ANTIOCHE
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historiens de 1' prennent qu'une partie de était bâtie sur une ile ; soit que cette ile fût formée par un bras de l'Oronte, ou plus probablement par un canal, on n'en aperçoit aujourd'hui aucune trace. Ce qui subsiste actuellement de la ville ancienne nous fait connaître qu'elle était en partie dans la plaine et en partie sur les hauteurs du mont Silpius qui la dominent au S.
Les rois Sélcucides prirent plaisir h l'orner de monuments qui en tirent la première ville de l'Orient, et dont les historiens nous ont donné de pompeuses descriptions.
Tigrane , roi d'Arménie , l'enleva aux Séleucides en 83; mais Lucullus, intervenant le premier au nom de Rome dans les affaires de Syrie, la rendit à Antiochus Phifopator. Cette intervention n'était que le prélude d'une assimilation prochaine; en 64, Pompée réduisit la Syrie en province romaine , mais il accorda à Antioche le privilège de se gouverner ellemême. La ville, comblée? des bienfaits de César etd'Auguste, les reconnut en adoptant pour point de départ de sa chronologie la date de la bataille d'Actium. Antioche conserva l'autonomie qu'elle devait à Pompée jusqu'à l'époque d'Antonin le Pieux, où elle devint une colonie romaine. A l'exemple des rois Séleucides, Caligula, Trajan et Adrien dotèrent la ville de splendides monuments qui , comme ceux de la période précédente, n'ont laissé aucune trace. Les tremblements de terro fréquents que cette ville subit expliquent cette complète destruction. La plus connue de ces catastrophes est celle qui eut lieu sous Trajan en l'an 115 : 260 000 personnes y périrent; l'Empereur, qui se trouvait dans la ville, y courut les
5 lus grands dangers. Sapor, roi es Perses, s'empara d'Antiocbe, en 268, pendant que les habitants étaient au théâtre.
Le nom d'Antioche occupe une grande place dans l'histoire des premiers temps de l'Eglise. Elle fut le siège d un patriarcat fondé et occupé par saint Pierre. C'est à Antioche que saint Barnabe et saint Paul se réunirent (Actes des Apôtres XI, 19-30) et que les disciples prirent pour la première fois h* nom de chrétiens ; c'est de la que Paul et Barnabe partirent pour répandre chez les gentils la
farole do l'Evangile t'&ta\. XIII, -4 ); qu'à leur retour (XIV, XV) eurent lieu les divisions entre les partisans des traditions juives et ceux de la liberté nouvelle, les discussions entre Paul et Pierre, et Paul et Burnabé.— De 252 à 380, Antioche fut le siège de dix conciles. Son évéque Ignace souffrit le martyre sous Trajan. C'est là enfin que naquit saint Jean Chrysostome.
Avec la période Byzantine, une ère nouvelle commence pour Antioche. Son importance absolue décroît à partir de la fondation de Constantinople, mais elle devient, avec les progrès du christianisme, une sorte de métropole religieuse.
La fondation de Constantinople ne détourna pas complètement d'Antioche l'attention des empereurs. Constantin et son fils construisirent une basilique remarquable qui fut le théâtre des premières prédicationsde Chrysostome. Constance, Julien malgré son retour au paganisme, et Valens favorisèrent successivement Antioche. Sous Théodose le Grand les habitantsde cette ville, connus de tout temps pour leur propension à la révolte, se soulevèrent et brisèrent les statues de l'Empereur. Théodose tira de cet affront une vengeance sanglante, dont il dut faire pénitence publique devant saint Amhroise.
Après Léon le Grand, l'histoire d'Antioche bffre une longue suite de calamités, massacres des Juifs, tremblements de terre , guerres intestines , querelles du Cirque , guerres contre les Perses. Sou*
SYKIK.— PALKST1NE.
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Justin (o25), et surtout hous Justinieu (583), elle fut si complètement renversée par des tremblements de terre que les survivants ne pouvaient reconnaître leurs demeures. En 635, sous le rogne d'Héraclius, Antioche tomba aux mains des musulmans; elle ne fut reprise qu'au x* siècle par Nicépbore Phoeas, et reperdue de nouveau par les Commença dans leurs guerres contre les Scldjoukides.
Ces conquérants en furent à leur tour dépossédés par les années de la première croisade en 10!)7.
C'est par l'E. v le N.-K. et le N. que losCroisés investirent la ville, JJohcinond et Tancrèdc a l'E., les Italiens au S.-E., près des cryptes que l'on voit encore; à leur droite, les deux Robert, Etienne et Hugues aven les Normands, les Flamands et les Bretons, puis Raymond de Toulouse et ses Provençaux , puis enfin (îodefroi de Bouillon dont les lignes s'étendaient jusqu'à l'endroit où l'Oronte baigne Icb remparts d'Antioebc. Les incidents de ce siège et les longues souffrances des armées croisées sont trop connus pour que nous les rapportions ici en détail. A peine prise, Antioche dût être détendue par ses nouveaux possesseurs contre les armées de Kerboga. C'est le k2ti juin 1098 que se livra la bataille ou les chefs croisés firent des prodiges de valeur et taillèrent en pièces les troupes ennemies. (îodeîroi de Bouillon fit d'Antioehe le siège d'une principauté qui fut donnée à Bohémond. prince de Tarente.
La ville resta aux chrétiens jusqu'en 1208, où elle fut prise par Bibars Bondoukdar. A partir de cette époque jusqu'aux premières années de ce siècle les chrétiens furent presque absolument exclus de, cette ville.
