‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 303 sur 511 · DE BA'LBEK A TYR · texte numérisé non relu

DE BA'LBEK A TYR

PAR LA VALLFE DO LEONTKS.

(30 h. environ. — On couche k Néba-Amijar, A Nal.i Saft «il k K.uU'1 ech-Cli.tkif.J

De Ba'lbek, on se rend a Néba Andjar, soit par Zahlèh et Mekhsé (F. R. 1 12 et R. 115) (9 h. 30 , soit en longeant le côté K. de la plaine de Beka'a. au pied des dernières collines de l'Anti-Liban , ou en suivant la route de Ba'lbek à Damas (T.p.HM), que l'on quitte [1 h.) audessous de Nébi Schit, pour gagner , en franchissant le Nahr Yahfoûfèb, les v. de Mftsi i l h. 15 de Ba'lbek) et de Raith. Au-dessusde (50m.) Deïr el-Ghaïal (le couvent de la Gazelle), qui s'élève sur la montagne à TE., on trouve les restes d'un temple des fondations massives et quelques colonnes brisées). La route conduit par ,30 m.) Kouseiyèh. el-Aïn, Kcfr- Zcbad. et la fontaine de C'hemsîn, à N'éba Andjar (8 h. de Ba'lbek) et aux ruines de Chalcis (V.R. 115). — De Néba-Andjar et de Medjdel, on s'engage dans une verte vallée , parallèle k la Bekaa , et qui se continue avec la grande vallée de "VY'adi et-Teim, où senties sources du Jourdain supérieur. On laisse successivement en arrière HammArah , Soultan Yakoub , Aïn-Faloudj , el-Birèh , el-Méhcidithèh, Kawkab, el-Kefr, Miskèh, pour atteindre, après un trajet monotone 7 h. ,

Nebi Safa ou Thelthatha , v.

De Nebi-Safa à Racheya (V. R. 117.1 en 2 à 3 h. en passant au-dessous de Ain el-Lebouèh.

De Nebi-Safa, on monte (30 m.'' au petit v. de Lebbeya, d'où l'on découvre le large et riche Wa-ii et-Teim, pour gagner, à travers une région montagneuse , mais fertile (1 h. 15), le v. de Yahmar au-dessous duquel s'ouvre la gorge sauvage ou gronde le Leontès, à plus de 300 mèt. de profondeur. A 30 min. au N.-E. de Youhmour , se trouve le pont naturel de Kouwéh, dont Robinson a donné la description que nous reproduirons en 1 abrégeant. « L'aspect de la gorge est sauvage, pittoresque et grandiose. En descendant, on voit au-dessous, dans les profondeurs de la gorge, les parois des rochers opposés, creusées d'immenses cavernes, et des voûtes dont les plus hautes paraissent en partie artificielles, et passent peuravoir servi autrefois de repaires aux voleurs. Le pont naturel a été formé par des rochers éboulé», que le temps a recouverts d'une couche de terre. Sa largeur est de 3 mèt., son ouverture de 7 met., et sa hauteur au-dessus de l'eau de H2 mèt. Les parois de la gorge élèvent au-dessus du pont des murailles perpendiculaires d'environ 100 mèt. La gorge est remplie d'une épaisse végétation d'arbres et d'arbustes qui cachent en parlie le lleuve, dont les chutes impétueuses produisent l'effet le plus pittoresque. Il est très-difticile d'atteindre le niveau de l'eau au-dessous du pont. On peut, en se cramponnant aux rochers de la rive O., gagner une large caverne, au-dessous de laquelle le canal n'a plus que 4 à 5 mèt. de large.

Un rocher c boulé dans le torrent

I Routk 115.]

ne laisse plus à l'eau qu'un passade d'un mèt., et forme un autre pontnaturel. » {Lat. bib. res. p. 4-21.)

Revenant K Yahmar, on reprend sa route vers le S. en longeant la gorge du Leïtani. Le fleuve est tellement encaissé , qu'on n'en soupçonnerait pas la présence. On rencontre successivement 1rs r. de Kilua et de (1 h. 15 Bourghaz, près duquel on trouve un pont, donnant passage à une route qui, d'une part, conduit à Djezzin et Deïr el-Kauinr, et de l'autre, rejoint le Wadi et- Teiin a T)ji*sr es-Souk. En ce point, le Leïtani n'est séparé du Jourdain supérieur mie par une distance do 4 a 5 kîl.

Chemin àl'E. pour Hasbeya en 2 h. enr.

De Bourghaz un chemin difficile conduit à (1 h. 15) lieldt, où le Leïtani plonge dans une nouvelle gorge de t*00 mèt. de profondeur, qui. plus loin, n'a pas plus de 1 à 2 mèt. de largeur. On rejoint à 20 m.) Dibbtn la grande route de Damas à Tyr.

Al h. an S. est un monticule nommé Tell Dibbtn, qui présente des ruines que Robinson » Lat. bib. res. p. HT!} identifie avec celles d'Ijôn, qui fut pris par Benhadad, puis par TeRlatb-Shalazar (1.

