‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 292 sur 511 · BEYROUT ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

BEYROUT ET SES ENVIRONS

DÉB.iRgoKMENT. — Comme sur toute la côte de Syrie, les frai» Rembarquement et de débarquement font de 4 à T> piastres.— Rien de particulier pour la douane ou la santé.

Hôtels, en Tille : Il 'tel de Iîflhvuc , voisin du port et des consulats, tenu par un Grec nommé André. — H'td d'Europe (restaurant français) sur le port près des vieilles tours , très-inférieur au précèdent. — Au Ras-Beyrout, à 10 min. de la ville, hôtel de Belltvut , tenu par Turkino, auparavant par Kara-Dimitri. Cet hôtel, bien situé au bord de la mer, est le plus agréable pour les voyageurs de plaisir qui n'ont pas affaire en ville. Le prix est de 50 piastres (12 fr. .■>(») par jour dans les deux hôtels principaux. Le service y est bon et confortable.

Banquiers. — Beyrout est de toutes les villes de Syrie celle où il est le plus facile de se fuire envoyer de l'argent. Elle possède une succursale de la Banque ottomane, et plusieurs banquiers européens, parmi lesquels M. Truilhier de Rostand, banquier français; MM. M edawar frères, banquiers syriens, parlant parfaitement le français, ont des relations avec toutes les villes de l'intérieur.

Médecin. — M. le docteur Suquot, médecin sanitaire de France.

Droomans. — C'est à Beyrout qu'on trouvera le plus de facilités pour entreprendre un voyage de Syrie , en tout ce qui touche l'équipement , le choix des montures et des naoukres et enfin celui de drogmani. Tarai ceux-ci, il en est peu

que nous oserions recommander en particulier, si ce n'est peut-être le vieux Kara-Dimitri , qui a cessé pendant plusieurs années d'eiercer cette profession pour se faire maître d'hôtel. On devra s'Adresser au Consulat Général de France, ou à quelque étranger notable pour recevoir de bons renseignements a cet égard.

Paqcedots a vapeur, de quinzaine en * quinzaine : Messageries françaises pour Jafa, l'Egypte et Marseille le jeudi; — pour Tripoli, Lattakièh , etc., jusqu'à Smyrne, Syra et Marseille, le samedi. — Lloyd autrichien , pour Chypre , Rhodes et Smyrne le dimanche,-pour Lattakièh, Alexandrette, Mersina et Chypre ie jeudi. — Eventuellement pour Kaifa, Jafa et l'Egypte le jeudi.

n. Histoire.

Beyrout ^etnon pas Beyrouth^ est l'ancienne BerytllS, située dans la Phénicie. Quelques écrivains l'ont confondue avec le Berotha ou Berothai Je l'Écriture ; il paraît maintenant plus probable que la ville désignée sous ce nom était dans l'intérieur des' terres. Son histoire dans l'antiquité phénicienne n'offre rien qui mérite d'être mentionné. Sous le règne de Démétrius Nicator, elle tut détruite par Trvphon, usurpateur du tronc de Syrie, en l'an 140 avant J.-C.

A l'époque romaine, elle fut prise par Agrippa, qui y établit îes 5* et 8*légion* et l'embellit de plusieurs monuments. La vill«» prit dès ce moment le nom de Colonia Julia Aufjusta Félix Berylux et fut mise en possession des droits de cité romaine. Beryte fut, sous la pé-

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riodc romaine, le siégo d'écoles dont lu célébrité s'étendit dans toute la Syrie.

Beyrout joue un rôle d'une certaine importance dans l'histoire des croisades ; leB historiens de cette époque la désignent quelquefois sous le nom de Baurivi.

Deux sièges méritent d'être cités:

celui qui la mit en 1110 aux main3 de Baudouin Irr, et qui fut remarquable par l'obstination héroïque tîes deux armées ; et celui de 1187, entrepris par Salarlin, et qui la fit rentrer sous la domination musulmane.

Depuis cette époque , Beyrout fut presque constamment sous la domination des émirs druses, auxquels l'impuissance du gouvernement ottoman laissait une indé- " pendance presque complète. C'est à l'un d'eux, Fakhr ed-Din (dont on a fait en français Fakardin), que Beyrout doit les fortifications qui l'entourent et qui se composaient de murailles et de tours carrées. Ces fortifications n'empêchèrent pas Beyrout d'être aisément conquise par'lbrahim-Pacha en 1840. C'est a la suite de cette expédition , si menaçante pour

SYRIE. — l'ALESTIN K.

enceinte de

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murailles et présen-

tant, comme la plupart di s villede l'Orient, un dédale de ruelles en pente plus ou moins roide.

En dehors de la ville proprement dite s'étend, sur un charmant amphithéâtre de collines, une rich»1 ceinture de villas riantes et bitu bâties, avec de vastes jardins dor t la végétation est des plus énergiques, mais dont 1 étendue a été, & une certaine époque, sérieusement menacée par 1 invasion des sablas.

Un système de plantation de pin*, dû à l'émir Fakhr cil-Din, a eu l'heureux effet de l'arrêter.

