit (l h.} le Khodja-Tchaï, dont on suit la rive droite jusqu'au (1 h.l v. de Démélin. Après avoir passe i0 m.) un petit ruisseau, on
[Koutk W.j
se dirige à l'O. vers (40 m.) le v. de Kestep , remontant le cours d'un second ruisseau , qu'on franchit (1 h. 15) en face de Déré-Keui, pour gagner à travers une étroite vallée (45 m.) le v. de Dourdovrkar , au S.
duquel se trouve, sur les pentes du mont Cragus, l'emplacement de
Sidyma, ville qui n'a laissé que des ruines fort petites (un théâtre, une agora, des temples), mais dans un bon état de conservation. On y verra surtout des tombeaux d'une construction remarquable et couverts d'inscriptions- grecques.
De Sidyma, on redescend vers le S.-E., lo'ngeant le pied du mont Cragus, et traversant un défilé étroit jusqu'au (2 h.) v. de Yoloxidji, d'où, se dirigeant à l'E.. à travers la plaine, on passe (1 h.) le fleuve Xanthus, pour atteindre (30 m.) le v. de Gunik, autour duquel sont semées les ruines de
Xanthus (SAv0oS)t la ville la plus importante de la Lycie, bâtie sur la rive gauche du fleuve du môme nom, à 70 stades de son embouchure. Elle fut prise d'assaut deux fois : la première par Harpagup, général ae Cyrus le Grand; la seconde par Brutus, le meurtrier de César. Dans ces deux occasions, après une lutte acharnée, ses habitants s'ensevelirent sous les ruines de leur ville. Celle-ci ne se releva jamais de la seconde catastrophe. On y révérait particulièrement le héros Sarpédon.
Les ruines de Xanthus, découvertes par sir C. Fellow, comprennent les restes d'un théâtre, de temples, de tombeaux, d'arcs de triomphe.de murailles couvrantde belles collines qui commandent la rivière. La ville ne parait pas avoir été très-grande, mais la beauté des fragments donne une haute idée de la civilisation à laquelle était arrivé le peuple lycien. Les marbres avec une riche collection d'inscriptions lvciennes ont et*' transportés, en 1842-43, à Londres, où ils enrichissent le Britùh*v~ , seum ( V. Fellow'* Excunwn inA***
Itoi ik D2.J XANTHUS. — PATAK
minor, p. 226. — Lycia, p. 164. — Spratt et Forbes , TraveU in Lycia, vol. I et II).
De Xanthus, on marche directement .m S. à travers la large vallée du Xanthus, dont on laisse a droite l'embouchure, pour gagner (2 h.) l'emplacement de
Patara (Hara/ea). ville commerçante, qui possédait un -oracle d'Apollon très-renommé ; fondée probablement par des Phéniciens, elle reçut de la Crète une colonie dorienne, et fut plus tard agrandie par Ptolémée Philadelphe. Elle est mentionnée dans les auteurs latins et dans l'histoire ecclésiastique. Ses ruines portent encore aujourd'hui le même nom. Elles sont situées au bord de la mer.
C'est d'abord un théâtre, creusé dans le flanc N. d'une colline. Il mesure environ 80 mèt. de diamètre et compte 31 rangées de gradins ; le proscenium est parfaitement conservé ; une inscription apprend qu'il a été dédié par Vélia Procla à l'empereur Antonin- Auguste, fils d'Adrien. Près de là se trouve un temple romain dont il ne reste que la cella , un temple funèbre lycien et une porte triomphale, qui conduit à la nécropole.
Les murailles flanquées de tours embrassaient une aire assez considérable, et sont faciles à tracer; un château dominait la ville etle port. Celui-ci se reconnaît encore, mais ce n'est plus qu'un marais comblé par les sables et les broussailles. (V. Beaufort, Karamania, p. 2 et 6.)
