V. ci-apres.) branche de
là gagner Dothan.
Notre route suit la gauche, qui se dirige vers le S.
et monte sur (30 min.) un plateau cultivé et d'un aspect champêtre, au fond duquel s'élève (30 min.) le village de
Kabatyéh, bâti en pierre et d'un aspect assez propre. Ses habitants ont pourtant une mauvaise réputation, à cause de leur caractère sauvage et de leur penchant à la rapine.
Tout explorateur des antiquités bibliques ira visiter, à 30 min. environ à i'O. de Kabatyéh. un peu à droite du chemin qui conduit à Arrabé. remplacement de Dothan ou Dothaïn (les deux puits) , où Joseph fut saifi et vendu par ses frères (Gen.. xxxvn, 17-98), et où fut accompli plus tard un miracle d'Elisée (II, Roia, rr, 13-21)- Dothan est marqué, selon Robinson {Lat. rts.. p. 122), par un monticule [Tell) verdoyant, au pied S.-E. duquel est une fontaine appelée el-Hafirèh. Cette localité porte encore dans le pays le nom de Dothan. Elle est située sur la route des caravanes d'Egypte à Galaad (Gen., xxivii, 25), et juste à 12 milles romains au N.de Samarîe, selon l'indication d'Eusèbe et de saint Jérôme {Onomatt.). On peut, de Dothan, regagner directement à Djéba' la route de Samarie.
Notre route s'élève, a partir de Kabatvèh, sur (30 min.) un col d'où l'on découvre, en se retournant, toute la plaine d'Esdrelon , et d'où l'on descend dans une belle vallée agreste, couverte de champs labourés et de bois d'oliviers. A droit»"1 se montre, sur la colline 25 min. vie village de Bjerba; la vallée tourne au S.-O. et 1 on entre dans un bassin cultivé qui porte le nom de Merdj cl-Ghurik (la prairie submergée), parce que les pluies le convertissent en une espèce de lac. A 10. de ce bassin so dresse une colline isolée, formée de
J)E DJENIN A NAPLOISK. 739
entre elles de nombreuses cavernes, pour la plupart habitées, et dont le sommet porte une forteresse flanquée de tours, nommée
Sanour. Elle appartenait à des cheikhs indépendants et turbulents. Djczzar - Pacha l'assiégea sans succès pendant deux mois, avec une armée de 5000 hommes.
Abdallah, son successeur au pachalik d'Acro, l'assiégea de nouveau en 1830 ; il parvint à s'en emparer avec l'aide de l'émir Béchir et rasa ses murailles. Toutefois, eh 1857, M. Porter a vu la population en train do les reconstruire.
(Handbookt p. 350). Sanour passe généralement , d'après Raumer
[PaUst., p. 149) et Reland [Pales t., p. 658), pour être l'antique Béthulie du livre de Judith (iv, vu, 3), ^ui se trouvait au S. de la vallée d Esdrolon, dans les défilés des montagnes et près de Dothaïn.
Cea données répondent assez bien à la position de Sanour; mais il n'y a au pied de la colline aucune fontaine répondant au texte de Judith (vi, 9; vn, 3). Robinson, qui rejette cette identité (BibL re$.f t. III, p. 152, et Lat. res., p. 338), objecte que Sanour serait trop éloignée de la plaine d'Esdrelon.
qu'elle ne défend aucun défile et ne présente aucun reste d'an»
tiquités.
On longe le Died de la colline de Sanour et 1 on gagne, vers le S.-O. (30 min.), un vallon pierreux qui tourne au S. et conduit à
Djeba', gros bourg situé à micote, sur une hauteur qui domine à 10. une vallée verdoyante, couverte d'oliviers et de figuiers. On voit à Djéba' une vieille tour et quelques pierres antiques dans les murailles des maisons. Une fontaine, au pied de la colline, présente une excellente station pour faire une halte.
Au delà de Djeba' on monte vers le S.-O., laissant à gauche la route directe de Naplouse par Beit-Imrin, pour gagner ('25 min.)
grands rochers calcaires, disposés! le hameau "de el- F andekoumièh y en assises superposées qui laissent» d'où l'on s'élève sur un col où ee
déroule un panorama très-vaste.
