‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 330 sur 511 · SYRIE.— PALESTINE. [Roi te · texte numérisé non relu

SYRIE.— PALESTINE. [Roi te

d'Hercule, depuis 2300 ans, ce nue pendant plusieurs siècles qui la faisait remonter à 2750 ans Pygmalion occupe le trône 47 ans avant J. C. Dans tous les cas, Tyr était déjà une place forte «lu temps de Josué (1450 av. J.-C). Josué (xiii, 12) l'appelle la fille de Sidon,

ce qui semblerait donner une plus %hautc antiquité à cette dernière ville. Néanmoins cette question, déjà discutée par les anciens, est généralement décidée en faveur de Tyr. Pendant un certain temps cependant Sidon joua le premier rôle; mais,un siècle avant laguerre

de Troie, elle fut prise par le roi d'Ascalon. et ses habitants se réfu-

Plus tard nous trouvons les Phéniciens en guerre avec Israël. Au commciuvincnt du viir siècle.

Joël et Amos dénoncent ies crimes commis par Tyr et Sidon sur les côtes de la Judée. « Ils enlèvent les jeunes gens et les jeunes filles pour les vendre comme esclaves. » Isaïe, à la fin du même siècle, prophétise la destruction de Tyr. En 720, Salmanazar l'assiège, il s'empare de la ville de

vint

terre ferme, Palxotyros. mais bloque inutilement l'ile pendant cinq r, oui devint dès lors ! ans. Tyr eut à soutenir plus tarj a première ville de la Phénicie. un siège de treize ans contre Na- Pendant la prépondérance de Si- : buchodonosor, mais le résultat

don, l'histoire de Tyr est complètement fabuleuse. Phœnix, père de Cadmus et d'Europe, n'est qu'une personnification du pays.

n'en est pas connu. Ii est probable que c'est alors que Pala?otyros fui abandonné, et que ses habitant* se retirèrent dans l'île, détruisî

Bélus, le premier roi, est le Dieu l rent la chaussée de Hirain. et fon Baal, et Agénor, le fondateur de Tyr et de Sidon, est peut-être un surnom grec d'Hercule.

H ira m monta sur le trône de Tyr peu avant la construction du temple de Salomon (9U9 av.

J.-C.) On connaît les rapports d'amitié de Hiram et de David.

Hiram envoya au monarque juif des cèdres et d'habiles ouvriers pour la construction du temple. Salomon resserra encore cette alliance. Un traité de commerce fut signé entre lui et Hiram, par lequel le premier s'engageait à fournir chaque année au roi de Tyr 20 000 cors de blé et la môme quantité d'huile, en échange des cèdres du Liban, et d'habiles ouvriers pour tailler les pierres, les métaux et teindre les étoffes. Salomon céda également à Hiram un district de la Galilée renfermant vingt villes (l Rois, ix, 13). Hiram rendit de

fièrent la nouvelle Tyr, qui s'éleva au milieu des eaux avec une splendeur sans pareille. On assure que Ses murailles avaient près de 50 m M. de hauteur. Elle redevint la reine des mers. On connaît l'admirable description que le prophète Ézéchiei donne de Tyr (Ézech. xxvn). Le grand événement de l'histoire de Tyr est le siège êe sept mois qu'elle soutint contre Alexandre le Grand.

Le conquérant utilisa les débris de Palacotyros pour construire une chaussée gigantesque qui réunit l'île au continent ; il parvint de cette manière à arriver sous les murs de la ville nouvelle pour la bnttre en brèche. Tyr fut à moitié détruite et tous ses habitants massacrés ou emmenés en esclavage. Elle *e releva cependant de ses ruines. Strabon nou^ rapporte que de son temps, elle faisait un grand commerce etpos-

grands services à Salomon pour sédait deux ports. Au iv* siècle

ses transactions commerciales avec Ophir. Il embellit considérablement la ville de l'Ile, et la relia avec une autre lie au S. et •vec le continent. Après Hiram, l'histoire de Tyr est à peine con-

après J.-C. elle recouvra une partie de son ancienne splendeur.

