LES LIEUX SAINTS
1° Couvent de Sainte-Catherine.
Le voyageur aura dû se munir, au Caire ou à Jérusalem, d'une lettre d'introduction pour le supérieur du Sinaï. Pour se mieux assurer contre toute intrusion hostile, les moines ont fait murer depuis longtemps la grande porte du couvent.
Les étrangers n'y ont plus maintenant accès que par une ouverture élevée d'une dizaine de mètres au-dessus du sol, et où Ton est hissé au moyen d'une corde et de poulies. La réception est d'ailleurs des plus hospitalières, d'autant plus hospitalière, que les visites des Européens sont une branche assez importante des revenus du couvent. Tout est gratuit, sans doute, mais gratuit à l'orientale, c'est-adire qu'un présent convenable doit toujours répondre à l'hospitalité qu'on a reçue. (F. p. GW )
Le couvent est situé dans une vallée étroite comprise entre les monts Safsafèh et ajébèl-Mouça à l'O., et le djébel ed-Deïr à l'E.
L'édifice repose sur la pente mémo de la montagne, et on y voit llotter la double bannière de l'Aneau et de la Croix. L'ensemble es bâtiments forme un carré irrégulier de 4245 pieds de long sur 204 de large, le tout enclos d'une haute muraille en blocs de granit, fortifiée de petites tours sur plusieurs points. Une portion de la muraille fut rebâtie par ordre du général Kléber lors de l'expédition française en Egypte, et les moines en gardent un bon souvenir qui se reporte sur la nation française tout entière.
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AHAIUK. —
L'espace renfermé dans Tintérieur des murs est partagé par diverses constructions en un grand nombre de petites cours, véritable labyrinthe do passages étroits et tortueux qui montent et descendent dans toutes les directions.
Quelques-unes de ces cours sont ornées d'un cyprès ou de quelque autre arbre, avec des fleurs et divers arbustes; beaucoup de murs sont en outre couverts de vignes grimpantes. Rien n'est régulier, niais tout est propre; tout aussi porte le cachet d'une grande antiquité. Les chambres ou sont reçus Us hôtes sont petites, mais assez propres. Le plancher est couvert de tapis qui portent les marques du temps ; un divan o,ui règne sur trois eôtés de la pièce principale sert de siège pendant le jour et de lit la nuit. Dans la cour, près de la chambre des étrangers, il y a un grand puits; mais Peau que l'on boit est puisée à la fontaine de Moïse, près de l'église. L'eau de cette source est pure et bonne. ,
Le jardin prolonge le couvent | du c ôté du N. et descend à quelque distance vers la vallée ; il est, comme les bâtiments, enclos de hautes murailles. Le jardin , comme le couvent , occupe la pente de la montagne, et a été disposé en terrasses plantées d'arbres à fruits, en très-grand nombre et de toute espèce. On voit là de magnifiques amandiers, des abricotiers, des pommiers, des poiriers, des grenadiers^ des figuiers, des cognassiers, 'des mûriers, des oliviers, des vignes, et toutes sortes d'arbustes, le tout donnant des fruits excellents.
Sous ce beau climat, la végétation n'a besoin, pour prendre de magnifiques proportions, que de ne pas manquer d'eau. On voit néanmoins peu do légumes.
La grande église, orgueil du couvent, est une construction massive et solide ; depuis le temps de Justinien, elle a reçu beaucoup d'additions. Au-dessus du
SINAI. [Roi te 158.
maitre-autel est un grand tableau de la Transfiguration exécuté ei mosaïque, et qui passe pour être de la mémo date que l'église ; or.
y voit aussi les portriits de Jusunien et de l'impératrice Théodorv sa femme. Les portraits de saint* sont en grand nombre; des laiapes d'argent sont suspendues partout, particulièrement autour «i-:
l'autel. Le parvis est formé dr compartiments de marbres de diverses couleurs, et d'un bon effet .
c'est un ouvrage relaùvemen:
moderne. Derrière l'autel on montre une chapelle qui occupe, a«surent les moines, l'eniplacemen:
môme du Buisson ardent où Dieu se manifesta à Moïse : ce lieu e*:
regardé comme le plus sain! de toute la péninsule. Tous ceux qu; en approchent doivent, à l'exemple de Moïse, ôterleur chaussure. L* place est rouverte en argent, et toute la chapelle décorée de riches tapis. Tout près de là, Je?
moines montrent le puits où Moi?* puisait de l'eau pour abreuver le?
troupeaux de Jéthro. Les religieux gardent aussi avec une grande vénération les reliques de sainte Catherine leur patronne.
