NAZARETH
habitée exclusivement par des Juifs, jusqu'au temps de Constantin (Épiphan., adv. H«r. I), où fut peut-être construite la première église, Nazareth n'est guère citée comme lieu de pèlerinage qu'au vue siècle. Apiès la prise de Jérusalem par les premiers croisés, toute la contrée lut donnée en fief à Tancrède, qui y transporta le siège de l'évêché de Scythopolis, et y éleva une église. En 1187, elle tomba aux mains de Saladin, fut rendue un instant aux chrétiens , puisque saint Louis , en 1250, y fit un pèlerinage; mais, en 1263, Bibars Bondoukdar, soudan d'Egypte, la ruina totalement.
Pendant près de 400 ans, elle parait abandonnée, ou occupée seulement par des musulmans ; ce n'est qu'en 1620 que l'émir Fakhred-Din permit aux franciscains de relever l'église de l'Annonciation, mais ce fut surtout à partir de 1720 que le couvent fut agrandi, et que la population chrétienne augmenta sensiblement jusqu'à nos jours.
Elle y est maintenant en majorité :
sur 3.120 hab., on comptait dans ces dernières années, d après les renseignements recueillis par Robinson, 1,040 grecs schismatiques, 520 grecs catholiques, 680 latins, 400 maronites et 680 musulmans.
Cette population a encore augmenté depuis. Nazareth a beaucoup souffert des tremblements de, terre de 1&37.
État actuel. Nazareth s'élève en étages sur un amphithéâtre entouré de collines de toutes parts ; sa hauteur est, suivant Schubert (Reise, t. III, p. 169,1 de 273 mèt. audessus de la mer et de plus de 100 m. au-dessus de la plaine d'Esdrelon.
Les maisons, bâties presque toutes en pierre et à toits plats , sont entourées de jardins, de plantations de figuiers, d'oliviers et de cactus et de petits champs de blé.
Le terrain est fort inégal, et coupé de plusieurs ravins descendant des rochers qui dominent la ville du cdté du N. Ses rues sont étroites, escarpées, presque imprati-
SYRIE. — PALESTINK.
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cables , et converties pour la plupart en trous à fumier. Malgré cela, Nazareth présente un aspect général d'aisance assez rare dans les villes de la Syrie : on voit que le protectorat européen a passé par là; les chrétiens se sentent là chez eux : les écoles publiques ont donné à la population plus d'instruction, plus de tenue et d'urbanité que dans les autres localités; les Biles de Nazareth sont célèbres, à juste titre, pour leur beauté. L'édifice principal de la ville est sans contredit
Le couvent latin, vaste assemblage de constructions réunies sur un plan rectangulaire. Une grande porto y donne accès du côté do 10., et l'on pénètre dans une grande cour où sont réunis quelques fragments de colonnes antiques en granit de Syène et des débris d'architecture romaine. Sur cette cour s'ouvrent les salles de l'école, la pharmacie, les cellules des moines, la salle de réception du supérieur, entourée d'un divan à la turque. Les terrasses de ces bâtiments offrent de belles vues sur les environs. Une seconde cour plus petite conduit à
L'Église de l'Annonciation, bâtie sur l'emplacement de la basilique dont la tradition reporte l'origine à l'impératrice Hélène, et qui, après avoir reçu quelques embellissements à l'époque des croisades, ainsi que l'attestent les fragments de style roman encore visibles dans la cour du couvent, fut entièrement ruinée en 1263, lors de la destruction de la ville par Bibars Bondoukdar. L'église actuelle fut construite au temps de Fakhr-ed-Din (16*20) et encore agrandie vers le milieu duxvni«siècle. Elle est de grandeur médiocre, mais remarquable par ses proportions. Quatre grands arceaux soutiennent la voûte; un escalier de marbre conduit au chœur placé au-dessus de lacrypte, puis faisant un retour sur la gauche, descend à la chapelle souterraine, située ainsi au-dessous du maître-autel.
Cette crypte est précédée d'une espèce de vestibule qui s'ouvre par une porte basse : en face de l'autel, à gauche, on voit deux colonnes en granit, derrière lesquelles, selon la tradition, se tenait l'ange Gabriel à l'heure de l'Annonciation. L'une de ces colonnes est brisée vers le milieu, et le fragment supérieur reate suspendu au plafond. Le peuple croit qu'elle y tient psr miracle. « Loin d'encourager cette croyance, les fran ciscains , dit l'abbé Mishn {Let saints lieux, t. II, p. 402;, montrent à qui veut les voir les barres de fer qui attachent ce bout de colonne à la voûte. » L'autel fort simple, orné seulement d'un tableau moderne représentant Y Annonciation, est entouré de lampes d'argent, et sur la table de granit qui forme le pavé, on lit les mots :
Vsrbum caro hiefactum est. A droite de l'autel une petite porte conduit dans une arrière-salle, où l'on trouve un autre autel adossé au précédent, et orné d'un tablées représentant la fuite en Êgyvts , quelques marches descendent aans une petite chambre taillée dans le roc, qui représente la cuisine de la Vierge. On sait que. d'après la légende, la maison de Marie, qui était adossée à cette crypte, fut, dans l'année 1*291, transporter parles anges, d'abord à llaumzza.
eu Dalmatie, puis à Lorette, ou elle forme aujourd'hui un de» lieux de pèlerinage les plus en renom de toute la catholicité.
En face de la grande porte du couvent, et de l'autre côté de la rue, s'élève la Foresteria, c'est-àdire la maison destinée à recevoir les étrangors. Les chambres et les lits y sont propres et convenables.
L'établissement des sœurs de ckm~ rité est attenant à ce bâtiment.
Les autres édifices religieux que l'on montre à Nazareth sont :
V atelier de Joseph, au N.-K. de l'église do l'Annonciation; il ne reste que quelques débris de 1 ancienne église élevée sansdoute par les croisés sur cet emplacement.
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