A NAZARETH
ondulé, YArcL-el-Hamma, qui s'abaisse dans la direction de Tarichée et du Jourdain; et à droite (30 min.), la hauteur de Koroun- Hattin, qu'on fera bien d'aller visiter en se détournant d'environ 15 min. de sa route. C'est une crête élevée de 20 mèt. au plus au-dessus du niveau de la route, et longue d'environ 1 kil., terminée par deux sommets qui sont, à proprement parler, les Cornes de Hattin; de là on domine de plus de 100 mèt. la haute plaine du même nom, large plateau élevé au-dessus du lac d'environ 200 mèt., et arrosé par le Nahr el-Hamàm, gui vient des montagnes situées à l'O. de la plaine de Gennésareth, et va reoindre le lacàel-Medjdel, à travers a gorçe étroite d'Arbela (v. p. 706).
Le village de Hattin, bâti au-dessous des cornes de Hattin, parait la seule localité habitée de cette vaste plaine. La tradition latine, qui n'ebt pas partagée par l'Église grecque, fait du Tell ou Kouroun- Hattin le mont des Béatitudes, où aurait été prononcé le sermon sur la montagne (saint Matthieu, v).
L'Evangile ne désigne aucune localité.
Des cornes de Hattin, on se dirige à l'O.-S.-O. sur le v. d'EI-Loubièh. Le terrain ondulé oui sépare ces deux points a été le théâtre de la funeste bataille de Hattin, où Selah-ed-Din (Saladin) écrasa, en 1187, l'armée chrétienne, sous les ordres de Guy de Lusignan. Celuici, après avoir rassemblé ses chevaliers à la fontaine de Séfourièh (R. 132], se laissa attirer par son ennemi sur ces hauteurs brûlantes.
Après une journée où l'armée avait été épuisée par la chaleur, le manque d'eau et de vivres, et les attaques incessantes d'un ennemi insaisissable, le roi ordonna follement de camper près de Loubièb.
La nuit fut terrible: les broussailles enflammées autour du camp, les alertes continuelles données par les cavaliers arabes achevèrent de démoraliser l'armée, qui, au point du jour, se vit entourée de
toutes parts. Le résultat de la bataille n était pas douteux : les chevaliers, pesamment armes, s'épuisèrent dans des charges inutiles contre leurs agiles ennemis , et bientôt la déroute commença. Le roi, retiré sur le Tell-IIattin avec le3 chevaliers du Temple et de Saint-Jean, et ses principaux barons, porteurs de la vraie croix, repoussa en vain plusieurs attaques ; il (ut bientôt accablé par le nombre et obligé de se rendre. Le roi et son entourage furent épargnés, a l'exception de Reynald de Chatillon, seigneur de Kérak, dont l'insolence avait été l'occasion de la guerre, et que Saladin mit à mort de sa propre main. Les chevaliers du Temple et deSaint-Jean, au nombre de deux cents, furent aussi massacrés do sang-froid ; le roi fut emmené prisonnier à Dama*. La vraie croix était tombée entre les mains des musulmans, mais ceux-ci ne paraissent pas avoir attaché d'importance à ce trophée. — La victoire de Hattin mit, en peu de semaines, toutes les places de la Palestine aux mains de Saladin, et Jérusalem elle-même trois mois après.
On regagne (30 m.) la route directe aux grands puits d'El-Loubièh , gres village qui s'élève à 10 min. sur la gauche, au som-.
met d'un monticule planté de jardins et protégé par des haies massives d'énormes cactus; on perd de vue le lac, mais plus loin (20 min.) on aperçoit le Thabor. — Laissant à gauche le chemin de cette montagne (R. 131), on s'engage dans une grande plaine qui court de l'E. à 10., et rejoint, près de Séfourièh , la grande plaine à'EUBatlouf (R. 132), vers laquelle elle porte ses eaux. Cette plaine, large de 1 à 2 kilomètres, est comprise entre deux chaînes de collines pittoresques et fertiles. Partout elle porte des traces de culture. Au nord on distingue le gros village de Tour'àn, au S.-O. celui de Kefr-Kenna, et plus loin la col* line de Séfourièh et le wéli de Ne-
\LESTINE. IRouib 130-1
bi-Ismaïl, qui marque la montagne
de Nazarétn; en continuant dans U direction de 10., on se rapprocha (1 h.) des collines de gauche, et on laisse un peu au S. le village d'Ech-Chcdjara, illustré par te brillant fait d'armes connu sous le nom de combat de Nazareth, où le général Junot, à la tête de 300 braves, arrêta, le 8 avril 1799, l'avant-garde de la grande armée turque, qui arrivait de Damas au secours de Saint-Jean d'Acre. Junoi se replia sur le corps du général Kléber: Uu peu plus loin sur la même route, fut livré, le 11 avril, par Kléber lui même, le combat de Cana, qui précéda de quelques jours la bataille du mont Thabor {V.K.134). On s'élève bientôt sur des pentes pierreuses, pour atteindre f30 min.)
