DE BA'LBEK A HOMS
(19 h. ou 2 j. 1/2.— On couche à Lébotièli et i Biblah.J
En quittant Ba'lbek, on traverse un plateau stérile entrecoupé de ravins que dominent les derniers contre-forts de l'Anti-liban jusqu'à (1 h. 20)
Nahlèh, village au milieu duquel sont dos ruines d'un ancien temple, construit sur une plateforme en maçonnerie, dont deux rangs de pierres énormes forment la fondation. Une colline à l'E. du village porte les restes d'une ville primitive, et quelques tombeaux.
Après Nahlèh, on traverse un ruisseau sur un pont de pierre d'une seule arche, on laisse à droite 1 h. 10) Younin, petit village à l'entrée d'une vallée profonde arrosée par une petite rivière. A l'O. on aperçoit Deïr el- Akhmar , la colonne isolée au milieu de la plaine, et la chaîne du Liban (V. R. 110\
Continuant à cheminer sur un terrain montueux dont l'inclinaison générale est du N.-E. au S.- E., et laissant à gauche (1 h. 10)
[ROUTF 111.
le prtit v. de Resm el-Hadid, on arrive J\Q m.) au point de partage des eaux du Léontès et de lOronte. De ce point élevé la vue s'étend au loin sur les pentes orientales du Liban, et déjà, vers le N.-O., apparaît le monument d'Hermel , dont il sera question plus loin. On commence alors i descendre sur(l h. 10 ; Néba el- Lébouéh, belle fontaine auprès de laquelle se trouvent le misérable village du même nom et quelque* ruines q^ui sont probablement celles d un temple. Les historiens arabes mentionnent Lébouèh comme une ville fortifiée. En 1170, un parti, commandé par le chef des hospitaliers, y fut taillé en pièces par les Turcs. Lébouèh paraît être le Libo des anciens itinéraires.
Au delà de Lébouèh, on laisse sur la droite (30 m.) le v. de Nébi- Othman pour gagner (20 m.) celui d'El-Ain, qui possède plusieurs fontaines et quelques ruines sans intérêt. Le chemin nous conduit par un terrain fortement accident*'' (20 min.) sur les bords d'un ravin profond, dans la gorge duquel se montre ;50 min.) Ël-Fikèh, v. à la hauteur duquel il faut traverser îe ravin pour en longer (20 m.) le côté N. où la route offre moins de difficultés, puis, inclinant légèrement au N.-E., atteindre (30 m.j
Er Ras ou Ras-Ba'lbek, où l'on observera les ruine? de deux églises, l'une au milieu du v.t l'autre au dehors, à l'O. Cette dernière mesurait environ 30 met. de long sur 15 de large. Plus loin, sont encore Quelques ruines complètement défigurées ; on peut aussi reconnaître les restes d'un aqueduc.
Selon Robinson, Ras-Ba'lbek rt~ pond à la Conna des anciens itinéraires et au Chonochora mentionné dans les actes du Conci.e de Chalcédoine.
A partir de Ras-Ba'lbek, le chemin le plus court se dirige tout droit sur Riblah ; mais il convient de se détourner pour visiter (2 h. 40)
[Route 112.] DE BA'LBEK
Deïr Mâr-Maron, où l'on trouve des sources (néba el-Aci } qui, réunies aux eaux venues do Lébouèh. forment le tleuve Oronte (Nahr el-Aei). Ou y voit aussi une caverne nommée*' Megharet er- Rahib ; caverne du Moine ) , qui servit, dit-on, de retraite à Maron, le père des Maronites. — De cet endroit on gagne (l h.) le monument de
Kamou'at el-Hermel ; il repose sur un piédestal de trois marches de basalte noire, et se compose de deux masses superposées, formant en quelque sorte deux étapes, dont le premier est surmonté aune corniche en guise; d'ornement, et le second d'une pyramide. Dans le haut de la masse inférieure on distingue des sculptures représentant des scènes de chasse complètement défigurées.
La destination de ce monument est tout à fait inconnue.
De Kamou'at el-Hermel on jouit d'une vue étendue sur les dernières pentes du Liban, sur l'Anti- Liban, qui s'étend au loin au N.- E. à partir du village d'Er-Uas. sur la grande plaine ne l'Oronte, sur le v. d'Hermcl , au delà de la rivière, et même, par un temps clair, sur le château de Homs.
De Kamou'at, une route peu intéressante, qui traverse plusieurs cours d'eau, conduit à (2 h. 15)
Riblah, pauvre village de 40 à 50 maisons, ne possédant , en fait d'antiquités, qu'un monument quadrangulaire , qui passe, aux yeux des indigènes, pour une ancienne '-Çlise. Riblah est évidemment la villo du même nom mentionnée dans l'ancien Testament.
