DE JÉRUSALEM A HÉBRON
PALESTINE. Ruutk Ub\
d'Abraham. » On y remarque deux longs murs en ruine, des fragments de colonnes et de mosaïques dont il est difiicile d'expliquer l'origine. Robinson pense que ce sont les ruines île la basilique que Constantin fit élever auprès du célèbre chêne d'Abraham, r dans la chesnaie do Mamré. * (Genèse, xm.
1H ; xiv, 13 : le texte hébreu porte chône et non plaine.
On sait que, de tout temps, le> Juifs ont eu une grande vénération pour un arbre situé aux environs d'Hébron, mais sur lequel les ira ditions ne s'accordent pas. Do temps de Josèphe \Guerrr drsjutfi.
iv, 9, 1) on montrait, à 6* stade* d'Hébron, un térébinthe que l'on
(7 h. pour le» che».nix de Ingi-ei, trois U route peut étro p4rcourne en 5 lt. 7)0 m )
De Jérusalem au tombeau de Hachel, 1 h. 30, et de là directement aux réservoirs de Salomon.
1 h. (V. R. 111, III . Kn quittant les réservoirs de Salomon, on se dirige au S., a travers les mille replis des torrents et des vallées, (iui aboutissent a la mer Morte.
Une végétation sauvage, mais vigoureuse, des débris de terrasses et quelques villages en ruine, in-
disait contemporain de la création.
Sous Constantin, d'apK s saint Jérôme, c'était un chêne -à 2 mille* de la ville. Ce prince, pour faire cesser les pratiques idolâtres dont cet arbre était l'objet, aurait bati une église en cet endroit, ce qui paraît confirmer la conjecture du savant américain.
On revient vers le S.-O., par le sentier de Tékoua, dans la vallée d'Esçol , où se voient quelque?
plans de vigne, et on rejoint ilO min.) l'ancienne route entre Jéru-
laquel
le on
diquent encore que ce pays fut ! aalcm et Hébron, sur autrefois cultivé avec soin. On i a cru reconnaître les vestiges aperçoit enfin (;i h.) à droite de la j d une voie romaine. On la suitpenroute | dant environ 3 kilom. avant dat-
Beït-Sour, tour ruinée qui s'é-j teindre 45 min/ lève au milieu de débris d'arcades Hébron, en arabe el-Khalil » l'ami
et de tombeaux. Le voisinage de Halhoul, petit village situé à *2 kil.
de là, a permis d'identifier ces ruines avec le Beth-Zour mentionné dans le livre de Josué (xv, 58^; à gauche est une fontaine nommée Ain cd-Dirwch.
On laisse ensuite à gauche de la route (20 min.) une petite mosquée que les pens du pays nomment Ntbi-Younas Me prophète Jonas), et bientôt on quitte la route pour gravir à gauche le versant méridional de la haute colline sur laquelle est situé ; min.
Ramet el-Khalil, que les Juifs d Hébreu nomment !a maison
de Dieu ». surnom que les Orientaux donnent souvent à Abraham.
On ne peut trouver de logement cbe:
les musulmans, qui sont assez fanatique* et ne reçoivent p;.s les chrétiens; i. f»1 * adresser aux juif*, qui sont en gec#ràl fort poli* avec les voyageur*. Le njiet-* c$l cependant do camper a 1 O. de la ville, sur les pentes de gaton des col ji nés.
Historique. — Hébron est une de»
villes les plus anciennes du monde; elle aurait été bâtie sept an?
avant Soan ou Tanis en Egypte.
Elle porta d'abord le nom de K»rjath-Arba. ou ville d'Arba ;Josué.
xxi. 111), Abraham séjourna dan-
Kolte 146. HEBJiOX.
cette vallée, près du bois de Mamré iden., xm, 18; xiv, 13; xxiij,1\ et y fut enterré h côté de Sara, sa femme, darw la caverne de Macpéla, ou'il avait achetée à Hépbron le Hétnien (Gen., xxm, xxv, 0, 10).