Kefr Kenna, le Cana des traditions grecque et latine ; c'est un misérable v. de gourbis, où les moines grecs montrent encore dans leur petite église les urnes qui continrent l'eau changée en vin par le Christ; on verra (R. 133,i que Robinson, d'accord avec les plus anciennes traditions, place le véritable Cana à Kana el-Djélil, au N. de Séfourièh. Kefr-Kenna possède une fontaine de belle eau , qui répand à l'en tour une certaine fertilité.— Continuant à monter, en se dirigeant vers le S., à travers des sentiers très-rocailleux, on arrive ('20 m.) sur un col d'où la vue s'étend sur un grand nombre de sommités. La rouie descend vers le S. a {30 m.)
Er-Reinèh , v. chrétien situé dans un vallon fertile , puis remonte sur ;30 m.) un nouveau col d'où l'on découvre soudain la petite ville de Nazareth, blanche et riante, entourée de jardins et d oliviers. Au delà, la vue s'étend jusqu'à la vaste plaine d'Esdrelon au S. avec le Thabor à l'E. et U chaine du Carmel a l O. Il faut encore descendre par une pente diflicile pour les chevaux pour gagner (15 m.) la fontaine de la vierge et l'entrée delà ville (V. R. 13$\
lKoutb 131.]
LE MONT XHAHOR.
DE T1BÉRIADE A NAZARETH.
PAR LK MONT-TIIADOft.
De Tibériade aux puiU d'El- Loubièh (2 h.— V. R. 130). A partir d'El-Loubièh, on se dirige au S., laissant à droite la plaine de Kefr- Kenna (V. R. 130), et l'on gagne (30 noin.) des hauteurs, oui dominent l'Ard-el-Hamma, et d où l'on aperçoit au S.-E. le v. de Ketr-Sabt ; on rejoint la route des caravanes à (45 min.) Khân et-Toudiar, (le Khàn des marchands bâti) dans un Wàdi fertile par Senari-Paeha, en l*an 1587, pour l'usage des caravanes d'Egypte. A cété est un gros bâtiment carré, qui parait avoir été un fort. Une belle source se voit à 10 min. au S.; toutes les eaux de ce wadi vont se rendre au Jourdain.
On prend ensuite la route des caravanes et l'on gagne par une pente peu sensible la ligne de partage des eaux entre le Jourdam et la Méditerranée. Une descente un peu plus prononcée mène
800 mèt. de large, bordé au S.-0.
de rochers uu peu plus élevés, couverts de ruines et d'arbustes, et au N.-E. par des rochers un peu plus bas ; entre les deux extrémités le terrain forme une espèce de bassin couvert de gazon sans ruines, ni arbres. Robinson, auquel nous empruntons cette description [Bib. res., t. III, p. 212), estime que le Thabor n'a pas plus de 330 mèt. (1000 pieds) au-dessus de la plaine d'Esdrelon, qui est elle-même à 150 mèt. environ audessus de la mer. Il ne domine aucune des sommités environnantes. Le panorama qui s'y déroule est cependant fort étendu; il embrasse toute la partie O. de la plaine d'Esdrelon, le grand champ de bataille de la Palestine (V. R.
134, 135 et 137), jusqu'au Carmel à l'O., et aux montagnes de Nazareth au N.-O.Ces deux chaînes masquent presque complètement la vue de la mer, dont on n'aperçoit que quelques bandes au N.-O.; vers le N. et le N.-E. se montrent la montagne de Safed et le Grand-Hermon, et sur un plan plus rapproché, le Koroun-Hattin, et le bassin
(50 min.) au pied du Thabor, près i profond du lac de Tibériade, dont du v. de Dabonrièh. Dabourièh on ne peut apercevoir les eaux f Robinson) est peut-être le DaJ)&- | que sur un point très-restreint. Au rath de Josué ( xix, 12), le Dabira jS. , on voit face à face le Petitd Eusèbe et de saint Jérôme Hermon ( Djebel-ed^Dahy) avec les (Onom.) et le Dabaritta de Josèphe villages de Neïn et d'Endor à ses
f>ieds, et sur un de ses contreorts vers l'E. Kawk(ib-el-Unwa9 IWmcien château de Delvoir ;V. R.
Djébël et-Tuur, est une montagne ! 137). Au delà du Petit-Hermon s'é-
( Vie. T>-2)
Le Mont Thabor, qui porte en arabe le nom très-commun de
calcaire isolée de toutes parts, qui présente de ce côté la forme d'un ::c)nc tronqué. Son ascension dure l heure au plus et ne présente tucunc difficulté; les chevaux de >agage peuvent même atteindre e sommet, si on veut y camper.
