IV. Édifices divers
La Citadelle (ef-Kara/.; ou Tour de David. (Il faut, pour la visiter, une permission du pacha, que l'on obtient facilement par l'entremise du consul de France). — La citadelle située près de la porte de Jaffa, à peu près au milieu de la muraille O. de la ville, est un assemblage irrégulier de tours carrées, entouré d'une muraille peu élevée du cdté de la ville, et présentant un fossé
SYRIE. — PALESTINE
(Rot te U3.j
profond dn côté de 10., c'est-àdire en dehors. Les tours qui s'élèvent au bord du fossé sont pro tégées de ce coté par un boulevard ou contre-fort oblique, qui s'élève du sol sous un angle d'environ 45°.
Cette maçonnerie parait antique, et peut être attribuée au temps des Uomains. La tour N.-E., près de la porte de Jaffa, attire tout d'abord l'attention. C'est celle que les Francs appellent plus spécialement la tour de Havid , bien que ce nom soit donné souvent à toute la citadelle. La partie supérieure est moderne, mais toute la partie inférieure est construite de gros blocs taillés en bossage, dont quelques-uns mesurent de 3 à 4 met. de long, de 1 mèt. 50 à 2 mèt. de large et plus de 1 mèt.
de haut. Ces pierres n'ont évidemment jamais été dérangées, ni renversées, ni rapportées, elles rappellent tout d'abord l'aspect des murailles du temple, bien que les blocs soient plus petits et moins fins. La hauteur de la partie antique au-dessus du fond du fossé eat de 12 mèt. 11). La base est quadrangulaire, mais ce n'est pas un carré parfait, le côté E. mesurant 17 mèt. '20 et le côté S. 21 m. 40.
A ces données de Robinson {Bib.
Res.t t. 1er, p. 456), M. Porter ajoute que des fouilles récentes ont montré que, jusqu'à une certaine hauteur au-dessus des fondations, la base de la tour est formée 'par le rocher lui-mftnc, taille en relief, et revêtu de pierres. (Handb., p. 106.)
L'entrée de la tour est actuellement du côté de l'O. à peu près à mi-hauteur dans la muraille moderne. La partie antique ne présente aucune ouverture. Du haut de la tour, on embrasse du regard toute la ville et les collines environnantes. C'est une des meilleures stations pour étudier la topographie de Jérusalem. On voit sur sa plate-forme deux vieux canons qui ne servent plus qu'à tirer des saluls, et un mat élevé où flotte le drapeau rouge avec le croissant blanc.
La citadelle est évidemment la Tour de David du temps dea croisades; les chroniqueurs de l'époque, l'écrivain arabe Medjred-Dm décrivent nettement sa position et son aspect. Elle servit probablement de résidence aux rois latins de Jérusalem, et la tour figure sur leurs monnaies. Quand les musulmans renversèrent le* fortifications en 1219, ils conservèrent la tour de I>avid,qui gardu son nom jusqu'au xvie sacle, ou elle prit celui de Tour de$ Pi<an>, probablement parce qu'elle avait été réparée par des architectes de cette nation. Mais on peut san> crainte lui attribuer une cvgm< plus ancienne. Sa position vers Je X.-O., là où les pentes de Sior sont le moins escarpées, et la vil!le plus accessible, près de la portla plus fréquentée, fait croire tV cilement qu'en tout temps la ridelle de Jérusalem a été en endroit: non - seulement celle qu'Adrien avait fait reconstruire mais aussi celle des anciens ro;juifs, comme l'antiquité de se> substructions et son nom traditionnel l'indiquent.
La plupart des savants Sohol:
E. Kobinson, Sehultz , de Sau cy, etc.) sont également d'aeror-t pour identifier la Tour de D*viJ avec la Tour Hippicus. dont Jysèphe parle si souvent. Selon 1 historien des Juifs (Guerre des Juif v, 4, H}, cette tour, qui avait etbâtie par Hérode , en mémoir?
d'un de ses amis mort en combattant, c était quadrangulaire riresyuivjf), sa largeur et sa longueur, chacune de 2f) coudées, et ?a h«li:" teur de 30; elle n'était nullement creuse [fjvuno'u viùvoi). Au-des*ude la partie pleine (rb rr/r*',?*) eta : un puits haut de 20 coudées destine à recueillir l'eau de plu te Au-dessus encore, une maison 1 deux étages, etc. En beaucoup d'autres épisodes du siège, la tos* Hippicus est mentionnée, et quai - Titus victorieux donne l'ordr de renverser de fond en comM la ville et le temple (Guerre a<
Roi te 143.] JÉRUSALEM. —
Juifs, vu. 1, I), « il fait respecter les tours qui surpassaient toutes les autres en hauteur, c'est-à-dire Phasaèl, Hippicus et Mariamme , et la seule partie du mur d'enceinte qui couvrait la ville à l'O.»
Josèphe en fait le point de départ de sa description des enceintes {Guerre des Juifs, v, 4, 2); comme nous, les savants ont basé Rur sa détermination leurs systèmes sur la topographie de Jérusalem.
Cependant, malgré l'accord presque général qui règne sur ce sujet, l'identité de la tour de David avec la tour Hippicus a soulevé dos objections sérieuses, que nous devons résumer {V. Bonar , the Land of Promis?, p. 197, Londres, 1858). D'abord , selon Josèphe, la tour Hippicus est un carré parfait, la tour de David est un rectangle dont un crtté dépasse l'autre de plus de 4 met. La tour Hippicus n'a que 25 coudées (environ 13 m.) de cdté, la tour actuelle en a 17 dans un sens et 21 dans l'autre.
Hobinson accuse trop facilement Josèphe d'avoir écrit de mémoire, d'après des conjectures, avec des chiffres approximatifs. Ici, l'historien juif parait au contraire trèsnet dans les mesures qu-il donne des tours Hippicus, Pbasacl et Mariamme. En tout cas, son défaut ordinaire n'était pas de diminuer les choses; ici il serait au-dessous des chiffres réels. De plus, la tour n'est nullement creuse à sa base, et M. Bonar dit qu'elle l'est. (Ceci parait un peu en contradiction avec l'assertion de M. Porter.) Toutes ces raisons prouvent déjà que l'identité entre la tour de David et la tour Hippicus n'est pas très-réelle, mais la tour de David pourrait être une des tours rjui étaient voisines d'Hippicus, {Phasaël, par exemple, oui avait 40 coudées (20 mètres) île côté), oequi ne dérangerait pas beaucoup ]a position réelle d'Hippicus et la disposition des enceintes. Mais ici viennent s'ajouter des difficultés beaucoup plus grandes: en établissant ses lignes d'attaques, Titus