‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 359 sur 511 · LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE

rain, et l'on se dirige vers la grande

mosquée. Celle-ci repose sur une nouvelle plate-forme rectangulaire comprise dans la première, et plus élevée d'environ 2 mèt. que le reste du Haram ech-Chérif; cette enceinte intérieure , également sculptée dans le roc de la montagne, est.entourée d'un mur do soutènement, et d'un grand nombre de petites chapelles ou oratoires, édifices de forme carrée surmontes de petites coupolessurbaissées.

De petits escaliers au nombre de deux ou trois, sur chacun descôtés de ce rectangle, conduisent sur la plate-forme consacrée; il faut ici ôter ses chaussures et prendre des babouches, si l'on ne veut aller nu-pieds. Chaque escalierest formé de 8 à 10 marches en marbre blanc, et aboutit à sa partie supérieure à des arcades élégantes, soutenues par de légères colonnes de marbre en nombre variable. Les uns présentent 3 colonnes et 4 arcades , les autres jusqu'il 5 et 7 colonnes , et G ou 8 arcades. Les arcs soutenus par les colonnes sont des ogives. Ces constructions légères se voient de très-loin et produisent un effet charmant.

Arrivé sur l'esplanade centrale, on peut à loisir contempler la .

grande mosquée, que l'on connaît généralement sous le nom de mosquée d'Omar, mais dont le nom véritable est el Koubbet es Sakhrah, c'est-à-dire la Coupole du Hocher, l'eu d'édifices allient à un aussi haut degré la légèreté, l'élégance , la richesse et la grandeur.

Son plan est entièrement simple.* Sur un octogone régulier, s'élève un tambour circulaire qui porte une coupole ogivale surmontée d'un immense croissant doré dont les deux pointes se rejoignent. La coupole nst légèrement ogivale a sa partie supérieure; sa base présente un léger étranglement; mais cette disposition est à peine sensible, et ne fait que donner à la coupole quelque caose de plus svelte sans diminuer sa grandeur.

La coupole est recouverte en cui-

784 SY1UE. — PALESTINE

vrc, le tambour est revêtu de terres cuites d'un beau bleu d'azur, couvertes elles-mêmes de versets du Coran qui s'y étalent en capricieuses arabesques. La base octogone est revêtue do marbre blanc jusqu'à la hauteur de 2 mot., et dans sa partie supérieure, de tuiles vernissées et de plaques de marbre figurant des dessins élégants.

Aux quatre points cardinaux de la mosquée s'ouvrent des portes ogivales , soutenues par des colonnes torses très-légères. L'édifice présente en outre , à une hauteur qui répond a la partie supérieure des portes , un rang de fenêtres ogivales, qui selon M. Barclay figuraient originairement des pleins-cintres dont la forme a été altérée depuis par des remaniements datant seulement du xvie et du xvii« siècle. Le tambour qui porte la coupole est également percé d'une rangée de fenêtres rectangulaires.

En face de la pointe orientale, appelée Porte de David, s'élève un petit dôme dodécagone entièrement supporté par des colonnes à claire-voie; ce petit édifice s'appelle Koubbet el-Sihilèh (le dôme de la Chaîne) ou Koubbet cJ- Berarèh (le dôme du Jugement]; selon la tradition musulmane, c'était là l'endroit où le roi David avait son tribunal, ou. selon une autre version, c'est là que sera suspendue la balance du jugement. De larges dalles de marbre poli recouvrent ce sol consacré.

Pénétrant alors dans la grande •mosquée par la porte orientale, on est frappé à la fois des belles proportions et de la riche décoration de l'édifice. Le plan en est fort simple: deux enceintes octogonesconcentriques entourent la partie centrale qui est de formé circulaire.

Au centre de l'édifice s'élève, au-dessus du sol, une calotte de rochers qui occupe presque tout l'espace recouvert par la coupole, et dont la surface nue, inégale, tourmentée, fait un contraste singulier avec la riche décoration de

[Route 143.^

réélise. C est cette roche «- Sakhrah qui a donné son nom à la mosquée et qui est aujourd'hui l'objet de la vénération des Musulmans : c'est de là que Mahomet se serait élevé vers le ciel; d?

plus, cette roche, qui nous parai:

si solidement assise sur le sol.

