‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 346 sur 511 · DE JAFFA A JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

DE JAFFA A JÉRUSALEM

P4R RAMLKH ET LVODA.

(12 h. par Ia roule directe; un bon cheval peut facilement la franchir en 11 a 10 h.; ordinairement, en partage le ttajelen deux rtapej; le «oir même du débarquement, un partde JafTi fera 3 li. pour aller conher à Rjovich, et le lendemain do ?rand matin, oh continue pour arriver a Jérusalem ter» midi.

En sortant de Jaiîa, on repasso par la fontaine dAbou-Nabbout V. ci-dessus ; puis, se dirigeant à l'E.-S.-E., on franchit une dune peu élevée et une plaine sablonneuse pour gagner (50 min.) le village de

Yasour, bAtî sur une petite éminence surmontée d'une chapelle, auprès de laquelle est une fontaine (sébil) qui porte le nom de

rcuses oranges de JatTa, sont les Aïn-Valab source du Platane'. On Okifnt. 4M

SYRIE. — PALESTINE

perd do vue JafTa. Plus loin 30 min.) une avenue d'oliviers indique remplacement d'une ferme fondée par l'ordre de Colbert. Bonaparte campa sous ces arbres pendant son expédition. A l ktl.

sur la gauche , sur une bailleur assez bien boisée, est le village de

Beit-Dedjan, dont le nom rappelle le Beth-Dagon, la maison du dieu Dagon , célèbre dans les guerres contre les Philistins. La plaine de Saron, qui l'entoure, serait d'une merveilleuse fertilité si les bras ne faisaient défaut à la culture.

De Beit-Dedjan, on se rend directement en 1 h. 30 à Ramlèh,

Sassant à moitié chemin près 'une fontaine presque toujours I (15 mm. — 3 h. de Jatfa^ tarie qu*un aqueduc met en communication avec un pauvre'village nommé Sarfend, bati, dit la légende, sur la ville de Goliath.

C'est sans doute le Sarifœa.. qui fut brûlé en 756 de .l.-C. par les

(Ror-re UV

voit encore, près du village, le> ruines de Y église de Saint-George*, bâtie au milieu du xitc siècle et renversée par Saladin. I ne partie «les murailles et de l'abside oriental»

subsiste encore, avec de heaui pilastres et des chapiteaux marbre. Du côté S. on remarqua un grand arc ogival, soutenu pa:

de grandes colonnes engages chapiteaux corinthiens.

On revient vers le S.-O. a traverla belle plaine de Saron, couvert en cet endroit de jardins et de ver gers entre lesquels la route forn une avenue, et, après avoir pasdevant une citerne attribuée Constantin , et qui . d'apK s !

croyances locales, a la propre :

de guérir la fièvre, on arrivf.

Ramlèh (le sable), d«*nom inatir : qui est parfaitement justifiée r-:

lanaturedu terrain .Quelque* »'xr vains des deux derniers siècles or.

essayé d'identifier Ramlèh avec Rainât ou 'Ramathaïm-Tzophirn . >i

tut orme en /oo ae .i.-Vy., par icsimai ou 'namatnaim- 1 zopnim . >imusulmans. On prendra au con- ; livredu Samuel : mais il est reconr traire la route à gauche si l'on veut que la résidence habituelle de *vnvisiter (1 h. 45) muèl était du côté de Beihleer

Lydda ou Diospolis, qui aujour d'hui a presque repris son nom primitif sous la fprme Loudd. Il est question de cette ville dans l'Écriture, comme une dos possessions des Benjaminites il, Chroniq., vm, 12;. Elle fut donnée à Jonathan Macchabée par Démétrius Soter

Eusèbe etsaint Jérôme la designer comme l'ancienne Arimatbie , cependant cette opinion* , ainsi q i la tradition oui place en ce lieu !:

maison de Nicodème, doit étr accueillie avec réserve. L'ongiv de Kamlèh est musulmane. Le g^ graphe arabe Abou'1-Fèda atfirrr.

Josèphe nous apprend que Cassius, • que cette ville fut fondée en 7ï* gouverneur romain de la Judée, réduisitscs habitants en esclavage; plus tard elle fut rebâtie sous le nom de Diospolis. Au iv« siècle, elle fut érigée en éveché dépendant de Jérusalem, et les Croisés le rétablirent sous le nom de saint- Georges, qui, dit-on, y était né et avait été enterré en ce lieu. C'est à Lydda que le Nouveau Testament place la gnérison du paralytique par saint Pierre Actes des Apôtres, îx, 3-2, 39 .

Le misérable village actuel présente, comme le remarque Volncy, l'aspect d'un lieu où l'ennemi et

le feu viennent de passer. On y ' nation musulmane.

ne J.-C. par le khalife oromia i Suleïman, fils d'Abd-el-Mélik. I.

moine Bernard, qui visita la Palatine en 870. est le premier vo^igeur qui ait fait mention de Ud.it.lèh.Auxn >iècle. son împonancommerciale est attestée par dei:

voyageurs musulmans, El-Edn et Ïbn-Batoutah. Prise par le^ Cri sés en 10* K) , cette ville tomha e tre les mains de Saladin en 11^7 et devint ensuite le quartier général de Richard f\.eur-de- Lîo* Kilo rcstaau pouvoir des ehr«'tie' jusqu'en l*26f), où la conquête «i sultan Bibars la rendit à la dom.

Houtk 143.] DE JAFPA A

Aujourd'hui c'est une petite ville habitée par 2 000 musulmans et 1 000 chrétiens, presque tous du rite grec ; elle a conservé quelque importance par le commerce du coton filé et des savons. Le Covvcnt ïû/in, où les vovageurs logent ordinairement, est vaste et bien distribué. Fondé en 1240 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, il fut restauré parles libéralités de Louis XIV. On y montre la chambre où coucha Bonaparte, avant d'aller assiéger Saint-Jean-d'Acre.