Toutes les nauteurs s'abaissent vers l'O. et toutes les vallées se dirigent vers la Méditerranée, dont l'azur brille à l'horizon. Une descente très-roide, à travers un vallon étroit, conduit à (20 min.)
Borka, grand village situé sur une espèce de terrasse , en face de la colline de Samarie. Il faut encore descendre (20 minutes) au fond de la grande vallée pour remonter vers l'ancienne ville par un sentier qui gravit obliquement la pente. On rencontre d abord à mi-cote (10 min.) et à droite du chemin une colonnade dont il serait difficile de préciser l'usage. Ces colonnes sont situées dans un enfoncement ouvert dans la direction du N.-O., et forment un grand rectangle de 155 mèt. de long sur 51 mèt. de large. On ne compte aujourd'hui que quinze colonnes debout et placées deux à deux, toutes sans chapiteaux ; autrefois il y en avait au moins 170. Elles sont profondément enfouies dans le sol des champs cultivés. Il faut encore monter 10 minutes pour atteindre
Samarie, en hébreu Schomeron, aujourd'hui Sébastien.
Histoire. — Cette ville fut fondée en 925 avant J.-C, par Homri (I, Rois, xvi, 24), et devint la capitale du royaume d'Israël, oui avait été successivement établie à Sichem, à Tirtzah et à Ram ah.
Achab , fils d'Homri , épousa la fameuse Jézabel, fille du roi de Sidon, et introduisit a Samarie le culte des divinités phéniciennes.
C'est probablement sur le sommet de la colline de Sémer qu'il éleva le temple de Baal (I, Rois, xvi, 31, 32). Sous son règne, les Assyriens attaquèrent Samarie, mais furent honteusement chassés (1, Rois, xx). Bcnhadad (892) assiégea de nouveau la ville sans succès pendant trois années; elle lui résista, malgré toutes les horreurs d'une famine si grande qu'une mère mangea son enfant (II, Rois, vi, En 721, Samarie fut moins
SYRIE. — PALESTINE
heureuse et
[Routb m.)
succomba sous les armes de Salmanasar, qui renversa le royaume d'Israël et emmena tous les habitants en captivité. Il les remplaça par des peuples idolâtres de Babel et de Couth, qui plus tard, sous le nom de Samaritains, jouent un si grand rôle dans l'histoire des luttes politiques et religieuses des Juifs. Samarie ne fut qu'un instant leur capitale; i\* transportèrent le siège de leur gouvernement et de leur culte * Sichem. (V. p. 743.) Jean Hircan s'empara de Samarie après une année de siège et la détruisit complètement. Les Juifs l'occuporeot plus tard jusqu'au temps de Pompée. Samarie fut donnée par Auguste à Hérode, qui la rebâtit sous le nom de Sébasté. II la protégea par un mur de 20 stades de lonc et bâtit au centre de la ville un temple placé dans un témemo* qu* avait 6 stades de tour. Six mille vétérans furent envoyés pour coloniser Sébasté. On leur donna les terres fertiles qui environnaient la ville. A partir de ce moment Sébasté ne joue plus aucun rô\e dans l'histoire. On sait que Septime Sévère y envoya,une colonie et que Marinus, un ae ses évoque*, siégea au concile de Nicée (325 aus avant J.-C). Il parait que Samarie se releva un instant, du temps des croisades, et devint le siège d'un évêché latin. Elle n'est plus mentionnée depuis.
État actuel. — Samarie est aujourd'hui représentée par le village de Sébastièh, bâti sur un plateau au S.-E. et un peu au-dessous du sommet de la colline de Semer.
Ses maisons, au nombre de 60, sont solidement bâties avec des débris antiques de toute espèce.
La population se monte au plus à 500 habitants. Le premier édifice qui frappe les yeux en arrivant est l'ancienne église de Saint Jean, aujourd'hui convertie en mosquée. Il est quelquefois nécessaire, pour y pénétrer, de se faire escorter d'un kawa* pris à Naplouse ou à Djénin. Un oaghehich
[Route 138. j
de 4 à 5 piastres doit être aussi donné au gardien.
