ARABIE.— SINAÏ
Section I. — D'Hébron au Sinaï
Aperça général.
Les parties extrêmes de la Palestine et les contrées arides de l'Arabie Pétrée où nous allons pénétrer en quittant Hébron, n'ont pas, comme les territoires de la Syrie que nous venons de oarcourir, des routes ou des enemins tracés qui conduisent de ville en ville, de village en village, et qui rappellent encore au voyageur quelque chose de lu civilisation européenne. Iei toute apparence de communications régulières va bientôt disparaître. Plus de villes, à peine de rares villages dans les cantons où des sources permanentes, à défaut de rivières, permettent un peu de culture. C'est le désert dans toute sa nudité, souvent dans toute sa désolation; le désert, domaine éternel d'un petit nombre de tribus pastorales, là où ne règne pas une complète aridité.
Et cependant quelques-uns de ces lieux, aujourd'hui si complètement en dehors du monde civilisé, gardent dans les ruines dont ils sont couverts les vestiges d'une période bien différente de leurs destinées historiques. Il tut un temps où le commerce jetait le mouvement et la vie au milieu de ces soliftidos. Rome, alors maltresse de l'Idumée, porta dans ces contrées son génie it la fois grandiose et pratique, qui a laissé sa trace jusque dans le* provinces les plus reculées de l'Empire : elle y ouvrit de grandes routes, dont on retrouve encore les vestiges; elle construisit des villes, ou embelit celles que les indigènes avaient
fondées de toute autiquité dans les lieux favorables ; et, dans quel ques-unes de ces villes, elle éleva des monuments qui excitent encore l'étonnement et quelquefois l'admiration des voyageurs. Ces témoignages de l'ancienne civilisation îduméenne , et au premier ran?
les ruines de Petra, la merveilk du d(*sert, justifieraient seuls U curiosité qui porte le voyageur européen vers ces solitudes, alors même qu'elles ne conduiraient pas au Sinaï, et par le Sinaï en Egypte.
Quand on considère sur une bonne carte la vaste contrée qui sépare le S. de la Palestine de la presqu'île Sinaïtique.on estfrapp* de la conliguration que cette contrée présente. Entre le bassin profondément enfoncéde lamerMorte et la bifurcation orientale de 1»
mer Rouge (cet intervalle est de 31 de nos lieues communes, ou 150 kilomètres), s'étend un large sillon appelé le wddi el-Arabah [littéralement la vallée des Arabes!, que deux rangées de hauteurs d'élévation inégale encaissent à dr. et à g.
la rangée de l'E. étant beaucoup plus élevée et plus abrupte que l'encaissement de i'O. C'est le trait marquant et caractéristique «V toute la région. De chaque coté de l'Arabah, à l'O. vers l'isthme de Suez et la Méditerranée, à l'Evers les solitudes sans fin de l'Arabie déserte, le pays s'étend en plaines élevées, en 'plateaux coupés de ravins, accidentés ça et là de groupes de rochers et de chaîne»
de hauteurs, et présentant dans leur ensemble le caractère d'art-