‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 266 sur 511 · PAR ISSUS KT BATA · texte numérisé non relu

PAR ISSUS KT BATA

(33 heures.}

En partant de Tarse, on traverse une plaine sans intérêt que baigne le Sarus (Seikhoun-Tchai) , et on arrive à (7 h.) Àdana , V. fort grande, dont la population s'élève à 40 000 ames. Les jardins mêlés aux habitations donnent à la ville une certaine physionomie champêtre. Pline, Pto'lémée, Dion Cassius et autres anciens parlent d'Adana; les princes turcs Reschid et son fils Mohammed en ont été les modernes reconstructeurs.

On sort d'Adana par un pont fortifié , attribué a Justinien ; on franchit une plaine à peu près semblable à la précédente , on passe un gros ruisseau et on atteint (6 h.)

Missis , l'antique Mopsuestia, qui n'est qu'une vaste ruine avec 30 familles à peine. Le Djéhan- Tchaï (Pvramosi la coupe en deux :

le quartier de la rive gauche se nomme Kéferbina. Sous les em-

Î>ereurs romains, Mopsueste porta es titres de « Hadriana, Sacra, Libéra et Asylos;» elle avait ses lois, et s'intitulait alliée et fédérée de Rome.

En sortant de Missis , on gravit un col de la magnifique montagne EnNour (de la lumière), on arrive au v. de (6 h.) Kourd-Koulak (oreille de Loun), et on débouche sur le golfe d Alcxandrcttc i'i h.

30 min.) par le Démir-Kapou (porte de Fer), défilé romantique, qui est la plus occidentale des deux anciennes portes ou pyles amaniques On passe à côté de ruines qui sont celles de l'antique Castabaîum, et l'on atteint (2 h.) un village dont le double nom, Karahaïa (roche noir' et Tell-Arakli, indique la transition du pays turc au pays arabe. On franchit (1 h.) un grand ruisseau, et on s'engage dans le défilé qui mène à la vallée

[Routé 94/

d'une microscopique rivière ap-

fielée Dell- Tchaï (rivière furieuse , 'ancien Pinarus (2 h.) ; on est alors sur le champ de bataille d'Issus. L'emplacement de la ville de ce nom est marqué par des ruines, h une petite heure auS.-K.

de la rivière. A travers les récita contradictoires des historiens, voici les détails géographiques qui paraissent établis : Alexandre était à Mallus (mont Karatach ou pierre noire, h l'entrée du golfe , quand il apprit que Darius était arrivé à Soehi, en Syrie; il marcha vers les Pyles syriennes '"Démir-Kapou) qu il passa le second jour, et arriva a Myriandros. Darius passa à son tour les Portos amaniques 'dans l'Akma-Dagh, 6h.

N.-E. d'Issus:, et se plaça sur les derrières d'Alexandre ; il atteignit Issus , et continua la poursuite de son ennemi, qui se retourna alors et marcha vers les Pyles ; l'armée, rangée en colonne tant qu'elle resta dans le défilé, se déploya en ligne dans la plaine (vers Kuretur , attaqua les Perses massés sur [i rive N. du Pinarus , et les mit en déroute. Le nom do Nicopolis perpétua ce fait mémorable, .«oit que ce fût une ville nouvelle distincte d'Issus , comme le veulent Strabon et Plotéméç, ou la même, comme le prétend Etienne de flyzance. La plaine ne contient que les ruines (l'une seule ville, tout près du village de Keui-Tchaï, et sur la rive N. du ruisseau Je ce nom. La plaine d'Issus a deux grandes lieues de longueur, depuis

les ruines jusqu'au ruisseau

Je

Pavasse , où sont les vestiges ye l'antioue Baya, à 1500 mèt. du volage de Kuretur.

La petite ville de Payas, à 1 «• 30 du ruisseau , est un port ave»' un baaar, où Ibrahim-Pacha essaya d'attirer le commerce de cette région montagneuse. On s'engage ensuite dans le défilé Je? Pertes syriennes jusqu'à la baie o Alêxandrette, et, 3 h. après PnV*î' on entre dans cette ville (T.R

ittouiK 95.J D'AFIOUN-KARA ROUTE 95.

