‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 364 sur 511 · LA CITADELLE · texte numérisé non relu

LA CITADELLE

« place son camp à deux stades de la tour Pséphinos, qui occupait l'angle N.-O. de la ville, et l'autre partie de l'armée se fortifie {rstyi- Ç.'Tac) , en face de la tour appelée Hippicus, également à deux stades de distance de la ville. > (G. d. J.% v, 3. 5). Où prendre ces deux stades? si c'est al'O. ou au X.-O. de la tour actuelle, cette distance (370 met.) place le camp do la seconde moitié de l'armée dans la vallée de Gihon, c'est-à-dire dans un fond ; si on les prend vers le S.-O. , sur la hauteur, on tombe sur la route de Béthléem, en un point séparé de la place par toute la profondeur de la vallée. Il est peu croyable qu'un général place une armée de ce coté ; de plus on attaque ordinairement les saillants, et la tour de David est dans un angle rentrant que la muraille dépasse assez loin vers le X.-O. Le dessein de Titus était de s'emparer d'abord de Bézetha (II. y, 6, 2): pourquoi attaquer un point aussi éloigné de son attaque principale ? Ces arguments nous semblent d'un grand poids; on pourrait peut-être leur répondre toutefois que. pendant tout le siège, la tour Hippicus ne parait pas avoir été l'objet d'une attaque spéciale, et que cet autre corps d'armée, qui se fortifie (rtr/i^nui) en face d'Hippicus , est là seulement en observation pour assurer l'investissement de la place, qu'il faudra même i>1 us tara compléter par un mur ue circonvallation générale. Dans un autre passage [Ibid , v , 4,2), Josèpbe dit :

< La muraille commençait au N.

{x-xtSc Roppà-j) à la tour Hippicus, et s'étendait vers le Xystus. Il est difficile de considérer la tour de David comme étant au N. de la ville, ou comme étant le point de départ septentrional d'une muraille : on répond, il est vrai , qu'il faut entendre le N. du mont Sion (ce serait l'angle N.-O.), mais c'est là une acception difficile à admetire chez un auteur écrivant au temps de Josèphe, lorsque la ville s'étendait bien loin au N.-O.; de~

79h S Y ME. — 1

plus l'historien mentionne les tours ilippicus et Pséphinus c omme trèsvoisines, en face Tune Je l'autre (âcfTupui) , il ne parait pas y avoir de tours intermédiaires entre elles.

Or, la tour de David est encore fort loin du point que devait occuper la tour Pséphinus, à l'angle X.-O.

de la troisième enceinte. Toutes ces raisons sembleraient prouver qu'il faudrait reporter plus au N., c'est-à-dire au inoins vers le couvent latin, à l'angle N. O. de l'enceinte actuelle, Ja position de la tour Hippicus. C'est reporter du même coup de ce côte 1 emplacement des tours Phasaél et Mariamme , et du palais d'Hérode , ainsi que l'origine duTyropaon, que l'on place ordinairement à l'E.

de la citadelle, près de l'église prolestante. Que devient alors la citadelle? n'est-ce plus qu'une tour du temps des croisades, ou faut-il y reconnaître un reste de l'ancienne citadelle de David? Cette nouvelle manière de voir renverse donc tous les systèmes reçus sur les enceintes; un examen attentif du terrain et de nouvelles recherches peuvent seuls résoudre ces difficultés.

I! nous reste à mentionner rapidement quelques édifices que le touriste visite peu, mais qu'il rencontrera sur son passage dans les tournées diverses qu'il fera ù travers la ville.

Tékkyèh el-Khasséki (le couvent de la Favorite), situé à l'K.

du Saint-Sépulcre, non loin de la maison du mauvais riche, et près de la rue qui vient de la porte de Damas. Cet édifice , remarquable par ses trois portes en ogives trifoliées , ornées de riches stalactites, est complètement ruiné à l'intérieur; il a été élevé par la fameuse sultane Roxelane. Les chrétiens ont supposé depuis que cette reine charitable ne pouvait être que l'impératrice Hélène, et.

il est fMi tfénérnl connu sous le

nom d hôpital de Sainte-Hélène :

Le tékkyèh des Derviches tourneurs, ancienne église de Saint-

A LEST 1 NE. [Route 143.]

Jean Évangéliste, situé au N. de la voie Douloureuse, au point culminant de la colline de Bézctha.

On peut assister à leurs exercices, et, de leur minaret, on jouit d une belle vue sur le temple.

Le Mehkémèh, ou tribunal, que nous avons mentionné au côté 0.

du IJaram ech-Chérit, se distingue par un beau portail moresque.

Nous passerons sous silence Y ho pil al autrichien, Y hôpital anglais, un grand nombre de couvents grecs, parce que ces édifices n'ont rien d'intéressant au point de vue architectural ou historique. Quelques voyageurs seront curieux de visiter la synagogue, située dans une des ruelles au mont b;on.

L'hôpital de Rothschild s'élève près de là, à la cretc du Tyropo.on, en face de l'angle S.-O. du temple.

Les Buttes des lépreux sont situées sur un terrain qui s'étend en dedans des murailles du S., à 1 "E.

de la porte En-Nébi-Daoud. Là, vit parquée une population de malheureux complètement séparés des autres habitants. La maladie dont ils sont atteints n'est pas la lèpre blanche, farineuse, dont parle la I3ible. les symptômes oui en sont rapportés sont ceux de l'éléphantiosis. La maladie commence par la face, par le nez ou par les doigts, c J,a peau prend des teintes violacées et d'un gru rougoatre; des bourgeons se l'orment dans le derme, donnant naissance à des abcès dont les cicatrices sont affreuses h voir, peu à peu les extrémités des membres tombent en lambeaux, lavoûie du palais se perce, etc. > ; Gérard)' Naintine.) Les lépreux vivent entre eux, se marient entre eux; les enfants sont, dit-on, sains ju?<ju * l'âge de puberté. Ils atteignent l'âge de quarante à cinquante an- Dans ces dernières années, les ni*"decins de l'hôpital anglais s'occupaient de leur donner des soin-.

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