‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 368 sur 511 · VITE DE JEREMIE · texte numérisé non relu

VITE DE JEREMIE

par Josèphe comme un point voisin de la tour Antonia. Il est dit on effet, dans la Guerre des Juifs, (v, 7, 3; que Titus ayant forcé la première enceinte, les Juifs, pour défendre le second mur se parta-

ffèrent en deux parties : . Jean avec es siens combattait du haut d'Antonia, du portique septentrional du temple et devant les monuments du roi Alexandre. » Il est assez difficile que do la lour Antonia, on pût apercevoir le point delà grotte de Jérémie pardessus toute la colline do Bézétha : il faudrait donc chercher le monument d'Alexandre plus prè* de l'angle N.-O. du llaram eehclu rif. M. (t. Saintine croit l'avoir trouvé dans une cave s-'-pulcrale , dt couverte eu IM.'rô, lorsqu'on creusa les fondements de l'hôpital autrichien.

Au-dessus do la grotte de Jérémie, s'étend un cimetière musulman appelé Tourbet ez-Zahara.

On suit les murailles de la ville jusqu'à l'angle oriental, en passant devant une porte murée que l'on nomme Bab ez-Zahéri V. p. 704'. Dece point jusqu'à l'angle N. E. de la ville, la muraille présente peu d'élévation au-dessus du niveau général du terrain, c'est le point faible de la place; c'est là, dit-on,

3 ue Godefroy de Bouillon esenlaa les murailles de la ville. Une citerne sans importance, Birket el- Hidjah, se trouve en cet endroit.

On atteint bientôt la vallée du Cédron, qui no présente à cet endroit que très-peu de profondeur, et tournant à gauche, on remonte vers le N. Le sol ost cultivé et plus loin, il se couvre de vignes et d'oliviers. Bientôt la vallée tourne à l'O.; ses flancs présentent do nombreuses excavations, anciennes carrières et grottes sépulcrales. On y place arbitrairement plusieurs localités de l'ancienne Jérusalem.

Ainsi Williams pense qu'on pourrait y retrouver les cavernes royales de Josèphe; Sehultz en désigne une, au fond d'un rentrant, sous le nom de tombeau du Foulon, en rr.é-

moire du monument de ce nom que Josèphe place sur le tracé de la troisième enceinte {Guerre des Juifs, v, 4, 2}. trn peu plus loin, vers le N\, une autre grotte sépulcrale est désignée par une vieille tradition juive, comme le tombeau de Simon le Juste ; les musulmans l'ont fermée par une grille en fer pour prélever un impôt sur la piété juive ; l'intérieur n'offre d'ailleurs qu'une petite citerne et quelques fours à cercueil.

On rencontre bientôt la route de Naploiiîse à Jérusalem. Le voyageur qui n'est pas arrivé par cette roule fera bien de la remonter dans la direction du N. pour visiter la hauteur qui domine au N. la

Sartie transversale de la vallée u Cédron et toute la ville de Jénmalem : c'est évidemment le Scopos par lequel Titus vint assaillir Jérusalem [Guerre des Juifs, v, 2, 3; ni, 2). Faut-il v placer aussi, comme M. de Saulcv, le lieu de l'entrevue célèbre d'Alexandre et du grand -prêtre Jaddus {Antiq., xi, 8, 5) ? Josèphe parle d'un lieu nommé Sapha, d'où l'on découvrait la ville, Sapha répondant au nom grec g/oiy,, observatoire. M.

de Saulcy (t. 1", p. ua;l$ veut reconnaître ce nom de. Sapha dans dans le nom actuel du village de Chdfat, qui couronne la hauteur.

Il est à remarquer que Josèphe se sert ici du mot de o/.srry; et, dans le siège de Titus, du nom de wzé; il est donc douteux qu'il s'agisse de la même localité, d'autant plus qu'Alexandre venait de tyaza,(I6id., 4) ce qui n'est pas la direction.

Reprenant la route vers le S., comme pour revenir à la ville, on traverse de nouveau la vallée du Cédron, et. après une montée de 200 met., une petite citerne à gauche prévient qu'on est à la hauteur du tombeau des Rois: quelques pas à travers champs, et on aperçoit l'excavation.

Tombeaux des Rois (en arabe Kmtbour el-Mouluuk). Us sont situés à l'E. de la route de Naplouse, à environ 800 met. au N. de la

* t*n plan inc!. rude Saulcy ;ouvr.

et suiv.\ et pla ■:>'■ de rocher».

IRorTX 143.

porte de Damas vers l'E., dit M.

cité, t. Il, p. 229 entre deux murailles aboutit à une paroi verticale, dac?

laquelle est percé un soupirai donnant sur une sorte de citerne.

