‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 264 sur 511 · PAR MER · texte numérisé non relu

PAR MER

(115 lieoes marine* on 632 kil. Ift.— 48 h. de navigation).

En quittant Rhodes, le navire se dirige vers l'E.-S.-E. Rhodes reste longtemps en vue. tandis que la côte de Lycie, dominée par les sommités neigeuses du Taurus, grandit à tout instant, et déroule le magnifique panorama de ses montagnes. On voit, de loin seulement, la eôte décrite R. 92, que l'on perd de vue après le cap Chélidonia, derrière lequel s'ouvre le golfe profond d'Adalia. On cingle alors en droite ligne sur le cnp Anamour , dominé également par de magnifiques montagnes.

A partir du cap Anamour, on

longe d'un peu plus près la côte de Cilicie , rangeant successivement les cnps Kiz-Liman (Posidium), Cavalière (Zéphyrium), Lissan el-Cab (Sarpédon) , l'embouchure du Gueuk-Sou (Calycadnus), celles du Lamas-Sou et du Sarkand-Déré-Sou, pour atteindre au fond d'un golfe profond le mouillage de

Mersina, en turc Merta , petit port à l'embouchure du Guzel- Teurrèh , oui a acquis quelque importance depuis que les steamers français et autrichiens l'ont pris pour leur escale sur la côte de Xaramanie. Quelques maisons et quelques ruines environnent le port, mais les unes n'offrent au voyageur aucune commodité, les autres aucun intérêt.

Paquebots i vapeur. —Messageries f rançaises, tous le» 15 jours, la vendredi pour Alexandrette, les échelles de Syrie et de l'Egypte ; le mercredi pour Rhodes , Smyrne, correspondance avec Conatantinople, etc. — Lloyd autrichien tous les 15 j. le lundi pour Chypre ; le jeudi pour Alexandrette, Lattakieh et Beyrout.

Débarqué à Mersina , on se dirige vers l'E., à travers une plaine étroite , reserrée entre la mer et une rangée de collines peu élevées. La route franchit (8 kil.) un ruisseau , laisse à dr. les v. de Karadouvar, Kazanli et Yéni- Kcui , incline légèrement vers le N. , à mesure que la plaine s'élargit, et conduit (22 kil.) au bord du lit desséché ou marécageux du Tarsous-Tchaï \ ancien Cydnus), dont elle remonte le cours en se dirigeant vers le X. Ce fleuvu était autrefois navigable jusqu'au-dessus de Tarse , et se jetait dans une lagune nommée Rhegma, qui servait de port à cette opulente cité.

On aperçoit bientôt Tarsous, entouré de grands et de magnifiques iardins, qui lui donnent plutôt l'aspect d'un parc que celui d'une ville. C'est à travers des champs feitiles et bien cultivés que l'on arrive (8 kil.) à

D'ASIE. [Route 93.

Tarse (en turc Tarsous) , l'an cienne Tarse (4 h. de Mersinai.

Histoire. — La fondation de Tan* est attribuée à Sardanapale, mais elle reçut de bonne heure une colonie d'Argiens. Elle fut pris-et pillée par Cvrus le Jeune, (pu conclut un traited'alliance avec son gouverneur Syennesis , espèce de satrape indépendant qui prenait le titre de roi. Alexandre le Grand s' en empara sans coup férir; c'est là qu> le conquérant faillit mourir d'utu fièvre grave, contractée à la suit* d'un bain froid dans le Cydnuf Tarse appartint ensuite aux Suleucides, et transitoirement aux Pt«* lémées. Pompée la réduisit ei province romaine ; mais dans 1a guerre civile , elle embrassa K parti de César, qui l'honora d'un?

visite et lui donna le nom de Ju liopolis. Plus tard Cassius lui tii payer ce dévouement en la mettant au pillage; mais bientôt Marc Antoine lui rendit ses privilèges. 1y donna des fêtes 6plcndides à h reine Cléopatre , qui se promet sur le fleuve, en costume a'Aphro dite, sur une galère magnitiqut Auguste et les empereurs comblèrent aussi cette ville de bien faits ; elle devint leur basé d'opérations contre les Parthes et U Perses. C'est là qne mourun-r' l'empereur Tacite, son père Y\v rian, Maximin et Julien, qui T fa:

enterré. Prise par les Sarrasin* elle fut reconquise , à la tin du xe siècle, par Kicéphore. pour retomber bientôt définitivement sou?

la domination musulmane.— Tarse, enrichie par le commerce , euf connue aussi par ses philosopheet ses littérateurs. Elle donna if jour au grand apôtre saint Paul.

État actuel— Tarsous est bâti, dans la plaine, entre le Cydnus et une rangée de montagnes élevées. La ville antique occupai1 une surface de terrain quatre î*»* plus étendue que la ville moderne, car le Cydnus traversait ses mur*, tandis qu'il coule maintenant dans la plaine , à 1 kil. environ Je* faubourgs. Les maisons *ont pO'"

Rot tf'93.]

la plupart couvertes en terrasse ; quelques-unes des plus grandes et des plus considérables sont bâties avec des pierres empruntées aux ruines de l'ancienne Tarse. Une partie de la ville est entourée d'un mur dont on attribue la construction au khalife Haroun-ar-Reschid. La population de Tarsous varie avec les saisons. En hiver elle s'élève jusqu'au chiffre de 12 000 hab., dont la plupart sont des Turcs et des Turcomans, qui remontent dans les montagnes en été pour éviter la chaleur accablante et les pernicieuses influences de l'air de la cote. Il ne reste alors dans Tarsous que 200 familles arméniennes et 100 familles grecques environ , qui composent toute la population fixe et permanente de la ville. Tarsous est suffisamment riche et coramer-

Îante ; elle sert d'entrepôt pour e sucre qu'on importe de Damiette , le café qu'on tire de l'Yémen, le sucre et le café qui viennent de Malte. D'ailleurs le pays environnant produit en abondance toutes sortes de grains.

Tarsous renferme de beaux monuments , soit de l'antiquité, soit du moyen Age : un château, qu'on attribue au Sultan Bajazet , domine la ville. Dans la partie O.

s'élève un monument de la même époque , bien conservé , qui était une sorte de poste établi pour la surveillance de la route , et qui, en effet, domine la place et le cours du Cydnus. A 200 pas environ de cet édifice , au S.-O., et sur une éminence s'étendent les ruines d'un grand monument circulaire dont Ta destination primitive est restée jusqu'ici inconnue.

A l'E. , sur les bords du Cydnus, on aperçoit d'autres ruines qui appartiennent à un théâtre ; mais 1 édifice le plus curieux de l'ancienne Tarsous est le Deunuk- Tach (pierre tournante) situé , su S.-E. de la ville, au milieu d'un jardin d'arbres fruitiers qui on masquent la vue, et sur la rive dr. du Cydnus. C'est un vaste pa-

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