PAR DJ KRACH
La direction générale de cette ligne, qui conduit à une des plus belles et des plus curieuses ruines de la Syrie orientale, et qui traverse, de Djérach au Jourdain, un pays d'une beauté admirable , est au' S.-O. On rencontre , à 6 h!
de Bozra, un site ruiné extrêmement remarquable , et qui a été très-peu visité, Oum eUDjémal, et à 3 h. de là on coupe, au village de ^fénèh, la route des Pèlerins. Ce point n'est plus qu'à 3 h. de Djérach, qui se trouve a l'Ouest.
Djérach, l'antique Gerasa, fut une des principales villes de la Decapole ; son importance historique inte feulement de l'époque rornai- 'u\ et les inscriptions qu'on y a pu élever montrent qu'une partie au noins de ses monuments est du emps des Antonins , c'est-à-dire lu lie siècle de notre ère. Elle est lujpurd'hui absolument déserte.
État actuel. — Djérach est située l.ins une plaine fertile et assez
qui
vers la petite "rivière. Aucune maison particulière ne s'est conservée, mais on retrouve encore nombre d'édifices publics. Sans avoir, comme on l'a dit souvent, la splendeur de Palmyre et de Ba'lbek, ces constructions sont certainement d'un très-noble aspect, et la ville, aux temps où elle florissait , devait offrir un coup d'œil des plus imposants.
En se dirigeant du S. au N. sur la rive O. de. la rivière, on rencontre d'abord un arc de triomphe, orné de colonnes et de riches sculptures, puis, à g., une arène qui pouvait se transformer en naumachie. On arrive ensuite à la porte S. de la ville, qui présente une triple entrée. Un monticule à g. porte le temple du Sud, entièrement écroulé , à l'exception d'une colonne et d'une partie du mur de la cella.
A 40 mèt. plus loin, vers l'O., est le grand théâtre, avec 28 rangs de gradins faisant face à la ville , et un proscenium richement décoré.
Mais ce qui frappe surtout, c'est une longue rue droite, formantangle avec une autre, comme k Palmyre, Apamée, etc., et dont chaque côto est bordé d'une rangée de colonnes, pour la plupart corinthiennes , mais de dimensions différentes. A son extrémité S., cette rue aboutit à une place semicirculaire, entourée de colonnades d'ordre ionique : 67 colonnes sont encore debout, mais il y en avait
SYRIE. — PALESTINE
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plus de 100. Là où les deux rues . aller visiter les ruines d'une egîue se croisent, chacun des quatre an- chrétienne dont une porte seule est
çles offre un piédestal de grande dimension, et ces piédestaux durent être autrefois surmontas de statues. Une partie du pavé, formé de dalles carrées, existe encore.
On a compté dans cette longue colonnade plus de 200 colonnes encore debout et en partie surmontées de leur eritablement ; le nombre des colonnes renversées est infiniment plus grand. On remarque, à g. de la rue droite . un édifice ruiné, avec 3 colonnes, des niches et un piédestal portant le nom de Marc-Aurèle. Plus loin
encore debout. Revenant par la rive E. du ruisseau, on rencontre encore quelques ruines autour d'une fraîche fontaine , un pont, près duquel on voit à TE. desreites de bains, et un second pont à trois arches , que l'on traverse pour revenir, en gravissant quelques marches, à la première des rues perpendiculaires à la rue droite.
On continue, après Djcrach, d'avancer dans la direction S.-0., à travers un pays d'un aspect magnifique. On franchit (4 h.) lavai-
sont d'autres bâtiments, dont il se- 1 lée delà Tzerka, probablement le
rait difficile de déterminer l'usage.
A dr. et vers le centre de la ville, au bout d'une avenue de colonnes perpendiculaire à la rue droite, s'ouvre une vaste enceinte de ruines qui paraissent celles d'un palais. Le Temple du Soltil, situé à l'opposé et de l'autre côté de la rue droite, était précédé depropy-
Yabbok de la Bible (Jos. , xn; — Genèse, xxxn et xxxm), dont le profond déchirement et le caractère sauvage présentent un contraste saisissant avec la beauté du plateau; un chemin à travers la j région admirablement boisée et I arrosée qui s'étend à la base du mont Galaad, célèbre dans l'his-
lées, richement ornés de pilastres j toire d'Abraham , de Jacob et de et de niches. Le temple , auquel on parvient en escaladant les blocs éboulés , présente encore 11 colonnes debout, dont 9 appartenant au portique. Le péristyle est écroulé, la cdla est ornée de niches sur les côtés et d'une abside au fond. Le tout était entouré d'une cour à portiques, comme à Palmyre. Revenant à la rue droite, on trouve à 200 mèt. plus loin une rotonde, qui marque l'entre-croisement d'une autre rue perpendiculaire ; à gauche, quelques colonnes encore debout forment le portique du petit théâtre , qui ne contient que 16 rangs de gradins; le proscenium s'est écroulé . mais
David, conduit à (3 h. 30 m. ,
Es-Salt, qui parait répondre à Ramoth Galaad, où les rois Achab et Joram furent successivement battus par les Syriens (1 Rois, xxn ;— II Rois, ix) . Es-Salt est une V. de 3000 hab., située dans une position élevée. La citadelle, qui domine la ville, est moderne, mai»
ses substructions , assises sur le roc, taillé en forme de fossé, remontent à une époque antérieure aux Arabes. Les environs sont d'une grande fertilité. On peut de Es-Salt faire l'ascension dn Djèbtl OcKa, ainsi nommé du propriété Osée, dont le tombeau, révéré des Musulmans, couvre le sommet. Oa
ses substructions montrent qu'il I y jouitd'une vue magnifique. Tette
était plusvaste que celui du grand théâtre ; à droite de la rotonde, le tronçon E. de la rue conduit à des ruines considérables qui sont évidemment des bains. L'extrémité N.
