PERGE
ciens catarrhactes. Ellevasejeterà la mer près du v. de Laara, en formant plusieurs petites cascades qui paraissent avoir eu plus d'im-
Sortance dans l'antiquité. Au delà u pont, le voyageur se dirige vers le N., dans une large plaine plus élevée que celle d'Adalia, et qui sépare le bassin du Douden de celui du Cestrus , s'engage (44 kil.) dans une vallée large et profonde, et descend par un chemin pavé au v. de Mourtana , au N. duquelse trouventles ruinesde Pergé, mentionnée dans l'expédition d'Alexandre le Grand, et où saint Paul prêcha l'Evangile.
Ces ruines couvrent un large espace de terrain et sont dominées par une colline qui formait l'acropole et portait le temple de Diane Pergaea, dont il reste encore six colonnes de granit gris. Le Théâtre de Pergé, qui remonte au règne de Trajan ou d'Adrien, est encore à peu près entier. C'est une magnifique construction placée hors de l'enceinte de l'ancienne ville, assise en partie sur le flanc de la montagne, en partie soutenue par d'épaisses murailles bâties en gros blocs de pierre. Le mur de la façade du proscénium est orné de cinq grandes niches de 10 à 12 mèt.
do hauteur. Au-dessus, règne une galerie communiquant avec les parties supérieures de la scène, et a laquelle donnent a«'cès des escaliers placés aux extrémités du bâtiment. Trois portes conduisent dans l'intérieur ; les deux latérales donnent sur un vestibule attenant aux salles des mimes, qui sont divisées en trois parties, couvertes chacune d'une voûte à plein-cintre. La porte du milieu communique avec les trois portes principales de la scène ; les deux murs de face . sur lesquels s'appuient les précinctions des gradins, sont en pierres de taille recouvertes de inarbre. Le grand mur circulaire qui soutient les gradins est en grosses pierres à bossage. On voit encore sur ce mur les vestiges des arcs qui portaient la toi-
ture d'une galerie pratiquée au niveau de la montagne , et dans laquelle on pénètre par trois grandes portes carrées, ornées de moulures grecques. Les gradins , au nombre de 40 (20 par chaque précinction), sont d'un marbre grossier et taillés en forme de console.
Le stade, encore mieux conservé que le théâtre, se présente sur la éauche. L'arène est entourée de aix-sept rangs de gradins placés sur des voûtes rampantes. Au N.
du stade, s'ouvre la voie des tombeaux, bâtie engrosses pierres de taille. Au S., s'étendent les murs d'enceinte de la ville , construits en pierres à bossage et percés d'une porte à laquelle conduit un sentier tracé au milieu des glaïeuls. Adossé à cette muraille, se présente d'abord un vaste édifice, qui s'ouvre sur une rue large de 11 met., tirée au cordeau et bordée des deux côtés d'un beau porti tue en granit, dont les innoint rables colonnes gisent à terre. Plusieurs portes d anciennes n aisons ruinées sont encore debout. Plus loin, un aqueduc, souter u par deux arches, passe au-dessus de la rue; à l'extrémité de ceî>e-ci. on aperçoit encore un palais considérable, et, surle côté, un vaste édifice, composé de plusieurs chambres qui ne communiquent pas entre elles et dont la destination est inconnue. Un autre édifice, qui était sans doute une basilique , s'étend perpendiculairement à cette rue ; il se compose d'une longue nef, terminée par un hémicycle et flanquée à 1 extérieur par deux grosses tours de chaque côté. Au centre de la ville, s'élève encore un monument d'un aspect singulier et d'une destination douteuse : c'est un bâtiment circulaire, flanqué de deux grandes tours construites avec un soin ex tréme. Au dedans, s'ouvre une grande salle au-devant de laquelle de grands pieds-droits en marbre blanc soutiennent une porte semblable à un arc de triomphe. Cet
D'ASIE. [Rora 99.
édifice est rattaché par des portiques à la grande rue et à la basilique. Le reste de la ville contient quelques tours et des monuments cjui n ont rien de curieux et dont 1 accès est très-difficile. Dansl'axe du monument circulaire décru ci-dessus . a une distance de 300 met., s'ouvre une des portes de la ville, donnant accès sur une place extérieure, qui était sans doute l'Agora; elle est entourée de portiques et sa forme est oblongue.
Au milieu règne un bassin de marbre où coulait jadis un ruisseau.
La ville, considérée dans son ensemble , est à peu près carrée, et orientée de l'E. à l'O.