est, selon eux, suspendue dans l'espace par la volonté divine, pi recouvre les abîmes des enfers La roche est recouverte d'un du* de soie et entourée d'une balustrade en bois finement sculpte revêtue de vives couleurs et riches dorures. Du côté du N. et de 10. le rocher est tailb* perpendiculairement et aplani. Du c<>; de l'E.. au contraire, la roeb?

présenté à sa base une ligne trèsirrégulière. On montre de ce cô>.

une dépression qui passe pour l'empreinte des pas de Sidi Ai»3, c'est-à-dire de J.-C. que les Musulmans révèrent comme un df leurs prophètes et comme l'esprit de Dieu. Une autre empreinte est attribuée à l'ange Gabriel, d'autr*> au prophète Enoch, etc. Près cette empreinte de Gabriel , or montre un petit monument «ion', nous n'avons pu comprendra l'usage; c est un bloc de marbre très-hnement sculpté avec 4 arc* en plein-cintre, soutenus par deux colonnettes. A l'angle S.-O. ès.

rocher on montre la pierre de .Wûhomet , entou/ée d'un grillage, et Y étendard vert du Prophète enroulé autour de sa lance. Pr*s de là, sur le côté S., on montre aus*; la bannière d'Omar. A l'angle S.-E..

on trouve une petite porte par laquelle on descend sous le rocher dans une espèce de chambre asser spacieuse, blanchie à la chaux e; éclairée par quelques lustres qu pendent de la voûte. Cette chambrf souterraine mesure 8 à 10 met. d' diamètre. L'imam y montre ausv plusieurs objets dignes de respect ce sont les Mihrabs de David, eclr..

de Salomon, d'Abraham, de «aiW Georges {El-Khidr). Mais ce qut cette chambre souterraine présente do plus remarquable, c'e*t

[HoLTK 143.] JÉRUSALEM. — MOSQUEE D'OMAR.

une dalle qui , frappée par le bâton de l'imam , ou par le pied du visiteur, donne une sonorité claire, qui révèle l'existence d'une cavité ; ce point résonnant est assez circonscrit et n'a pas plus de 2 met. de diamètre; tout autour le sol ne résonne pas. C'ette dalle recouvre en effet un puits profond que les Musulmans appellent Bir el-Artvah (puits des Ames) et sur lequel les légendes ne manquent pas. Mais nous possédons sur la roche es-Sakhrah des documents historiques qui la rendent bien autrement intéressante à nos yeux que les traditions musulmanes.

Nous résumerons rapidement ce que MM. Robinson, Porter, Bonar et de Vogué, pour ne citer que les plus récents, ont déduit de la comparaison des données bibliques, <ies historiens anciens, des historiens arabes, des chroniqueurs des croisades et des traditions des rabbins juifs. La roche es-Sakhrah n'est autre que le sommet du mont Moriah, qui fut respecté et mis en relief dans le travail de nivellement entrepris par Salomon, à «.•ause des traditions sacrées qui «fy rattachaient. Ce rocher était on effet l'aire d'Aravna le Jébu- «* en, sur laquelle David avait fait un sacrifice expiatoire (H, Samuel xxiv, 16,25;I,C'hroniq.xxr, 15,20 \ ot qui avait été comprise dans l'enceinte du temple élevé par Salomon (II, Ohroniq. nr, 1). Tout porte à croire que cette roche, n'était autre q«e l'autel des holocaustes (I, Chroniq. xxn, l\ct la rraverne au-dessous de cette foche le caveau destiné à recevoir le sang des victimes qui s'écoulait dans le torrent de Oédron, au moyen du puits central dont nous avons parlé et dont les traditions rabbiniques font mention sous le nom de Amah. A 10. de l'autel des holocaustes s'ouvrait le naos et le Saint-des-Saints, le tout était compris dans l'enceinte intérieure où les prêtres seuls pouvaient entrer.

Après la destruction de Jérusalem, Adrien éleva un temple de Jupiter

sur l'emplacement du temple du Seigneur, et y érigea sa propre statue: la roche percée (lapis pèrtusus^ resta toujours un objet de vénération pour les Juifs et mar quait pour eux l'emplacement du Saint-dcs-Saints. Auiv€siècle, elle est décrite par le pèlerin de Bordeaux {Itin. Hier.), avec les deux statues d'Adrien , ou plutôt cello d'Adrien et celle d'An tonin, suivant la remarque de M. de Saulcy (ouvr.

cité, t. II, p. 205-207). Plus tard les chrétiens, en signe de mépris pour les Juifs, l'avaient recouverte a'im mondices. Le khalife Omar, après la prise de Jérusalem, fut le premier qui, après un si long abandon, rechercha la roche de David et la fit déblayer. Ce ne fut pas lui, toutefois qui éleva sur la roche sainte, la mosquée dont on lui attribue la fondation. Ce fut le khalife Abd-el-Melik lbn-Mérouan qui éleva le Koubbet es-Sakhrah de l'an <Î8 a l'an 71 de l'Hégire, c'est-a-dire de 687 à 690 après.ï.-C.