Etat actuel. — Antioche n'est aujourd'hui qu'une ville dcGOOO habitants environ. aux maisons basses et pauvres ; ses rues sales et tortueuses se changent, à l'époque des pluies, en véritables torrent?.
Des traces importantes des travaux de l'antiquité existent encore à Antioche; ce sont des fortifications qui sont un des plus beaux spécimens de la perfection a laquelle les Romains étaient parvenus dans ce genre de travail. Elle* se composent d'une muraille qui.
dans certains ' endroits , n'a pas moins de 70 pieds de hauteur, entourée d'un fossé et flanquée de 130 tours, dont plus de 50 subsistent encore. Ces tours, les unes carrées, les autres rondes, font une saillie de 10 mètres environ «le chaque côté du mur. La partie la plus remarquable de cette muraille est celle qui réunit les dcui pics du mont Silpius et au-dessousde laquelle on avait ménagé, pour l'écoulement des eaux, une sorte d'arche à laquelle les Arabes ont donné le nom de Bah el-hadid (porte de fer).
Quelques-unes des portes de la ville subsistent encore , ce «ont :
la porte de Mvdin», la porte des Oliviers . la porte Saint-Paul ttab Boulouslqui est dans un assez bel état de conservation, enfin la porte du Pont (Bab-Djissr) , située en face d'un pont de quatre arches, le seul qui soit construit sur l'Oronte.
Lesenvironsd'Antioche seraient propres à toutes les cultures, mais ils sont complètement délaissés.
Les parties montagneuses seules, abritées par leur position contre les ravages des Kurdes, sont couvertes d arbres fruitiers.
ENVIRONS d'aNTIOCHF.
On peut faire autour d'Antioehe plusieurs excursions intéressantes :
1". a Beit el - Ma, l'ancienne Daphné; la route qui y conduit (1 h. 30) lon^rc un ancien aqueduc et présente les points de vue les plus pittoresques sur Autioche, ses fortifications et ses jardins. Elle s'engage ensuite dans un vallon sauvage, rempli de lauriers-rose»
et arrosé par des ruisseaux qui y
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répandent une fraîcheur délicieuse. Bcit el-Ma (la maison de l'eau) ne présente que quelques moulins ruinés. C'était une localité célèbre dans l'antiquité par la légende de Daphné et par le culte d'Apollon, auquel on avait élevé un temple magnifique avec un oracle renommé. Les fêtes du sanctuaire avaient rapidement dégénéré en orgies qui durèrent jusqu'au triomphe du christianisme ; les derniers souvenirs du paganisme remontent à l'époque de Julien, qui ht d'inutiles efforts pour remettre en honneur le culte de ce Dieu.
2" Aux ruines d'Àntigonie , aujourd'hui Zeghaïb ; plus rapprochée d'Antioche et au N.-E. de Beit el-Ma. Àntigonie fut fondée peu de temps après Antioche pour être la rivale de celte ville, maiselle n'atteignit jamais à sa prospérité.
3° Aux ruines de Séleucie (Sueidiyèh) , près des bouches de l'Oronte. — Lo chemin direct G h. 30) suit la rive droite de l'Oronte, gravissant des rochers escarpés, et descendant dans des ravins profonds remplis de myrtes et de lauriers-roses; à droite court la chaîne rocheuse du Pierius; a gauche, l'Oronte tortueux et rapide. On peut s'y rendre en 1 heure de plus par Deit el-Ma; de ce village un chemin escarpé descend au bord de l'Oronte que l'on franchit dans un bac pour regagner la rive droite et le chemin direct. — Le v. de Sueidiyèh s'élève dans une plaine fertile au N. de l'embouchure de l'Oronte et présente un aspect enchanteur avec ses habitations gracieuses et ses jardins délicieux.
C'est à un Anglais, M. Parker, qu'il doit cet air de prospérité. Les ruines de Séleucie se trouvent à 1 h. au N.-O.
Séleucie du Pierius ( Seleucia Pieria), fondée par Séleucus Xicator qui y fut enterré, était autrefois le port d'Antioche et une des quatre villes de la tétrapole séleucide. Pompée en fit une ville libre pour la récompenser d'avoir
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résisté à Tigrane. C'est là que saint Paul et saint Barnabé s'embarquèrent pour aller prêcher l'Evangile à Chypre.
Outre les ruines d'une norte occupant l'angle S.-E. aune enceinte qui mesurait environ tî kil. de circuit, on voit encore à 500 mèt. de la mer un vaste bassin ovale de 430 mèt. de long sur 350 de large, communiquant avec la mer par un canal en partie creusé dans le roc, en partie construit en maçonnerie. Ce canal, oui n'a pas moins de 500 mèt. de long, présente, à son entrée sur la mer, les restes de deux jetées. Mais le tra vail le plus remarquable est une sorte de canal creusé dans le roc, partie à ciel ouvert, partie en forme de tunnel, et qui mettait la ville en communication avec la mer. Bien conservé dans sa plus grande partie, ce travail n'est ruiné que dans la partie voisine de la mer, et probablement parce que l'on fut obligé d'employer la maçonnerie au lieu de creuser dans le rocher. Sa largeur moyenne est de 7 met., sa longueur totale cuv 958 mèt. Il servait nrobablemen4 à conduire à la mer les eaux de la montagne et à protéger la ville et le port. — Le chemin de fer de l'Euphrate destiné- k ouvrir la route de l'Inde par le golfe persique, dont les Anglais ont fait faire les études, exigerait le rétablissement du port de Séleucie (V.Chesney. — Expédition for the survey of lhe Euphrates).
D'Antioche à Alep,R. 101.