En quittant Pergé, la routecoupe des marais . puis ( 2 kil. ) une petite rivière, appelée aujourd'hui Ak-Sou ( eau blanche }, qui va se jeter dans le Cestrus, et se dirige dans la plaine vers le N.-E. On traverse dans un bac (10 kil.? Je fleuve Cestrus, et plus loin (4 kil on s'engage dans une forêt qui s'étend à une grande distance au N. et au S. Au milieu de la foré:
(3 kil.) s'élève un montieuled'où la vue plane sur tout le pays environnant. On continue à marcher à travers les bois jusqu'à ( 4 kil.
Assar-Keni , situé au pied d'une montagne dont les pentes sont couvertes de constructions antiques que l'on croit appartenir à 1 antique Sylleum. D'Assar-Keoi a Aspcndus , l'aspect du pays n<»
change pas, c'est toujours ïa foré'- Arrivé à la lisière M kil.), le voyageur monte sur une éminen^e d'où il découvre d'abord l'immense aqueduc d'Aspendus. I! fo"1 encore tourner un marais considérable pour arriver à Balliw < petit villnge moderne au N- Ju" quel était situé
Aspendus. Thrasybule perdit la vie devant ses mur»; plus t.ird .
Aspendus se rendit à Alexandre le Grand sans résistance; lors de la conquête romaine , elle pay»
tribut au consul Cn. Manlius. I ne partie de ses ruines couronne un»' colline qui se dresse sur les bords
ASPENDUS— STDE.
du Keupru-Sou ( ancien Eurymédon). La majeure' partie s'étend dans la plaine. Sauf le village de Balkésu , le pays environnant est désert. Au milieu des ruines, Bal- Kii-Sérai, c'est-à-dire le palais de la reinede Saba, attire d'abord l'atteotion. Ce prétendu palais est un théâtre romain, leplus beau et le mieux conservé qui soit au monde, et dont la construction est due à leinpereur Zénon. Sa façade* a 24 met.de hauteur jusqu'aux consoles qui couronnent l'attique et soutenaient les bois du velarium. Les fenêtres du premier étage sont cintrées, les autres sont carrées. A droite et à gauche, se développent deux ailes qui correspondent aux galeries latérales. Les grandes portes sont surmontéesd'inscriptions.
La grande salle des mimes, dans laquelle on entre d'abord, s'étend dans toute la longueur de la scène.
Aux deux extrémités de cette salle, des escaliers conduisent au sommet de l'édifice. La scène est décorée de deux ordres, compo-
corée de têtes de victimes , est ionique, tandis que l'ordre supérieur est corinthien. Au milieu de la scène, se dresse un grand fronton de marbre , au centre duquel f*$t un ba9-relief représentant la Mérité. La salle compte 21 rangs de gradins à la première préonction et 18 à la seconde. Le portique supérieur est composé de 43 arcades. Tous les graains, les vomitoires et le portique sont intacts. Il ne manque à ce théâtre que la couverture de la salle des mimes , les plafonds et quelques colonnes qui gisent, à terre. Tous les terrains depuis Pergé étant des poudingues agglomérés par un citent siliceux , c'est cette roche qui a servi à bâtir l'édifice. A côté du théâtre , s'étendent les ruines d une basilique, d'une agora et d'un immense aqueduc , construit en pierres de taille à bossage , le plus grand de tous ceux qui nous
ont été conservé», sans en excepter le pont du Gard.
Au delà de Balkésu, on franchit un pont jeté sur l'Eurymédon , et se airigeant au S.-E. à travers une vaste plaine, crû l'on ne rencontre que les v. de Tascha-Schèhr et de Leïlek-Keui , on atteint , nu bord de la mer {6 h.), les ruines de
Side , aujourd'hui Eski-Adalia.
Cette ville , fondée par une colonie de Cumes , fut prise par Alexandre , et vit plus tard la victoire des Rhodiens sur la flotte d'Antiochus le Grand, commandée par Annibal. Jusqu'à la domination romaine , elle fut un repaire de pirates. — La ville était située sur une petite péninsule , et entourée de murs d'une excellente construction , dont on voit de beaux restes du coté de la terre.
On reconnaît facilement les ruines d'un temple, et d'un portique qui faisait partie de l'Agora. Au centre de la ville apparaît le théâtre, un des plus grands et des mieux conservés de l'Asie. Le port était protégé par deux petits môles ; a l'extrémité de la péninsule étaient deux ports artificiels , aujourd'hui comblés par les sables.
On se rembarque pour Adalia.
DE RHODES A MERSINA ,