DAFIOUN-KARA-HISSAR A KONIÈH ET A TARSE,

PAR LIS PORTES CIUC1KNNES (107 HeUCS.)

De Kara-Hissar à Ak-Schèhr, la route reste constamment dans la large vallée del'Akkar-Sou, en suivant indistinctement l'une ou l'autre des deux rives, semées de nombreux villages, parmi lesquelsnous nommerons, au N., Surmt'Tièh (ruines;, Suleymanich , Buvuk-Tchobanlarfles grand bergers). Férélu ; au S. , Kerbalu et Bardaklu, entre lesquels s'étend la fameuse plaine '1 Ipsus , où se livra, en l'an 301, la bataille qui décida du sort de l'empire macédonien partagé par les successeurs d'Alexandre.'

Bulvouden (10 h.), l'antique PolybotUS , est une ville peuplée ae 3000 musulmans , et où s'embranche la route de Constantinople , venant de Seïd-el-Gbazi ; c'est une station où le voyageur peut trouver plusieurs khAns et des provisions. Ce lieu offre des ruines nombreuses, de même que le village voisin de Karaman, à 1 h.

La plaine devient marécageuse après Bulvouden et aux approches du lac d'Ébcr ( Bber-Gueul }. On pisse VAkkar-Sou sur une chaussée élevée, de plus de 6 kil. de long , et, longeant le pied du pittoresque Sultan-Dagh , haut de 12 à 1300 mèt. au-dessus de la mer et seulement d'environ 400 met.

au-dessus de la plaine, on rencontre (5 h. 30) Isalclu , puis on franchit une zone de terrains fertiles et bien cultivés, large do 2 kil. et arrosée par plusieurs ruisseaux qui descendent de la montagne, notamment eelui de Dêré-Keui ; c'est vers ce dernier point qu'était l'antique Thymbrium , théâtre de la victoire célèbre qui fit passer l'Asie mineure des Lydiens aux Perses. Viennent ensuite deux autres villages, Yatian et Nyrdyr, et enfin 3 h. 30 min.)

Àk-Schôhr, ou la ville blanche,

-HISSAR A KONIÈH. 567

est une jolie petite ville arménienne, située a moins de 2 h. du grand lac qui porte le môme nom, sur le flanc d'un coteau où ses maisons s'étagent gracieusement.

On continue à marcher au S.-E.

et, après avoir passé le village de Karyat, on entre dans une plaine bien ombragée d'arbres, avec des villages et des champs cultivés.

On passe de cette plaine dans celle d'Ilgun ,9 h.!, remarquable par ses deux lacs et par la petite ville qui lui donne son nom. Un chemin fort difficile, dans un pays do montagnes peu élevées, mène (5 h.) au lieu nommé Khadun- Khln ou le Khin-de-la-Damc , puis à 4 h.)

Yurghan - Ladik , par abréviation de Yuruk-Khdn Ladik , Ladikdes-Vapabonds [Turkomans\ l'ancienne Laodicea-Combusta, où le touriste doit s'arrêter pour visiter les nombreuses ruines gréco-byzantines. Nommée d'abord Séleucie et fondée par Séleucus, elle parait n'avoir pris le nom de Laodicée qu'après avoir été brûlée et rebâtie. L'assertion de Strabon, qui veut tirer le surnom de Com~ busta de la nature volcanique du pays, est contredite par Ilamilton, au point de vue géologique. La vallée où s'élève Laodicée est une sorte de cul-de-sac dominé par de petites hauteurs intéressantes à étudier pour le géologue : la plus saillante est un rocher appelé Kiz-Kaïassi (le rocher de la jeune fille;, sans doute en mémoire d'une jeune fille qui se serait précipitée du haut de ce pic pour éch apper aux derniers outrages.

Le nom et l'histoire se retrouvent à chaque instant dans la Turquie d'Europe et d'Asie.

Une route de 9 b. fort aeeidentée, maid agréable au point de vue pittoresque, conduit à Konièh : cette route est ancienne, et son importance depuis la conquête turoue est attestée par les ktidns et les villages, tous ruinés aujourd'hui, qu'on rencontre à peu près de 2 en 2 heures.

