SYRIE. — PALESTINE
proéminent qu'à un hypogée, et celui-ci se trouve trop haut placé sur la colline pour que le mur de circonvallation passât en cet endroit. C'est un reproche général qui s'adresse à tout le tracé de Schultz que nous avons reproduit sur notre plan. Les ingénieurs avaient dû resserrer autant que possible leur ligne, et n'avaient aucun motif pour l'agrandir dnrnésurément en la plaçant vers le sommet des collines. En somme, on ignore complètement ce que c'estquele tombeau des Prophètes; une tradition juive, rapportée par M. de Saulcy, l'attribuerait pourtant au roi Osias le lépreux , et aux impies Ammon et Manassé, qui ne reposaient pas dans la sépulture des rois de Juda
Le mont du Scandale ou de 1 Offense qui s'élève au S. ne présente rien oui puisse nous y attirer particulièrement : on y jouit d'une vue analogue à celle du mont des Oliviers. — Le nom porté actuellement par ce sommet est dû au souvenir de l'infidélité de Salomon qui bâtit sur les hauts lieux des autels à Moloch , ù Astaroth et à toutes les idoles étrangères (I, Rois, xi, 7). Rien ne prouve bien positivement que ce soit sur cette montagne plutôt que sur une autre que les hauts lieux de Salomon furent bâtis, mais sa position au-dessus du Jardin du Roi, en face de la ville et à droite du Mont des Oliviers (II, Rois, xxm, 13) rend cette attribution rfssez probable. Redescendant dans la vallée de Josaphat, par le sentier de Bcthanie, et tournant à gauche vers le S., on atteindra Bientôt
Slusieurs monuments singuliers, ont li» premier est nommé:
Tombeau d'Absalon. C est un
monolithe cubique dont chaque côté a 0 met. HO. Les colonnes coniques de lu base soutiennent une frise dorique, ornée de triglyphes et do puères. Au-dessus de In irise !•<■.? i;ri'* corniche « i:\ pt icnne . Toute cette partie intérieure est taillée dans le roc. Toute la par-
[Koite 143/
tie supérieure est en maçonnerie:
elle se compose d'un dé carré, surmonté d'un cylindre qui se termine par un tore figurant un énorme câble tordu; le tout est surmonté d'une sorte de pyramide «vidée en gorge et couronnée d'une touffe de palmes. La hauteur totale du monument est de 16 m. 30.
Sa base est à demi enterrée sous les pierres que, depuis des siècles, les Juifs lancent contre cettr tombe maudite. La face S. du monument présente une petiu» ponr assez difficile a atteindre, et plusieurs larges brèches sur les autres faces. On peut pénétrer facilement par celle du N. dans ur< chambre de îi mèt. 50 carrés, don les parois du N. et de l'O. renferment des niches sépulcrale» con> blées parles décombres. La parc- S. présente l'ouverture d'un esci lier qui descendait à la partie inférieure.
La date de ce monument, qui n?
ressemble en rien au dppe de tnarbre dont parlent Josèphc i Antti vu, 10, 3) et la Bible (II, Samue!.
xviii, 18j est difficile à déterminer Les premiers pèlerins le nommaient tombeau d'Ezéchias ou «i« Josaphat [Itin. Hier ; A daman Le docteur Robinson, frappé d»
la ressemblance que le mélange des styles grec et égyptien lu donne avec les tombeaux* de Peu* (V. R. 15L, le considère comme contemporain des Hérodes , qu* étaient d'origine iduméenne, vu peut -être de l'époque d'Adrien [Bibl. res. t. 1<t, p. .Y>1. .
Tombeau de Josaphat. Dan; l'angle N.-E. du vestibule laillt dans le roc qui entoure le tombeau d'Absalon est un riche fronton orné d'acrotères et de rinceaux. C'est ce que les Juifs et Je« chrétiens désignent comme le tombeau de Josaphat, contrairement au texte sacre qui du que Josaphat fut enterré avec ses res. dans la ville de Dnvir] . mr.
père [l, Rois, xxn, .~>0}. Les premiers pèlerins l'attribuaient tanto; à Siraéon le Juste, tantôt à Joseph.
[Route 143-1 JKKUSÀLEM. — Vj
L'entrée en a été obstruée par les Juifs, depuis qu'un missionnaire catholique ayant pénétré, en 1842, dans ce monument j trouva un très-ancien manuscrit du Pentateuque.