Dans la muraille de gauche r$:

une porte en plein-cintre orm^ d'un simple filet creux àl'ext»-

ricur. Cette porte, enterrée ju

débou-

la naissance du cintre , che sur une large cour carrée, à parois verticales taillées dan* et dont le sol est rendu

le roc

inégal par des accumulations cdécombres. Dans la muraille du fond est pratiqué, avec un art très-remarquable, un large vestibule soutenu autrefois par deuï colonnes dont il ne reste qu'un seul chapiteau appendu, adroite, au plafond. Au-dessus du vestibule court une longue frise sculptée avec unç délicatesse et un goût exquis. Le centre de la fri*f est occupé par une grappe de raisin, emblème de la Terre promue et type habituel des monnaies monéennes. A droite et à gauche sont placées svmétriquement une triple palme d'un dessin élégant, une couronne et des triglypbe»

alternant avec des patères ou boucliers ronds répétés trois fois. Audessous règne une guirlande d* feuillages et de fruits retombant ï angle droit de chaque coté de l'ouverture du vestibule. Au-de*J'J; de la ligne des triglyphes, commence une belle corniche ma!heureusement très - endomma^ toute la partie gauche de eett" frise ij'omMo plus aujourd bu;', l.'ne fois descendu sur le sol 'te vestibule on aperçoit, au fond ilp la paroi de gauche, une peti:" porte basse par laquelle on rr peut passer qu'en rampant. » On arrive à cette porte, dit M. Gérardy Saintine ;ouvr. cité, p. !£?4) complétant et rectifiant la desen-

Stion de M. de Saulcv, en descen ant un reste d'escalier, défiguraujourd'hui, oui rachetait par cinq ou six marches la différence dt

L Route 143-1 JERUSALEM. — TOMBEAUX DES ROIS. 815

niveau entre le seuil de l'entrée , avoir été la pièce principale de et le sol du vestibule. Le haut de | ce palais souterrain ; il renferia porte est plus bas que le sol du j me neuf trous pratiqués dans le portique de 1 décimètre environ... j rocher pour recevoir les cercueils.

Cette entrée était masquée par une grosse* pierre que l'on voit encore ii gaucne de la porte, dans une sorte de couloir étroit qui, par deux angles droits, vient rejoindre souterramement les marches supérieures. Cette pierre, qui représenta un disque circulaire, seion M. de Sauley, ou un ellipsoïde arrondi a son extrémité et plan sur la tranche, selon M. G. Sain-

Chacuncdes trois laces autres que la face d'entrée est percée de trois ouvertures ; les deux latérales n'ont que la moitié de la hauteur de l'ouverture centrale; les six ouvertures latérales donne nt accès dans des tombe» simples et les trois centrales dans de [«élites chambres présentant une couchette à droite et à gauche, et au fond une autre couchette placée

tine, roulait, selon le premier, ou , transversalement; en tout quinze

glissait, selon le second, dans une rainure pratiquée à gauche, et il était mis en mouvement par un levier dont la pression s'exerçait de droite à gauche pour dégager la porte, et de gauche à droite pour la clore. Afin d'opérer ce double mouvement, il fallait arriver jusqu'au disque par le double couloir souterrain que l'on démasquait en descellant une grande

lits. Deux de ces chambres sont munies, au-dessus de chaque couchette, d'entailles destinées a contenir des lampes sépulcrales. Quant aux tombes simples, on remarque au fond un réduit carré , probablement destiné à cacher des trésors ou objets précieux.

Au fond Je la chambre à trois couchettes percée dans la face N., et au dessous de la couchette du fond.

dalle dont on voit parfaitement la est une ouverture qui communiplace et le point d'appui. Selon ' que par un plan incliné et voûté M. G. Saintine, la pierre aurait été dans une dernière chambre, située au contraire soulevée au moyen j précisément en face de la porte d'une chaîne avec deux renvois i d'entrée principale, et qui ne pade poulies. Quoi qu'il en soit, rait avoir contenu qu'un sarcoquand Ta pierre était en place, la | phage. C'est là que M. de Sauley a porte disparaissait ; mais cela n'é- i trouvé les deux morceaux du beau tait pas tout. En dedans de cet | couvercle de sarcophage qu'on

appareil se trouvait, au fond du corridor, une porte intérieure formée aussi d'un bloc massif roulant sur pivots et pouvant être poussé du dehors, mais retombant par son propre poids, dès qu'il ne subissait plus la pressiou extérieure, et fermant ainsi toute issue à l'imprudent qui osait en franchir le seuil. Ce corridor est libre aujourd'hui et obstrué de décombres.

Après l'avoir franchi, on pénètre dans une antichambre' carrée mesurant de 5 à G met. en tous sens.