Outre la grande église, il v 4.
en diverses parties du couvent, vingt-quatre chapelles, dont quelques-unes appartenaient ancienne* ment aux Latins, d'autres aux Syriens, aux Arméniens et aux Coptes. Toutes sont actuellement dans les mains des Grecs. Elles ne contiennent du reste rien de remarquable
Il y a aussi, à proximité de l'église, une ancienne mosquée mahométane, assez grande pour contenir 200 personnes ; c'est un curieux témoignage de la tolérance ou de la politique des anciens moines. Aujourd hui très-peu de pèlerins musulmans visitent le couvent.
Les différentes parties de l'édifice communiquent entre elles par une multitude* de corridors obscurs et sinueux; les cellules des moines sont disséminées dans
COUVENT PU SÎXAI.
ces corridors. Elles sont petites et très-simples; l'ameublement, si on peut le nommer ainsi, est réduit au plus strict nécessaire.
Une natte étendue sur un côté du plancher un peu élevé, en guise de divan, une couverture, peutêtre une chaise.: c'est tout. Pas de table. On voit ça et là des espèces d'ateliers en plein air, avre des outils grossiers plus vieux que ceux cpn s'en servent.
La bibliothèque est dans une autre partie des bâtiments, (''est une pièce garnie d'armoires, oui ne s'ouvrent pas souvent. Les livres imprimés sont en grec pour la plupart, et de très-vieille date:
un bibliophile trouverait là bon nombre aincunabula , mais trèspeu de livres modernes. Le tout peut s'élever à 1500 volumes. Les manuscrits arabes sont au nombre d'environ 700 ; Burckhardt, oui les examina, n'y trouva rien de grande valeur.
Une des parties les plus singulières de cette retraite cénobitique, c'est leur chambre des morts.
Cet usage tient à la fois de Tancienne Egypte et des îles sauvages de l'Oceanie. L'endroit est au milieu du jardin. Nous laissons parler M. Robinson : « C'est un pavillon à demi souterrain, composé de deux pièces, ou plutôt de deux cryptes; l'une contient les ossements des prêtres, l'autre celle des frères lais. Le corps des morts est d'abord déposé pendant deux ou trois ans sur une grille en fer, dans un autre caveau ; puis le squelette est désarticulé et transporté dans l'une des deuk premières cryptes. Les ossements y sont entassés en piles régulières, les tibias, les bra3. les côtes, les enl- ■. ries, etc., chacun dans une pile distincte. Les squelettes des archevêques sont les seuls que l'on frarde à part et entiers, recouverts de leurs vêtements pontificaux, dans des espaces de coffres de momies. *
L'archevêque du Sinaï est élu par les moines réunis en conclave.
Sa résidence nominale est le couvent, mais sa résidence effective est presque toujours le Caire.
(' est un des quatre archevêques indépendants de l'Église grecque.
Les trois autres sont ceux de Chypre, de Moscou et d'Okhrida.
Son autorité, dans le couvent, est représentée par le supérieur.
Les revenus de la communauté proviennent principalement des fermes {metokhia) que le couvent possède en différents lieux,. dans les îles de Chypre et de Crète, et ailleurs. Les approvisionnements du couvent arrivent par le Caire et par le fort de Tôr. Le nombre actuel des moines est réduit à une vingtaine, tous grecs.
Terminons par une indication purement géographique. Le couvent, d'après les observations du docteur Huppell (1826) est par 28° 3-2* 55" de Lit. N., et 31° 37' 54" de long. E. du méridien de Paris. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 4 725 pieds (1533 met.), d'après lcsobservations barométriques de Schubert, et de 5115 d'après celles de Ru»seggerv1061mèt.S On voit par cette divergence combien les observations d'altitude, même les plus attentives, comportent eneored'inrertitude quand elles ne sont pas faites dans des conditions rigoureusement favorables.
2° Les Montagnes Saintes ,.
