A DAMAS
4 à 5 de large, est le point le plus central, et Ta vallée la plus riche et la plus pittoresque de l'Anti- Liban. Elle est dominée à l'O. par des montagnes d'environ 2000 mèt. , aux pentes nues et escarpées. AI E. se dresse h 2250 mèt.
la sommité la plus haute de l'Anti- Liban, dont les contre-forts sont plus fertiles. C'est sur ses pentes, a plus de 300 mèt. au-dessus de Zebdâni, que se trouve le gracieux village de Blouddn , tout entouré de vignes et de jardins , et où le consul d'Angleterre à Damas, la mission protestante et plusieurs négociants ont leur résidence d'été. Au S. on aperçoit le sommet neigeux du grand Hcrmon Djebel ech-Cheikh}.Lo Xahr Barada , auquel Dama3 doit sa prospérité, prend naissance dans cette vallée, et descend d'un petit lac situé dans les montagnes de l'O. , à 350 mèt. au-dessus de Damas.
On atteint ( 2 h.) l'extrémité de la plaine, où la vallée se resserre.
En cet endroit, on peut voir les ruines de deux ponts romains, audessous desquels le Nahr Barada fait une chute de 6 mètres. La vallée tourne brusquement à l'E.
et n'est bientôt plus qu'une gorge étroite. Le sentier serpente entre des roches poudreuses. Le paysage devient encore plus sévère et plus grandiose en approchant du (10 m.) Djissr el-Barada, d'où l'on gagne ; 10 m.)
Souk-Wadi-Barada (S h. 25 de
Zebdâni), petit v. qui n'offre de curieux que sa construction en terrasses superpom'cs au-dessus des profondeurs où muçit le Barada , et sa situation pittoresque dans une gorge dominée par de hautes murailles de rochers qui ne laissent entrevoir aucune issue. Ce village marque la position de l'antique Àbila , qui , 40 ans avant L^C., devint la capitale du
Setit Etat de Lysanias , fils de [enfeus, roi de Chalcis ; Lysanias fut assassiné par ordre de CU'opntre. Abila fut successive-
656 • SYRIE. — PALESTINE
ment gouvernée par Philippe le Tétrarque, Agrippa, et, en dernier lieu , par llérode Agrippa.
Plus tard elle fut le siège d un évéehé. et tomba , en 631 , entre les mains des Sarrasins, qui s'en emparèrent par surprise au moment où se tenait la foire de la vallée du Barada ( Souk Wadi Barada ) , nom Qu'elle a conservé en mémoire de cet événement.
Dans le village même, on ne trouve que quelques pierres taillées , et quelques fragments de colonnes. Les ruines principales se trouvent sur la rive opposée.
Pour les visiter , on remonte (10 m. ) au pont de Barada Djissr el-Barada , puis on gravit la montagne en face en montant entre les rochers ; parvenu en haut d'une paroi escarpée, on trouve les restes d'une ancienne voie romaine, arrêtée brusquement au bord du précipice, qu elle parait avoir franchi autrefois sur un viaduc dont on voit encore quelques traces disséminées sur le flanc de la montagne. Cette route s'étend sur une longueur d'environ 180 mèt. ci sur une largeur d'environ 4 raèt. en quelques endroits; elle est creusée dans le roc à la profondeur de 5 à 6 mèt. On lit encore sur ces parois deux inscriptions latines, qui nous apprennent que la route fut réparée sous le règne de Marc-Aurèle. Immédiatement au-dessous de la route se trouve un aqueduc, tantôt à ciel ouvert, tantôt creusé en tunnel , qui se continue assez loin sur la pente de la montagne. On peut s'en servir comme d'un sentier pour aller visiter les grottes sépulcrales , îjui se trouvent plus loin suspendues au-dessus du précipice. Ces tombeaux sont de simples chambres, qui étaient fermées par des portes en pierre, dont une a été retrouvée sur le.* bords du torrent. A l'intérieur elles présentent des niches en forme de fours pour recevoir des cercueils. Au-dessus de ces tombes , la paroi de la montagne est creusée de vastes
[Route 113.1
carrières, auxquelles on peut arriver par un chemin très-roide. Sur une colline élevée qui domine le village, se trouve un monument d'environ 10 mèt. de long, que les Musulmans révèrent sous le nom de Kobr Habil (le Tombeau d'Abel} , légende qui repose vraisemblablement sur la ressemblance du nom d'Abel avec celui de l'antique Abila. Un peu plus loin vers leS., et sur le sommet de la colline, se trouvent les ruines d'un petit temple, dont il ne reste que quelques murailles renversées, les colonnes ayant rouleau bas de la montagne. Un peu plus îi l'E., se trouve encore une grotte sépulcrale.
De Souk-Wadi-Barada , on suit la rive dr. de la rivière jusqu'au (30 m.) v. de Xc/r el-Awamid, audessus duquel on remarque les ruines d'un ancien temple. De ce point, on peut en 3 h. 30 gagner Dammar par une route qui t sYloignant du Nahr-Barada, s'élève à droite sur ( 20 m. ) un plateau aride, au delà duquel [1 n. ) elle croise (15 m.) un vallon secondaire pour redescendre ( 35 m. ; dans un autre vallon plus verdoyant, qui rejoint (35 m.) la vallée du Nahr-Barada. En cet endroit la vallée est large, fraîche et plan téé do beaux arbres; on franchit (•20 m.) la rivière sur deux ponts en pierre, près desquels on voit un dukhan et une petite chapelle turque, et Y fin atteint (10 m.) Dammar.
