‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 313 sur 511 · PALMYRE OU TADMOR · texte numérisé non relu

PALMYRE OU TADMOR

a suivie jusqu'à Kateifèh, on se dirige au N.-E. par le v. de Mn'addamiyèh pour arriver (2 h. 25) h:

Djéroud. — Ce joli v. est le cheflieu d'une province et la résidence d'un agha, qui a environ 150 cavalier» sous ses ordres. Après avoir, dépassé (1 h.) 'Atny, on quitte les terres cultivées pour entrer dans le désert. La route suit un grand Wadi sablonneux et aride, encaissé entre deux chaînes de collines tristes et nues. De temps à autre on voit des traces d'une ancienne route, et des ruines de Khàns.

Karyeteïn {11 h. de Djéroud).

Ce gros v., habité par des musulmans et des chrétiens, est entouré d'une végétation luxuriante, grâce à une magnifique source qui Ce commerce dut v fixer dès les jaillit de la montagne. Karyeteïn âges les plus reoulcs un commen»

Orifnt.

Histoire. — Il est impossible de préciser la date de la fondation de cette ville célèbre. Nous lisons dans la Bible (1 Rois, ix, 18.— n Chron., vin, 4) que Salomon bâtit Tadmor. On peuteependant croire qu'elle existait avant ce prince.

Josèphe nous apprend, en effet, (Antiq. Jud., lib. vin, chap. (î.) « qu'il y construisit de bonnes murailles pour s?en assurer la possession et qu'il l'appela Tadmor, qui signifie lieu des palmiers. »

De tout temps Palmyre a été un entrepôt naturel pour les marchandises qui venaient de l'Inde par le golfe Persique, et qui, remontant de là par l'Euphrate, ou par le dr'scrt, allaient se répandre dans la Phénicie et l'Asie Mineure.

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cernent de population et en faire i d'Asie Mineure une place importante. Les sources d'eau douce de Palmyre durent surtout être un puissant motif d'établissement dans cet immense désert sec et aride partout ailleurs.

Pendant plus de mille ans l'histoire no cite même pas le nom de Palmyre. Appien est le premier auteur qui nous en parle. 11 nous apprend que Marc Antoine marcha contre elle dans l'intention de la piller; mais ses projets furent déjoués par les habitants, qui transportèrent tous leurs trésors au delà de l'Eu pu rate. Palmyre conserva sun indépendance sous les premiers empereurs romains. Sa position sur les frontières des empires romain et persan l'exposait à des dangers sans cesse renouvelés pendant les guerres de ses deux puissants voisins. Elle fut réduite en colonie romaine «par Adrien, oui lui donna le nom d'Adrianopolis.

Cet empereur contribua beaucoup à l'embellissement de Palmyre, et à partir de ce moment cette ville se développa rapidement. Quoique soumise à Home, Palmyre conservait cependant son autonomie.

Plusieurs monuments de cette

époque furent élevés, comme nous l'apprehnent des inscriptions, par le sénat et le peuple de Palmyre.

Odeinathus, un de ses citoyens* vint noblement au secours des Romains ; il s'empara de la Mésopotamie et poursuivit Sapor, le

roi de Perse, jusque sous les \ ne pouvait concevoir ni se persua-

Rocîf 116.

Rome inquiète des triomphes de Zénobie tourna ses armes contre elle. Successivement vaincue à Antioche et à Emèse par Aurélien, l'infortuné- Zénobie tomba au pouvoir Je ennemis sur les bords de l'Euphrate. # Aurélien déshonora sa victoire en mettant a mort le célèbre Longin, conseiller de Zénobie, et en traînant dans les chaîne; cette malheureuse reine à la suite de son char de triomphe. La garnison qu'Aurélien avait laissée k Palmyre ayant été massacrée, ch empereur détruisit en parue w ville et passa presque tous se»

habitants au fil de i'épée ,273.

A partir de ce moment Palmyre perdit toute son importance et ne se releva jamais. Nous savons par une inscription que Dioc)»'*tieu répara quelques-uns de ses éditicee.

et Procope nous apprend que l'empereur Justinien l'entoura de fortifications. Palmyre, depuis cetie époque, n'exista plus qu ù l'état du souvenir. On finit même .par l'oublier. En 1678 les négociants anglais d'Alep, tentés par lesdescnplions que les Arabes leur faisaient de magnifiques ruines situées dan' le désort, résolurent daller le* explorer. Leur première expédi lion échoua, mais ils furent plus heureux en 1C91. Leur relation, publiée dans les Transactions philosophiques, nous dit Volney, trouva beaucoup de contradicteurs, on

murs de Ctésiphon i2o0). En récompense de ses brillants services, Gallien donna à Odeinathus le titre d'auguste, et l'associa au gouvernement de l'empire. 11 nejouit pas longtemps de sa gloire, son neveu 1 assassina trois ans après dans un banquet à Emèse. Sa veuve Zénobie monta sur le trône. On connaît l'histoire de cette femme célèbre, dont le nom est intimement lié à celui de Palmyre. Dévorée d'ambition, elle voulut justifier son titre de Reine de l'Orient et ajouta l'Egypte à ses possessions dé Syrie, de Mésopotamie et

der comment, dans un Jieu si éi.arit Je la terre habitable, ilavait pu subsister une ville aussi maguifujUL' que. leurs dessins l'attestaient. Les beaux plans de Dawkins, qui vi*na Palmyre en 175J, levèrent tous Je»

doutes. De nos jours Palmyre a été visitée par de nombreux voyageurs. De la célèbre ville des Palmiers , il ne reste que d'imposantes ruines et un misi rahle pet ' village caché dans la cour du granJ temple.

État actuel — Palmyre est situ. -e à la base d'une chaîne de colline»

crayeuses qui court du S.-O. au

i Hou TE 116.]

N.-K. Le plateau peu élevé, qui upait la ville antique, descend

OCt

en pente douce de ces collines et n'ouvre au S. et à l'E. sur le désert qui se confond avec l'horizon. Ce plateau domine au S.

l'entrée de la vallée par laquelle le voyageur est arrivé, et un petit wa'di au fond duquel coule un ruisseau dans la direction du S.-E.

Palmyre, à en juger par les débris de son enceinte, avait la forme d'un ovale irrégulier dont le diamètre , assez bien représenté par la prande colonnade, serait à pou près dirigé de l'E. àl'O. L'extrémité O. de la ville était adossée aux collines, à l'entrée de la grande vallée. La partie orientale se terminait par les imposantes constructions du temple du Soleil.

Pour mettre plus de clarté dans notre description, nous décrirons d'abord le grand temple du Soleil, puis la grande colonnade qui s'étend du temple dans la direction des collines, et coupe la ville en deux sections à peu près égales, celledu N. et celle du S., que nous décrirons successivement en examinant les ruines dispersées sur leur superficie.

Temple du Soleil. La cour carrée qui entoure le temple est formée par une muraille de 30 met.

de hauteur, ornée extérieurement de pilastres qui supportent une corniche. On entre par une triple porte qui était précédée d'un portique orné de 10 colonnes, complètement ruiné.

L'entrée centrale avait 10 mèt.

de haut sur 5 mèt. de lar^e. Les montants et le linteau étaient richement sculptés et ornés de fruits et de fleurs comme la grande porte du temple de Ba'lbek. La cour dans laquelle on arrive est carrée, elle mesure environ 245 mèt. sur chacune de ses faces.

Tout autour régnait une double eolonnade. Une centaine de colonnes sont encore debout, quelques-unes même sont surmontées ae leurs architraves.

Le temple sélève au milieu de

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