Les moine* du courent ont le monopole de fournir des guides aux voyageurs, sui* vant un tarif ad hoc (7 piastres par guide). Robinson a coosacro deux jours, à ces ascensions. Le premier jour on gravit le djebel-Mouça et l'Horeb, et l'on couche
1 Le nom de Sinaï e«t ordinairement employé pour de»i;.'t>er l'ensemble du matsif, et relui d'Horeb pour dé*igner le pic où la loi fut donnée. Rubm«on ft.l«", p. 1/7), p*n<e que le nom d'Horeb devrait être plutAt le nom fteoénqne, car il e#t te f«ul- employé d*n« l'Exode, quand lot Hébreux sont encow loin de la monlapne ; tandis que le ■ont de Sinaï apparaît i ptrlir de Rephidim et pendant tout le tempi qu'il* tout campci au pied de la montante.
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au couvent d'El-Arbaïn, où il faut envoyer d'avance des provisions et des matelas; le second jour, on monte le Djëbel-Katharin.
Djébel-Mouça (la montagne de Moïse). — Cette montagne, que les moines regardent comme le Sinaï des Livres saints, est précisément au S. du couvent. On sort ordinairement du couvent par le jardin, par un petit bâtiment d'où l'on vous descend au dehors au moyen d'une corde. On s'élèvé alors par un ravin, qui s'ouvre derrière le couvent. Le sentier est garni par places de grosses pierres en forme de degrés. On atteint d'abord ;2.r> m.) une source
fraîche, nommée Ma'yan cl-Djébel, puis (40 m,.) une chapelle grossière de la Vierge. Le sentier incline alors à l'O. et conduit par une pente assez roide à (15 m.) un portail, bientôt Ruivi d'un autre, oui conduit sur une petite plateforme d'où l'on voit a la fois le sommet du djébel-Mouça et celui du djébel-Katharin ; on trouve là (10 m.) une source avec un cyprès, près de laquelle on fait halte. C'est à ce point que se séparent les sentiers qui mènent au N'.-N.-O. sur l'Horeb, à l'O. au couvent d'El-Arbaïn, et au S. au djébel-Mouça. C'est dans cette dernière direction que l'on trouve la chapelle double consacrée à Elu et à ÈHséc. un trou, près du l'autel d'Élie, est montré comme la caverne où se réfugia ce prophète (1, Rois, xix, 8, Ce point est déjà à 107 met. au-dessus du couvent. À partir de cet endroit, la montée devient plus rude, sans £tro encore difficile. Dans les endroits les plus roides, on a disposé des espèces de degrés au moyen de pierres rapportées. Depuis la chapelle d'Elie, la montée demande moins de 1 h. jusqu'au sommet. C'est un petit plateau de 25 à 30 mèt. de diamètre. A une des extrémités sont les ruine3 d'une ancienne chapelle, et du côté opposé celles d'une petite
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mosquée. On voit tracées sur les rochers nombre d'inscriptions eri arabe, en grec et en arménien c'est l'Album des pèlerins, il n'y a pas trace, nous 1 avons déjà dit.
non plus que dans les iocaiit» immédiatement circonvoisines .
d'inscriptions sinaïtiques . Là n e tait pas le Sinaï des pèlerins de* premiers siècles. 11 ne conviendrait pas d'entrer ici dans les discussions topographiques auxquelles ce point de géographie biblique a donné lieu ; c est dans le»
ouvrages mêmes d'Alexandre de Labordc, de Robinson, de Lepsius.
de Stanley, de Kinnear et d'autres, qu'il faut lire ces controverses purement critiques* (V. p. 893 les objections principales adressées à l'opinion qui identifie le Scrbàl avec le Sinaï de Moïse).
Quoique le sommet du djébel- Mouça soit élevé de 2285 met.
au-dessus du niveau de la mer ' (plus«de 050 mètres au-dessus du couvent), d'après les observation* du docteur Ruppell, comparée» à des observations correspondante* que l'on relevait à Tôr, la vue uue 1 on embrasse de ce point est plus bornée et beaucoup moins imposante que de plusieurs autres sommités du groupe, particulièrement du djébel-Katharin. ou pic Sainte-Catherine qui se dresse à peu de distance vers l'O.-S.-O.
et qu'il faut se garder de confondre avec la montagne à laquelle s'adosste le couvent. Le djébel- Katharin et le djébel-Tiniah arrêtent le regard à l'O. On ne voit ni le golfe de Suez, ni le Serbâl, ni rOum-Chômer au S.-0.T mais la vue s'étend assez loin au S.-E.
sur le golfe d'Akabah jusqu'à l'île de Tiràn. Au N. on voit à peine un dixième de la plaine d'er* Uahah et du wadi eeh-Cheikh.