Les croisés, devenus maîtres de Jérusalem . adoptèrent les traditions qui leur représentaient cet emplacement comme celui du Temple du Seigneur, et la mosquée, transformée en église chrétienne, est décrite sous ce nom dans les historiens des croisades (v. de Vogué, ouvr. cité p. 281-588). La roche es-Sakhrah, recouverte d'un revêtement de marbre, porta le maitre-autel etlechœur. Ce même nom du Temple devint aussi celui de l'ordre de chevalerie, établi originairement près de son enceinte. Saladin. vainqueur dés chrétiens, purifia de nouveau l'édifice en l'arrosant d'eau de rose et le rendit au culte musulman, auquel il n'a cessé d'être consacré depuis cette époque.

Ainsi la roche es-Sakhrah et la coupole qui la surmonte fixent d'une manière précise l'emplacement du temple de Salomon, ce qui concorde d'ailleurs très-bien avec ce que nous savons de la disposition générale de l'enceinte îv. p 7*11 ï.

Nous achèverons en peu de mois la description intérieure de la mosquée : La voûte de la coupole est recouverte de dorures. Au-dessus du rang de fenêtres que nous avons déjà signalé à la base du tambour, règne une rangée de niches élégantes. Le tambour estsoutenu luimême par 4 piliers massifs et 12 grandes colonnes (3 entre chaque pilier), dont les chapiteaux se rapprochent do la forme ionique, sans être pourtant de stylo ionique pur. Le lût des colonnes, qui reposo sur une base attique, est formé de marbres précieux, mais les modules en sont ditFérents.

Les arcades de la coupole reposent directement sur les chapiteaux. Le tout, .piliers et colonnes, forme la circonférence qui circonscrit l'espace occupé par le rocher. Autour do cette encointe circulaire, règne une première enceinte octogone, soutenue par 8 piliers richement sculptés, et 16 colonnes ( 2 entre chaque pilier) formées des plus beaux marbres , vert antique, brèche rouge, etc. Toutes ces colonnes, de provenances diverses, reposent sur des bases inégales, qui montrent assez l'époque de décadence à laquelle appartient l'édifice. Les colonnes portent, au-dessus de leurs chapiteaux byzantins ou composites, une espèce d'architrave horizontale, supportant elle-même une série d'arceaux à jour dont la forme est le pleiu-cintre et qui sont décorés de mosaïques.

L'enceinte octogone extérieure est également soutenue par dos pilastres et des colonnes , dont nous n'avons pas pu compter le nombre, maisqui sontd'une grande richesse. Dans l'entre-colonnement s'ouvre une rangée de fenêtres en ogives surbaissées , et ornées de beaux vitraux. Ces vitraux ne représentent pas de figures, comme ceux de nos églises gothiques, mais iU sont remarquables

fiar la vivacité de leurs couleurs, «es plafonds plats , qui relient entre elles les Jeux enceintes, sont

SYRIE. — PALESTINE. .Rocte 143}

, couverts do peintures et de doru-

res de la plus grande richesse.

En sortant de la mosquée par la porto du -S. appelée porte de la Prière, on montre en dehors une plaque de marbre, dont les veine»

symétriques figurent a peu près un papillon: on 1 appelle l'oiseau de Salomon, suivant une légende musulmane , trop longue à rapporter (V. G Saintinc, Trots ans en Judée, p. I5b\ Paris. 1860).