A une csntaino de pas au S.
du monument d'Absalon, est une autre chambre sépulcrale nommée par les chrétiens
Tombeau de Saint-Jacques et par les Arabes, le divan de Pharaon {Diwan Fir'oun). Le porche extérieur est soutenu par deux colonnes et deux demi-pilastres d'ordre dorique, reliés par une architrave, au-dessus de laquelle rè^rne une frise dorique ornée de trtglyphes et surmontée d'une corniche. Ce porche a 5 met. 90 de largeur et 3 mit. environ de profondeur; dans la paroi du N. une porte et un escalier conduisent sur le rocher, au-dessus du caveau. Dans le mur du fond s'ouvre une autre porte au-dessus de laquelle est une fenêtre de 80 centimet. sur 31 ; on
Eénètre dans la principale chamrc sépulcrale, carré de 4 met. de côté, oui donne accès a 3 chambres plus petites, comprenant des niches à cercueil. Dans la paroi S.
du vestibule, une porte carrée de ï m. 32 ouvre sur un couloir qui vient déboucher dans la cour, au milieu de lanuelle s'élève le
Tombeau de Zacharie. C'est un
monolithe séparé du rocher, dans lequel il a éié taillé, par un passage creusé dans la base du mont des Oliviers. Chaque côté, large de 5 m. 53, est orné de "l colonnes coniques, au centre, et de deux demi-colonnes engagées dans un pilasire aux anglds. Au-dessus, une architrave simple est surmontée d'une corniche égyptienne qui ressemble à celle au tombeau d'Absalon. Le tout est couronné par uni; pyramide quadrangulaire équilatérale. La hauteur totale de ce monument est de f> m. 60. 11 est très-vénéré des Juifs, qui tiennent k honneur d'être enterrés dans son voisinage, /mais son origine e*t c.M"ore e^ntrovers V. Le pèle-
LLÊE DE JOSAPHAT. 805
rin de Bordeaux le nomme tombeau d'Isaïe, et Benjamin de Tudèle, tombeau d'Osée. Le Zacharie, auquel il est attribué maintenant est-il le grand-prêtre immolé par Joas (II, Chron.. xxiv, 21? D'après son ornementation, le monument parait contemporain du tombeau des Rois (V. p. 814).
M. de Saulcy a donné une bonne description de ces quatre monuments (ouvr. cité, t. Il, p. 288 à 306).
A partir de ces tombeaux, le terrain n'est plus qu'un vaste cimetière juif qui couvre les pentes de la vallée de Josaphat. La vieille superstition juive , adoptée consécutivement par les musulmans et par bon nombre de chrétiens, d'après laquelle le jugement dernier aura lieu dans cette vallée, est basée sur un oracle de Joël (tu, 2, 12. 14) mal interprété, car le nom hébreu de Jchosçaphat signifie seulement le jugement de Jéhovah. La Bible ne désigne la vallée que sous le nom de vallée de Cédron. Le torrent y est constamment à sec, mais la gorge se creuse de plus en plus en approchant du village de
Siloam [Kefr-Silwam). C'est un singulier assemblage de maisons bâties en étages sur un rocher à pic, et de grandes cavernes sépulcrales, qui servent aujourd'hui d'habitations et de magasins. Une population demi -sauvage poursuit l'étranger de ses clameurs et de ses demandes de baghehich.
M. de Saulcy y a signalé un monument monolithe, formé d'un carré h arêtes légèrement inclinées en dehors, ave<* une corniche égyptienne. L'intérieur contient deux chambres. M de Saulcy suppose que c'est une chapelle égyptienne élevée par Salomon pour sa femme, la lille de Pharaon. — Du village de Siloam, le regard plonge dans la vallée de Cédron, qui devient de plus en plus étroite, et plus profonde, jusqu'au point où elle reçoit le Tyropu on, et le sombre vallon île Hinnom à l'O. \.r> pentes du mont oph»*l s'élèvent
806 SYRIE. — l1
en étages vers le N. jusqu'au Moriah, couronné par la haute muraille du temple.
Il faut revenir sur ses pas jusqu'à l'extrémité N. du v. de Siloam pour descendre dans la valh'e du Cédron. On traverse celle-ci pour aller visiter au pied du mont Ophel, h g. du sentier qui remonte vers le temple,
La Fontaine de la Vierge (en arabe Ain Onm cd-Deradj, la fontaine de la Mère de l'Escalier . La tradition adoptée au moyen âge est que la Vierge venait* y laver les langes de son divin liïs. Elle répond exactement par sa position à Y étang de Salomon, que Josèphe place sur le coté K. du mont Ophel, entre la fontaine de Siloam et le côté S. du temple, et peutêtre aussi à l'étang du Roi de NYhémic u. 11-15). Elle a été souvent confondue avec Siloé. La fontaine de la Vierge est placée au fond d'une excavation, taillée dans le rocher, où l'on descend par un escalier de trente marches, divisé en deux par une chambre voûtée en ogive, d'un peu plus de 3 raèt. de large sur autant de hauteur. La grotte inférieure est à environ 8 met. de profondeur; l'eau sort dans un bassin d'environ 5 met. de long sur î met. de large et à peu près autant de profondeur, et elle disparaît dans un canal souterrain qui la conduit a la fontaine Siloam. Robinson s est assuré du fuit en s'engageant dans ce canal presque en rampant, et a pu le parcourir dans toute son étendue. Le canal décrit de nombreux zigzags, de sorte que sa longueur totale est de 533 mèt., tandis que la distance en ligne directe n'est que do 335 mèt.; la voûte est de plus en plus élevée à mesure qu'on approche de Siloé.
