BETHEL
dans sa marche sur Jérusalem.
C'est maintenant un village de 20O habitants, tous chrétiens. On y voit les restes d'un château, qui semble dater des croisades, et cçux d'une église dédiée à saint Georges. De Djifna on rejoint el-Birèh en 1 h.
30. — Enfin notre route, oui s'écarte vers l'E., un quart d'heure avant d'atteindre Aïn - Yabroud , conduit à (1 h.)
Bethel, auj. Beïtin , sur un rocher escarpé, au-dessus de deux ravins qui aboutissent vers le S.
au wadi Sowaïnit; du sommet on aperçoit déjà distinctement le dôme de la mosquée d'Omar.
• Béthel , dont le nom revient si souvent dans la Bible, remonte a une haute antiquité. Son nom primitif était Lotll, à l'époque où Abraham y faisait paître ses troupeaux. Jacob, après y avoir vu en songe une échelle qui unissait le ciel à la terre (Genèse, xxvm), lui donna le nom de Beth-èl, maison de Dieu , et y éleva un autel à Jéhova. Les juges tinrent de fréquentes assemblées dans cette petite ville; elle fut occupée ensuite
f>ar les Éphraïmites, bien que, par e sort, elle dût appartenir à la tribu de Benjamin. Lorsque Jéroboam, après le schisme, y bâtit un temple consacré à l'adoration du Veau d'or (Rois, xu, 29-33), les pro-
f>hètes Osée et Amos changèrent e nom de Bethel en Beth-aven, c maison du crime. ^ Un prophète courageux pénétra dans ce temple et le maudit au moment où Jéroboam y offrait un sacrifice (It Rois, xm\ Habitée parles Beniaminite* après la captivité, cette ville fut fortifiée à l'époque des Machabées; elle existait encore du temps des Romains, et Vespasien y laissa une
earnison. Elle n'était plus qu'une ourgade insignifiante dès lespremiers siècles du christianisme , mais ses ruines attestent encore son antique importance.
Elles occupent plus de 1 kil. de superficie , et on y distingue parfaitement de larges assises, le tracé des murailles et les débris d'une
tour quadrangulaire. Au fond de la vallée, à l'O., est une citerne de 10 m. de long sur 6 m. 50 de large en pierres massives, dont la paroi méridionale est seule intacte.
De Béthel , on descend vers (15 m.) un puits d'eau excellente {Ain-abou Khachabé de la carte do Caillé?), puis, à travers une plaine un peu moins pierreuse que celles que nous avons traversées précédemment, on arrive à (40 m.)
Biroth, auj. Birèh (le puits), bourg habité par 700 a 800 musulmans et quelques familles chrétiennes. Il faisait partie des villes chananéennes occupées par les Gahaonites, et qui, par une ruse de guerre , échappèrent à la vengeance des Hébreux (Josué, x).
Depuis les croisades , on l'a souvent confondu avec le village de Mekhmat (Machmaa) situé à 2 kil.
Outre les ruines de deux citernes placées près d'une fontaine arabe d'une physionomie pittoresque, Birèh offre un souvenir intéressant des croisades : c'est une église qui, d'après le cartulaire du Saint-Sépulcre , fut terminée en 1146 avec l'hôpital qui en dépendait, c Elle forme, dit M. de Vogué, un carré long de 32 m. sur 18, terminé par 3 absides en cul-dc-four.
Comme à Sainte-Anne de Jérusalem, les arcs-doubleaux reposaient sur des pilastrcsinterrompus avant d'arriver à terre , et étaient reliés aux murs par des consoles. Le mur du N. et les trois absides sont encore debout; on voit en outre une pierre tombale, ornée d'arcatures, qui est du temps de la construction et qui a dû recouvrir les restes de quelque chevalier croisée
Au delà d'El-Birèh le chemin traverse un plateau aride et entre (30 min.) dans un vallon nu et triste. A droite de la route, quel-
3ues ruines (anciens réservoirs, ébris d'arcades et tombeaux) rappellent par leur nom d' A tara l'antique Hataroth. qui marquait la frontière d'Éphraïm et de Benjamin Josué, vi, 2, 5- xvm, 13). Au
SVH1E. — PALESTINE. (Koutk 139. J
débouché du vallon, on entre (25 min.) dans une plaine plus cultivée, avant à droite le village de KaUnâièK, et bientôt à gauche, sur une petite hauteur, (10 min.) Er- Ram, l'antique Ramah de Benjamin (Job., xviii, 25), placé entre Gabaon et Biroth, à 0 milles romains au X. de Jérusalem, selon Eusèbe. C'est un pauvre hameau, avec quelques pierres antiques, qui ne mérite pas de nous détourner de notre route. On rencontre bientôt (10 min.) un khan ruiné appelé KKoraxb er-Ram, puis (2»
min.) le point de jonction de la route de Jérusalem à Kamloh, par el-Djib et le wadi Suleïroan. On s'élève ensuite (20 min.) sur un monticule nommé ToUil eUFoul M monticule des Fèves), où l'on trouve quelques ruines informes et d'où on a une vue assez étendus vers l'E., du côté do la vallée du Jourdain. A l'O. se montrent le village de Beil-Hanina, et plus loin, sur le sommet d'une montagne, la mosquée de Nébi-SamwiL Le Toleil el-Foul marquerait , selon Kobinson, la position de Gabaa ou Gibea do Benjamin, célèbre par l'histoire atroce du lévite d Én hraï m (Juges, xix, 14-30), et qui fut plus tard la résidence de Saùl (I, Sam., x. 26; xi, 4; xv, 34% Josèphe, racontant la marche de Titus sur Jérusalem, place Gabaa à 3u stades au N. de la ville.
Arrivé à (25 min.) Chafat, on commence a apercevoir Jérusalem, et bientôt (10 min.) du plateau du Scopus on voit se dérouler 1s ville tout entière avec la hauts coupole de la mosquée d'Omar, la tour de David et le dôme du Saint-Sépulcre. Cette première vue est d'un effet saisissant. Un tell, situé vers l'E., et qui porte quelques ruines, répondrait, selon M. Porter (Handbook, p. 324), à l'emplacement de Nob, dont Saùl massacra les habitants pour se venger du crime supposé d'Abimélech ( I , Rois, xxn). Mais le voyageur a bâts d'arriver à la cité sainte; il laisse à gauche (25 min.) les tombeaux det
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