‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 365 sur 511 · V. Citernes, aqueducs, etc · texte numérisé non relu

V. Citernes, aqueducs, etc

Kobinson (Btbl. Res., t. I<r, p. i~'.>

[Route 143.J JERUSALEM. — RÉSERVOIR D'EZÉCHIAS. 7U9

grand nombre parait remonter à

fait remarquer que, bien que Jérusalem soit située dans une région de rochers calcaires, où les puits et les fontaines sont rare*, Dieu qu'on ne connaisse aucune source dans la ville même, et qu'il y ait seulement trois petites fontaines dans la partie basse de la vallée du Josaphat, la ville ne parait avoir manqué d'eau dans aucun des sièges qu'elle eut à soutenir. Toutes les armées assiégeantes souffrirent au contraire do la soif: celles de Pompée, d'Antiochus le Pieux et des croisés, grâce a l'habitude traditionnelle que le? assiégés avaient de couvrir tes fontaines à l'approche de l'ennemi. Josèphe dit, il est vrai, que Titus ne manquait pas d'eau, mais c'est dans un discours ou'il adresse à ses concitoyens pour les engager à se rendre; il cite le fait comme unè preuve que le ciel les a abandonnés, ainsi que cela est déjà arrivé du temps de Nabuchodonosor; d'ailleurs le témoignage de Dio Cassius (lxiv, 4) nous apprend que les Romains souffrirent réellement du manque d'eau. La ville, au contraire, n'en manqua jamais ; elle périt par la famine, jamais par la soif; Guillaume de Tyr raconte que l'armée de Godefroy de Bouillon y trouva d'énormes quantités d'eau. C'était donc par des moyens artificiels que l'eau arrivait à Jérusalem, et ces travaux hydrauli-

3ues remontent à l'ancienne ville es Jébuséens, puisque David s'écrie au moment de l'attaque : « Quiconque se rendra maître du canal sera chef ! » II, Sam., v, «S . Ces provisions d'eau étaient assurées à Jérusalem par des citernes, des réservoirs et des aqueducs.

Citernes. — C'est à peu près la 3eule ressource actuelle de Jérusalem ; mais toute maison importante a sa citerne, où les eaux de pluie, recueillies sur les te rrasses ou dans les cours, Ront conduites par des tuyaux. Ces citernes sont hàties en pierre, recouvertes d'une voûte avec une petite ouverture à la partie supérieure. Un

une haute antiquité. Les principales sont : celle du couvent copte à l'O. de l'église du Saint-Sépulcre, que l'on peut visiter moyennant un léger baghehich ; on lui donne le nom de citerne d'Hélène; celle du couvent delà Flagellation, celle qui est en dedans de la porte de Damas , celle du couvent latin.

Nous nous rappelons enfin qu il existe d immenses réservoirs sous le Haram eeh-Chérif, dont parlent toutes les traditions de Jérusalem et que M. Barclay a pu entrevoir.

Jérusalem possédait en outre des

Réservoirs découverts nommés aussi piscines, ou étaitgs, tels que la piscine dite de Béthesda, près de la porte Sitti-Mariam (V. p. 701, une petite piscine, dite de Bethsabée, près de la porte de .TalTa, et que, grâce à son voisinage de la tour do David, on a supposé avoir appartenu à la maison d'Urie (II, Sara., xi, 2). D'autres avaient été jusqu'à faire du Birket es-Soultan la piscine de Bethsabée. La belle Juive aurait en vérité bien choisi son endroit pour se baigner! La plus importante est connue sous le nom de

Réservoir d'Ézéchias (en arabe

Birket Hammam el Bdtrak, l'étang du Bain du Patriarche); il est situé près de la citadelle, au milieu d'un groupe de maisons, et attenant à V Hôtel de Méditerranée , d?où l'on pourra l'examiner. Sa profondeur n'est pas considérable, mais sa longueur est de 73 met. et sa largeur de 14 mèt. Des travaux exécutés dans le couvent copte, qui le borne du côté du N., ont montré qu'il s'étendait encore de 18 mèt. dans ce sens. Les murailles qui l'enserrent sont fort anciennes, selon Robinson. Il reçoit son eau par tin conduit souterrain venant du Birket-Mamillah (V. p. 818).

Cette circonstance et sa situation à 10. de la ville correspondent manifestement avec ce que la Bible nous apprend du réservoir et du conduit construit par Ezéchias , pour amener dans l'O. de la ville l«\s

SYRIE. — PALESTINE

eaux de Gihon (II, Chron., xxxii, 30; II, Rois, xx, 20). M. de Saulcy affirme que ce ne peut être 1 étang d'Ézéchias, parce que 1 enceinte d'Ezéchias n embrassait pas cette partie de la ville. Mais il faudrait commencer par démontrer ce dernier point. Nous reconnaissons avec lui que c'est par une erreur évidente que Schultz a essaye d'identifier aussi le Birket el- Hammam avec la piscine Amygdalon, mentionnée par Josèphe.

Celle-ci était au N. de la ville (xsrr« près du monument

du Prêtre-Jean (G. d. J., v, 11, 4), et sans doute non loin de la porte de Damas. •

Jérusalem possède aussi plusieurs autres piscines extérieures (Birket-Maraillah, Birket es-Soultan); elles seront décrites plus loin (p. 809) ainsi que les fontaines de la Vierge et de Siloé, quand nous conduirons le lecteur autour

de la ville.

Aqueducs. — Plusieurs aqueducs ont certainement amené les eaux du dehors dans la Jérusalem antique ; nous avons mentionné le conduit de Gihon; Josèphe en parlant « de la porte par laquelle l'eau était amenée à la tour Hippicus; » indique un conduit qui est

I Route 143.1

plus important de Jérusalem était le grand aqueduc , dont on suit encore le tracé depuis le mont Sion, par-dessus la vallée de Hînnom, sur le mont du Mauvais- Conseil et jusqu'au delà de Bethléem (V. p. 809 et 829). Il pénètre dans la ville le longdu Tyropœon.

là on perd ses traces, mais le* recherches de M. Wolcott et de M- Barclay ont à peu près démontre qu'il passe sous la chauaaée qui croise la partie N. du Tyropo?oc pour pénétrer sous le Haram ech- Chérif, et se terminer dans ses réservoirs souterrains. Aujourd'hc.

l'aqueduc est snns usace et n'amène plus les eaux à Jérusalem

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