Le chemin décrit de nombreux zigzags ; en plusieurs endroits il est taillé dans le roc, et parait intique. Les lianes de la montagne sont couverts de chênes verts,
lève le mont de Gelboé (l)jcbeU Fakouah), séparé du premier par la vallée de Jezréei et de Beisàn, au fond de laquelle on entrevoit la vallée du Jourdain, et les montagnes de Galaad. Les montagnes de la Samarie sont masquées par le Petit-Hermon et le mont de Gelboë.
Les ruines qui couvrent le sommet du Thabor appartiennent à des époques très-différentes.
t d'un épais gazon. Le sommet Tout autour on retrouve Jes dé- "orme un plateau oblong, de ) kil. bris d'une enceinte formée de ! 2 environ de longueur, sur 6 à | grosses pierres taillées en bos-
716 SYKIK.— PALESTINE. |Roi;tk 1311
sage, avec des restes de tours et tirer en plaine et sont taillés en
de bastions qui moins à l'époque
remontent au romaine. C'est surtout à l'angle S.-E. que ces restes sont considérables , et annoncent l'existence d'une ancienne forteresse, qui s'étendait à l'O. , le long de l'escarpement du S.; on voit de ce côté un portail ogival de style sarrasin , nommé Bab el-Hawa, et des meurtrières de l'époque des Croisades. Au S:-E.
est une chapelle voûtée, où les moines franciscains de Nazareth viennent tous les ans dire une messe en commémoration de la Transfiguration. Les Grecs ont aussi un autel du roté du N., sur lequel ils officient le jour de la féte de la Vierge. Des milliers de pèlerins campent alors en cet endroit.
En temps ordinaire on n'y trouve que des sangliers. Plusieurs citernes sont creusées au sommet de la montagne.
Robinson (foc. cit., p. 220), a recueilli toutes les données historiques sur cette montagne :
nous ne pouvons mieux faire que d'analyser ce passage. « Le Tnabor est mentionné plusieurs fois dans l'ancien Testament (Josué, xix, 22; Juges, iv, 6, 12. 14), et dans Joseph e (Antiquités, v, 1, 22; ibid. , 6, 3). C'est le lieu où Deborah et Barak rassemblèrent leurs guerriers ; c'est l'objet des comparaisons poétiques du psalmiste et des prophètes ( Psaume lxxxix, 12; Jérem., xlvi. 18; Osée, v, 1). Il paraît que, dés ces anciens temps, une ville couvrait son sommet. Le nouveau Testament ne mentionne pas le Tbabor : les écrivains grecs et romains lui donnant le nom d'Itabyrien : Antiochus le Grand s'en empara par ruse et le fortifia 218 ans avant J.-C. ; (Polvbe, v, 70. (>,. L'an 53 après J.-C, le proconsul Gnbinius v battit les Juifs, commandés pur Alexandre , fils d'Aristobulc. Plus tard Josèphe fortifie la montagne, dont il donne une bonne description ( Vie, 37); mais ses défenseurs se laissent at-
piëces par Placidus , lieutenant de Vespasien. On n'entend pins parler du Thabor jusqu'au temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, qui le mentionnent comme une position bien connue [OnomasUcon .
C'est vers cette époque qu'on commence a y placer le lieu de U Transliguration. Nous avons va , r». C^O, que, d'après l'Évangile, il faudrait placer ce miracle près de Baniasj il est difficile do croire d'ailleurs que le Christ eût chois) une sommité occupée depuis longtemps par une forteresse. Cependant cette tradition a pour elle deux passages de saint Jérôme ( Ep. 44; Hp. 36), et le moyen âçe tout entier a cru à cette îdentincation. Trois églises y furent élevées en souvenir des trois tente»
que voulait dresser saint Pierre:
au temps des croisades, Tancrède y éleva une église et y établit un couvent de bénédictins, qui furent tous massacrés par les musulmans en 1113; mais d'autres moines surent s'y défendre en 1183 contre Saladin lui-même, qui prit sa revanche en 1187. En 1212, Melik el-'Adil bâtit une nouvelle forteresse, que les nouveaux croisés assiégèrent en vain en 1217, mais le khalife la détruisit bientôt lui-même. Les églises, si elle* avaient échappé à ces vicissitude?, furent certainement rasées en 1263 par le sultan Bibars, et le sommet resta désert jusqu'à nos jours.
On redescend du sommet èa Thabor par le même chemin que l'on a suivi à la montée jusqu'au t.
de Dabourièh, où l'on n'a a noter que les restes d'une église chrétienne du temps des croisades.
On se dirige alors vers l'O. eo remontant un petit wadi au milieu d'une forêt de chênes vert* assez c!air-sem«s , bientôt f25 k.
on redescend sur (30 m.N un pU teau gazonneux , d'où , franchisant (30 m.) les hauteurs qu dominent Nazareth du côte dt l'E., l'on atteint (10 m.) l'entrée de la ville. (V. R. 133.
[Roi