Rois XV. 20.— «.Rois XV, 2U),et dont le nom se trouv» altéré dans le nom actuel de la rallee Mcrdj-Ayoân.

Franchissant le fleuve {1 h. 45 in.) au pont de el-Khardela, où l'on croise la route de Banias à Saida, on monte par le hameau d'Arnoûn à (l h.)

Kala'tech-Chakif. Cette forteresse, qui date probablement d'une haute antiquité, est mentionnée au xii« siècle par Guillaume de Tyr, sous le nom franc de Belfort.

Elle servit de refuge aux chrétiens chassés de Banias par Saladin. En 1189, deux ans après la bataille de Hattin, elle fut assiégée par Saladin, qui ne put s'en emparer qu'au bout d'un an de siège. Ache tée en 1460 par les Templiers, elle leur fut arrachée par Bibars

DE BEYROUT A HAMAS.

en 1268, et fut abandonnée depuis cette époque.— Ce château occupe le sommet d'un rocher aride, q^ui s'élève à pic à plus de 500 met.

au-dessus du Leïtani et à 700 mèt.

au-dessus de la mer. Il domine toute la contrée environnante : le Merdj Avoûn, le Wadi et-Teim et le château de Banias (V . p. Plus loin, on voit à l'E. le grand Hermou, au N.-E. la Beka'a, et au X.

les pentes orientales du Liban.

L'édifice mesure environ 200 mèt.

de long sur 10 à 100 de large. Les tours et les murailles ont jusqu'à 25 mèt. de hauteur. Elles sont construites en pierres taillées à bossages aveedes soubassements obliques, comme au château de Banias. A l'angle S.-O. se dresse une magnifique tour circulaire, près de laquelle s'ouvre sur la muraille de l'E. une poterne surmontée d'une voûte construite en bossage. Les murs sont presque partout à pic sur l'angle du rocher. Il n'y a d'accès que du côté S., où le terrain a été nivelé pour former une esplanade. Al'intérieur, on trouve au milieu d'une cour les restes d'une chapelle avec un portail gothique.

De Kala't cch-Chakif, on suit la rive N. du Leontés, qui prend ici le nom de Nahr cl-Kacemyèh , et par une région montagneuse, on gagne (6 h. 30 le bord de la mer, près de l'embouchure du fleuve,

à'où l'on suit la c^te jusqu'à (lh. 45) Tyr (F. R. 132).

DE BEYROUT A DAMAS

Dl

(24 h. environ. — On couche à Klila el-Mudeiredj ou k Mekhié, à Medjel ou i Dim*- Koute s«n* inUrét et qui ne convient qu'au \o»Jgeur preste.]

En quittant Beyrout, la route se dirige au S.-E. "d'abord entre des jardins, qui étalent toute la splendeur de la végétation orientale; puis, à travers les avenues sablonneuses de la promenade des pins

»>0O SYKIE* —

on gagne une plaine plus basse, }>lantée de mûriers , d oliviers et de hauts palmiers, pour atteindre (l h.) le pied des premières pentes du Liban. On s'élève sur un contre-fort, qui domine au N.la vallée du Nahr-Beyrout, et au S. à droite la vallée pittoresque de Chahrour, qui descend à l'O. vers la Méditerranée, et dont les parois abruptes sont couvertes de hameaux suspendus en terrasse au-dessus des ravins. Au delà de Khdn el-Djatnbour (1 h. 15), le chemin s'élève en zigzag sur un contre-fort de grès rouge, eteonduit à(lh.aO)IC/»an Hussein. Laissant à droite (-20 m.) le v.de Bhamdoun, perché sur un piton escarpé et entouré de beaux vignobles,on rencontre Khdn Haweisdt et l'on continue à monter par un chejnin qui présente à tout instant des aspects nouveaux sur les ravins de droite et de gauche, jusqu'au (2 h.) Khdn el-Madeiredj (le Khan de l'escalier), situé dans une gorge sauvage et où l'on peutpasserla nuit , si Ton est parti trop tard de Beyrout pour franchirle Liban.

De Khan el-Madeïredj . un sentier horriblement escarpé et raboteux conduit 40 m.) au sommet du Liban (1800 m. au dessus de la mer). On est alors sur un vaste plateau quidominc leWadi-Hammana, dont la partie supérieure forme un vaste amphithéâtre couvert de belles forets de pins, et au fond duquel on aperçoit le v. de Hammana, entouré de plantations de mûriers, où Lamartine se réfugia à la suite-d'une tourmente qu il avait essuyée sur le col du Liban. {Voyage en Orient, retour de Ba'lbek.) Plus loin la vallée se resserre et laisseapercevoir, à travers une fente étroite, Beyrout et la Méditerranée. Il faut encore 50 min. pour gagner le point de partage des eaux.