— La fontaine de la Vierge présente des phénomènes d'intermittence très-marqués, et que Robinson a pu constater (Bihl Res , t. Ier, p. 500) : l'eau s'accroît subitement a certaines heures de la journée, une ou deux fois par jour à inter-
lLESTINE. Roctb 143.;
valles irréguliers, et, en été, une fois tous les deux ou trois jours seulement. La superstition populaire attribue le phénomène à un dragon qui vit à la source de U fontaine; elle s'explique naturellement par un effet de siphon.
L'opinion générale est que l'eau vient des réservoirs cachés audessous du Haram ech-Chérif, et c'est en elTet très-probable. Robinson (Ibid., p. 5(P) croit trouver dans cette intermittence une raison d'identifier la fontaine de la Vierge avec la piscine de Béthesda (saint Jean, v. 4;. Le voyigeur, peu désireux de s'engager comme Robinson dans le conduit souterrain, remontera l'escalier de la fontaine de la Vierge, et suivra, sur une distance d'environ 300 mèt., la vallée du Cédror..
jusqu'à l'angle S. du mont Ophel, où aboutit le vallon du Tvropcrcn.
La, le terrain est couvert de jardins verdoyants. On remarque ies restes d'une digue en maçonnerie très-reconnaissable, qui s'étendait transversalement à l'entrée du Tyropceon pour convertir en éiang sa partie inférieure. Au bout de la chaussée, un vieux mûrt-r marque la place où, selon la tradition, le prophète Isaïe fut -'oi*4 en deux par ordre de Maiias>''\ Ln remontant un peu vers le N. on arrive à
L'étang ou la fontaine de Siloé.
— C'est un réservoir rectangulaire d'environ 10 mèt. de long sur tî de large et 0 de profondeur, t*1vètu intérieurement d'une maçonnerie moderne, dans laquelle >«. l> engagés quelques tronçons de colonnes de granit gris qui provKinent d'une basilique élevée vrr* le siècle. A 1 angle N.-E. d« bassin est une arcade avec escalier ruiné, par lequel on descend dans un très-petit bassin ou débouche le canal qui vient do la fontaine delà Vierge V. ci -dessus- Ce canal présente ici moins de 1 mèt. de large et 5 mèt. environ de hauteur. Cette communication explique comment on 3 retrouv
[Hoi/iK U3.J JERUSALEM. - SILOE. - PUITS DE JOB.
à la fontaine de Siloé la môme intermittence qu'à la fontaine de la Vierge, en môme temps qu'elle nous donne IVtymologie de son nom : Siloé signifie en hébreu missio aqiiT, c'est-à-dire aqueduc ou conduit d'eau. Quant au grand réservoir en maçonnerie, il est ordinairement vide; le ruisseau <[ui sort du rocher ne fait que le traverser et va arroser les jardins situés au dessous.
La fontaine de Siloé est mentionnée deux fois dans l'Ancien Testament (Isaïe, vm. 6; Néhémie, m, 15, et une fois dans l'Evangile (saint Jean, ix. 7), lorsque .J «'sus-Christ guérit l'aveugle-né.
Josèphe, qui la nomme plusieurs fois [Guerre des Juifs, n, 16. 2; vi, 7, 2; v, 4, 1; v, 1, 2), la pince au bout du Tyropœon et a l'extrémité S. de la ville. Dès les premiers siècles du christianisme, elle fut recherchée en souvenir de la guérison de l'ave ugle-né ; une superstition populaire lui attribuait de merveilleux effets pour la guérison des ophthalmies.
J,e pèlerin de Bordeaux mentionne la basilique qui y fut construite : habet quadrifjorticum et alia piscina grandis foras. Cette autre piscine, designée par les derniers mots, eut sans doute l'étang formé par la grande digue ijue nous avons signalée et qui est encore entière, bien que le terrain au-dessus soit comblé de terre et cultivé. Enfin le verset <lc Néhémie in, l'u nous apprend tjtie le terrain fertile et les potagers, qui s'étendent au-dessous de Siloé, ne sont autres que le jardin du Roi de l'Ancien Testament ;H, Kois, xxv, 1; Jérémie, xxxix, 1; mi. 7). C'est à tort que Schultz, dont nous avons reproduit le plan, confond l'étang de Siloé avec l'étang de Salomon { V. fontaine de la Vierge).
De la fontaine de Siloé on se dirige vers le S.-E. à travers les jardins qui couvrent la partie élargie de la vallée de Josaphat, et laissant a dr. l'entrée de la
vallée de Hinnom, on gagne à environ 100 met. plus loin le
Puits de Job (Bir-Eyoub), l'ancien En-Rogel, connu par les chrétiens sous le nom de puits de X ch v mie. En-Rogel marquait la limite des tribus de Juda et de Benjamin Jos., xv, 7, 8 ; xvin,]6% Il est mentionné dans l'histoire d'Absalon (II, Samuel, xvn, 17;, et lorsque Adonijah, lils de David, aspire à supplanter son frère?