Dans la partie O. do l'enceinte .

on voit- plusieurs oratoires et un petit édifi ce appelé le Dôme de Salomon. Avant de descondre de la plate-forme du temple, on aperçoit h côté de la quadruple arcade qui précède l'escalier, du côlé du S., un joli menbh-au chaire à prêcher, qui porte le nom df» Borhô*\ ed-Din-Kaahi. En descendant de la plate-forme, on se trouve sur un terrain planté d'oliviers et de cyprès. Sous leur ombrage, et au centre d'une allée droite qui mène à la mosquée el-Aksa, on rencontre une fontaine, ou plutôt unjolt bassin circulaire; du côté de l'O..

on aperçoit aussi plusieurs oratoires , un minaret appelé le minore* du Kadhi, deux aes portes extérieures du temple, et, tout à fait à l'angle S.-O., deux petites mosquées : la mosquée d'Abou-Brkr et la mosquée des Mogrebins eh- Mogharibèh). M. Barclay y a aussi signalé plusieurs citernes et un réservoir souterrain qui serait alimenté par l'aqueduc venant de« réservoirs de Salomon iV. K. 144, ni). On arrive alors en face de la grande mosquée

El-Aksa (la mosquée éloignée , l'éditice le plus considérable du Haram-eeh-Chérif , après le Koubbet es-Sakhrah. El-Aksa montre tout d'abord son origine chrétienne; c'est en o(Tet la basilique de Sainte-Marie , élevée par l'empereur Justinien. Ce n'est que postérieurement qu'on lui a donné le nom à'Êghsç de la Présentation.

Procope nous a laissé une histoire détailléo de sa construction. (De jEdif. Justin., v, b\) L'église était

[Koutb 143.] JERUSALEM. - MOSQUÉE EL-AKSA.

livrée au culte au moment du siège do Jérusalem par les Arabes. Elle ni» paraît pas avoir beaucoup souffert de l'invasion dos Arabes : on en fit une mosquée. V. «le Vogué, ouvr. cité, p. 274.) Elle fut embellie par le khalife Abd el-Mélik, et réparée par Abou-Djafarel-Mansour , puis par El-Mandi à la suite de tremblements de terre.

Los croisé* en lirent une résidence royale sous le nom de palais de Salomon. Une partie de ses dépendances fut donnée aux templiers par Baudouin II. Saladin rendit tout au culte musulman.

El-Aksa est précédée d'un porche a 7 arcades correspondant aux sept nefs de l'église; l'arcade centrale est beaucoup plus grande que les arcades latérales : toutes présentent une ogive assez aiguë, dont

te

stylo appartient évidemment à l'époque des croisades.

On pénètre dans la mosquée par la porte centrale, et. sans s'arrêterà regarder une dalle rectangulaire qui recouvre, selon l'imam, la sépulture des fils d'Aaron , on s'avance dans l'intérieur do l'édifice , qui présente la disposition bien connue de la basilique chrétienne primitive. La nef centrale est soutenue de chaque côté par six grandes colonnes de marbre très-massives, dont les chapiteaux présentent, dans leur ensemble, la forme de la corbeille corinthienne, mais défigurée par l'abus des détails et des ornements, dont l a surchargée le mauvais goût byzantin. Ces colonnes massives soutiennent des arcs ogivaux. Au-dessus des ares régnent deux rangées de fenêtres. Tout l'intérieur de l'église a été couvert, selon l'usage musulman, d'un badigeon blanc à peine relevé? de quelques arabesques grossières. Les deux premières nefs latérales sont soutenues par des piliers carrés "très-simples; du côte de 1 E. ces piliers sont cependant ornés de demi-colonnes , qui font corps avec eux. Quant aux quatre nefs les plus extrêmes des bas-cotés, elles sont beaucoup

plus basses, présentent une construction très-différente, et paraissent avoir été surajoutées, a une époque bien postérieure, par les khalifes arabes (probablement par El-Mahdi, 77f>-785\ Cette opinion, formulée parM. Williams [the Holy City), a été b»rt bien développée par M. de Vogué.

Au S., l'église est terminée par un transsept, séparé de la nef centrale par une grande arcade ogivale, et surmonté au centre de la croisée d'une coupole soutenue par 4 piliers, ornés chacun de deux colonnes de vert antique à chapiteaux corinthiens. La coupole est aussi légèrement étranglée à sa base, comme celle du Koubbet-es- •Sakhrah. L abside a été démolie par les Arabes à la suite d'un tremblement de terre , et remplacée par une nfuraille à laquelle est adossé le Mthrab , orne de jolies colonnettes de marbre : à sa droite se dresse le Menbèr en bois sculpté avec une extrême délicatesse, et recouvert de peintures et do dorures.

