JERUSALEM. — MURS DU TEMPLE. 79U
iRot-TB 143. J Quelques-uns mesurent 7 inèt. 85 de long sur 1 mètre de haut. Les joints sont parfaits. L'angle de la muraille arrive tout à fait à l'escarpement de la vallée de Josaphat, et Josèphe a raison de dire € qu'on n'aurait pu la pousser plus loin. »
Muraille du Sud. — A partir de l'angle S.-E. jusqu'au mur latéral du jardin de la mosquée el-Aksa, la muraille se développe sur une longueur de 146 met. 50 et présente la même construction archaïque, le môme nombre d'assises avec les mêmes blocs en bossage de grandes dimensions.
C'est le type le plus pur de l'architecture juive. On voit à 31 met.
de l'angle une porte ogivale murée, et, à 30 met. plus loin, trois grandes arcades en plein-cintre, également murées, qui paraissent remonter h l'époque de Justinien, et donnaient sans doute accès dans les souterrains décrits p. 789.
Arrivé au-dessous de la mosquée el-Aksa, on trouve l'ouverture extérieure des portes du Sud décrites p. 788. On n'en voit plus qu'une arcade murée, coupee à peu prés vers le milieu par le mur du jardin d'el-Aksa, et à moitié enterrée. Une fenêtre grillée est ménagée au-dessous de l'arcade, et l'on peut, en s'élevant jusqu'à elle, distinguer, d'une manière fort imparfaite, l'intérieur de la salle voûtée, décrite p. 788. Le style de cette porte rappelle celui de la porte Dorée, et date probablement de la môme époque.
L'autre arcade, que nous avons décrite à l'intérieur du souterrain, est enclavée extérieurement dans une bâtisse arabe.
A partir de la bâtisse arabe qui obstrue l'ancienne porte des souterrains, on trouve une belle muraille dirigée du X. au S. puis tournant à angle droit vers l'O., elle semble de construction romaine. A 150 met. de l'angle droit, s'élève une tour et commence l'enceinte moderne de la ville, conduisant àBab el-Mogharibèh. Cette
Orient.
porte étant ordinairement fermé il faudra gagner la porte En-Nébi- Daoud pour rentrer dans la ville, et pour regagner, à travers un vallon couvert de cactus, l'angle S.-O.
de l'enceinte du Haram, où l'on retrouve la construction salomonienne.Cet angle est encore formé d'assises puissantes, en retrait les unes sur les autres, formées de blocs énormes, de 8 à 10 mèt de long sur plus de 1 m. de haut., également taillées en bossage.
Muraille deV Ouest.— A 12 met, au N. de l'angle, on trouve les restes du grand pont qui joignait le temple au mont Sion. On voit encore trois rangs de voussoirs, occupant une largeur de 15 met. 50. Toute la maçonnerie, au-dessus de ce qui reste du pont est moderne. Au X. du pont, on voit de nouveau la muraille antique, avec un petit escalier qui monte dans le Haram.
Au delà commence un massif de maisons particulières appuyées contre l'enceinte. M. de Saulcy, qui a calculé la courbe de l'arche, évalue que l'arc générateur n'était pas une demi-circonférence entière, et que le pont avait à peine 10 mèt. 70 d'ouverture. » La distance de ce point au point correspondant sur la montagne de Sion est de 107 mèt., ce qui donne la longueur approximative du pont, et montre, qu'en tenant compte de la largeur des piles, il devait avoir cinq arches semblables. C'est à l'illustre auteur des Tiiblical researches, que revient l'honneur d'avoir reconnu et établi, avec une évidence incontestable, l'identité de ces restes avec le pont dont Josèphe fait mention dans cinq passages différents. Dans le siège de Jérusalem, par Pompée, les partisans d'Aristobule se réfugièrent dans le temple et coupèrent le pont qui l'unissait à la ville (Antiq. xiv; 4, 2; Guerre des Juifs, i, 7, 2). Le pont joignait le mont Sion au Xystus, place publique entourée de plusieurs édifices, comme le palais des Macchabées, )a Rflwjç, etc. Agrippa se
SYRIE.— PALESTINE
Rot te 14H.
place en cet endroit pour haranguer le peuple [Guerre des Juifs, it, 16, 3); plus tard, Titus, maître du temple, se place sur la partie occidentale du temple extérieur pour adresser une dernière sommation aux Juifs qui défendaient la ville haute: « Le pont était entre César et les Tyrans > [Guerre des Juifs, vi, 6,2). Deux tours avaient été bâties aux extrémités du pont, l'une par Simon, du côté de Sion, l'autre par Jean, maîire du temple, lorsque ces deux chefs étaient en guerre l'un contre l'autre (Guerre des Juifs, vi, 3, 2;vi,8, 1); tous ces passages ne laissent aucun doute sur l'authenticité du pont. Sa fondation était antérieure a Hérode, puisqu'il avait été coupé du temps de Pompée, et probablement contemporaine de celle des murs du temple, à en juger par l'analogie de la construction. On a prétendu que l'usage de la voûte ne remontait pas si haut, mais cette objection tombe devant les découvertes de l'archéologie moderne, qui a retrouvé des voûtes dans les tombes égyptiennes de Thèbes, et dans les portes assyriennes de Khorsabad (V. Robinson, Lat. res., p, $2î-v»30).