Salomon, il assemble ses partisans à En-Hogel [I. Bois, i, 9; ; Josèphe nous apprend à cette occasion que la source était dans le jardin du liai Aniiq., vit, 14, 4). Le nom de puits de Néhémie vient d'une tradition, selon laquelle ce prophète y retrouva le feu sacré qui y avait été caché pendant la captivité de Babvlone (II, Macchab., i, 19-22).
Bir-Eyoub est un puits caché sous une bâtisse quadrangulaire ouverte à sa face orientale. A droite se trouve un bassin carré où l'eau reste stagnante. Le puits a environ 41 met. de profondeur; sa maçonnerie présente des pierres de grandes dimensions qui paraissent fort anciennes: Medjr ed-Din dit qu'on trouve au fond une cave latérale d'où l'eau sort. Celle-ci reste ordinairement à une profondeur de S0 coudées ; mais, quand l'hiver a été pluvieux, l'eau de ce puUs jaillit dès le commencement de janvier, et cet indice certain d'une bonne récolte est célébré par une fête de plusieurs jours autour de Bir-Eyoub. Le coup d'oui que présente alors cette gorge solitaire, momentanément réveillée par le d<jumdovm (tambourin) et les chants de la foule, offre un spectacle des plus curieux et bien rare dans une ville vouée au deuil et à la prière. — Le Cé'dron devient alors un cours d'eau véritable. A partir du Bir-Eyoub le torrent, s'engage au S. dans une vallée ( ' troue et verdoyante, où se trouve à 3 ou 400 pas une source que M. de Saulcy propose, avec un peu d'hésitation, de considérer
ROK SYRIK. - PALESTINE.
comme le véritable En-Rogel.
Les rochers qui dominent cette vallée à TO. répondent, selon Schultz, à la pierre de ZohéJet, mentionnée dans l'histoire d'Adonijah (I, Kois, i, 0). Un peu plus loin, la vallée du Cédron tourne a l'E. en prenant le nom de Wadi en-NAr. Revenant vers liir-Eyoub, on se dirige au N.-O. vers
La vallée de Hinnom (en arabe Wadi cr-Habab), en hébreu Gué- Hinnom ou lien-Hinnom (la vallée des fils de Hinnom}, mentionnée au livre de Josué (xv, 8; xvm, JO} comme frontière de Juda et de Benjamin, mais connue surtout par le culte sanguinaire de Eaal et de Jloloeh, qui y fut établi par les rois idolâtres (.Térémie, vu, 31-3'?; xix, 6-15; II, Rois, xxm. 10 . Tophel était, selon saint Jérôme, la partie inférieure de Hinnom, la plus fertile et la plus rapprochée de Siloam. Ce n'est (pie plus lard, sans doute en mémoire des sacrifices ubominables à Moloch, que le nom de la vallée fut transformé en celui de Gehenna, qui signifie l'Enfer en langue syriaque. La voilée de Hinnoiri contourne la base du mont Sion à l'O. et au S.
Les rochers qui se dressent sur le flanc méridional de la vallée, et qui appartiennent au mont du Mauvais-Conseil , sont percés d'un nombre énorme de tombeaux d'une date relativement récente, car à l'époque des rois de Juda le lieu paraissait maudit {Jérém., xi\, 11). Ils n'ont aucun intéiôt artistique, ee sont des chambres très-simples, la plupart a nortes carrées. Le plus remarquable qui *e présente tout d'abord en venant de Ilir-Eyoub, est connu sous le n o m de
Monument des Apôtres, tombeau de saint Onuphre ou du grand-prêtre Ananus. Il est reeonnaissable à la frise sculptée qui surmonte le vestibule. . C est une frise dorique offrant huit métopes portant chacune un ornement dift» r. nt en guise de patère, et séparées les unes des autres par de*
[Route 143/
triglyphes ou mieux des diglynhis puisqu'ils ne comportent que aeui baguettes et deux gouttes seulement; des grappes de raisins, de fleurons et rosaces diverses garnissent les métopes.... Des peinturebyzantines se voient encore au plafond du vestibule et dans 1^ chambres qui suivent et qui cet toutes leurs parois entaillées ^ fours et de couchettes à cercueil.»
