‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 329 sur 511 · SIDON · texte numérisé non relu

SIDON

Isambert , loc. cit. , p. 209). On s'écarte du rivage pour longer le pied des hauteurs jusqu'au Rd$ \ Sadieh, emplacement de l'ancien Platanum , où Antiochus le Grand défit l'armée de Ptolémée, en 218 avant J. C. On trouve sur tout ce trajet les vestiges d'une voie romaine jusqu'à (1 h. 25).

El-Diyèh ou Khan Nehi- Tonnés ( le Khân du prophète Jonas).

Derrière ce Knàn on trouve quelques maisons, et à g. une petite mosquée. Nebi - Younès possède quelques tronçons de colonnes qui prouvent l'existence en ce lieu d une ville ancienne, laquelle , d'après des identifications faites par Robinson et M. de Saulcy, parait avoir été Porphyrion, ainsi nommée sans doute à cause de la pèche de la pourpre, qui se faisait avec activité sur cette partie de la côté phénicienne. La tradition musulmane place sur ce rivage l'endroit où lut rejeté Jonas après sa réclusion de trois jours dans l'estomac d'un monstre marin, dans son trajet de Joppè à Tarse.

La route continue sur une plage sablonneuse et monotone et se confond de temps à autre près des rochers avec l'ancienne route romaine; on passe le Ras Djedrah, on laisse à g. le v. de Roumeïlé, et à g. le Ras du même nom, pour atteindre (2 h. 30) les bords du Nahr el-Aoudlé, le « gracieux Bostrenus , » près duquel le vieux poëte Dionysius Pérîégètes place « Sidon la fleurie. » De nombreux canaux, dérivés du Nahr el-Aoualé, arrosent les magnifiques jardins qui entourent Sidon. Après avoir franchi ce fleuve, on entre dans les plaines de la Phénicie, et un court trajet le long de la plage conduit à (30 m.) Saïda» l'antique Sidon. His-

toire. C'était une des villes les plus anciennes et les plus importantes bles. C'est près de cette rivière j de la Phénicie. Elle remontait, seu'il conviendrait de placer | Ion Josephe, à Sidon, fils atné de ntopolis de Strabon (V. F.-A i Canaan (Antiq. 1, 6, 7). Moïta en

SYRIE.— PALESTINE

[Houtb 132.]

la ville est défendue par un mauvais mur; auN. se trouve l'ancien port formé par une chaîne de rochers tjui s'étendent dans la direction du X. parallèlement à la côte- Sur un de ces rochers, les croisés ont élevé une belle forlcretae qui communique avec la ville par un pont de 9 arches. Du côté de 1* mer, elle présente un aspect imposant et pittoresque. Le pon t été comblé sous le chef dru.se Fakhr cd-l)in.

Saïda renferme environ 5000 hab., do fit 3000 musulmans; les autres sont catholiques, maronites et juifs. La villti ressemble , du reste, u, toutes les villes de U don. A partir de l'ère chrétienne, côte par ses ruelles étroites et ses cette ville ne joue plus aucun rôio masures délabrées; on y trou** important. Baudouin s'en empara six grands khans. Le plus imporen 1111, mais les croisés l'aban- l tant , situé non loin de la porte donnèrent 1*291. Dans l'intervalle ! basse et dans le quartier le plus elle fut prise et reprise quatre \ commerçant, est le khân français,

parle comme de la frontière N. du pays de Canaan (Genèse, x, 15- 19). Dans la bénédiction de Jacob, il est dit de Zabulon qu'il s'étendra jusqu'à Sidon. Lors de l'invasion des Juifs, on l'appelait ««la grande, » et ce fut une des sept villes qu'ils ne purent arracher aux habitants de Canaan. Homère parle des Sidoniens comme « baoiles en toutes choses. » Sidon fut prise par Salmanasar, en 720 avant J. C, et plus tard (350) par Artaxerxès Ochus, qui la détruisit.

Elle se soumit sans résistance à Alexandre et passa, à plusieurs reprises, des Sélcucides aux Ptolémees. L'apôtre Paul aborde à Si-

fois. Au xviie siècle Fakhr cd-Din la rebâtit en partie, et parvint pendant quelque temps à lui redonner une certaine prospérité.

Comme il se croyait d'origine française, il accorda sa protection aux chrétiens et surtout aux Fran-

bati par Fakhr ed-Din. C'est un immense bâtiment carré à plusieurs étages, qui était le grand entrepôt du commerce français en Syrie, et qui renferme aujourd'hui un couvent, une église , une école dos Frères, une vaste cour,

çais. Le chevalier d'Arvieux, as- des jardins, des galeries, desécusociô d'une maison de Marseille et ries, une fontaine. C'est à la fois consul de France à Saïda, réussit à établir des relations commerciales très-importantes entre la Syrie et la France. Leur commerce rapportait chaque année au sultan plus de 10 000 francs. Grâce aux Français, Saïda devint le port de Damas. Djezzar- Pacha les chassa en 1791. Depuis ce temps le commerce, déchu de son im-

f>ortance, n'est plus fait que par es indigènes. Alej) et plus tard

Beyrout ont succédé à Saïda pourj on 1855 un beau sarcopLage les affaires avec l'Europe. d'une inscription phénicienr

urop

Etat actuel. — Le village moderne de Saïdaoecupe la ponte N.-O.d'un promontoire qui s'avance au S.-O.

dans la mer. Sur la partie la plus élevée de ce promontoire et du côté du S., se trouvent les ruines d'une vieille tour qui domine la villa et remonte, dit-on , à saint Louis. Du côté de la terre, à l'E.,

une fontaine. C'est à la fois un bazar , une forteresse , un* ville.