de la rue droite présente des dalles bien conservées, et aboutit à une porte massive. Descendant alors à TE., on franchit ^e ruisseau pour
montnene répond peut-être au Ramatli-Mirpeh de Josué ( xm, 2G) et de Jephthé, (Juges, xi).
En quittant Es-Salt, on descend, en suivant le cours du Wadi- Ohoaïb, dans la grande plaine cl- Ghor, et l'on atteint 6 h. } le gué habituel du Jourdain, à 3 h. £• de Jéricho (R. 145\
/«out* 186.]
DE BOZRA A KÉRAK.
On suit la première partie de la R. précédente jusqu'à la route des Pèlerins {9 h.) ; puis jusqu'à Itérait il faut garder cette dernière route, où l'on reconnaît, sur beaucoup de points , des indices de constructions romaines. C'était la grande voie commerciale de Damas à Aila , à la tôte de la mer Rouge ( R. 155). Les grandes stations de cette ligne , qu'il suffit d'indiquer, sont:
Ammân (9 h. de Ménèh ), la Rabbath-Ammon de la Bible, «assiégée par Joab , général de David, et prise par ce roi lui-même (II Samuel xi, et xn, 26-31}. la Philadelphia des Ptolémées et des Romains.
Sans avoir, à beaucoup près , la beauté des ruines de Gerasa, celles-ci ont encore beaucoup d'intérêt. On y retrouve un vaste et magnifique théâtre, de 40 met. de diamètre , avec 43 rangs de gradins , très-bien conservés, et un péristyle de colonnes corinthiennes sans piédestaux ; un odc'on , dont il ne reste plus qu'une porte à trois arceaux; un temple avec un grand nombre de colonnes; les ruines d'une grande église ; sur le sommet de la montagne, les restes de l'acropole, et, dans son enceinte, un fécond temple, entouré de colonnes d une hauteur extraordinaire ; enfin les vestiges de l'ancienne enceinte, et nombre d'autre» constructions.
Hesbàn (4 h. , I Hesbon de l'Ecriture. C'était, au temps de Moïse, la ville royale des Amorites. On y trouve quelques restes d'édifices romains , et même des traces de constructions sarrasin* - mais le lieu est maintenant tout à fait abandonné. A 40 minutes au N., un site, appelé eJ-Al par les Arabes, indique 1 emplacement de YEléalèg de Aloïse.
Après Hesbàn , on rencontre
DE BOZRA A KKRAK.
d'abord (40 min.)
de
éminence qui repré-
couronnée de ruines sente Baal Méon (Nombres, ixii, 41) où Balak, roi de Moab, conduisit le prophète Balaam pour lui montrer le peuple d'Israël assemblé. C'est dans cette chaîne, le Mont-Abarim des Nombres (xxxm, 47), qu'il conviendrait de chercher le Mont Nébo, d'où Moïse put apercevoir toute la terre promise avant de mourir (Deutér., xxxiv ). On atteint ensuite le Wâdi Tzerka (2 h. 40 m.), qui descend à la mer Morte à travers des encaissements sauvages ; le Wâdi Wdlèh (2 h. 30 m.) , avec un pont ruiné de construction romaine ; Dhibdn (1 h. 45 m.) , le Dibon de l'itinéraire des Israélites (Nombres, xxxm, 45) ; Araïr (50 m.) , site ruiné de 1 Aroer de la Bible (Deut., ii, 36; iv, 48; Jos., xm, 9.), qui domine au N. le profopd ravin AuWadi el-Mâdjéb , qui est \'Arnon biblique. L'Arnon formait au S. la limite extrême de la Pérée , comme il marque encore aujourd'hui la limite du Bclka , du côté du pays de Kérak. Sur les deux versants du ravin, on trouve des vestiges de la voie romaine.
Après l'Arnon, qu'on franchit sur un pont d'une arche, on trouve (2 h.) Beït-Kourm (la maison des Vignes), site ruiné, avec les restes d'un temple romain ; Rabba ( 1 h.
30 m.), restes d Ar-Môab, appelée aussi Rabbath-Môab, capitale des Moabites (Nombres, xxi, 28; Jérémie, XLVllt, 45; Isafe, xv, 1), qui reçut des grecs le nom à'Areopoh's, et devint, au temps des Romains, la métropole de la Palestina tertia et le siège d'un évêché.
Le site, entièrement abandonné, présente quelques ruines d'un médiocre intérêt couvrant, sur une colline en forme de demi-lune, un espace de 2 kil. de circonférence.
De Rabba on arrive en 2 h. a Kérak où l'on rejoint la R. 151, soit pour remonter à Jérusalem par le pourtour S. de la mer Morte, soit pour pousser jusqu'à Pétra.