[De Saulcy, ouvr. cité. t. II, p. 311 Selon la tradition, les apôtres y auraient cherché un refuge après 1 arrestation de Jésus-Christ. Scbuh:
l'a identifié avec assez de vraisemblance avec le tombeau du jrani prêtre Ananus (Josèphe, Guerre <lV Juifs, v, 12, .2), près duquel le de Titus, après ^tre descendu à&ila vallée de la source, sVleva:t sur la montagne où Pompée a^a " placé son camp. Ce tombeau parai; avoir été transformé en ermita; à l'époque des croisades. Pro* de là, à vingt pas h l'E.. on trou*' au fond d une tranchée c truite, a pente rapide, un autre tornhea^ surmonté d'un fronton tnangulatrt les deux côtes de la porte étaient flanqués de pilastres, dont i! n-1 reste que celui de droite. L'm'' rieur est composé de dix caveatn en voûte surbaissée. Surplusieurtle ces tombeaux, on trouve inscriptions hébraïques qui. }ia:
leurs caractères irréguliers, reparaissent pas devoir rcnn»nte:
plus haut que le vnt* ou ix* siècle et des inscriptions grecques fort dégradées où l'on voit souvent répétée la ligure d une croix e* les mots r^i cr/;a; ciw ; M. de Saulrv établit ;ouvr. cité, p. oiO'^i qu'elles furent consacrées à 1»
sépulture* des chrétiens de Jérusalem.
En s'élevant sur le mont au Mauvais-Conseil, dans la directii-n du S., on trouvr, à peu près »
mi-cotc, un bâtiment qui a conservé le nom de Hakk él-Dama île prix du sang). Une tradition non interrompue depuis saint Ji * rôme. reconnaît en ce lieu 1* champ du Potier, qui fut aehet-
fKotïK 143.J JERUSALEM. — VALLEE DE HIXXOM.
pour servir de tombeau aux étrangers, avec les trente pièces d'argent que Judas avait reçues pour prix de sa trahison, et qu'il rapporta aux sacrificateurs (saint Matthieu, xxvn, 7,8^. A l'époque des croisades, ce terrain s appelait le charnier de Chaudemar et servait à la sépulture des pèlerins morts à Jérusalem. Une superstition populaire attribuait à ce terrain la propriété de consumer les corps en vingt -quatre heures; c'est cette terre dont une grande quantité fut transportée au Campo- Santo de Pise en 1228. Le Hakk-el- Dama est un édifice massif bâti à pic sur le rocher, avec un toit en terrasse et deux ouvertures ou fenêtres. L'intérieur, où l'on ne peut pénétrer , est creusé d'une dizaine de mètres en contre-bas.
« Par les fenêtres, on distingue des caveaux funéraires et de trèsbelles arcades en pierre de taille parfaitement appareillées et d'apparence romaine » (De Saulev, t. II, p. .110).
Du Uakk-el-Dama, on peut monter au sommet du mont du Mauvais-Conseil (en arabe Djébel-el- Koubour. le mont des Tombeaux) pour visiter les ruines du v. de Déïr Kaddis Modistus; la tradition y place la villa de Caïphe, où les Juifs méditèrent de perdre Jésus- Christ, d'où provient le nom donné à la montagne à partir du xv* siècle. On y montre aussi l'arbre où Judas se pendit. C'est sur cette montagne que Pompée campa quand il vint assiéger Jérusalem ;.Iosèphe, Guerre des Jxiifs, v, 12, 2).
Du mont du Mauvais- Conseil, on revient en longeant la vallée «le Hinnom, qui tourne vers le X.
jusqu'au
Birket es-Soultan, l'étang mfé-
près de son extrémité X., la vallée est traversée par un petit aqueduc de neuf arches qui porte le nom d'el-Hourak. Cet aqueduc, qui vient des réservoirs de Salomon près de Bethléem, contourne, en approchant de Jérusalem, le mont du Mauvais-Conseil, puis franchit la vallée de Gihon pour faire ensuite tout le tour du mont Sion. Xous avons déjà dit où l'on pense qu'il aboutit (V. p. 800).
Cet aqueduc n'est pas mentionné dans la Bible , mais le Talmud en parle souvent, et Williams conclut de deux passages fort peu explicites de Josèphe (Antiq., xvm, 3, 2; G. d. n, 9, 4 qu'il avait étéconstruit par Ponce Pdate. Il est fort douteux qu'il s'agisse du même aqueduc, car Josèphe lui aurait donné 400 stades de longueur, ce qui est plus de 8 fois l'étendue de l'aqueduc actuel. Mais l'antiquité de celui-ci ne peut être contestée. Une inscription arabe, nui se lit sur les arcades au-dessus du Birket es-Soultan nous apprend qu'il a été bâti c'est-à-dire réparé) par le sultan Mamelouk el- Mélik en -Xaser-Mohammed , de l'an 693 à 741 de l'hégire (1294 à 1340.)
A l'O. du Birket es-Soultan, on trouve quelques ruines, appelées Kasr el-Asfour ou el-Ghazal(le chdteau du Moineau ou dos Gazelles), et Abou Waïr , où Schultz place le Erebinthôn Oikoi (la maison des Pois-Chiches), mentionné par Josèphe Guerre des Juifs, v.
12, 2) comme le point où passait la muraille de Titus en retournant vers le X. Un peu plus au X. est la petite église grecque de Saint- Georges. On peut en quelques minutes rentrer dans la ville par la porte de Jaffa; mais il nous reste,
Heur (isaie, xxn, 9), la plus pour achever l'examen de la pargrande des piscines de Jérusalem, tieS. de Jérusalem, à revenir vers
puisqu'elle mesure environ 180 mèt. de long sur 78 de largeur, mais elle est abandonnée et constamment à sec. La chaussée du S. porte un sentier qui remonte sur le mont Sion; k 70 mot. à peu
la porte de Sion.