L,a principale mosquée, où les chrétiens ne peuvent pénétrer, est nommée Me-idjid el-Abiad', « la mosquée Blanche > ; c'est une fort belle église bâtie au xne siècle par les Croisés.

A 18 min. de la ville, sur la route de Jaffa. on visitera de curieuses ruines qui ont été à tort nommées église des Templiers et citerne de Sainte- Hélène. La tour qui s'élève à côté deces arceaux etdeces voûtes ruinées ne mérite pas mieux son nom de Tour des quarante martyrs. L'ensemble de la construction, les moulures qui encadrent les fenêtres supérieures, le style de la porte principale, et plus que tout cela, une inscription arabe nui porte la date de 710-1310 de J.-C, attestent assez son origine.

L'historien arabe do la Palestine nous anprend aussi que cette tour fut bâtie par le sultan égyptien Mohammed, fils de Kalaouu, et restaurée en 1318. File a environ 16 m. de haut, et de la plate-forme on jouit d'un remarquable panorama.

Après Ramlèh, le voyageur reprendra sa marche à travers la plaine, coupée par deux ou trois ruisseaux qui y répandent un peu de fertilité. On laisse sur la droite un hameau nommé Berrii'h, et sur la pente d'une colline , Këbab , autre village habité par une population misérable. Ou aperçoit de loin, à droite, les ruines d'un village arabe appelé Emmoas, que son nom et les données topographiques d'Eusèbn et du pè- 1

lerin de Bordeaux permettent d'idenlifieravec l'ancien Emmaus,célèbre par la victoire de Judas Macchabée sur les Syriens (I, Maccb., iv). On l'a confondu à tort avec un autre bourg d'Emmaûs, à 60 stades (Il kil.) de Jérusalem , où Jésus se montra à deux disciples après sa résurrection.

Latrotm (3 h.) est un village abandonné qui n'a d'autre importance nue celle des souvenirs. 11 parait tirer son nom de vicus Latronum , bourg desVoleurs, et une vieille légende y rattache le souvenir du bon larron qui se convertit sur la croix. On voit sur un tertre, à çau-^ che de la route , les ruines d'un cbàteau-fort , sans doute le Castellnm Emmaiis des croisades, et qui devait commander l'entrée de la vallée. Hobinson pense que cette colline est l'ancien Modeïn, résidence et tombeau des Macchabées (I, Macch. ii; xin, 25, 29, xvi, 45).

On s'engage dans la vallée encore assez large qui aboutit au pied des premières montagnes de la Judée. A 30 m. est une fontaine d'eau potable, nommée dans le pays ytiits de Job ; près de là sont les* rumen d'un vieux couvent.

Aux abords de la montagne, le chemin raboteux et étroit conduit par une pente rapide à l'agreste vallée nommée Wadi-Aly. Ce sombre ravin avait autrefois une mauvaise réputation qu'il ne mérite plus. On y remarque au contraire quelques enclos assez bien cultivés. Saris, situé au sommet de ce ravin, est un chétif village entouré de palmiers : à cent pas de la route, à droite, jaillit une source d'excellente eau. On continue à gravir un sentier difficile au bout duquel, sur le flanc de la montagne à droite, est (3 h.) le village

Abou Goch, ainsi nommé du nom d'un cbef de villageois maraudeurs qui répandait la terreur aux alentours, il y a une vingtained'années.

Son véritable nom est Karict el- 'Enab, le village aux raisins. C'est*

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dit-on, l'ancien Kiryat-Jearim ou Kiryat-Baala, où larehefut déposée pondant 20 ans. Il domine une vallée fertile, couverte de figuiers et d'oliviers. A l'entrée du village, près d'une fontaine, est l'église gothique dite de Saint- Jérémie, convertie anjourd'hui en écurie, mais bien conservée. Elle se compose de 3 nefs égales, terminées par 3 absides, mais sans transsept ni coupole. Les arcades qui séparent les nefs sont soutenues par des piliers massifs et sans ornement. Les fenêtres ont une physionomie toute romane, les murs portent encore de nombreuses traces de peintures à fresque. Une petite porte pratiquée dans le mur méridional ouvre sur une voûte qui mène à une église souterraine dont les dispositions générales sont celles de l'église supérieure. L'édifice entier remonte aux croisades.

La route descend à mi-côte pendant 2 kil.; on'a en face de soi, à l'E., un pic assez élevé qui porte encore le nom de Kostoul, corruption du mot casteilum. Il doit ce nom au château fort que Vespasien y bâtit pour y loger une garnison romaine. Les quelques ruines qu'on y remarque paraissent appartenir a l'église de Saint-Cléophas, bâtie au ive siècle. Certains auteurs placentsur ce rocher 1 Emmaûs désigné par saint Luc (xxiv, 13).

On s'engage dans un ravin difficile qui court de l'O. à l'E., et vers le milieu duquel s'élève à gauche (30 m.) le misérable hameau dont le nom actuel, Kolonièh. rappelle la colonie romaine qui fut fondée en cet endroit par Adrien. Près de là , des ruines sans nom occupent une étendue assez considérable.

Les deux coteaux qui dominent cette étroite vallée sont couverts de vergers et de vipnes qui leur donnent un aspect riant. On s'engage dans une seconde vallée plus aride pendant 45 min. , on gravit un plateau pierreux et l'on aperçoit d'abora la blanche mosquée qui couronne le mont des Oliviers

[Route 143,J

et enfin les deux dômes et les minarets de Jérusalem. On entre bientôt dans la ville (15 m.) par la porta de Jaffa.

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