TYR. — PUITS DE SALOMON
nu
En quittant Tyr, il faut se diriger à l'E., croisant obliquement 1 isthme sur un terrain de sable mouvant et marécageux. On voit à g. la longue et pittoresque série d'arcades de l'ancien aqueduc en partie ruiné, qui vient aboutir a la colline El-Ma'chouk surmontée d'un wéli musulman, et laissant à dr. une grande tour isolée, relativement moderne, on atteint l'angle S.-O. de l'isthme pour tourner au 3. le long du rivage.
L'aqueduc, après avoir atteint El-Ma'chouk, lait un détour considérable vers l'E. et revient ensuite vers le S. Dans la plus grande partie de son parcours, il est presque au niveau du sol. Les arches se relèvent vers le S. en approchant de deux réservoirs, plus petits et plus modernes que ceux qu'on trouve au (1 h. 35}
Ras El Àln (le cap de la source).
On nomme ainsi quelques huttes groupées autour des citernes remarquables connues sous le nom de Puits de Salomon. Ce
sont quatre immenses réservoirs de différentes grandeurs et s'élevant à 5 mèt. au-dessus du sol. Le plus grand, situé à l'O.. est de forme octogone et mesure 22 mèt.
de diamètre. Le mur qui l'entoure a 3 mèt. d'épaisseur. 11 est fait en cailloutage et revêtu intérieurement d'un ciment très-dur ; un plan incliné permet d'en atteindre môme àcheval lapartie supérieure.
La profondeur, autant qu'on a pu s'en assurer, est d'environ 10 mèt.
Par ces constructions, on est parvenu à exhausser considérable-
on est parnsidéraulement le niveau de ces sources souterraines, qui jaiHisscnt en bouillonnant avec une grande force. L'eau, qui auparavant était amenée à Tyr par le grand aqueduc, coule directement dans la mer et fait tourner les roues d'un moulin.
Les deux réservoirs situés à l'E. sont contigus et de forme irrégulière. Un escalier permet de monter sur le bord de leurs bassins, qui mesurent, selon Robinson, 4 mèt. 1/2 de profondeur.
L'aqueduc, qui part de ces bassins, est évidemment de construction romaine ; les infiltrations de l'eau ont revéta ses arcades de stalactites pittoresques. Le quatrième réservoir est plus petit. Un autre aqueduc d'origine sarrasine s'en détache et se dirige vers le S.
La tradition attribue ces puits à Salomon ; ee seraient ceux dont il est parlé dans le Cantique des Cantiques (iv, 15). Rien n'autorise ces conjectures ; mais dans tous les cas, il est certain que ces remarquables constructions remontent à une haute antiquité.
Peut-être sont-ce là les aqueducs que Salmanazar fit couper pour priver Tyr d'eau potable? Quoi qu'il en soit, Guillaume de Tyr, à la fin du xne siècle, a décrit les réservoirs, tels qu'ils existent aujourd'hui : leurs eaux portent encore la fertilité dans les plaines environnantes. C'est au Kas el- Aïn, que l'opinion la plus probable plaoe Paln«otvros; l'ancienne
ville, selon Strabon, était à 30 stades (5 kil. 1/2) au S. de la ville de l'île. On ne doit pas s'étonner de n'en plus retrouver de vestiges, puisqu'on sait qu'Alexandre en employa les ruines pour construire son môle gigantesque, et que, dans la suite des temps, ses débris ont continué à servir de carrière pour bâtir l'enceinte de la Tyr du moyen âge , et dans les temps modernes, les édifices de Saint- Jean -d'Acre et de Beyrout.
Après avoir dépassé (1 h.) des ruines sans nom et le v. de El- Mansourah qui s'élève près de la petite rivière de Azzyèh, on arrive (15 m.) au pied du Ras el- Abyad (cap Blanc), qui ferme la plaine de Tyr au S. C'est le Promon~ torium Album de Pline. Ses rochers* à pic se projettent hardiment dans La route qui le gravit est
la mer
taillée dans le roc ; en quelque»
endroits, elle estétroite et difficile, et suspendue au-dessus des flots; aussi est-il prudent de descendre de cheval. Au point culminant du passade se trouve une vieille tour en ruines, que les Arabes nomment Kala't Ech-Chem'a (le château du Flambeau). La route descend rapidement jusqu'aux (1 h.) ruines Je
Iskandèrièh. l'antique Alexandroschene. Son nom, qui signifie la tente d'Alexandre, se rapporte à quelque tradition qui ne nous est point parvenue. Le lieu n'a aucune renommée historique. Les anciens itinéraires le mentionnent comme une mutatio, un simple relais. Les ruines d'Iskanderièh sont celles d'une imposante forteresse qui dominait la mer et commandait le passage du cap Blanc. Tout auprès jaillit une belle source d'eau.