On gravira donc les pentes du mont Sion au-dessous des murailles appelées Abradj Ghazsah (les tours de Gaza), et dépassant l'angle S.-O. dcsmuraillcs, la nouvella
SYRIE. — PALESTINE
école protestante et les cimetières chrétiens, on atteindra bientôt :
Le tombeau de David ( Nébi- Daoud) , et te Cénacle. Le groupe de bâtiments qui porte ce nom est placé à peu près à l'extrémité S. du mont Sion, et se reconnaît de loin ii son minaret élevé. Il occupe remplacement de l'an- • lenne église des Apôtres, mentionnée au iv« siècle par saint Cyrille, et, s'il faut en croire Epiphanc, une église très-petite aurait déjà existé en ce lieu au temnsd'Àdricn, dans la seule partie ae Sion qui eût échappé à la destruction. La tradition y plaçait la première assemblée îles apôtres le jour de la Pentecôte; Antonin de Plaisance au vi« siècle , Arculfe , saint Willibald et Bernard le Sage au vji« et au ix« parlent de cette église, et ajoutent qu'on y montrait le lieu de la Cène, la colonne où le Christ avait été attaché et flagellé (déjà mentionné par le pèlerin de Bordeaux et par saint Jérôme) , la chambre où mourut la vierge Marie, et la place ou saint Etienne soulFrit le martyre, ou le lieu où il avait été enterré. Plus tard les pèlerins y ajoutent le lieu de l'apparition du Christ aux apôtres, celui où il leur lava les pieds, et autres traditions. Il est probable que l'église fu t détruite par le sultan El-Hakcm, elle était en ruines à la lin du xi« siècle. Mais on en retrouve des descriptions ù l'époque de la domination «les Croisés. ( V. deVogiïé, ouv. cité, p. 32:1.! Elle parait avoir subsisté lorsque la ville retomba au pouvoir «tes musulmans , en 1187. En l.'U-\ elle fut donnée en garde aux franciscains, et un couvent fut élevé aux frais de la reine Sanche de Sicile , à peu près sur le plan des bâtiments qu'on voit aujourd'hui. Les franciscains la conservèrent jusqu'en 1501. Les musulmans s'en emparèrent alors sous prétexte que l'édifice couvrait le tombeau du prophète David , fait qui leur avait été, dit-on, révélé par un juif ; et le ; franciscains furent expulsés du couvent
[Rocte 143. J
et remplacés par des santons musulmans. Les chrétiens continuèrent cependant k être admis a certaines époques dans la salle du Cénacle, à y célébrer la messe, et à y laver les pieds des pèlerin»
le Jeudi-Saint.
L'église bâtie par les franciscains n'occupe probablement qu'un des bas-eiués de l'église primitive. Elle est divisée en deui étages. < L'étage inférieur, formé avec les substructions ancienne*, est divisé en deux salles : l'une dont la voûte est supporté par doux piliers , est nommée H salle du lavement des pieds ; l'autre, plus petite et également voûte?, est fe prétendu tovibeau de Daui dont l'entrée est rigoureusemect interdite. L'étage supérieur eM également partagé en deux compartiments : l'un, situé vers 1 E., au-dessus du tombeau de David, et recouvert par une coupole, est inaccessible aux chrétiens. On y plaçait, à l'époque de l'occup;ittond^.franciscains, la descente du Saint- Esprit. L'autre, nommé aujourd'hui le Cénacle est une salle deU mèt. sur 0, en style gothique du xrv' siècle parfaitement caractérisé. Il est évident que cette salie»
été construite par les franciscains lors de leur insta lation en VMi.
Deux colonnes la divisent, dans le sens de sa longueur, en deux nefparallèles. Des demi-colonnes , situées dans leur alignement, sont engagées dans les murs extrêmes.
Trois fenêtres s'ouvrent au S. «lan> le mur latéral. Un escalier, aboutissant à l'extrémité O., descend au rez-de-chaussée. » (F. de Yogùf.
p. 329.) A l'extrémité E. est une petite niche, où les chrétien? peuvent dire la messe a certaine* époques : au sud est un w.fod m u s u 1 m an.
Le tombeau de David, maille fanatisme ombrageux de se»
gardiens, a pu être visité par quelques voyageurs en 1839, par sir Moses Montetiore, et dans ces dernières années par Mlle Barclay, sous un déguisement arabe. !..