Du côté do la mer, Beyrout *■ >i moins favorisée ; son port, protég-' par une jetée insuflisante, n'offre, par certains temps, qu'une sécurité très- imparfaite. Le» mouvements de la mer s'y font sentir d'une manière assez forte pour que la communication entre les navires et la terre soit fréquemment impossible. Le mouillage est plus sûr vers le fond de la haie, dans les environs du Nahr-Beyront. La plaine que ce fleuve traverse est couverte de vestiges

3ui prouvent que l'ancienne ville evait être très -étendue de ce

l'empire ottoman, et qui faillit [côté. La ville proprement dite amener en Europe une guerre m,' contient pas de monuments, ni générale , que Beyrout fut boni- d'antiquités. Quelques colonnes bardée parles Anglais. Les forti- formant les fondations du quai, cations de la ville, du côté de la trois colonnes situées en dedans mer, portent encore les traces de I de la porte du Sud-Est, et en decette exécution militaire. Depuis 1 hors de la même porte quelques

ce temps la ville s'est relevée rapidement de ses ruines et a repris sa prospérité.

Beyrout est située sur une langue de terre triangulaire dont la base s'appuie au pied du Liban , tandis que la pointe se projette d'environ 4 a 5 kil. dans la mer.

Vers le S., elle présente des grèves sablonneuses; vers le N., des rochers déchiquetés , qui plongent dans une mer profonde. C'est sur le côté N. que s'élève, sur le milieu du promontoire, la ville actuelle, resserrée dans une étroite

igments de mosaïques qui naissent av«ir appartenu à des

fraj

raissent av«ir appartenu a des bains , quelques sarcophages que l'on trouve sur la route de Tripoli et sur celle de Saïda voir R. 106 et 1-2Î); et ceux d'un aqueduc du côte E. (voir ci-dessous] sont les seuls restes de l'antiquité. L'époque des croisades nous a laissé quelques monuments, ("est d'abord unesorte de fort ou tour carrée, sans ornements caractéristiques à l'extérieur, destinée sans doute à servir de défense ù la ville du côt.' de la mer, et qui eut particulièrement à souffrir du feu des Anglais en 1810. C'est ensuite une église, bâtie

[Koi'TK H>5.j

par les croisés, qui est ma la principal»» mosquée de

principal»» mosq la porte , actuellement do constructions

laintonant la ville ; obstruée privées et percée dune baie ogivale repose sur des colonncttcs. A l'intérieur le monument est divise en trois nefs par deux séries d'arcades appuyées sur des chapiteaux romans : la nef centrale est voûtée en berceau, trois abside* terminent les nefs, un elocher quatrangulaire is<dé s'élève devant la porte K.

On trouve en dehors de '.avilie, àl'K. sur la route de Tripoli, une mosquée en briques dont on l'ait remonter la reconstruction à la même époque, et près de laquelle la tradition place le combat' do saint Georges et du drap'". Citons encore un édifice de iorme qtiadrangulaire, terminé par une sorte d'abside circulaire et qui s'appuie intérieurement contre l-'s parois de» murailles. On y retrouve encore aujourd'hui le*s restes d'une mosaïque grossière et (pli formait le soL du bâtiment. On pense, avec une certaine apparence de raison, que cette construction était un lieu de réunion pour les marchands. Il est difficile de lui assigner une époque précise. Nous citerons enlin les restas du sérail de l'émir Fakhr ed-l)in. situés du coté de la porte Orientale.

Kn dehors de la ville, on peut mentionner Y viole des sann's de charité , qui se livrent à l'enseignement conjointement avec les pères lazaristes, et au traitement îles malades sous la direction du médecin sanitaire de France.

l 'ne rase rji*\ située dans la partie haute, n'est remarquable que par ses dimensions. Le charmer véritable de Beyrout , ce sont ses villas élégantes, construites sur de riants coteaux, en vue de la mer et du Liban; on n'y parvient malheureusement que par des chemins poudreux en été et fangeux en hiver.

Le bazar de Devront e.-t assez bien fourni. Les rues et le petit

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rnuai du port présentent beaucoup d'activité; le vovageur V trouve

voyageur beaucoup de détails de munir» ou d'objets pittoresques a observer.

Toutefois, à Beyrout .«c'est l'activité européenne qui prédomine; c'est la présence des négociants étrangers , c'est le passage régulier deri paquebots qui ont fait sa prospérité.

Beyrout compte , selon certains recensements , une population de •i'i 000 Ames, dont un tiers sefllo- .ment de mahométans, les autres étant chrétiens ou étrangers. Kilo est aujourd'hui l'entrepôt de tout le commerce de la Syrie et le port de. Damas. Malheureusement le manque de routes arrête encore son essor. Une compagnie française s'est cependant chargée de construire une route carrossable de Beyrout à Damas. Son exportation porte principalement sur les soies gréges du Liban. Les mûriers blancs et les vers à soie sont cultivés avec succès tout autour de Beyrout. La culture du nopal, et même de la canne à sucre, a été tentée avec de bons résultats. Au nombre des produits les plus estimés de son territoire, il faut citer le fameux vin d'or, dont la réputation en Orient est égale à celle qu'ont acquise chez nous les crus les plus fameux.

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