De Riblah, on se dirige, en suivant le cours de l'Oronte , vers Tell Nébi-Mindau , situé dans un angle formé par l'Oronte et l'un de ses affluents de gauche. Des ruines informes et le texte des anciens itinéraires autorisent à placer dans cet endroit Laodicea ad Libanum, qui fut dans l'antiquité la capitale d'un district appelé la Laodicene. Do cet endroit,
A BEYROUT. 653
passant près du v. d'Ardioun, et côtoyant toujours le bord de l'Oronte , on gagne les rives du lac Kédès {Bohairet-Homs) V. p. 628) d'où, par les routes de Kefr Adi .
Schaumerivèh et Kocé, on atteint (4 h 30 de Riblah) Homs ,V. p. 627).
DE BA'LBEK A BEYROUT.
(16 h. — On coucl.e « ZaMéh.)
En quittant Ba'lbek, on s'avance au S.-O., vers le petit édifice circulaire {Koubbet Dourix), décrit p.
652, que l'on dépasse ( 30 m. ) pour traverser obliquement la large plaine de Beka'a, qui parait de plus en plus riche et fertile, malgré le manque de bras et de culture. Le hameau de Talyé (2 h.) est le seul quo l'on rencontre avant de franchir (1 h.) le Leïtani (Leontès). Au hameau de Tannin cl-Tahhta (50 m), on arrive au pied du Liban. A dr., sur la hauteur, à 3 kil.
env. de la route, on aperçoit le v.
de Kacemeba, où l'on peut visiter .
les ruines d'un temple. ^Un peu plus au S., au-dessus du v. de Nihna , se trouve un autre temple plus remarquable, appelé Kala't el-Heussn. Le v. de Nihha lui-même contient aussi des restes défigurés d'un temple. La route, depuis Temnin cl-Tahhta , continue au pied de la montagne, jusqu'à il h.
15) Néhi Xouhh, ou Kérak Nouhh î le tombeau de Noé\ édifice qui mesure 21 mèt. de long, et qui parait un ancien aqueduc. Le v.
de Ma'allaka (5 m.), bati à l'entrée d'une belle vallée, et entouré de .
noyers et de peupliers, annonce la V. industrieuse de (20 m.)
Zahlèh (6 h. de Ba'lbek. On loge chez l'évêquo grec\ C'est une V. nouvelle, bâtie en étage, sur les pentes rapides de deux coteaux séparés par un torrent qui débouche d'une gorge sauvage, encaissée entre de hauts rochers verticaux. « l'n pont unique va d'un quartier à l'autre. Quelques maisons assez élégantes brillent entre
la verdure des peuplier» et des hautes vignes, au-dessus des chutes du fleuve. Celui-ci, après avoir traversé les maisons de la ville, oui sont groupées et suspendues ac la manière la plus bizarre sur ses hautes rives, et pendantes sur son lit, va arroser des terres ou des prairies étroites où l'industrie des habitants distribue ses eaux en mille ruisseaux ■> (Lamartine.) La V. compte environ H à 10,000 hab., presque tous chrétiens, syriaques ou grecs , dont l'esprit turbulent et querelleur fait peu d'honneur à la foi qu'ils professent. Ils ont au moins le mérite d'être industrieux et travailleur».
La ville est remplie de couvents, d'églises, de prêtres et de moine*.
De Zahleh, on commence à s'élever sur les contre-forts du Liban ; on passe (1 h. 15) près du v. deEI- Djédidé, où l'on signale une ruine avec une inscription votive en latin. On continue à s'élever pour rejoindre 20 m.) la route de Damas, au-dessus du v. de Mekhsé.
De là à Beyrout (8 h.) (F. R. 115).
Une route, plu» intéressante que celle des caravanes par ses beautés alpestres, conduit de Zahlèh à Beyrout. en rejoignant par les sommités du Liban la vallée du Nahr el-Kelb. On s'élève par les vignes au-dessus de Zahleh{l h. 45) sur un col comprit entre le Djebel Sannin et le Djébel Kenicèh. d'où l'on découvre la tuer. On descend vers une gorge profonde appelé le Wadi Tarchich, dont on longe quelque temps la rive droite, puis . on chemine sur des hauteurs plantées de pins, qui séparent le Wadi Tarcbîch au S- du Wadi Bfekinta hu N. Les flancs de la montagne sont dispotes en terrasses, et l'an y cultive la vigne et le mûrier. On pagne (3 h. 30) le v. de Méroudj, puis (1 h. i Bekfeya, gros v. pittoresque suspendu au-dessus de la gorge du Nahr el- Kelb, où l'on voit les restes du palais d'un ancien émir du Liban. De Bekfeya à l'embouchure du Nahr el-Kelb, 2 h ; de JaàBevrout, S h. 30.(1'. R. 106.)
SYRIE. — PALESTINE. [Ro™* *13 ;