• Route 143.] JERUSALEM. — TOMBEAU DE DAVID.
description qu'elle en arapportée dans le livre de son père ^Dr Barda v, the City of the Grcat King, \>. 212, Philadelphie, 1850. , répond aux notions rju'on en avait :
.iprès avoir passé plusieurs salles, qu'à leur architecture elle jugea être du temps des croisades, elle .irriva à une lourde grille de fer qui ferme l'entrée du sanctuaire, et elle pénétra de plain-pied dans le tombeau de David, c'est-à-dire dans une petite pièce voûtée <lont les murs sont recouverts de plaques de porcelaine blanche et bleue ; au centre s'élève le grossier catafalque, recouvert d'un tapis de satin vert brodé d'or; un j'rand voile de soie rayée rouge » tvert attaché à la voûte, est tendu ;iu -dessus du monument. Au fond de la salle une petite porte fermée s'ouvre, dit-on , sur un escalier descendant à une cave où serait ]e tombeau véritable.
L'attribution faite parles musulmans ne prouve évidemment rien en faveur de l'authencité du tombeau do David ; s'il y a réellement une crypte souterraine au-dessous de la salle du xi"ou xne siècle qui porte ce nom, il est assez étonnant qu'elle n'ait pas été mentionnée par les écrivains qui ont décrit l'église du temps qu'elle appartenait aux chrétiens. Mais on a beaucoup de raisons de croire que la sépulture de David et des rois de Juda était en effet placée sur cette partie du mont Sion. On lit dans la Bible I, Rois, ii, 10 : « David se coucha avec ses pères et fut enseveli dans la ville de David. % Josèphc dit dans Jérusalem • 1 , v i ï : 5 z<ù jyxti) ; 1 a m é m e formule est répétée pour Salonîon et douze de ses successeur?, qui tous furent ensevelis avec leurs nèroa dans la ville de David. Le livre de Néhémie fin . 15, 11») fournit de plus une indication du lieu <>u se trouvai t cette sépulture. Pariant des différents checs qui se partagent la tâche de relever les murs de Jérusalem, il dit que :
SeaJlum répara •< la muraille de 1 étang de Neélah (Siloé). tirant
vers les jardinsdu Roi et jusqu'aux degrés qui descendent de la ville de David. Après lui, Néhémie répara jusqu'à V endroit des sépulcres de David, jusqu'à l'étang refait, et jusqu'à la maison des hommes vaillants. » Il est évident que cette partie de la muraille partant du Siloé et du jardin du Roi remonte la pente du mont Sion, et y rencontre les tombeaux de David ; que l'étang refait n'est autre que le Birket es-Soultan, et la maison des hommes vaillants répond peut-cire à la citadelle. Le sépulcre de David était u n endroit parlaitement connu des Juifs. Josèphe raconte que Salomon y avait enseveli d'immenses trésors dans la tombe de son père, et que plus tard Hvrean , assiégé par Antiochus le Pieux, ouvrit le tombeau de David et en tira 3 000 talents pour obtenir la levée du siège. Plus tard, Jlérode voulut aussi dépouiller le tombeau de David. N'y trouvant pasd'argent monnayé, mais seulement des ornements d'or, il voulut pénétrer plus avant et chercher jusque dans les sarcophages; mais il perdit deux de ses doryphores, lesquels périrent étouffés par les flammes qui les frappèrent au moment ou ils y pénétrèrent. Hérode épouvanté sortit et Ht élever à la porte un monument expiatoire. [Antiq., vu, 15, 2 ; xvi ,7,1). Saint Pierre parle du tombeau de David comme d'un lieu bien connu de tous (Actes, ii, 29;. Dio (lassius dit que la chute du tombeau de Salomon fut considérée par les Juifs comme un présage de ruine. Enfin saint Jérôme en parle aussi (Kpist. xuv), puisqu'il se propose d'aller y prier avec Paula. Or la tradition sur ce lieu connu a conservé une valeur réelle, et la tradition juive n'a pas varié à ce sujet. Benjamin de Tudèle, racontant au xn* siècle comment le tombeau a é'té retrouvé* sur le mont Sion par deux terrassiers, avec plusieurs circonstances merveilleuses qui rappellent la tentative d'Hérode , ne rapporte sans doute qu'un conte enjolivé par les
SYRIE. — PALESTINE
lUoutk 143.]
rabbins de l'époque, mais qui n'en prouve pas moins que la tradition étaitconstante, comme elle l'estencorc parmi les Juifs. En somme , si le tombeau de David n'est pas au Nébi-Daoud , tout porte à croire qu'il n'en est pas loin, et qu'on pourra le retrouver par une exploration plusattentive du mont Sion.
En dehors des édifices de Nébi- Daoud, on montre un peu au N.
la maison où la Vierge Marie aurait passé les dernières années de sa vie.
Revenant près de la porte de Sion, on voit à gauche un petit couvent arménien qui passe pour la Maison de Caïphe ; la tradition qui en fixe l'emplacement sur le mont Sion remonte au iv* siècle.
Le couvent actuel parait avoir été bâti au xiv* siècle. Il n'a aucun mérite architectural. On y montre la prison du Christ, le lieu où saint Pierre renia son maître, et même la place où le coq a chanté. L'église porte le nom de Saint-Sauveur. On y montre la pierre qui recouvrait le saint sépulcre; les moines arméniens sont accusés de se l'être appropriée d'une façon peu honorable.