Une autre sommité qui appartient au massif même du djebel-
1 Lei obier talion» de M. Ro»»e?per lai ont indique teulemenl 1085 mèt. Nous notent cet différence* en vue surtout d'éveiller 1 de* futur* observateurs.
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Mou ça et nui s'étend au N.-N.-O. un peu au delà du eouvent, est désignée par les religieux sous le nom ci'Horeb, ;en arabe djebel es-Safsdfèh]. Pour s'y rendre, on redes- !
cend d'abord ;1 h.) à la chapelle*! d'Klie, et à la fontaine du cyprès, puis on se dirige au N.-N.-O. par un sentier raboteux, qui conduit (15 m.) à la chapelle de Saint-Jean- Baptiste, près de laquelle on remarque une citerne et quelques ermitages abandonnés , puis à (30 m. un bassin circulaire avec une chapelle dédiée à la Vierge de la ceinture , et que le pic du SafsAfèh domine de près de 200 met.
L'ascension complète de celuici est assez difficile. Il faut faire un long circuit vers le N., niais on y i découvre parfaitement la plaine ■ d'er-Ràhah et le wadi ech-Cheikh. i Selon Kobinson (Bib. Iles., t Ier, p. 158). cette montagne est celle oui répond le mieux au Sinaï de l'Exode (xix, 9-25). On peut du Safsàfèh descendre directement sur la plaine d'erRahah - 1 il n'y a pas l'apparence du danger, il n'y a que de fa fatigue, » dit une femme, madame de (îasparin t. III, p. 79").
Au revers'O. du djébel-Mouça et du mont Horeb, au milieu d'une vallée qu'on nomme le wadi el- Ledja, on voit l'ancien Deïr el-Àrbain ou le couvent des (Quarante (Martyrs). On s'y rend en 1 h. 30 par un sentier qui descend de la chapelle Saint-Elie dans la direction du S.-O. Eu redescendant du Safsâfèh, on peut prendre à droite un sentier qui passe près delà chapelle Saint-Pantaleimon, et rejoint le précédent un peu plus bas. Le docteur Riippell a trouvé pour ce point 1743 mèt.
au-dessus de la mer, 150 mèt. environ de plus que l'altitude du grand couvent.
Le couvent d'El-Arbaïn est depuis longtemps abandonné, mais on peut y trouver un gîte pour la nuit. Il y a encore un jardin cultivé par les Djébeliyèh.
Djébel-Katharid, pas plus que
Orifnt.
iNES SAINTES. «89
l'Oum-Chûmèr, n'a d'intérêt historique ou biblique ; mais on y découvre un magnifique panorama. Il faut partir de grand matin d'el-Arbain pour éviter la grande chaleur pendant la matinée, et parce qu'à ce moment l'atmosphère est plus limpide et plus transparente.
En quittant le jardin d'el-Arbaïn, on remonte vers leS.-S.-O.
un ravin appelé Chakk-Mouça (la fente de Moïse). Deux rochers portent encore des inscriptions sinaïtiques; ce sont les dernières que l'on rencontre dans cette direction. On s'élève entre des rochers rudes et raboteux qui ne présentent aucune trace de sentier ni de travail humain, jusqu'à il h. 15! Maijan ech-chomèr la fontaine du fenouil-, source limpide ci fraîche, qui forme un joli bassin sur la nente du précipice à main gauene, et donne la vie à quelques bouquets d'aubépine: au-dessus commence le passage escarpé appelé proprement Chakk-Mouça , qui conduit (l h.) à la crête de la montagne principale, d'où le regard commence à plonger dans les vallées de l'O., le wadi-Zoweïtin et le wadi-Karaf.qui vont au N. former le wadi-Talilh.
On remonte dans la direction du S.-S.O. la crête du djébel-Katharin, dont les pentes sont couvertes de verdure et de buissons,
Jusqu'au pied du dernier pic, dont, travers de gros blocs de granit amoncelés, on atteint M5 m.; le double sommet ; le mamelon E.
porte une chapelle, celui de l'O.
est un peu plus élevé. On est à 900 mèt. au-dessus du couvent d'El-Arbaïn, à 2619 mèt. au-dessus du niveau de la mer suivant le docteur Riippell, ou 2653 mèt. selon M. Russegger.
On voit de là le djébel-Mouça au N.-E., avec l'apparence d'un pic inférieur 300 met. plus bas).