« Trois portes se présentent : l'une la paroi S. de l'antichambre, elle au milieu de la face ()., et les ■ contient encore six tombes. 1 1 y en deux autres près des angles de la | a en tout trente et une, et, bien que face. » (SauL'y.) La porte de 10. M. de Sauley en décrive plusieurs

peut admirer aujourd'hui au Louvre. Revenant à l'antichambre et pénérant par la porte à droite, c'est-à-dire à l'O. de la paroi S.f on entre dans une chambre carrée, de même grandeur que la précédente, présentant trois tombes sur chacune de ses faces O.

et S., et, sur sa face N., l'ouverture d'un escalier de six marches, suivi d'un plan incliné conduisant à une petite chambre où sont encore trois tombes, en tout m'uf lits.

Quant à la chambre à gauche de

ouvrait sur un caveau d'un peu plus de 4 m^t. carrés, qui paraît

comme inachevées dans les deux dernières chambres. M. Gérardy

SYUIK. — PALESTINE.

.koi-TR 143.

Saintinc afhrme que tous les fours à cercueil ont été terminés (ouv.

cité, p. 228). Ajoutons que chacune des trois chambres était munie d'une espace de banquette sur tout son pourtour et d une porte dont le mécanisme rappelait celui de la porte principale.

L'origine et la destination de cet hypogée ont fait naître de nombreuses controverses, et la question n'est pas encore définitivement jugée. La thèse de M. de Saulcy, qui cherche à établir que ces tombes étaient celles des rois de Juda. n'est qu'un brillant paradoxe que tout son talent ne pourra faire accepter. Les textes si précis de la Bible concernant le tombeau de David et de ses successeurs, et la tradition, qu'il invoque si souvent comme un témoin irrécusable (ouvr. cité, t. II, p. w2 19~i pour la rejeter quand elle le gêne, s'accordent ii placer ces tombeaux sur le mont Sion ( V. p. 81 1 ). Enlin, quand il arrive à vouloir spécifier le nom même du roi qui a reposé dans chaque four a cercueil, il bâtit un véritable roman archéologique : le

f détendu accord de nombre entre es quinze rois de Juda, qui ont dû être enterrés dans les tombes royales, et les quinze tombes des Koubour el-Moulouk n'existe en aucune façon, puisqu'a son compte même il y a trente et un tombeaux, et nous avons vu que la distinction qu'il prétend établir pour cinq de ces fours qui ne seraient point terminés, est positivement contredite par un observateur consciencieux.

Un autre système a été présenté par une autorité qu'il est bien rare de trouver en défaut, l'illustre auteur des TiibUcal Rescarches, le savant Robinson. Pour lui, les tombeaux des rois ne sont autres que le tombeau d'Hélène, reine d'Adiabène, qui, s'étant convertie au judaïsme, était venue se fixer à Jérusalem, et qui avait été enterrée avec son fils Izates dans un tombeau magnifique qu'elle s'était fait construire à 3 stades de la

ville .Josèphe, Antiq., w , 4, Mi.

Il se reconnaissait ii trois pyramides oui existaient encore du temps u'Eusèbe. Ce monument est mentionné plusieurs fois par Josèphe dans le récit des premiers événcmentsdu siège de Jérusalem (Guerre des Juifs, v, 2, 2; v, 3, 3:

v, 4, 2), comme faisant face [rvnvz j à la partie N. (peut-être N.-O.} de l'enceinte d'Hérode Agrippa. Saint Jérôme, racontant le voyage de Paula, qui arrivait de Lydoa par Béthoron , Gabaon, Ramah et Gabaah, dit que, c laissant à g. le tombeau d'Hélène, elle entra à Jérusalem.» Enfin Pausanias, mentionnant le tombeau d'Hélène comme un des deux monuments les plu* remarquables qu'il ait vus en ce genre, parle de ses portes faites avec le rocher même qui, tous les ans à pareille heure, s'ouvrent par un mécanisme merveilleux, mai> qu'en tout autre temps l'on n'aurait pu ouvrir sans les briser. - Ceï raisons suffisent-elles pour prouver l'identité du monument'* D'abord le témoignage de Pausanias est suspect, a cause de ses circonstances fabuleuses : on peut douter, comme M. de Saulcy, qu'il ait vu lui-même le monument. L'itinéraire de Paula est aussi assez vague ; il ne suit pas forcément la route actuelle de Naplouse i Jérusalem, et M. Bonar {The Land

| of promise, p. 503] fait remarquer qu'il peut passer tout aussi bien à l'E. qu'à l'O. des Koubour el-

, Moulouk. Enfin le monument pa-

• raît être trop près du tracé pré- ! sumé de la troisième enceinte pour

répondre aux 3 stades (.r>iO met.; I indiqués par Josèphe. D ai Heur?

Josèphe, en faisant la description i de la troisième muraille de Jë-

• rusalem , distingue expressément le monument d Hélène des grotte* royales, qui sont, selon toute apparence, les sépulcres en question, ainsi que la très-bien re-

] marejué Schultz, qui en tire cependant une conclusion différente.

Enfin on peut se demander comment dans le tombeau d'une reim

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