Konièh, l'antique Tconinm (47 h.

d'Afîoun - Kara-Hissar) , dont Strabon vante la belle construction (eu 9SJGt*t9<Jiivov), que Pline appelle «la tres-célèbre. » métropole provinciale sous le Bas-Empire , devint à partir de l'an 1074 le siège de l'empire Turk-Seldjoukide ou Koniarite en Asie-Mineure. La splendeur de Konièh, sous ces nouveaux maîtres, est attestée par les ruines de plus de 20 médressés ou collèges (le môme chiffre que Bagdad même), et par ses autres monuments, dont les trois plus importants sont la Mosquée-d'Or (Schérif-Altoun-Djami). celle de Sultan- Ala-Eddin et relie de Sultan-Sélim ; les tombeaux de plusieurs saints personnages , dont le plus célèbre est le] poète derviche Djélaleddin, auteur du beau poëme persan Mesnevi. En 1532 , Soliman le Grand s'arrêtait k Konièh pour visiter ce monument :

mais aujourd'hui l'état de ruine de tous ces tombeaux sacrés prouverait peu en faveur de la ferveur musulmane, bien qu'ils soient le but d'un grand concours de pèlerins.

La merveille de Konièh est la raine qui a été le palais des Seldjoukides et dont des pachas ineptes ont imaginé de faire une carrière : aussi peut-on k peine, aujourd'hui, y reconnaître le plan primitif : mais on peut s'en taire une idée par ce qui reste de la salle principale, et notamment par des pendentifs et par un plafond d'une ornementation brillante et assez compliquée. Ce qui est mieux conservé, ce sont deux monuments attribués tous deux au sultan Ala-Eddin : la mosquée qui porte son nom et la médressé bleue. La Mosquée d' Ala-Eddin est décrite en ces termes par M.

Texier, qui la regarde comme le type de 1 architectures eldjoukide :

c La porte est située au fond d'une niche décorée d'un encorbellement en pendentif. Les méandres qui l'encadrent sont en marbre noir, incrusté dans la pierre cal-

D'ASIE. [Route 95.,

caire. Une longue inscription, extraite du Coran, forme la bordure extérieure. La porte est flanquée de deux minarets : les deux colonnes sont en briques, incrustées de croix en faïence bleue ; leur plan est composé d'un faisceau dn colonnettes alternativement an-

Fuleuses et demi-circulaires. Tout cncadrementdusoubassementest en marbre noir, et les 2 niches ouvertes que l'on voit à droite et à gauche communiquent k deux cellules. »

La Médressé Bleue a aussi beaucoup souffert; mais la grande salle du centre est bien conservée. avec ses mille ornements et ses faïences émaillées, dont les arabesques sont des caractères entrelacés, formant des fragments du Koran.

On prétend même que le texte entier du livre sacré pouvait se lire sur les murs du monument à l'é-

f>oque de sa splendeur. La coueur qui domine dans cette ornementation variée a valu à cette médressé le nom sous lequel elle est connue.

Dans les environs immédiats de la ville, le touriste pourra visiter le théâtre de la victoire des Egyptiens sur les Turcs, en 1834.

A partir de Konièh, on voyage pendant 18 heures dans une immense plaine couverte d'effloreicences salines qui donnent à la végétation un caractère tout particulier. Au bout de 6 heures, se trouve le village de Khakoun , au milieu d'un terrain marécageux, klasortie duquel on atteint (3 h. 30i htnii.

grand village avec des ruines antiques ; 4 heures après Ismil. une fontaine où l'on stationne quelque* instants ; k peu de distance s'élève le v. de Geiweh avec des ruines, et plus loin (10 h. d'Ismil Karabounar, à l'entrée d'une cavité occupée par un lac sale.

Cette petite ville est surtout habitée par des Turcomans qui y hivernent et passent l'été dans la plaine de Sultan-Khân. Sultan-Sélim y * fait construire une motquée qui tombe en ruine : to»1

Roitk 05.

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