A quelques centaines de pas vers l'K., près du sentier qui descend du mont Sion à Siloé, on trouve encore une petite crypte entourée de ruines informes: ce sont les restes de l'église Saint- Pierre en Gallicante, détruite depuis le xni* siècle. C'est là que Pierre se retira pour pleurer sur son reniement (F. de Vogué, p.3:Ui.
On rentre a Jérusalem par la porte de Nébi-Daoud.
2° Côté du Nord et de l'Ouest.
Tombeaux des rois, des juges, etc.
11 est indispensable ici de se munir de flambeaux pour visiter les hypogées compris dans cette tournée.
On sort par la porte de Damas ou de la colonne i.Bab cl-'Amoud) belle arcade ogivale, flanquée de deux grosses tours avec des créneaux assez pittoresques. On re-
trouve sur les flancs de cette porte et à la base de la construction, des blocs massifs forrnantde> assises comparables a celles de l'enceinte du temple. On ne peut donc douter que cette porte soit antique, et n'ait fait partie de la seconde enceinte de Jérusalem On s'accorde généralement à l'identifier avec la porte d Ephraïto.
— Escaladant le talus à droite et longeant les murailles vers IX, on trouve à environ 100 nièt. uif grande tranchée creusée dans I? roc, que Schultz u notée sous lr nom de citerne, et que M. de San'cy veut identifier avec la fontaine de Oihon. Mais ses argument sont d'une extrême faiblesse 'ouvr.
cité, t. 11, p. 343; et s'appli-
quent bien mieux au Birketel-Mimillah v. p. 818\ 11 parail d'ailleurs à peu près démontré ouf cette tranchée n'était pas une ci terne, mais une des entrées de* vastes carrières que nous alloDdécrire, et avec lesquelles elle communiquait par une porte presque enterrée, mais dont on distingue parfaitement la partie supérieure (V. Gérardy Saintine, Trou ans en Judée, p. 202). C'est à 100 met. plus loin, que, par une petite ouverture dans le rocher seryar' de base à la muraille, on pénètre en rampant dans de
Vastes carrières, appelée? ^
arabe Megharet el-Kotton, ou s'étendent au loin sous la colliof de Uézétha, et qui répondent trèsbien à la Grotte du Un, mentionnée par Medjr ed-Din. La découverte «le ces carrières ou caverne* est récente; elles ont été bien décrites par M. Bonar [The land <j prom. p. 31.'J et suivantes' et p*r M. Oérardy Saintine (ouvr. cik.
p. 197-202)** Des salles immen>e>.
soutenues par des colonnes naturelles laissent s'ouvrir dans leur?
parois des percées qui pénétrât dans d'autres chambres non mon'grandes. A gauche, c'est un amaconfus, désordonné de roches er tassées, un chaos d'énormes bloc* de calcaire soutenus par d'aii-
[Route 143.] JÉRUSALEM. — G 1
très blocs roulés pèle-mèle. D'autres Mors pendent perpendiculairement. » De grandes stalactites bizarres ajoutent à l'effet pittoresque du lieu. La blancheur de la pierre est très-remarquable. Ce sont évidemment des carrières, et M. G. Saintine croit y reconnaître dans la coupe du calcaire le mémo procédé dont on s'est servi pour creuser la plupart des excavations des vallées de Hinnom et du Cédron, et la mesure du vide laissé par les pierres enlevées coïncide avec la grandeur des gros blocs soi-disant salomonieus dés murailles du temple. Le calcaire est le mémo. En somme, il propose d'y
reconnaître les cavernes royales
[ï-rj'jx% naîfxxa dont parle Josèphe (Guerre des Juifs, v, 4. 2 .
En face de ces carrières, s'élève un monticule, séparé de l'escarpement des murailles par une tranchée que M. Bonar regarde comme artificielle [The land of promise, t. II, p. -23V. Dans cette colline est creusée la
Grotte de Jérémie ; c'est actuellement un santon musulman gardé par un vieux, derviche, qui vous y admet moyennant un léger baghchich. L'intérieur ne présente rien d'intéressant; on entre par une petite porte dans une vaste chambre qui communique avec un large souterrain , composé de plusieurs autres chambres où sont entassés pcloxnele d'énormes blocs de calcaire et des piliers taillés dans le roc.
Mais tout est recouvert d'un badigeon blanc , et l'on n'y voit aucun vestige de constructions anciennes. A côté, est une autre grotte, qui a servi autrefois do citerne ; quelques marches descendent dans deux chambres voûtées. Il n'y a dans tout cela non de satisfaisant. La tradition vulgaire place dans ces grottes la prison de Jérémie (Jérémie, xxxvii, 16,21 ; xxviii. G, -28 , et le lieu où il composa ses lamentations. Sehultz a voulu y reconnaître le tombeau d'AUxandre Jannrui, mentionné