A quelques lieues de Patara, entre deux collines, au fond de la baie de Kalâmaki (Bas ergian-K nu , on trouve un aqueduc pélasgique, a 3 arcades, d'une époque trèsancienne (Ch. Texier;. C'est dans cette baie ou devant la plage de Patara, qu'on se rembarquera pour gagner, en 5 ou 6 h.,
Àndiphil. Ce v., bâti au S.-O. de 'ancien port d'Antiphellus , sur une langue de terre qui s'avance "ans la mer, est peu considérable, mais il «'accroît chaque jour,
\. — ANTIPHELIXS. 557
grâce a un commerce actif des abitants de l'île de Castel-Rosso, qui font d'Andiphil une sorte d'entrepôt. Poste de douane , pas do ville, un café avec quelques provisions.
Les ruines de l'ancienne ville d'Antiphellus sont de l'autre côté de l'ancien port, sur la partie de la petite langue de terre qui s'unit au continent. En venant d'Andiphil, par le bord de la mer. on rencontre d'abord, à l'entrée et sur le côté E. du port, l'ancienne Nécropole. Les tombes s'étagent sur le flanc d'une colline dont la mer baigne le pied. Elles sont creusées dans le rocher et généralement munies de couvercles en forme de chaloupe renversée.
Quelques-unes ont conservé les couleurs dont elles furent peintes primitivement. Une d'elles, plus ornée que les autres, les domine toutes. Elle est portée sur un stylobate et sur un socle, qui font corps avec un soubassement, et dans cette, masse de pierre s'ouvre la chambre sépulcrale. La ville ancienne, bâtie en amphithéâtre et adossée à des monta-
f^ncs du côté du N., s'étend dans a direction de l'E. à 10., en face de la mer. En quittant la Nécropole et marchant vers 10., on rencontre d'anciens murt d'enceinte fondés sur le rocher ; puis un édifice rectangulaire avec un vestibule, et sans fenêtres, dont la destination est encore inconnue. Derrière cet édifice était située Yagora, dont on voit encoro les murs d'enceinte, avec un piédestal rectangulaire au centre.
La partie S. de la ville est soutenue par des murs et forme terrasse. Attenant à ces murs et sur un niveau inférieur est une église byzantine. Au delà de l'agora, vers l'O., sur la pente «le la montagne, on aperçoit le théâtre, qui présente 26 rangs de gradins bien conservés. Du théâtre on monte à l'esplanade de l'acropole, dont il reste peu de chose. Du eôte du N., au-dessous de l'Acropolis. et
le long de ses murs, dan» une vallée ouverte de TE. à 10.. s'étend une autre nécropole semblable à la première. La montagne qui fait face aux murs, de l'autre côté de la vallée, a été creusée en plusieurs endroits et renferme des chambres sépulcrales d'un autre style.
Avant d'entreprendre dans l'intérieur la course intéressante de Kassaba , Arnaea et Myra , on enverra la barque attendre au port d'Andraki, ou on la reprendra le troisième jour.
On sort d'Andiphil du c6té N.- E. La route traverse d'abord lo village d'Agli, monte (1 h. 30) sur un plateau occupé par le village de Tchoukour-Bài ou Orla-Keui, qui est divisé en 5 hameaux, puis elle court sur la cime de la montagne et aboutit aux ruines de (1 h.)
Phellus qui s'étendent dans la direction du N. au S., sur la crête d'une montagne très-élevée, appelée Fellerdagh. Les pentes de la montagne sont parsemées de constructions gigantesques, qui ont servi de murs de soutènement. La nécropole de Phellus présente seule quelque intérêt.
On v voit une enceinte carrée taillée dans le roc, avec deux édifices monolithes taillés aussi dans les rochers. L'un d'eux a 3 portes.
Son entablement ressemble h des charpentes posées de, front. Sur les faces latérales, d'énormes solives recourbées représentent des becs d'ancre. L'autre, plus petit, se compose de plusieurs chambres. Do cette nécropole, on redescend vers le N. de l'autre cété de la montagne, plantée d'arbres d'espèces trî-s-diverses. De ce cété les murailles de la ville, faites de pierres énormes, qui cubent chacune plusieurs mètres, présentent l'aspect des constructions pélasgiques. A mi-côtée on aperçoit un tombeau de plus de 75 mètr. cubes, qui a roulé du haut de la montagne. i'Ius bas la route traverse un ravin profond, à moitié comblé par des tombes et dcssar-
TURQUIE D'ASIE
[Rom 9Î.]