Saint Jérôme nous apprend que c'était la plus belle ville de la Phénicie, et qu'elle avait des relations commerciales avec le mon-

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de entier. Tyr tomba en 630 sous la domination des Sarrasins. En 1124 la flotte vénitienne étant venue en Palestine, on résolut d'attaquer Tyr, où les habitants de toutes les villes déjà occupées par les chrétiens s'étaient retirés

Çarce qu'ils la croyaient imprenale. Guillaume de Tyr parle avec admiration de sa triple enceinte de murailles, do son port flanqué de forteresses massives. Après un siège de cinq mois et demi, ses formidables défenses s'écroulèrent sous les efforts des croisés.

Tyr jouit alors de quelques années ae tranquillité. En 1187, elle repoussa les attaques de Saladin; mais en 1291, elle succomba sous les armes des musulmans pour ne plus se relever. Au commencement du xvn* siècle, le célèbre chef druse Fakhr-ed-Din essaya sans succès de la relever; en 1766, elle tomba aux mains desMétoualis, et, depuis ce temps, chaque jour ajoute à sa décadence. Djezzar-Pacha transporta ses matériaux à Saint-Jean-d'Acre ; les sables en ont recouvert peu à peu le reste et ont presque entièrement comblé son port à jamais abandonné par le commerce.

État actuel.— Tyr est située sur une presqu'île autrefois entièrement détachée du continent, auquel se rattache maintenant un isthme sablonneux. L'île primitive, basse et rocailleuse , était parallèle a la côte et mesurait environ 1609 mèt. de long. Les deux extrémités forment les bras de la croix de chaque côté de l'isthme, et se prolongeant encore par une ligne d'écueils, interceptent deux baies au S. et au N. ; c est la baie du N. qui constitue le port actuel, et la ville est construite de ce côté au point de jonction de l'Ile et de l'isthme. Elle renferme une population de 3 à 4000 hab. , moitié musulmans, métoualis, moitié chrétiens grecs des deux rites ou juifs. Les Grecs catholiques y ont même un évêque. Tout le commerce de Sour se borne h quel- Os ifnt.

ques balles de coton et de tabac.

Les meules et le charbon de bois sont avec cela toute l'industrie de ses habitants. Elle n'est fournie d'eau potable que parles deux puits, couverts de bâtiments voûtés, qui se trouvent à quelques pas en dehors de la porte du côté N. de l'isthme, et qui communiquent probablement par d'anciens travaux souterrains avec les fontaines de Ras el-Aïn (V. p. 723).

Les rues sont sales et tortueuses, mais les palmiers et les arbres fruitiers dont le terrain est planté lui donnent un certain charme oriental. Une vieille muraille en ruine l'entoure du côté de l'E. et du S. Il n'y a qu'une porte, mais des brèches monstrueuses permettent d'entrer de tous les côtés.

La muraille S. se prolonge à travers l'Ile entière dans la direction de l'isthme. Le seul monument dont on puisse citer des restes reconnaissables est une belle église de style grec, qui doit avoir été un édifice splendide. C'est probablement l'ancienne cathédrale qui renfermait les tombeaux d'Origène et de Frédéric Barberousse.

Elle mesurait 70 mèt. de long sur 22 de large ; elle avait trois nefs et trois absides antiques, séparées du transsept par une travée. La partie centrale est écroulée. Tout le sol de l'édifice est couvert de masures arabes appuyées sur les ruines de ses murailles. On voit par terre de magnifiques colonnes doubles formées de aeux fûts monolithes parallèles, réunis par leur base et leur sommet, disposition retrouvée par Kobinson dans les ruines de Tell-Houm ( V. p. 712).

« Ce monument, dit M. de Vogué (ies Églises de Terre sainte, p. o73) me parait dater de la deuxième moitié du xn« siècle ; la seule portion conservée est l'extrémité orientale ; les trois absides sont enclavées dans le rempart de la ville moderne. »

Le port, du côté du N.f protégé par une chaîne de rochers et d'immenses digues qui s'élèvent encore

au-dessus des «aux, présente une espèce de bassin intérieur entouré d'une muraille formée de débris de colonnes et de marbres rapportés.

Il n'est plus accessible, à cause de son peu de profondeur, qu'aux petites embarcations.