Mais le voyageur qui ne craindra pas d'allonger sa route d'une heure, devra, en dépit de tout ce que pourra objecter le drogman, franchir le Nahr-Barada à Kefr el-Awamid, et, par les v. de Kefr cz-Zeit, Deïr Mekkarin, gagner
Ain-Fidjch ( la fontaine de Fidjèh), localité très-favorable à un campement, près du village de môme nom. Cette source, entoutourée d'arbres fruitiers et de beaux jardins en terrasses , est une des plus grandes et des plus remarquables de la Syrie i elle
[Routk 113.J
fournit un large ruisseau oui , à 60 mèt. delà, se jette dans le Barada, dont il forme l'affluent principal. Au-dessus de la fontaine se trouvent une petite plate-forme en maçonnerie ei les ruines d'un temple. De l'autre côté de la source , on remarque un édifice singulier de 12 met. de long sur 9 de large , construit de pierres massives et remontant à une haute antiquité , mais dont on ignore l'histoire et la destination.
De Ain Fidjèh, on gagne (5m.) le v. de Fidjèh, pauvre hameau d'une trentaine de maisons, et traversant une petite prairie^on descend dans un vallon sauvage par un sentier taillé en corniche, audessus d'une gorge sauvage et profonde où gronde le Baratta. Le sentier présente bien quelques mauvais pas, mais on en est dédommagé par les beautés pittoresques du paysage. Un peu avant d'atteindre le v. de Bessima, on remarque les restes d'un ancien aqueduc taillé dans le liane du rocher, et dont la construction remonterait à Zénobie. Suivant une opinion fort peu croyable , cet aqueduc conduisait autrefois les eaux de Aïn-Fidjèh jusqu'à Palmyre.
Bessima est un v. perché sur un contre-fort à pic au-dessus du torrent. La paroi de rocher qui le domine à gaucho présente plusieurs grottes sépulcrales. On continue au pied d'une muraille de rochers «'levée «le plus de 600 met. pour descendre (1 h.) entre des jardins en terrasse dans la plaine pierreuse de Salira, au delà de laquelle ( 1 h.) on longe plusieurs collines crayeuses jusqu'à ( 45 m. }
Dammar, où l'on rejoint la route décrite ci-dessus près d'un joli khàn, peint extérieurement de grandes raies tricolores, et couvert de dessins représentant grossièrement cet objet nouveau oui a tant frappé l'imagination (les Arabe*, le bateau à vapeur, avec ses roues et sa cheminée fumante.
DE BA'LBEk A DAMAS. 657
Laissant de côté le v. insignifiant de Dammar, et montant sur une pente aride et poudreuse, au pied do laquelle le Barada va so perdre sur la droite entre des falaises élevées , on arrive (20 m.) sur une hauteur d'où l'on a une première vue do l'oasis de Damas. Mais ce n'est qu'après avoir franchi r 20 m. ) un passage étroit, creusé dans la roche crayeuse et dominé par un santon arabe en forme de coupole , que l'on voit se dérouler dans toute sa magnificence le panorama général de Damas, de son oasis et du désert qui l'entoure. Peu de villes au monde présentent un aspect nlus féerique que cette grande cité, apparaissant tout à coup avec ses coupoles et ses minarets innombrables; le vaisseau immense de la grande mosquée domine les masses confuses de ses maisons en terrasses ; de vastes jardins-, de grandes prairies , de beaux massifs d'arbres entourent d'une ceinture de verdure cette ville inondée de lumière. Cette fraîche végétation fait un contraste merveilleux avec les teintes chaudes et rougeâtres du désert aride qui s'étend tout autour à perte de vue.
Du point élevé où l'on est placé , on voit à gauche les sommets de l'Anti-Liban s'abaisser en collines arrotidies vers l'E. pour aller mourir dans le désert de Palmvre :
vers l'O., la chaîne s'élève nu contraire jusqu'au sommet neigeux du grand Hermon; en face, au delà de la plaine *de Damas, se dressent au-dessus l'un de l'autre le Djébcl el-Aswad et le Djébel Mani'a, et, au fond du tableau, les cimes bleues du Djébel-Haouran.
Plus à l'E., se dressent les collines coniques du Telloul , qui se détachent sur la grande ligne formée par l'horizon de la plaine.
On descend alors par un sentier escarpé le faubourg deSalahiyèh, dont les murailles présentent un grand nombre de tombeaux, avec de gracieuses coupoles mauresques, qui malheureusement tom-
658 SYRIE. — PALESTINE
bent en ruines. A l'entrée du faubourg (25m.), des douaniers turcs viennent vous importuner pour obtenir un baghehich, on traverse plusieurs rues entre de beaux vergers, dont les murailles en terre gâchée avec du chaume rappellent celles de certaines provinces «le la France , notamment de la Beauce, et, suivant un cours d'eau rapide qui fait tourner plusieurs moulins, on atteint (20 m.) la porte de Damas (V. R. 115).
[Route -114. j
situé sur les hauteurs O. du Wadi et-Teim , a peu près en face de Racheya. On y voit les restes d'un temple corinthien, de 22 mèt. de long sur 11 de large; l'angle N.-E.
de l'édifice est la seule partie bien conservée.