cophages , atteint le village de Bounar-Bachi (1 h.), et suivant toujours le sommet des montagnes, arrive (45 m.) sur le bord d'un plateau , d'où l'on découvre un vaste panorama sur la vallée de Kassaba, comprise entre deux hautes chaînes parallèles et arrosée par le Kassaba-Tcbaï. On descend dans cette plaine , et traversant le Kassaba-Tchaï , on entre (6 kil) dans
Kassaba. gros v. construit sur un affluent du Kassaba-Tchaï. et qui n'a de remarquable que son admirable situation au milieu de bois et de jardins bien arrosés. Il renferme une mosquée avec un minaret, un bazar et des maisons bien bâties, et sert de résidence à l'aghade Dembré ou Myra.
On sort de Kassaba du cété de l'E. La route traverse, presque au sortir du village, un affluent du Kassaba-Tchaï, puis (4 kil.) un second, et atteint [i kil). le pied d'une colline, placée au confluent du Kassaba-Tchaï et du Démir-Dérésou (Andriacus), sur le haut de laquelle s'élève une enceinte fortifiée, dont on ne connaît pas le nom antique. On longe le pied de cette colline, et, traversant l'Andriacus , on remonte le cours do cette rivière, sur la rive gauebe, au pied des montagnes ; la valléf se rétrécit rapidement et se couvre de bois. On passe d'abord auprès d'une superbe églitê byzantine, très-bien conservée. Hors du vaisseau principal, h droite et a
Sauche. s élèvent deux baptistères 'une architecture remarquable. A mesure qu'on avance , la forêt devient plus épaisse et le paysage plus triste. La route traverse un cours d'eau affluent deTAndriaous.
(•I h.> à la hauteur du v. de Koror dngh, qu'elle laisse à droite, et elle aboutit fi h.) ù une bifurcation du fleuve. 11 fnut passer la rivière et gravir a l'O. une montagne, dont l'ascension est assez fatigante. Sur le sommet s'étendent les reste* d'une ville grecque , qui semM* répondre à
[Rom 92. | PIIELLUS. — KÀ
Arasa, mentionnée par Etienne de Bjrzance. On y voit encore des murailles garnies de tours, bâties par assises régulières à bossage, et dont quelques parties ont été restaurées par les empereurs byzantins. Une vaste basilique s'élève au milieu d'un grand nombre de monuments du Bas-Empire.
Dos ruines d'Arnaea, on redescend en 20 à 30 m. au v. d'Irnési, où l'on peut passer la nuit.
D'Irnesi, le voyageur revient sur ses pas [A h.) jusqu'au confluent de l'Andriacus et du Kassaba-Tchaï; à ce point, il doit tournera l'E. dans 1 étroite" vallée de Démir-Déressi, suivant la rive de l'Andriacus, que bientôt (2 h.) il doit franchir sept fois dans l'espace de 2 h. , pour atteindre (30 m.)
Dembré, 1 antique Myra, où saint Paul débarqua (Actes, xxvn, 5), et qui devint capitale de la Lycie, au temps de l'empereur Théodose II. Parmi les ruines de la ville antique, on remarquera d'abord une vaste enceinte carrée, remplie par des bouquets de palmiers sauvages. Cet édifice , dont il est difficile de préciser la destination, appartient a la période classique, comme le théâtre qui en est voisin. Ce Théâtre , par ses corridors spacieux, ses doubles galeries, la grandeur et la beauté de son appareil , rappelle les plus beaux monuments que l'Italie présente en ce genre. La scène était jadis décorée de colonnes do granit : il n'en reste plus qu'une debout , les autres gisent a terre. Les portes, d'un très-beau travail , sont dans un assez bon état. Dans la salle des mimes sont accumulés des chapiteaux, des masques , des ornements de toute espèce, et, entre autres fragments , des bas-reliefs représentant des animaux sau values jouant dans des feuillages. En arrière du mur qui sépare les deux étages des gradins, on a sculpté la Fortune de la cité, tenant d'une main une corne d'abondance, et • le l'autre un gouvernail, l'ne porte, qui s'ouvre à l'angle K. et
>SABA. — MYRA. 559
8. du proscenium , présente une téte de Méduse très-bien travaillée. Ce monument, construit avec une pierre calcaire blanche presque aussi belle que le marbre, mesure 120mètr. de diamètre. A côté du théâtre, est l'ancienne maison de l'agha , aujourd'hui déserte :
elle oflro un curieux spécimen de la décoration employée autrefois par les Turcs dans leurs édifices privés. Des peintures et des sculptures remarquables ornent les cheminées et les lambris.