A la droite du Menbèr on montre encore, dans une niche, l'empreinte d'un pas du Christ. Dans le transsept de droite ou de 10.

qui répond aux nefs latérales , on admire de légères colonnes faites des plus beaux marbres. Deux do ces colonnes, appelées les colonnes d'épreuve, laissent entre elles un espace étroit à travers lequel l'homme vertueux et loyal peut passer facilement; le menteur ou le vicieux ne peuvent le traverser.

Chacun des bras du transsept est coupé dans sa longueur par deux murs percés de baies, espèces d'écrans qui paraissent avoir été bâtis par les Arabes en même temps

3ue les bas-côtés extrêmes, sans oute pour dissimuler la forme primitive du monument(de Vogué, p. '272} .

Le bras oriental du transsept présente aussi de jolies colonnes. A son extrémité s ouvre une fenêtre ornée des vitraux les plus brillants et sur laquelle on lit, en caractères

788 SYRIE, — PALESTINE. [Hovte 143/

arabes, cesparoles sacramentelles: terrain, les deux galeries se réu- « 11 n'y a de Dieu que Dieu, et nissent en une seule, ei la sépara« Mahomet est son prophète. » Au- tion n'est plus marquée que par dessous, une petite porte ogivale une grosse colonne libre, monoramène sur l'esplanade. lithe que trois personnes peuvent

Toutefois, avant de sortir de : à peine embrasser, et deux demil'église, on va visiter une petite colonnes encastrées dans la mugalerie voûtée, espèce de long raille. Les chapiteaux sont ornts couloir parallèle au côté sud du de belles palmes. Ces colonne* transsept oriental, et éclairé par soutiennent les retombées de qui des fenêtres qui donnent sur la tre belles voûtes en forme de cicampagne. En effet, le chevet de lottes sphériques, sculptées sur l'église est adossé aux murailles | les angles en forme de coquille.

galeries s'ouvraient au

mômes de l'enceinte , qui de ce côté sont les murailles mômes de la ville. Ce couloir si simple, et badigeonné à la chaux, est le seul lieu de tout le Haram qui porte réellement le nom de Mosquée d'Omar, c'est là l'oratoire traditionnel du khalife; un mihrab très-simple, soutenu par des colonnes torses en marbre, indique l'endroit où il se prosternait. Pourtant le premier mihrab qu'il ait construit se voit dans la mosquée el-Mogharibèh.

Au sortir de la mosquée el-Aksa on revient vers le porche qui la précède du côte du N. et que nous avons décrit. A l'extrémité E. de ce grand portique se trouve l'entrée des

Souterrains et portes du Sud.

— Ce sont deux grands couloirs

Ces deux

S. hors des murailles par deui portes dont il est facile de reconnaître remplacement. Ln porte L plus orientale, à laquelle les musulmans ont donné le nom de îi f*rophétes$e H aida, est encore marquée par une colonne encastra dans la muraille. La porte ocei.Jen taie est située au bout d'une gaîerie plus étroite, flanquée de dem colonnes à chapiteaux corinthiens on en voit l'ouverture en dehors des murailles de la ville,, où tous les voyageurs ont pu l'étudier (V. p. 793); des plans et des <k«ssins en ont été donnés dans les ouvrages de Fcrgusson (Essai on the Topogr. of Jérusalem, Londres 1847), et de M. Barclay (ouvr. ciU Un dessin très-exact âes voûtes v\ diriges du N. au S. parallèlement I des colonnes, dû à M. Tippîng. se à l'église de Justinien ; leur Ion- trouve dans la traduction anglaise

gueur est d'environ 150 pas, leur largeur do 14 à 15 pas. Le niveau s'abaisseàmesure que l'on avance.

Les deux couloirs ne sont séparas d'abord que par une muraille, et

de Josèphe de Trail.

On a émis des opinions très-dtfférentes sur l'origine de ces galeries souterraines : les uns, se basant sur un passage très-expîi-

ne

obstructions à son église.

plus loin par une série d'arcades cite de Procope (De JCdif. Justtn supportées par des piliers carrés. [ V, Ci, en attribuent la construction La voûte a la forme d'un plein- | a Justinien et pensant qu'ils ont cintre un peu surbaissé. A droite, j été bâtis uniquement pour servir en entrant, on voit une porte bouchée; elle s'ouvrait, dit-on, sur un souterrain qui passe sous la ville.