Toute la côte O. de l'Ile est déserte et bordée de rochers battus parles vagues, parmi lesquels on reconnaît, quand la mer est calme, des fûts de granit et des pierres taillées. À la pointe N.-O. on trouve encore 40 à 50 colonnes renversées et baignées par les vagues :

les roches qui les entourent sont incrustées de débris de pierre, de

Soteries, cre coquilles , confondus ans une espèce de ciment de nouvelle formation. Au S. de la ville s'étend un cimetière musulman et quelques jardins. « Des fouilles récentes , faites dans le but de trouver non des antiquités, mais des matériaux pour les constructions de Beyrout, ont fait découvrir des restes intéressants de maisons, de colonnes, de statues, et une partie des anciennes murailles, avec une galerie voûtée et percée de meurtrières, longue de 46 pas. » (Porter, Handb., p. 392. } Le reste de la Péninsule au S.-O.

présente tantôt des amas de décombres, tantôt des puits. Au S. , le long du rivage, on retrouve les murs qui formaient le port du S.

Au-aevant de ce port, existent, selon M. de Bertou ( Essai sur la to'pog. de Tyr) les restes d'une immense digue ou brise-lames, de 12 mèt. d^paisseur et de plus de $kiL de long, travail gigantesque, qui protégeait la ville contre les fureurs de la mer et empêchait le sable de s'accumuler dans le port, comme il l'a fait depuis plusieurs siècles.

On voit, par cotte description, qu'il est assex difficile, dans l'état actuel deslieux.de rétablir d'une manière très-précise la topographie de l'ancienne Tyr. Los tremblements de terre, et surtout l'accumulation des sables pendant ces dernières années, ont changé la

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configuration des lieux, et les données nistoriques manquent également pùur déterminer avec exactitude la position de l'antique reim des mers.

Tyr était double, bâtie en partie sur le continent et en partie sur une lie. Pala?otyros, la ville de terre ferme, s'étendait sur le rivage, à partir du Leontès jusqu'à la fontaine de lias el-Aïn. Hirarx embellit la ville de l'île et .la relia à une autre île, celle qui fornK l'extrémité N. de la presqu'île actuelle, et où se trouvait un temple consacré à Hercule. C'est 1?.

que s'éleva la nouvelle Tyr , qui résista à Alexandre. Celui-ci m* fit que rétablir la chaussée de Hiram, représentée par l'isthme actuel, qui a été élargi par l'accumulation des sables. Cette dernière ville de Tyr est la seule dont il reste quelques traces. La première a été entièrement détruit»» et «t«s débris sont enterrés dans le sable.

Les deux ports de Tyr, au N. et au S., se reconnaissent encore avec une partie dos chaussée? qui les défendaient. Ils étaient relié* parun canal qui coupait lithsme e * dont on peut encore tracer la direction. La presqu'île s'est abaissée vers l'0..de sorte qu'une partie de l'antique ville est submergée, comme Je montrent les débris qu'on aperçoit sous les eaux.

Quant à la position de PaUeotyrus, on manque encore d'élément* pour déterminer d'une tnaniCnprécise sa position et ses limite* .

niais tout semble désigner la portion de Ras el-Aïn ( F. ci - dessous, p. 723/.

De Tyr à Safed, M h. V. R. 128,p. 705 —à Ba'lbek et Damas , par Neba-Afidjv R. 114, 1 ir, et 112.

Excursion àu Tombratt de Hiran, situé à \ h. 30, à l'E. de Tyr.

Pour s'y rendre on n'a qu'à sui vre les ruines de l'aqueduc, ver la colline de Ma'rhouk. On gagw ensuite les hauteurs cri suivant !»

route de Bint-Pjébeil et de Safe •

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t'usqu'au v. de Hanaweih. Le Tomieau de Hiram iKabr-Haïrân), qui se trouve tout auprès, est un grand sarcophage monolithe d'environ 4 mèt. de long, sur 3 mèt. de large et 2 de haut, avec un couvercle pyramidal de près de 2 met. d'épaisseur; le tout est porté sur un piédestal de plus ôe 3 met. de haut, compose de trois assises de grandes pierres.

La tradition qtùattribue ce monument à Hiram n'a aucun fondement historique, mais elle remonte à une très-haute antiquité. Volney pense que PaLvotyros s'élevait sur cette colline, mais aucune donnée historique ne prouve la réalité de cette supposition,

Du tombeau de Hiram, on peut rejoindre (1 h.) au Ras el-Aïn la route de Tyr à Acre, par un sentier qui redescend directement à 10. et laisse à g. les v. de Béit- Oulia et de Deïr-Kanoun.

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