C'est aussi là que furent enterrés Isaac et Rébecca , Lia, et plus tard Jacob lui-même, dont le corps fut rapporté d'Egvpte par ses fils (Gen.,*xLix, 29-31 13?. C'est près de Hébron que les espions cueillirent la fameuse grappe (Nomb., xiii, 23. £-1). Josué s'empara de la ville, en massacra tous les habitants et la donna à Caleb (Josué, x, 36, 37 : xi, 21 ; xiv, 15: xv, 13'. Elle devint bientôt après la possession des Lévites -fos., xxr, 11) et fut désignée comme une des six villes de refuge (Jos.. xx, 75: 21, 11). C'est là que David fut sucré roi et résida plus de sept ans, (II Sain.', n, 1-J. Il; v, 1, 3; 1 Kois , ji. Il , que Joab assassina Abner II Sam., m, 27), et qu'Absalon établit son quartier général lorsqu'il se révolta contre son père (Il Sam., xv, 17, 19). Hébron fut une des villes que les Israélites vinrent habiter après leur retour de Babylone (Néhém., xi, 25) ; mais elle tomba au pouvoir des Iduméens et ne dut sa délivrance qu'à
Mil
Judas Macchabée (I Macch., v, 05; Joscphe, Antiq., xn, 8, 6). Dans la guerre contre les Romains, elle fut prise et brûlée par Céréalis Guerre des Juifs, iv. 9, 5). Après la prise de Bether 135 ans ap. J.-C , des milliers de Juifs furent amenés sous le chêne d'IIébron et vendus comme esclaves. Hébron fut prise par les croisés et donnée comme lief, par Godefroy de Bouillon, à Gerhard d'Avesnes :1100\ Stowulf, qui la vit en 1102, raconte qu'à cette époque la ville était en ruine. Kn 1167, Hébron fut convertie en évéché t sous le nom de Saint-Abraham , et les croisés y bâtirent une église dont les musulmans liront une* mosquée [Medd jid el-Khalil quand ils reprirent la ville, en 1187. Les habitants de Hébron s'étnnt ré.voH/;« en 1831,
Ibrahim-Pacha marcha contre eux, les défit complètement près des réservoirs de Salomon et détruisit en .partie leur ville.
État actuel. — Hébron est située à 850 met. au-dessus de la mer, dans une gracieuse et étroite vallée qui court dans la direction du S.- S-E., entre deux chaînes de collines verdoyantes. La ville s'é- In go sur la chaîne orientale , niais elle occupe aussi le fond de la vallée et grimpe même un peu sur le versant de la chaîne occidentale. La partie E. est la plus importante et la plus pittoresque.
Les maisons s'entassent les unes sur les iiutres autour d'une imposante mosquée qui occupe le point culminant de la ville. Plus loin, de vertes collines, parsemées de bouquets d'oliviers, so détachent gracieusement sur le ciel. Kn face d'IIébron, la chaîne occidentale déroule ses belles pentes de gazon entrecoupées de rochers gris, et recouvertes de pierres tnrnulaires et do petits wé'is ornés de dômes.
C'est au pied de ces collines et au milieu du cimetière que les voyageurs ont l'habitude de camper. .Malgré ses dehors gracieux, Hébron rc semble à la plupart des villes orientales: ruelles sales et tortueuses, maisons hors d'aplomb, etc., eie . Cependant les maisons sont en pierre, et leurs toits plats sont recouverts de petites coupoles comme à Naplouse, à Jérusalem, etc. La ville n'a pas de murailles.
Li grande curiosité do Hébron est la
Mosquée d'Abraham { Mesdjid rJ-Khalil), qui occupe, comme nous l'avons dit, le point culminant de la ville, h l'E. L'entrée en est sévèrement interdite «i-.ix chrétiens; les gjfrdiens, chose rare en Orient, sont complètement à l'épreuve du baghehich. On permet cependant aux juifs et aux chrétiens de baiser, à travers une ouverture, une des pierres de l'enceinte sacrée. Pour accomplir cette opération, il est néee-fairo de s'étendre
84* SYRIE- — PALESTINE
tout de son long, car l'ouverture est à fleur de terre.
La tradition, oui regarde cette mosquée comme oâtie au-dessus de lagrotte Macpéla.où furententerrés Abraham, Sarah, et les patriarches, parait ctre parfaitement acceptable. En effet, l'enceinte extérieure de la mosquée remonte à une haute antiquité: c'est un parallélogramme bàli de gros blocs, dont quelques-uns ont 7 met. 60 de long.
Us sont taillés en bossage et admirablement assemblés. Les murs, ui ont 01 met. de long sur 35 met.
e largo et 15 it 1H met. de haut,
sont ornrs de pilastres sans cha- ■ selon la coutume, couverts de upiteaux supportant une corniche i pis et de riches étoffes de soie.
iRout» U6.]
L'édifice se compose d une tour avec portique découvert entouré de chambres. La mosquée proprement dite est un vaisseau à trois nefs dont les voûtes et les arceaux ont le caractère ogival particulier aux proisades. Elle est couverte d'un toit en charpente à double versant, comme les églises de Bethléhem et el-Aksa de Jérusalem.