La^ construction des voûtes est très-remarquable ; les blocs de pierre sont très-beaux, très-volumineux et très-bien taillés, mais ils ne sont pas égaux entre eux, de sorte que la muraille n'a pas l'aspect régulier des constructions romaines. A l'extrémité du sou-

D autres, contestant la vrracit?

de Procope, pensent que l'historiographe officiel de Justinien lui a fait nonneur de la construction des voûtes, qu'il n'avait fait qu^ réparer et remanier pour v asseoir son église. Pour ceux-ci, le caractère archaïque de la bâtisse. ]f< grandes dimensions des blocs, Istyle même des chapiteaux et de»

iKoi TE 143.j JÉRUSALEM. - SOUTERRAINS KT PORTES. 789

Les piliers diminuent de hauteur vers le N , à mesure que le terrain se relève. Depuis l'angle. S.' du haram, ces souterrains s'étendent à plus de t>0 mèt. au N. et de 40 met. à l'O., jusqu'à 50 mèt. de la face E. de la mosquée El-Aksa.

Plus loin les souterrains ont été comblés avec de la terre, ou fermés par des murailles plus modernes. C'est probablement dans ces parties inaccessibles que sont ménagés les réservoirs d'eau mentionnés par là tradition, et par la célèbre phrase de Tacite : Templum in modum arcis, fons perennis aquw, cavati sub terra» montes, et piscines, cisternxque servandis îmbribus (Hist.

v, 12). C'est dans ces souterrains que les Juifs trouvèrent un refuge (.Tosèphe, Guerre des Juifs, v, 8, 1); leur communication souterraine avec le mont Sion semble établie par un autre passage (tfcid., vu, 2), quand le tyran Simon, s'échappant ou mont Sion, apparut soudain à que élevé par Hérode, d'où le rc- 1 la place où avait été le temple, gard s'étendait au loin sur la vallée dans l'espoir de terrifier ses garde Cédron. Toute cette terrasse ' diens.

est artificielle. A peu près h moi-' A.l'angle S.-K. du Haram, on tié chemin entre ei-Aksa et l'angle ] descend dans une chambre sou- S.-E. de l'enceinte, on trouve l'ou- terraine où l'imam montre le berverture d'autres souterrains très- ceau du Christ: c'est une niche en vastes, soutenus par un grand pierre dont la partie supérieure nombre de piliers disposés en ran- j était sculptée en coquille, et que irées parallèles. Ce sont bien là : l'on a couchée horizontalement et

portes , leur parait accuser une origine bien antérieure àJustinien, et qu'il faudrait faire remonter au moins à Hérode, si ce n'est à Salomon lui-même, ou du moins à ses successeurs. M. Tipping déclare s'être assuré que les blocs de la muraille étaient originairement taillés en bossage, mais que plus tard ils avaient été remaniés, égalisés, et le bossage détruit. 11 est d'ailleurs impossible de ne pas reconnaître dans les portes, qui se terminent en souterrains, les portes du milieu (ttû/5cs /mtv. us'îov) que Josèphc mentionne dans la muraille S., et qui sontprobablement aussi anciennes que le temple luimême, bien qu'elles aient pu être remaniées à différentes époques.

En sortant de ces galeries souterraines, on revient par un terrain planté d'oliviers , sur les murailles du coté S. de l'enceinte; c'est là que s'élevait autrefois la Stoa fiasilicdy le magnifique porti-

gées parai!

ces substructions par lesquelles Salomon et ses successeurs avaient racheté la déclivité du mont Moriah pour augmenter l'étendue de l'esplanade du temple. L'opinion qui les attribue toutes àJustinien est ici encore moins admissible, car elles étaient le. complément nécessaire du nivellement de l'enceinte, et elles doivent avoir été contemporaines des murailles elles-mêmes.

MM. Catherwood et Barclay, qui les ont parcourues et décrites, se sont assurés qu'elles contenaient au moins quinze rangées de piliers carrés, dont la base est construite en bossage, tandis que les parties supérieures, formées d'arcs circulaire», peuvent avoir été réparées.

recouverte d'un dais porté par quatre colonnettes en marbre.

Dans cette même chambre , on voit aussi deux autres niches trèssimples, creusées dans la muraille, et badigeonnées en blanc , sans aucun ornement, auxquelles on,* donné le nom de Zacharie et d'Ezécbiel : c'est là oue s'ouvre l'escalier qui descend dans les souterrains.