11 n'y a que peu d'antiquité* a Saïda ou dans les environs , elles se réduisent a quelques colonnes brisées et à de nombreux fragments de pavé en mosaïque. Des fouilles amèneraient des découvertes intéressantes dans le* tombes phéniciennes dont son*, creusés les flancs de la collin?

qui avoisine Sidon. On v a trouvions

pnenicienne: il est actuellement au Louvre. Nou« apprenons ^1860) que M. l'abbé Ltmazou vient d'v découvrir quelques belles médailles el des urnes funéraires.

En quittant Sidon, on travers?

les délicieux jardins qui entourer' la ville, et où croissent, dans i« plus magnifique désordre, lesoW-

Litot te 132.J SIDON.

gers, les citronniers, les pêchers, les grenadiers , les poiriers , les bananiers, etc. Au bout d'une belle allée de tamarins,, on rencontre h droite (35 min.) une colonne militaire romaine portant les noms de Septiine-Sévère et de Caraculla, et l'on franchit un torrent près de KhAn-Sanik. Il n'y a pas de chemin proprement dit ; on suit toujours le rivage, aussi près de la mer que possible. Laissant à gauche (30 min.; le village de Kl- < ï hdzièh et (45 min.) un petit wadi, on rencontre [1)0 min.) une nouvelle berne milliaire et les bords du Xahrez-Zahérani , où l'on voit a gauche un pont moderne en ruines. On atteint ensuite (20 min. ) la forteresse ; de Barâk, avec un joli khan, entouré d'orangers et de cotonniers; et, après avoir croisé deux torrents desséchés 25 min. , une autre fontaine nommée Ain el-Kantarah (20 min.). Bientôt se montre sur une autre colline, à gauche (1 0 min.) le village d« Sarfand. et à droite, près de la mer, un wéli i solitaire dédié à saint Georges [El- \ Khidr). Tout auprès se trouvent quelques débris qui marquent 1 emplacement de

Sarepta ou Zarephath, célèbre dans l'Ecriture par le séjour et les miracles du prophète Eue (I Rois, xvii, 9, 24). C'est à Sarepta que les Sidonicns fabriquaient leur verre.

C*e«t de lu que vient sans doute le nom de la ville 'Saraph . en hébreu, signifie fondre . Pendant les Croisades, Sarepta était un siège épiscopal dépendant de Tyr. Une ctapelle v fut élevée en l'honneur d'Élie. C est elle qui fut probablement remplacée par le wéli El- Khidr. A partir du xin« siècle, remplacement de Sarepta, sur le rivage, fut abandonné pour le village actuel de Sarfand.

Une belle plage sablonneuse amène ensuite (1 h. 15 min. auprès de quelques ruines informes nommées

Adloun. Tout auprès se dressent des rochers , dans lesquels on trouve de nombreux hypogées ,

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et non loin de la, et derrière les rochers, un petit temple monolithe phénicien. Les emblèmes qui le recouvrent prouvent qu'il était consacré à Astarté. Les ruines que nous avons signalées sur le rivage sont peut-être celles d'Ornithopolis, que Strabon place au N.

iiu 1. contes, entre Tyr et Sidon.

Cependant Seylax et Pline placent positivement cette ville au N. de Sarepta (V. F. -A. Isambert, Loco citât., p. 213'. On serait plus fondé à identifier Adloun avec la Mutalio ad nonum de V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, \t> nom moderne d'Adloun n'étan tqu'uue corruption de Ad nonum , et les distances concordant bien avec lacorrection proposée par M. de Saulcv (Ouvr.

cité, p. 03). Quant à la nécropole, ses hypogées répondent aussi, peutêtre, selon Ror>inson, aux cavernes mentionnées par Guillaume de Tyr, qui furent fortifiées par les croisés, cl aux mrarah des Sidoniens, citées dans le livre de Josué (xm, 4).

On franchit (45 min.) le Xahr- Abou-cl-Aswad, et l'on continue, à travers la plaine déserte, jusqu'au (1 \\.)Nahr el-Kactviyèh, que 1 oh passe sur un beau pont d'une seule arche, bâti par Ibrahim-Pacha, et près duquel s'élève un joli khAn : c est l'antique Leontès, qui porte, plus près de sa source dans la Codés vrie . le nom de El-Leïtani. V. k 112etlll.)

l.e voyageur s'approche alors de Tyr, oui s'avance au loin dans les eaux bleues de la mer; il rencontre successivement trois bassins de construction antique, la source thermale du Ain-Abnan »

et les ruines d'un aqueduc qui se dirige vers le S. On traverse un isthme sablonneux , et , passant sous une porte en ruine, on entre (1 h. 4."> min.) à

Tyr (TOpoç, en hébreu Tsor, rocher, en arabe Sour.) — Htstoire, L'origine de cette ville célèbre se perd dans la nuit des temps. Hérodote apprit qu'elle avait été fondée en même temns que le temple

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