A peu de distance du fort, on remarque plusieurs fragments de colonnes ioniques, et quelques fondations d'édifices.
La route traverse une plaine étroite en vue de la mer et franchit (1 h. 10) un torrent sur un pont de construction romaine, près du v. de Nakourah, pour arri-
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ter (1 h.) au Rat el-Moucheirife appelé aussi Ras en-Nakourah,
qui formait la limite de la Phénicie et de la Terre promise. L* route a été bien nommée dant l'antiquité Scala Tyriorum. Ce n'est qu'une suite de marches taillées dans le roc. Du somme; du cap, la vue s'étend sur \\ plaine de Saint-Jean-d'Acrc, et sur cette ville elle-même qui s'avance comme un cap de marbre bianr dans les eaux bleues de la mer.
Al h. du Ras el-Moucheirifé, or. rencontre un monticule surmonta d'un petit groupe de maisoni avec une mosouee et un bououc; de palmiers : c est le v. de Ez-fcib qui a remplacé l'antique cité phénicienne de Achzib (Josuê. xix.
29; Juges, I, 31.). C'est dans cette ville que le grand prêtre Hircar eut les oreilles coupées et qi»<* Phazael, frère d'Hérode, se bn$:
la tête contre un mur (Josèphtv Antiq. , xiv, 25). Elle est mentionnée sous le nom de d'Ecdippa dans Ptolémée et dans les ancien* itinéraires.
Après avoir dépassé (1 h.> Es Séminièh, charmant entouré d?
jardins, où l'ancien pacha d'Acre Abdallah, avait une villa, on tra verse une plaine fertile» et biei cultivée où s'étend un aquedu:
bâti par Djezzar - Pacha, et qu tombe déjà en ruines. On pas^r (45 m.) sous l'une de ses arche* et l'on suit sa direction ^our atteindre (20 m.) la porte de :
Saint- Jean - d'Acre, en ara te Akka — Bistotre. Cette ville, l'antique Accho des Phénicien*, n'n mentionnée qu'une fois incidemment dans l'ancien Testâmes (Jug., i, 31). Jamais les Israélites repurent s'en emparer. Elle prit 1 nom grec de Ptolémaï* à l'époque où les Lagides possédèrent '.■ Syrie. Elle fut visitée par saint Pau
(Actes, xxi, 7) dans un vovas" a Jérusalem, et devint plus "tarie siège d'un évéché. Toutefois .
n'est qu'à l'époque des croisadqu'elle acquit une véritable ctiébrité. Baudouin Iw l'i
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sans succès en 1103, et s'en empara l'année suivante. Elle devint *]ès lors la base d'opérations des rbrétiens en Syrie, et reçut les flottes des Vénitiens, des Génois et des Pisans. Après la bataille de Hattin (1187), elle tomba au pouvoir de Saladin; mais quatre ans plus tard, elle fut reconquise' par Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion. C était, en 1*229, le chef-lieu des possessions chrétiennes en Terre sainte, et le quartier général des ordres militaires :
celui des hospitaliers, qui prit alors le nom de Saint-Jean-a'Acre, a laissé à la ville elle-même le nom qui s'est transmis jusqu'à nos jours. Quand le sultan Mélik el- Achraf Ibn-Kalaoun vint l'assiéar«r avec toutes ses forces, ce ne
ut pas le courage qui manqua à ies défenseurs, mais l'accord et l'unité du commandement. Elle fut Rnlevée après 33 jours de siège, et î lie population de 60,000 chrétiens ivrèe au massacre et à l'esclai-age. C'en était fait du pouvoir des Francs en Terre-Sainte. Pendant 500 ans le nom d'Acr.e n'est plus prononcé dans l'histoire. A la in du xviii* siècle, Djezzar-Pacha, an des barbares les pl/is féroces dont l'histoire ait conservé le îora, lui rendit une certaine nooriété, et sut s'y créer une principauté à peu près indépendante, qui •'étendait de Beyrout et de Ba'lbek i Jérusalem. Ce fut sous son gouvernement que Bonaparte vint issiéger Saint- Jean -d'Acre (20 nars 1799). Le brillant conquérant le l'Egypte venait de traverser le lésert, et d'enlever presque sans ;oup férir el-Arich, Gaz2a et Jaffa.
1 espérait enlever de même Saint- Fean-d'Acre par un coup de main.
Hais Djezzar-Pacha s'y était enermé avec une forte garnison.
En même temps l'Anglais Sidney Smith, qui venait d'enlever la flot- : i lie française chargée de.l'artille- •ie de sié^, fournit au pacha des ngénieurs et des canonniers. Boi aparté avait pour toute artillerie îne caronade de 32, quatre piè-