Au-dessus, on remarque une trentaine de tombeaux creusés dans le rocher, et qui sont couverts d'inscriptions grecques et de bas -reliefs représentant dés scènes funéraires. Le plu* remarquable porte ie nom d'Arsace.
De l'autre côté de la vallée, et au delà du bras le plus oriental ou Démir-Déré-Sou, existe une autre nécropole. Les tombeaux dont elle se compose sont creusés dans un rocher vertical dont ils occupent presque toute la surface. Le plus considérable de ces tombeaux est muni d'un fronton rempli par un bas-relief représentant le combat d'un lion et d'un taureau. Le style de ce monument dénote une grand/; antiquité. Au N. , a une grande élévation sur le rocher, se dresse un autre monument du même genre, décoré sur ses côtés d'une série de statues de grandeur naturelle.
En quittant Dembré, on se dirige au S., et. franchissant un bras de l'Andriacus . on gagne, à travers une large plaine bien cultivée, le couvent de Saint-Nicolas ( Hagios Nikolaos), grand édifice carré, sans fenêtres à l'extérieur, desservi par de pauvres caloyers.
L'église passe pour être celle quo Théodose II fit élever sous le nom iVrqlixe de Syon. Le corps de saint Nicolas, auquel elle a été depuis consacrée , y est resté enseveli jusqu'au xi* siècle , époque h laquelle ses reliques furent transportées à Bari (Italie.) Du monastère, on revient par le chemin qui
va du v. de Koum-Tépé à Andraki, on traverse de nouveau (2 kil.) le bras le plus O. de l'Andriacus, entretenu par des sources considérables d une eau sulfureuse froide et un peu salée , qui sortent des rochers ^3 kil. delà mer. A 2 kil.
à l'O. de la rivière, se trouvent les ruines de l'ancienne ville de Sura.
Descendant le cours de l'Andriacus, on atteint au bord de la mer (3 kil.) 4c v. de Andraki , signalé de loin par une tour carrée, qui s'élève au fond de la baie du même nom. Sur le rivage à TE., sont les ruines d'un édifice dit le Grenier d'Adrien. D'Andraki, on se rembarquera pour
Kékoba , v. turc inhabité et presque en ruine , au fond d'un port qui, quoique petit, est le plus beau et le plus spacieux de la Karamanic. Au port de Kékoba confine celui de Tristomo. En faisant le tour de ce dernier, on trouve des ruines considérables qui appartiennent au moyen âge : ce sont de vastes églises , des bains, des citernes, le tout d'une construction grossière. A l'E. de ces ruines, s'étend une nécropole sur laquelle, au moyen âge, on avait bâti des maisons. Les tombeaux qu'elle renferme sont Icb uns des sarcophages, les autres des chambres taillées dans le roc. Cette nécropole appartenait, d'après les inscriptions , à l'antique Cyaneae, mentionnée par Pline, mais dont l'histoire est inconnue. Deux autres localités, Ghiouristan (5. kil.
plus loin) et Toussa (5 h. dans les terres), présentent des tombeaux avec des inscriptions qui portent le même nom.
De Kékoba, on se rembarque pour Cacamo.