Au delà des restes du pont, la muraille disparaît dans un massif de constructions modernes, propriété particulière que l'on nomme Maison a" Abou - Saoud , et dont la position à cheval sur la muraille du temple avait induit en erreur les ingénieurs anglais, et fourni à M. Williams des arguments contre l'existence du pont.
Robinson, qui, en 185-2, a obtenu l'autorisation de visiter cette maison, a pu étudier de ce noint la direction de la muraille O. du temple, et de la partie de la muraille S. située à l'O. de la mosquée el-Aksa : ses observations ont montré que l'enceinte était partout en ligne parfaitement droite et sans interruption.
Faisant le tour de la maison d'Abou-Saoud, on gagne, à travers des ruelles tortueuses et étroites,
Le lieu où les juifs vont pleurer. C'est une petite place carrée, où l'on voit encore la partie la plus incontestée de l'ancienne enceinte ; on la désigne en arabe sous le nom de Haï el-Moghanbèh la muraille des Magrebins.
Sur une hauteur de plus de 12 met., dit M. de Saulcy, la construction primitive est restée intacte; des assises régulières de belles pierres parfaitement équarries, mais en bossage, sont superposées jusqu'à 2 ou 3 met. du faite de la muraille. C'est évidemment là un échantillon de l'architecture hébraïque. Dans les assises inférieures, les pierres sont assez régulièrement d'une largeur double de leur hauteur; parfois cependant des blocs carrés se trouvent juxtaposés entre les blocs à grande largeur. Los quatre dernières assises sont forméesHe bloccarrés, sauf l'avant-dernière, qui est composée de blocs trois foi* plus longs que hauts; à mesure qui* les assises s'élèvent au-dessus du sol, les dimensions des blocs diminuent, enfin chaque assise est en retraite de .ri centimètres sur l'assise précédente. La paroi de muraille, qui est laissée comme lieu de prière aux juifs, est comprise entre le mur d'enceinte du Mvhkémèh (tribunal turc) et le mur d'enceinte d'une maison particulière (celle d'Abou-Saoud]. Sa longueur, entre ces deux limites, est de -29 met. 70. On aperçoit au delà de ces murs infranchissables, la muraille antique se prolonger Cn droite ligne de 12 met. environ à droite et de 1 1 mèt. à gauche, c'està-dire vers le Mehkémèh. Au delà, les constructions modernes ont masqué la muraille du temple.
Knfin le mur primitif est couronne à son sommet par quelques assises régulières, il est vrai, mais de petites pierres de taille, accusant une construction assez récente...
Sur la face du mur antique se montrent des entailles considérables, qui ont servi sans doute à appliquer un fronton à ce point de
(Route 143.] JÉRUSALEM. - MI
l'enceinte sacrée. Ces entailles creusées en niche ont îles dimensions différentes, peut-être ont-elles été pratiquées par Hérode?^ (ouvr. cité, t. II, p. 191.)
C'est surtout le vendredi que les juifs se réunissent en grand nombre, en cet endroit, pour prier, réciter les lamentations de Jérémie, et arroser de leurs larmes les seuls restes de leur antique splendeur qu'il leur soit permis d'approcher.
Cette coutume touchante remonte a une haute antiquité. Elleestmentionnée au xne siècle, par Benjarpin de Tudèle; les Juifs, chassés de Jérusalem depuis Adrien, n'y furent plus admis qu'au temps de Constantin, et seulement une fois par an, le jour anniversaire de la prise de Jérusalem par Titus.
A l'angle S. de la petite place est un mur peu élevé et facile à escalader, d où l'on peut redescendre dans une cour déserte, et de là dans une chambre obscure, où le docteurBanlay a signalé uneporte, bouchée depuis longtemps , qui donnait dans l'intérieur du ilaram :
e'est eelle que notre plan désigne sous le nom de Bab el-Mogharibeh.
Josèphe nous apprend {Antiq., xv, II, 2) que la muraille O. du temple
5 résentait quatre portes, l'une eonuisant au palais du roi ;sur le mont Sion) en franchissantja vallée, deux donnant sur le faubourg (îi^Ti 7T/53«*7îh)v), l'autre conduisant dans l'autre ville (:h t>jv scs./rjv tt<s>(v). en descendant dans la vallée par un grand nombre de degrés, et remontant de nouveau de l'autre ci) té. La première porte correspondait évidemment au pont, les deux suivantes étaient sans doute celles que nous mentionnons ici, et la suivante Bab es-Silsilèh, qui s'ouvre de l'autre côté du Mehkénièh , sur le prolongement de la rue de David, qui va de la porte de Jaffa au temple. Le faubourg était sansdoute la partie de la ville située dans le Tyropœon, au pied des murailles du temple et de celles de Sion. Bab es-Silsilèh est la principale entrée du temple : elle