‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 398 sur 511 · PAR LE OÉSEKT DE T1H · texte numérisé non relu

PAR LE OÉSEKT DE T1H

L'apparence d'uniformité qui, à distance, plane sur l'espace tout entier compris entre le wadi el- Arabah et l'isthme de Suez, fait place à une tout autre impression lorsqu'on pénètre dans 1 intérieur de ces vastes solitudes. De même que le Sahara africain et les plaines intérieures de l'Arabie, le désert de Tih n'a qu'un trait qui soit commun à toute son étendue et qui le caractérise , c'est le manque d'eau, au moins le manque d'eaux permanentes; quant à la configuration même de sa surface, elle est aussi variée, aussi accidentée que celle de tout autre pays de plaines. Les nombreux wauis ou vallées sèches qui le sillonnent , les groupes de hauteurs qui surgissent entre ces vallées, et même les chaînes assez considérablcsqui couvrentplusieurs parties du désert, en diversifient le relief.

La relation de H M. Russegger jette une vive clarté sur la configuration générale du désert de* Tih; elle en a modifié notablement la carte, en même temps qu'elle l'a enrichie de nombreux détails. Les observations barométriques faites sur plusieurs points ont fixé les idées sur les grands traits de la configuration du désert, aussi bien que sur ses pentes générales et les inflexions de quelques-unes de ses parties.

La ligne de route de M. Russegger part du mont Sinaï. Elle se porte de là droit au N., et le voyageur arrive en 15 h. et demie, après avoir franchi plusieurs échelons avancés, au pied même de la chaîne appelée djebel el-Tih% qui «'ouvre au N. toute la largeur de la presqu'île. La passe par laquelle on gravit jusqu'au sommer

de l'escarpement est nommée Xakb oum-Hakhi ^ou, selon la carte de M. Robinson, Xakb cl-Mourcikhi). C'est une montée de doux heures; le sommet delà passe est à 1415 met. au-dessus du niveau de la mer. La pente, beaucoup moins longue et moins rapide que la montée du S., conduit nu plateau. La première impression, ; quand on embrasse du regard les plaines immenses où l'on va s'engager, est celle d'une mer de sable semée de rochers isolés pareils à des îles, et où l'horizon est limité jj droite -c'est à-dire à l'E.) par une chaîne crayeuse d'aspect blanchâtre et d'une assez grande élévation, qui se dirige vers le X.

et qu'on nomme le mont Edjmèh.

Cependant le sol n'est pas précisément sablonneux , et encore moins de sable mobile, comme on se le figure communément ; c'est plutôt un terrain graveleux ou pierreux, dur et résonnant sous le pied des chameaux. C'est le même fond que celui qui constitue le désertde l'isthme d« Suez. A 3 heures et demie seulement du sommet de lapasse, le voyageur trou- ; va, à une altitude de 915) met., la tête du tcadi eJ-Arich , le grand réceptacle de toutes les eaux hivernales du désert ; de ce point où il commence jusqu'à son débouché près du château d'rl- Arich, dont il prend le nom, le lit du wadi peut avoir un développement de GO à 70 lieues. En hiver, c'est une véritable rivière, ui iustifie bien la dénomination e Xahal - Mitzraïm , ou torrent d'Egypte, que lui applique l'Écriture. M. Russcggcr suivit pendant 18 heures le lit desséché du wadi el-Arich, en se portant constamment au N. ou au N.-N.-O. Une observation barométrique faite à 5 h. de la téte du wadi (à la source de Redj!m\ lui accusa une altitude de 809 met.; à 10 heures de la, toujours dans le wadi el-Arich, il trouva pour altitude fi.ril met. En quittant le lit du wadi, il inclina un peu sur la droite pour gravir

— SINAI. i Route 157 .j

la pente du djébel- Eojxneh, qui est moins une chaîne proprement dite que l'escarpement, le ressaut d'un des mouvements de terrain, pareils à de larges paliers , qui accidentent la surface du plateau.

De l'autre côté de la montée du djébeLrEdjmèh, le voyageur trouva pour altitude 612 met. A 11 h. de là, toujours dans la direction N.

en inclinant légèrement à l'E..

il coupa la route des pèlerins ce la Mckke aune station bien connue, appelée

Khân-Nakhl ou K&l'at en-Nakhi

(le khàn ou le château des Palmiers;. C'est une enceinte en pierre, de forme carrée, dans l'intérieur de laquelle se trouvée; une petite mosquée, deux sources, quelques palmiers et des abrii pour les pèlerins. Un petit village contigu renferme quelques soldats avec leurs familles, formant la garnison de ce poste. L'altitu<ie de ce point est de 154 inèt.

Decette station, ladirection de lx ligne de route reste assez régulièrement N.-N.-E. La route coupe ensuite (14 h.) wadi-Khereir, l'embranchement le plus considérable du wadi el-Arich; M. Robinson,qm, plus à l'E., a aussi coupé la même vallée [V. p. 877 , écrit Kourcïvèh.