En sortant de cette misérable bâtisse, on.longe, dans la direction du N., les murailles du Haram, qui forment terrasse au-dessus de la vallée de Josaphat, en face du mont des Oliviers. C'est de ce côté de l'enceinte que s'élevait le portique de Salomon*

Le premier objet que l'ou ren-

SYRIE. — PALESTINE

[Route 143]

visiteur revient à son point de rit* part, à la porte du Séraï du pacha.

Cet cspaco était occupé par la

forteresse Antonia, dont Josèpbe

nous adonné ladescripuon (Antiq., xv. 11, 4i. Dès le temps de Néhemie il, 8), il est question d'unforteresse annexée au temple, duni le nom do Birah fut change par le* Grecs en celui de ftaris. Elle parait avoir été rebâtie et agramiiv par les prince» asmonéens (Juda»

Macchabée, puis Simon. 164-14" av. J.-C. , mais ce fut llérode U (irand qui lui donna le nom d'. -Info m'a (du nom d'un de ses amis, et augmenta considérablement son étendue. Elle occupait le N. du hiéron d'enceinte du temple;. * ï>oa

contre est ce qu'on appelle la fenêtre du juqement. C'est une brèche

JjaHaquelle passe un lût de coonne couché horizontalement , qui ressemble assez bien à un canon sortant par un créneau. C'est sur cette colonne que Mahomet viendra s'asseoir au jugement dernier, pour appeler a lui les musulmans.

Un peu plus loin, on arrive à la fameuse porte Dorée, par laquelle, suivant la tradition des croisades, Jésus-Christ aurait fait son entrée triomphale a Jérusalem. Nous étudierons ci-après [p. 792; son aspect extérieur. Sa façado intérieure , qui doit seule nous occuper ici, présente une entrée formée de deux arceaux plein-cintre soutenus par une colonne centrale et! aspect général était celui d'un? deux gros pilastres latéraux. On ! tour avec quatre tours à ses quatre pénètre alors sous une voûte sou- angles, dont trois avaient r»U eoutenue par deux colonnes libres en | dees de haut, et la quatrième, à marbre gris, et une demi-colonne ; l'angle S.-E. s'élevait à 70 coudées, séparant deux nefs distinctes, dont ; de sorte que de son sommet on déles cotés sont ornes do pilastres couvrait tout le temple. » [Guerre surmontées d'une frise richement des Juifs, v, 5 8). A la forteresse Bculptée. Les deux nefs sont for- étaient joints « des appartements mées chacune de deux calottes de toute nature, des cours à porsphériques , et d'une petite cou- | tiques, des bains, et de grands pôle à jour. L'ouverture extérieure espaces ouverts pour camper, de est murée. Cette disposition pré- ; sorte que, par tout ce qu'on y sente une grande analogie avec ■ trouvait, elle semblait une ville, la double porte, qui terminait au tandis que, par sa magnificence. S. les galeries souterraines d'El-;ello semblait un palais. > i/bid.; Aksa. Un petit escalier conduit ; Pour retrouver l'espace nécessaire sur le toit de la porte lJorée : c'est ^ à tant de constructions, il faut une excellente station pour voir, ; admettre , comme Robinson [Bib. dans son ensemble, tout le Haram j res., t. 1er. p. 431-436; et Lut. rtt., cch-Cfhérif, la vallée de Josanhat, | p. 930-243't, qu'Antonia comprele mont des Oliviers et la ville de nait toute la partie X. de 1 en- Jérusalem tout entière, ceinte actuelle du Haram ; il est De la porte Dorëe à l'angle N.-E. I dit d'ailleurs, dans la description de l'onceinte, on ne rencontre plus du temple, que celui-ci occupait

u un oratoire turc appelé Je trune e Salomon, et l'on atteint la petite porte appelée ttab es-Sobat par laquelle on aperçoit, en dehors de l'enceinte, la piscine de Béthésda et le vallon qui séparait le mont Monah de la colline Bézétha. C'est en traversant cette partio de l'enceinte, ou l'on n'a, du roste, à noter qi^'un oratoire appelé le Dôme de Salomon, que le

un carré qui avait un stade 1 16.") mit.) de côté; et ailleurs, que le circuit du temple, v compris Antonia, mesurait 6 stades (.4nfie., xv, 11, 3». Or, l'enceinte actuelle du Haram n'est pas un carré t mais un rectangle de 4(36 mètres de long sur 282 de large. Pour retrouver avec une exactitude approximative, le carré du temple, il suffit de tirer une ligne traus-

Route 143.] JÉRC SALEM. — PISCINE PROBATIQL'E.

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