L'église de Saint-Jean fut bâtie par les croisés entre 1150 et 1180, sur les débris d'une basilique qui recouvrait l'emplacement supposé de la sépulture de saint Jean- Baptiste. Elle ne survécut qu'un petit nombre d'années à l'expulsion des armées chrétiennes. M.
de Vogué, à qui appartient l'honneur d'en avoir relevé le plan et rétabli les proportions primitives, n'hésite pas à la considérer comme Ja plus importante des basiliques chrétiennes do la Palestine après le Saint-Sépulcre, et retrouve aans ses débris la preuve qu'elle est d'origine française. Cette cathédrale offrait d'ailleurs, dans l'ensemble de son plan, les caractères communs au style du xn« siècle :
< Trois nefs d'égale longueur, terminées par trois absides et coupées par un transsept. La nef centrale, plus haute que les deux latérales, était éclairée par une série de fenêtres supérieures, a Les fenêtres sont surmontées d'arcs en plein-cintre, mais, dans l'intérieur ae l'église, l'ogive est contaminent employée. Les chapiteaux rappellent 1 ordre corintnien. Le oàtiment mesure environ 51 mèt. de long sur 25 mèt. de large. « La
SAMAkîK. 741
lonnes ou des archivoltes brisées. Les musulmans, qui ont un profond respect pour la mémoire de saint Jean, ont construit sur la grotte flui est réputée renfermer ses reliques une petite mosquée surmontée d'une coupole blanchie à la chaux, qu'ils nomment Nébi~* Yahia. La grotte est une chambre creusée dans le roc, où l'on descend par un escalier de 21 marches. La tradition, qui place en ce lieu la sépulture de saint Jean, a pour elle le témoignage de saint Jérôme, mais < la tradition locale, dit Robinson {Bibl. res., t. III, p. 141} a, par la suite des temps, confondu le sépulcre avec le lieu de l'emprisonnement et de la décollation de saint Jean. > Cependant Joscphe dit expressémentque Jean fut décapité dans la forteresse de Machaerus, à l'E. de la mer Morte [Antiq., xvni, 5, 2), et Eusèbe a copié son témoignage (Onomasticon, art. Someron). Il est connu, d'ailleurs, que les sépultures ont été violées du temps de Julien l'Apostat.
La ville antique s'étendait sur toute la colline ; il n'en reste aujourd'hui que peu de traces. Tous I les débris, a peu d'exceptions près, I ont été utilisés pour construire les maisons du village ou les ter-
façade principale est très-simple rasses nombreuses qui soutiennent et contraste par sa pauvreté avec | les jardins sur les rfancs de la colla richesse intérieure. Au centre, elle est percée d'une porte ogivale sans coîonnettes, sans sculptures, sans aucun des accompagnements
ordinaires des portes romanes
Au côté septentrional de l'église attenait un grand bâtiment qui faisait saillie sur la façade occidentale et était flanqué de tours carrées. Il servait d'habitation soit à l'évéque de Sébasté , soit aux chevaliers de Saint-Jean, auxquels l'église semble avoir appartenu. » (Eglises de la Terre-Sainte, p. 360.)
Il ne reste aujourd'hui de ce remarquable édifice que l'abside du S., une partie de la façade occidentale tt quelques fûts de co-
hne.
Au sommet de celle-ci, on trouve une plate-forme avec une quinzaine de colonnes debout, mais profondément enfouies dans le sol.
Il est probable que c'est sur cet emplacement que furent élevés les temples de Bial et d'Auguste.
Selon quelques écrivains des xn* et xiii« siècles, il y avait sur le sommet de la colline de Samarie une église et un monastère grecs.
De ce point on a la vue sur les montagnes d'Ephraïm et à l'O. sur une partie de la belle plaine de Saron jusqu'à la Méditerranée.