Cacamo, misérable village de 5 à 6 maisons bâties sur une colline, domine la «baie de Hassar et occupe l'emplacement de l'ancienne Aperlae ou Aperrha). On voit encore les murailles presque entières de l'acropole et des restes des anciens murs de la ville, qui servent
D'ASIE. [Koi:ti 95.]
aujourd'hui de soubassement au êhdteau turc moderne. Celui-ci renferme dans son enceinte une maison antique et un petit odton creusés dans le rocher, ainsi qu'un tombeau dans le style Ivcien. En dehors et au S. du château, une mosquée a été bâtie dans l'enceinte d'uni» ruine très-curieuse , et qui était jadis un petit temple orné d'un portique. La mosaïque de ce portique forme aujourd'hui l'are»
de la mosquée. La nécropole d'Aperlaj est à l'E. En descendant vers la mer, on rencontre un certain nombre de maisons pélasgiques, avec des escaliers taillés dans le roc , et dont le travail grossier et abrupt porte le caractère de la plus haute antiquité.
De Cacamo, on se rembarque, et cinglant vers l'E., on longe le golfe de Phinéka, au fond duquel on pourrait débarquer pour visiter, à une petite distance dans l'intérieur des terres , plusieurs localités : Gags ( Hats - Keui ) Corydallus {Hadji- V crier ) , Limyra (J?oun«r-Bac/ii), et Arycanda ( à 5 h. de la mer , sur la rivière Phinéka-Sou) , où l'on verra des restes d'enceinte, les ruines d'un aqueduc , de plusieurs théâtres, cent tombeaux remarquables , sculptés dans le roc, ruines moins intéressantes toutefois que celles des villes que nous avons décrites ci-dessus. On doublera le cap sacré (Kavo Chélidonia), et tournant Je cap au N.» on laissera, au delà du cap Sidéros et au fond d'une petite baie, les ruines d'Olympus, près du v. de Tchiraly , pour débarquer à
Tekirova, l'antique Pbaselis.
bâtie au pied du mont Chimacra (Tachtalu-Dagh), qui dresse se-n sommet h 2600 mèt. au-dessus de la mer, et auquel se rattachait la fable de la Chimère. Phaselis était une colonie dorienne, et forma un petit État indépendant iusqu a la conquête romaine. Elle ***** célèbre pour la fabrication de»
essences de roses et pour l* construction des barques légères qui
■Koutk 92.] ADALIA.
portaient son nom (phaseli). On y voit encore l'emplacement de son port principal, au côté O. de la Péninsule , un théâtre creusé dans la ndontagne, et les restes de plusieurs grands édifices et de oeaux sarcophages. Dans le voisinage, est un petit lac insalubre.
Depuis Phasclis , on continue à suivre la côte dominée par la chaîne du Solyma , qui parait représenter l'ancien mont Climax f limite de la Lycie et de laPatnphylie. On laisse, sur nette côte, les ruines peu intéressantes de Lymatea et d'Oifcto, pour jeter l'ancre devant
Adalia, l'ancienne Àttalia, fondée par Attale II, roi de Pergame, et d'où saint Paul s'embarqua pour se rendre à Antioche. Cette ville est bâtie sur un rocher qui s'élève à 60 ou 80 pieds au-dessus de la mer. Il n'y a pas de rivage. Les montagnes qui forment la côte baignent leur pied dans l'eau. Les barques abordent dans des anfraetuosités ou de petites baies ouvertes dans les rochers. La ville est entourée de bois d'orangers, de citronniers, de figuiers, de vignes et de mûriers , et enfermée dans une triple muraille du moyen a^e. Elle offre à la curiosité" du voyageur des fragments d'architecture, des colonnes, des statues, des pierres couvertes d'inscriptions , le tout de l'époque romaine.
D' Adalia, on enverra le caïq attendre au petit port d'E ski- Adalia, pendant qu'on se rendra par terre a Pergé et a Aspendus. Au sortir d'Adalia , en se dirigeant vers l'E.-N.-E. , on traverse un pays marécageux, arrosé parles quatre branches du Douden-Sou. On franchit (3 kil.) la première à gué, et la seconde (2 kil.), qui est la plus importante, sur un pont de cinq arches ; la troisième n'a pas plus de 7 mèt. de large ; la quatrième, que l'on rencontre (7 kil.) au bout d'une plaine inculte et rocailleuse remplie de grès conerétionné, était appelée par les an-