La route du voyageur croisé de nombreux wadis, franchit à plusieurs reprises des hauteurs plus ou moins abruptes, et laissant un peu a droite (ou a l'E. le siie ruiné d'Abdèh ou Eboila , (V. p.

870'), atteint (20 h. et demie du wadi Khéreir^ le wadi-Erhéba, que M. Robinson écrit, sans d«>ute plus correctement, er-ltouhaïhëh.

Iei la ligne déroute de M. Kussegger rejoint celle de M. Robinson.

et reste la même jusqu'à Hé brou (21 h.). [V. R. J.r»5.)

de Gaza au cair e

par péruse tr soz.

(Si h. 9 jour*.)

Cette route est aujourd'hui presque abandonnée depuis que la navigation a vapeur et le chemin de f«r permettent

[KorxE I57.J DE GAZA AU CAIRE.

de se rendre de Jaffa au Caire en 41 h. Noos l'indiquerons cependant brièvement

parce que quelques voyageurs pourraient désirer voir, en renant de la Palestine» el-Arich, Péluse et le tracé projeté du canal de Suer. On ne peut la parcourir qu'à dot de chameau.

A partir de Gaza, on suit la cote dans la direction du S.O., on croise (1 h. MO; le wadi-Cheri'ah, pour atteindre (1 h. 30, Deir el-Delah (le couvent des dattes] village entouré de jardins et bien fourni d'eau, qui parait répondre à la forteresse Daron des croisés, peut être aussi au Darom d'Eusebe. Plus loin (3 h.) est Khân-Younas , également entouré de jardins, et qui répond peut-être au Ténisas d'Hérodote.

Reifah (1 h.) l'antique Raplira, mentionnée dans les guerres dos Ptolémées et des Séleueides, ainsi que dans la marche de Titus sur Jérusalem Joscphe, G. d. J .) ne présente plus que quelques ruines perdues dans les sables près de la mer. Au delà ou s engage dans le désert, et l'on marche le long d une chaîne «le dunes qui cache la mer, jusqu'à (il h.) El-Arich, l'antique RhiDOCOlura, ou débouche le grand wadi el-Arich, aboutissant de toutes les eaux du désert de Tih (V.

p. 857). Il répond probablement au torreix* Egyjpti des anciens géographes. Rhinocolura était sous les Pharaons un lieu d'exil pour les criminels. Selon Diodore de Sicile, on leur coupait le nez, et de ce sup- }> n e est venu le nom de la ville.— El- Arieh est !»dti sur une éminence, à Si J0 met. environ de lamcrjelle est entourée d'une vieille fortification massive, et l'on y voit quelques débris de colonnes de marbre.

La route des caravanes laisse ensuite sur le rivage, à environ 10 h. à l'O. dVl-Arieh, Straki, qui paraît être l'Ostracina de Pline, et atteint 12 h.î Katyèh qui est peutêtre l'antique Pentaschœnon. De

Katyèh, on peut, en *e dirigeant au N.-O., atteindre (0ou7b.) Faramah et Tinèh, qui marquent l'ancien emplacement de Péluse. (F. R. 163.)

Section II —La presqu'île sinaîtique.

Entre les deux golfes étroitsque la mer Rouge, en se bifurquant, forme à son extrémité septentriodale , s'étend une grande péninsule appelée la prosqu'ile de Sinaï, du nom de la montagne consacrée par les souvenirs de la mission de Sfoïse. Cette presqu'île , dans sa forme triangulaire, aune étendue considérable. En voici les grandes dimensions. Depuis sa pointe australe (le Ràs-Mohammed) par 27* »13'24", jusqu'à la partieeentralcdu djébel et-Tlh, qui couvre la péninsule au N. et la sépare du désert, on ne mesure en droite ligne qu'un degré et demi ou moins de 40 lieues ; mais les ctftes, baignés par les deux golfes, présentent un plus long développement. La longueur du golfe d'Akabah , à le prendre du Rùs-Mohammed, est de 2 degrés ou 50 lieues; celle du golfe de Suez est de 3 degrés. Enhn, la distance de la téte des deux golfes, mesurée sur la route des Pèlerins de Suez à Kala'at el-Akabah, est de 00 lieues environ. Ainsi que l'a justement remarqué un savant explorateur des terres biblibliques, M. A. P. Stanley {Sinaï and Palestine in connection icith their histonj. Lond. 1856, m-8°), les deux golfes qui enveloppent la presqu'île sinaîtique, en devenant alternativement la route du commerce, de l'Inde, et, par le commerce, le lien des diverses contrées de l'Asie, ont donné à celte région aride de la haute Arabie, non moins que les traditions sacrées du peuple hébreu, une place éminente dans l'histoire du monde. Et combien plus grand encore sera le rôle que prépare au golfe île Suez et à la mer Rouge le canal de communication des deux mers !

Un inasbif montagneux, qui *ur-

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