Revenant au village et sortant dans la direction du S.-O., sur la route de Naplouse, on rencontro
SYRIE.— PALESTINE.-
(Korir 138. J
ça et là tfes colonnes brisées faisant évidemment partie d'une immense colonnade, qui avait environ 15 mèt. de large et formait sans doute une rue droite comme à Palmyre, Djérach, etc. A mesure que jl'on avance dans la direction de l'O., le nombre des colonnes à moitié enfouies sous les champs de blé ou cachées sous les olivie rs augmente considérablement. A l'extrémité O. du plateau on arrive (15 min.} près d'une masse informe de ruines qui sont probablement celles d'une entrée triomphale. Tout à coté s'élèvent, au milieu d'un champ cultivé, une cinquantaine de eolonnes encore debout , mais profondément enfouies dans le sol et privées de leurs chapiteaux , comme celles de la colonnade quadrangulaire que nous avons rencontrée en arrivant à Samarie, du côté du N.
Continuant à suivre la route de Naplouse , on descend (15 min.) dans un beau bois d'oliviers, d'où l'on remonte sur une montagne aride, pierreuse et sans grandeur.
On peut, en se retournant, contempler l'aspect général de la montagne de Samarie. Toute cette région est triste et désolée On laisse à droite le village de en- Xakourah, pour atteindre (40 min.; un col d'où l'on aperçoit au S.-E. Naplouse, dans un vallon verdoyant entre le mont Kbal et le mont Garizim. On rencontre, en descendant f une fraîche fontaine (10 minutes) d'où l'on voit à ses pieds le village de Deïr- Chérèf, et, par des pentes rocailleuses et arides, on atteint (30 min.) le fond d'une grande vallée dont les eaux coulent à l'O., vers la plaine de Saron et la Méditerranée. A mesure que l'on avance, la végétation et la culture sont plus fréquentes, les eaux plus abondantes. La vallée tourne vers l'O.; on laisse à droite et à gauche plusieurs hameaux qui couronnent les sommités, pour pénrtrer dans le vallon étroit do Naplouse, dont les bois d'olivier* et les champs
cultivés réjouissent le regard fatigué des montagnes arides de 1* Samarie, et, franchissant enfin une muraille épaisse, on entre à 40 m Naplouse, lantioue Sichem. On peut camper sous les olivier* prt-s de la porte O., ou loger chez quel-
3ues-uns des chrétiens, qui oc", 'assez belles maisons.) Histoire. Sichem joue un tôU assez important dans l'histoire <ie> premiers patriarches. Abraham dresse sa tente sous les chênes de Moré, près de Sichem (Gen., xn,6 Jacoh achète un champ dans les environs de la ville ;Gen.. xxuu.
20) Simon et Léri massacrent tous les hommes de Sichem pour venger leur sa'ur Dinah (Gen., xxxm.
18, 80). Jacob envoie son bis Joseph au pays de Sichem à la recherche de ses frères (Gen., xxxvii, 12, 11). Quatre siècles pJu> tard les tribus d'Israël, sous U conduite de Josué, s'assemblent à Sichem et b<^tissent sur le mont Kbal un autel ou sont inscrites les paroles de la loi (Deut., xi, 29, 30, xxvn.l, 13; Jos.,vn,30, 35 . Sichem.
donnée plus tard aux Lévites, fui désignée comme une des trois ville* de refuge sur la rive droite «lu Jourdain (Jos., xx, 7 . Abiinelecb, (1236av.J.-C.„ tilsdeGédéon, s'empare du pouvoir et *e fait proclamer chei d'Israël à Sichem. après avoir égorgé les 70 fils de Gédéon (Jugos, vu i, 31; ix, 1). C'est àcettf occasion que Jotbam prononce sur le sommet du mont Ganzim sa célèbre fable, la plus ancienut que l'on connaisse (Juges, ix, 8-16 .
Après la mort de Salomon, Koboam se rend à Sichem pour être noninv roi(I, Rois, x). Son orgueil n volte les Israélites et l'empire de David est dès lors divisé en deux royaumes (975 av. J .-('.) I , Chron., m". W". I, Rois, xi, 43; m, 1; II. Chron., B, 31 ; x, 1). Jéroboam, chef d'Kphraiw et de Manassé, qui avait été lime de cette révolution, est placé à la téte du nouveau rovaume d Israël , Composé de dix tribus révoltées Jéroboam fortifie et agrandit Si* «'hem, qui fut quelque temps If
[ROUTB 138.]