Les tombeaux des putriarebes paraissent être situés dans une cryr..t« au-dessousde la mosquée, bien que les musulmans les montrent dan* de petites salles disposées de chique côté de la cour. Ceux-ci son;,
en haut relief. Lus entrées sont aux angles du côté N. Cette construction, (^ui rappelle la muraille du llaram a Jérusalem, doit être regardée comme un des plus précieux échantillons de l'architecture hébraïque, il se peut qu'elle remonte jusqu'à Salomon, et il est probable qu'elle fut construite autour du sépulcre d'Abraham, qui a été de tout temps honoré à H<$bron. .To-èphe [Guerre des Juifs, iv, 0, T, Eusèbe et saint Jérôme parlent des tombeaux d'Abraham comme de monuments parfaitement connus de leur temps, et le pèlerin de Bordeaux .333) décrit un monument carré construit de pierres d'une grosseur énorme : il s'agit évidemment du qua.irangle dont nous avons parlé. Antonin le martyr, au vi« siècle, en fait une mention analogue.
A l'intérieur de cette première enceinte, à ciel ouvert, que les musulmans ont surélevée et flanquée de quatre minarets aux quatre angles, se trouve la mosquée qui recouvre la grotte de Maepéla. Cette partie de l'enceinte k est profondément engagée dans le flanc de la montagne , entaillée pour la recevoir. * (De Vogué, p. 3-10 )
Aly-Hey, le seul européen qui ait pu pénétrer dans l'intérieur de la mosquée, en a laissé une description incomplète et confuse.
de la ville, . se trou-
Dans la partie ba^se et au fond de la vallée vent deux réservoirs, qui rappellent, par leur construction, les réservoirs de Salomon {Tr.p.8£9}; ilscoc tiennent encore l'eau nécesaaire aux besoins de la ville. Le plu* grand, au S., est un carré de 40 au de côté et de 15 m. de profondeur.
L'autre, situé au X. du quartier principal, n'a que ->6 met. de long sur 17 de large et 5 met. de profondeur. Ces deux réservoirs remontent sans aucun doute à une haute antiquité, l'un d'eux doit être le « réservoir de Hébron • au-dessus duquel David pen dit le* assassins de Isç-Bosçcth {II Sam.
iv, 12).
Non loin de » réservoirs , on pourra visiter le bazar et surtout les fabriques de savon et la verrerie qui jouit d'une grande célébrité. On y fait par millier? dea lampes, des narghilés et surtf n des bijoux grossiers, tels que bracelets, anneaux, etc. Les produits principaux du sol sont les oh*c»
et les laisins. La population d hV bron est d'environ 10 000 habit., dont 4 à 500 juifs. Ces derniers sont en général supérieurs, au point de vue intellectuel et ro«* ral. à leurs coreligionnaires d<-'s autres parties de la Palestine- h n'y a pas de chrétiens. Les musulmans sont renommés pour Jeu' fanatisme.
Rui iK M". D 11KUR0N J
Les traditions abondent aux alentours de la ville; on y montre le Tombeau de Jessè, père de David; c lui d'Abner, général de Saiil ; l'endroit oii Caïn tua Abel , Ja trrr«- rougi» avec laquelle Adam lut cm'-, etc., etc. On montre enfin au voyageur ù .'10 minutes au N.
ri c.» Hrbron un chêne vert 'lUx ({tiereus qui serait le fameux arbre d * Mature , Tr. p.810:. Ce chêne r'bt magnifique, le tronc a environ 7 m.Oti de circonférence h la base.
Quelques-unes de ses branches ont \'i met. de long. La tradition conc ernant l'arbre d'H'-bron a eu
• it* singulières vicissitudes. Aux renseignements déjà donnés ;p.8-10) <}iii nous ont montré que l'arbre «-l'Abraham avait disparu du temps
• le Constantin , nous pouvons ajouter que, suivant Arculphe, l'arbre fut déîruit de son temps par les chn-tiens qui l'enlevèrent morceau par mnriM'ju. S don le dire de Maiindex i!!e, l'arbre d'Abrahani m- de.v-éeha au moment de la mort du Sauveur. Au xvie siècle, les pèlerins vinrent admirer ie ttif:!>i)ithc «l'Abraham; de nos jours, cet arbre singulier, qui reliait si souvent, est redevenu un elu'no.
D" Hébron à Beit - Djibrin et Gaza ; II. 1 l\:-à Lngad Ji et Mosada (R. 147); n i'etraa*. et 102;,;— au Sinaï (R.