On descend alors vers Khan- Murad, et, par un chemin tellement dégradé qu'il est prudent de mettre pied k terre, on débouche sur la grande vallée de Bekà'a pour atteindre (2 h.)

PALESTINE. [Route 116.j

Mekhsé (8 à 9 h. de Beyrout), misérable village au pied "du Liban. A droite vers le S. on aperçoit Kabb-Elias, entouré de beaux peupliers, et les ruines d'un château bâti par un émir des Druscs.

A gauche route pour Zahlcb et Ba'lbeck. V.R. 11*.

De Mekhsé, on descend dans U plaine, et se dirigeant au on lranchit un pont moderne jeté »ur le Leïtani pour gagner (1 h. 3u el-Merdj, gros v. avec un, Khàn!

qui n'a rien qui puisse arrêter le voyageur; el-Merdj est a 860 mêt.

au-dessus de la mer. La route franchit ensuite 1 h.) le pont du Nahr- Andjar , affluent du Leïtani , et, à travers une plaine fertile en céréales, conduit à (l h.)

Medjdel-Andjar, bâti au revers d'une colline parallèle auxpremiers contre-forts de l'Anti-Liban. Sur une colline voisine, on voit les ruines d'un temple, qu'on ne doit pas manquer de visiter. La colonnade du péristyle est écroulée, et ses débris jonchent la terre, mais la cella est presque entière. On remarquera les blocs gigantesques, qui forment la base «tes murailles. Au-dessus, la construction présente l'appareil à bossage. La porte presque détruite présente encore debout deux énormes montants monolithes. L'intérieur était orné de colonnes engagées à chapiteaux ioniques avec une grande Corniche et des niches dans 1 entrecolonnement, comme aux temples de Ba'lbek et de Palmyre. Le style indique du reste une* époque antérieure à ceux-ci, probablement celle des Hérodes. — • De ce temple, on découvre une vue superbe sur la large plaine deBekù'a qui s'étend au N.-O. à perte de vue. et se resserre au S. pour aboutir a la gorge étroite du Leïtani. Au S. si' dresse le sommet neigeux du grand Hermon.

A 40 min. au N.-E. de Mcdjdel, à quelques centaines de mètres oV la fontaine Neba-Andjar, on ini visiter au pied de la montagne

L Rouit liÔ.j

l'emplacement de Chalcis , ancienne capitale d'un État qui s'étendait de la Cœlésyrie à l'iturée.

Elle appartint, selon Strabon, à Ptolémée, fils de Mennée, à Lysanias, son fils, qui transporta le siège de son gouvernement à Abila (Y. R. 113), et à Zénodore, meurtrier de celui-ci. Sous l'empereur Claude, Chalcis fut donnée ù Hérode, petit-fils d'Hérodc le Grand.

Elle passa ensuite aux mains d'Hérodc Agrippa et d'Aristobule, puis fut annexée à l'empire romain. — Il ne reste plus aujourd'hui de la ville qu'une enceinte rectangulaire, de 1 à £ kil. carrés, avec quelques tours, quelques débris de colonnes , et des monceaux de décombres avec quelques misérables chaumières.

A Medjdcl on croise la route directe de Balbek a Tyr. V. R. 114.

Revenant a Medjdel, on reprendra la route de Damas, qui s'engage dans les vallées de l'Anti- Liban. Le Wadi-Harîr aboutit après de long détours sur (î h.) la

Êetite plaine aride de Sahil eîjedideh (1200 mot. au-desBUS de la mer). On entre ensuite {1 h.) dans la gorge désolée longue de 1 h 5 kil.. que l'on appelle Wadi el'Karti (la vallée de la corne), tristement célèbre par les déprédations des Druzcs. Ceux-ci s'attaquent du reste rarement aux Euro-

f>éens. On chemine presque dans e lit d'un torrent qui va rejoindre le Nahr-Barada un peu audessus d'Abila (V. R. 113). La route de Damas quitte ce vallon ;i h.) pour franchir les hauteurs à droite et redescendre sur {1 b.) Khan Meïtheloun, édifice ruiné situé près d'une fontaine. Laissant à droite un chemin pour Racheya [V. R. 118), on s'engage dans une gorge ravinée, qui conduit sur un plateau monotone où s'élève sur une pente aride et poudreuse ;i h.)

Dimas (6 h. de Medjdel), où les moukres ont l'habitude rie passer la nuit. Au delà de Dimas, on

DAMAS. m

s'élève sur le plateau désolé de Sahra , un des déserts les plus

horribles que l'on puisse voir. Une heure après Dimas , la route se bifurque ; le chemin de droite , qui conduit à Damas par Mezzèh , est on ne peut plus fastidieux, il doit être évité a tout prix en dépit des moukres (Porter) t celui de gauche, qu'on devra prendre, ramène dans (1 h.) un vallon verdoyant, qui rejoint (1 h.) le Nahr-Barada au Khan de Dammar, d'où par le chemin décrit R. 113 (V. p. 657) on atteint (l h. 30) Damas.

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