MAI
ui, alternativement donnée, renue, mise en gage à des courtisans et à d'augustes bâtards, se racheta en 1428 au roi d'Espagne
fiour se rattacher à la Sicile. Chares-Quint la réunit à ses domaines, et, comprenant son importance stratégique, il la donna aux che- j valiers de Saint-Jean de Jérusa- | lem, qui venaient d'être expulses > de Uhodes par Soliman le Magnifique (1522). Cet ordre militaire1, en s'établissant sur ce rocher aride et désolé, allait donner au nom de Malte une gloire immortelle. Le grand- maître Villiers de l'Ile- Adam commença à couvrir l'île de fortifications et de travaux splendides. Le nouveau siège de l'ordre fut établi sur la presqu'île du Borgo (depuis Citta-Vittonosa), dont la pointe sur le grand port fut protégée par le château St- Ange. L'ordre prit part à un si grand nombre d'expéditions contre les Turcs et les Baibaresques que nous no pourrions les raconter toutes. Rappelons seulement qu'il se distingua dans les expéditions de Charb's-Quint contre Tunis en 1535, et contre Alger en 1536. En 1551, le corsaire algérien Dragut vint débarquer à Malte : il n'osa assiéger le fort St- Ange, menaça Città-Vecchia, et se retira aprt-s avoir saccagé Gozzo. On éleva alors le château St- Elme sur la pointe du mont Sceberras , et le château St-Michel sur le Borgo. Le grand-maître la Sangle acheva de fortifier la presqu'île qui porte son nom. En 1505, Soliman fit attaoucr Malte par une flotte considérable, avec plus de 30,000 h. de débarquement, sou3 les ordres de Mustapha - Pacha.
Les barbaresciues Dragut et Hassen , pacha d Alger l'appuyèrent chacun d'une armée. Le grandmaître La Valette n'avait pas plus de 700 chevaliers et de 8,000 hommes en tout. Le siège dura prés de quatre mois, et des prodiges de valeur furent accomplis de part
I. Voir Rhodes et Jérusalem, pour le* commencements de l'histoire de l'ordre.
TE. [Hoijïk 2.]
et d'autre. Les Turcs s'emparèrent du fort St-Elmc; mais tous leurs efTorts échouèrent contre le château St-Ange, l'île la Sangle, et le Borgo, qui prit dès lors le nom de Citlà-Vittario&a. Ce fut à la suite de ce siège que le grand-maître La Valette éleva sur le mont Sceberras la ville qui porte son nom. — Plus tard, nous voyons les chevaliers de Malte assister à la bataille de Lépante, aux différents sièges de Candie, etc. A l'intérieur, A. de Vignaeourt construisit, vers 1615, l'aqueduc qui porte son nom et les fortifications de laCaile St. Paul, de Marsa Scirocco, etc. Sous Lascaris (1636), l'ingénieur Flonan bâtit les belles fortifications destinées à protéger la cité Valette du côté de la terre, et donna son nom au faubourg de la Floriana. Nicolas Cotoner (1663) fit élever la vaste enceinte destinée à protéger la Città-V ittonosa, la Sangle, et la Burmola, ainsi que le fort Ricazoli et le Lazaret. Manoel de Vilheria acheva la Floriana, et construisit les fortifications du port de Marsa-Muscetto et du Lazaret.
Mais en regard de celte gloire militaire , l'histoire enregistre avec peine la décadence de l'ordre, sa dureté envers ses sujets maltais, l'esclavage cruel auquel il réduisait les prisonniers musulmans, et enfin la vie dissolue de ses chevaliers. Aussi l'ordre, affaibli par ses dissensions intestines, ses disputes avec le saintsiége, et surtout l'accroissement de la puissance maritime des différents Etats de l'Europe, capables de 60 protéger désormais eux-mêmes contre les Turcs dégénérés, était-il devenu une institution inutile, sans but, et purement honorifique, qui, privée peu à peu de ses biens en Europe, se vit réduite, en 1796, a se vendre presque entièrement h l'empereur Paul 1er de Russie.
En 1798, le général Bonaparte, se rendant en Egypte, parut devantMaltc. Le grand-maître Hotn-
.Kuuj* *.] LA VALETTE.
pesch, en lai refusant l'entrée du port, lui fournit un prétexte pour attaquer ce fantôme de gouvernement. Le 10 mai, l'armée débarqua sur tous les points de l'île, et fut appuyée d'ailleurs par le mécontentement des Maltais; le erand- maître signa une convention, oui remettait Malte aux Français.
C est ainsi que Bonaparte s'empara, sans coup férir, de cette importante forteresse, et nue finit Tordre de Malte. Le grand-maître se retira à Tneste, les chevaliers se dispersèrent. Les Français établirent un gouvernement provisoire, avec une municipalité. Le trônerai Vaubois fut laissé dans i île avec 3.000 hommes; mais à peine la flotte française s'étaitelle éloignée, que Malte fut bloquée parles Napolitains, les Portugais et les Anglais. La population maltaise, dont les Français avaient malheureusement blessé les idées religieuses en pillant les églises, se souleva bientôt, et les Français se trouvèrent renfermés dans la capitale. Nelson, victorieux à Aboukir, vint en septembre 1799 établir autour de 1 île le blocus le plus rigoureux. Continué par l'amiral Keith, ce blocus dura deux ans et un jour, et la garnison française, épuisée par la pénurie la plus complète, essaya vainement de faire sortir le vaisseau le Guillaume Tell et les frégates la Diane et la Justice pour ail 1er solliciter des secours en France.
Ces navires furent capturés par les Anglais. Enfin Vaubois capitula le 8 septembre 1800. La garnison sortit avec les honneurs de la guerre et fut reconduite en France. La paix d'Amiens (180-2) stipulait le rétablissement de l'ordre de Malte, avec une constitution plus libérale, l'admission des Maltais dans l'ordre, et garantissait l'indépendance et la neutralité du petit archipel. Le refus d'exécuter cet article du traité, ralluma, personne ne l'ignore, la guerre européenne. Pendant les guerres
quiétée. Les traités de 181S cobt firnit rent les Anglais dans la possession de cette île, qui leur assure, avec Gibraltar et Corfou* la domination de la Méditerranée* Les Anglais ont toujours à MaJto une escadre et uno garnison. Du reste, l'administration de l'île est abandonnée aux nationaux, et les contributions qu'Us payent sont exclusivement consacrées aux dé?
penses intérieures.