Au S.-E. on aperçoit une large échappée du golfe d'Akabah vers lequel se dirige le wadi-Nasb comme une route ouverte entre
les rochers. Au S.-S.-E. court une montagne que les guides de Kobinson appelaient Kas-Mouammed comme le cap qui termine la presqu'île. Au S. tirant à l'O., YOum-Chàmer arrête le regard; , mais à droite de cette montagne, on voit presque tout le golfe de Sue/, « un lilet d'argent se détachant sur un désert nu, * et, par delà, les montagnes d'Afrique parmi lesquelles on distingue deux sommets principaux nommés ez- ZeU et djebel -Ghtirib. Vers l'O: et le S.-O., la vue plonge sur la plaine littorale el-Kd'a, comme disent les Arabes, et plus haut, vers rO.-N.-Q., les sommets du mont Scrbàl se distinguent parmi beaucoup d'autres pics moins remarquables. Tout a fait au X., bien au delà des montagnes qui entourent ou avoisinent le couvent, on distingue la longue plaine sablonneuse d'er-Rarnlèh. jusqu'au Djébel et-Tlh, qu'on voit se diviser en deux chaînes parallèles, courant vers le N. Enfin dans la région de l'E., vers le golfe d'Akabab, l'œil ne voit qu'une mer de montagnes ,une confusion de pics noirs, abrupts, nus , déchirés , l'image com plète de l'aridité et de la désolation. On peut dire que de ce point le regard embrasse la presqu'île tout entière, et Ton pourrait en saisir tous les détails à l'aide de la carte de Kobinson ; mais il ne faut compter sur aucun renseignement de la part des guides, qui sont à cet égard d une ignorance com plète.
On revient de Dcïr el-Arbaïn au couvent de Sainte-Catherine, sans remonter vers la chapelle d'EIie, en descendant le wiuîi el- Ledja, et contournant le pied du SafsAfèh. Les moines ont groupé sur cette route tous les objets dont il est fait mention dans les légendes relatives au Sinaï. A 20 min.
d'El-Arbaïn, on montre le rocher que Moïse frappa de sa verge pour en faire sortir Veau. C'est un gros bloc cubique de granit, qui a roulé .
des montagnes voisines, et sur le- -
SINAl. ,Koi-tk1>
quel on remarque une veine ù Une texture de 30 à 40 cent. :
large, avec une dizaine de fen-.horizontales, qui paraissent ru.
relies. Au-dessous de cet endrr on commence à trouver de* criptions sinaïtiques. BientOt min. ) on débouche du wadi". - Ledja dans la plaine d'Er-Rahil et l'on trouve en ce point deuidins, restes de deux anciens d.
vents qui portaient les nom? c Saint-Pierre et Saint-Paul. t>\ Sainte-Marie-de-David. Pius> on montre l'endroit où ia ter s'entrouvrit pour engloutir Kcri; Dalhan et Abiram {événement eut lieu à Kédcsch, à la fron'.ir S. de la Palestine, Nombres, v.
Plus loin, au pied du Safsitèi:. > montre un trou dans le rocL r rempli de sable : c'est le moule ^ servit à fondre le Veau d'or. U point de jonction du waili-ei-t- Cheikh et du wadi-Cho'ad> i min.), est une octitc élevât:, sur laquelle se plaça Aaron pédant que le peuple dansait autouT du Veau d'or ; plus loin est 1" cher où Moïse orisa les Tables ùla loi. On atteint (-25 min. le co vivent de Sainte-Catherine.
Le Djébel ed-Deïr, -appelé
montagne delà Croix, qui s'elevt» * l'E. du couvent en face du djébe.
M ouça, peut aussi être le buid ucpromenade. Il est surmonte d ua" croix. Une fente de la montage laisse à une certaine époque p*>ser les ravons du soleil, qui 1on" bent directement dans le couve^ sur la chap'dle du Buisson-Ardent LOum-Chômer forme une ei cursion beaucoup plus lointaine, qui demande environ cinq J^:;J»- On s'v rend en remontant le waJi- Cho'àib, et, suivant ensuite pendant 1 h. \ -2 le chemin JeChenr., puis tournant à droite vers 1' • * travers une quantité de gorge* désertes jusqu'au t9 h.,' couvent d'Antouz, où commence 1 «tension véritable. B
urckbarilt qui i»
tentée n'a pu atteindra le sommet, qu'il considère comme inaeee*»'ble, car on no trouve plus qut
Uoitk 159.)