ÉGYP1T
sont ceux de M. Wilkinson sur l'Egypto Ancienne ' , et de M. Lan»» sur l'Égypte moderne *. La plupart dos tableaux île mu-urs serout décrits et expliqués dans la suite de nos routes. Nous nous bornerons ici à une courte esquisse de la religion égyptiennne, non-seulement parce que cette notion est la plus nécessaire devant les monuments, mai» aussi parce que M. Wilkinson a glissé un peu rapidement sur ce càv'y important dos antiquités pharaoniques. Ce qui suit n'est guère que le résumé des recherches du docteur Lcpsius.
La religion des Égyptiens portait sur deux points principaux : !♦■ culte du soleil (sous des formes symboliques), et la croyance en une autre vie. Dans le système sacerdotal, qui n'était pas entièrement le môme à Memphis et à Thèbes, i! y avait deux cycles distincts divinités, l'un forme des dieux principaux, des grands dieux, l'autre des dieux topiques ou locaux, dont le culte était moins répandu.
Pour les collèges de la basse Egypte, Ptah, le dieu de la Lumière, était*la d ivinité supérieure. Memphis est qualifiée de ville de Ptah. Venait ensuite le dieu du Soleil. Ra ou Rt • (Phra, avec l'article;., et se> fils Ma et Tefnèt; puis le dieu du Ciel, Sébound, la déesse 2souip<, Osiris et Isisy Typhon iSèt) et Xcpti, Huros et Hathor. En tout douze grands dieux.
L'École thébaine mettait à la tête du cycle non plus Ptah, mais Amoun (Ammon des Grccsl, à la place de Ra les deux divinités solaires de la haute Égypte Mentou et Atmou, et à ces divinités elle ajoutait le dieu Savak à tete de crocodile. Le nombre des grands dieux était de neuf.
Venaient ensuite, dans les deux systèmes, douze petits dieux, douze dieux inférieurs, à la této desquels était Thot, le dieu de l'écriture; puis enfin trente demi-dieux ou génies.
Le culte du dieu du Soleil était le plus ancien et le plus répandu. Ra est représenté sur les monuments la tête surmontée du disque solaire ; son corps est rouge, et il a pour symbole l'épervier. Le dieu est souvent figuré nveo une tôte d'épervier, ou même par l'épereier seul accompagné du disque solaire. Il est le père des dieux et des rois ; le titre môme des Pharaons en est probablement dérivé. C'étaient les fils du Soleil. On regardait Phra comme en opposition et en lutte perpétuelle avec la Nuit et les Ténèbres.
Le Ptah de l'Égypte inférieure, que les Grecs ont identifié avec leur Hôphaistos (Vulcain). devait ôtre, d'après ce rapprochement, le symbole du Feu aussi bien qu'un dieu de Lumière. 11 est nommé dans les inscriptions roi des deux mondes, dominateur du Ciel, seigneur au visage riant et beau, et aussi quelquefois dieu de la Vérité, parce qu'en lui la lumière découvre et montre tout. Et comme chaque jour la lumière semble renaître, il est quelquefois représenté sous l'image
* Manntrs ami L'ustoms of the Ancient Egyptiens. London , Murrty, 1847 t t» »#J.
(3* èdit.) ; ou mieux encore, pour l'iu-Hf spécial iù% *oyaj,'e»ir*, a Popular Account of tht Ancient Egyptians, rerised and abriJgcd of bis larger work, by tir J. G. JFiYH*son. t s!> t. 2 «ol.
« An Account of the Manners and Cuxtoms of ihr Modem Egyptians, writttn m Egypt dunngtht years, IS33, 31 and'ùX By Edw TV- Lane. London, 1S30, 3 toi. in. 12 {3« éditj
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a an enfant nu, et aussi, en tant que dieu immuable, enveloppé de bandelettes comme une momie, et tenant à la main un nilomètre, figuré par une verge surmontée d'un anneau nvec deux barres transversales ce que les antiquaires ont nommé la croix ansée] . C'est lui qui a enfanté le Soleil. Une inscription dit : cPtah, qui roule son ^ufdans le ciel. » Sous cette nouvelle conception, la tête de Ptah se voit fréquemment portant le scarabée, et le dieu lui-même est aussi représenté par cet insecte, auquel on attribue l'habitude de rouler devant lui ses œufs. Le taureau était aussi consacré à Ptah ; c'est de là que venait le culte du bœuf Apis à Memphis.
A coté de Ka et de Ptah, plusieurs déesses étaient adorées dans la basse Egypte. Neith était la déesse protectrice de Sais et de son territoire. Sa figure est communément peinte en vert sur les monuments; elle porte la couronne basse et rouge de l'Egypte inférieure, et elle tient d'une main le sceptre de fleurs, quelquefois aussi un arc et des flèches. C'était la mère du Soleil, et vraisemblablement on personnifiait en elle le principe fécondant de la Nature. Pacht était une autre déesse de la basse Egypte, mais son culte s'étendait aussi dans l'Egypte supérieure. Elle est représentée avec une tête de lion, quelquefois • surmontée du disque solaire, et ayant à la main la croix ansée. La chatte lui était consacrée, à cause de sa fécondité. Pacht était la déesse des naissances, et on la regardait comme la protectrice des enfants. On célébrait chaque année à Bubastis une féte en son hon- • neur, qui était accompagnée de plus d'une sorte d'excès.
D'autres dieux étaient révérés dans la haute Egypte. Le dieu de Thèbes était Amoun, c le dieu caché. » Il parait avoir été originairement un dieu du ciel, car les inscriptions l'appellent le seigneur du ciel, et sa couleur sur les monuments est le bleu. Il est représenté tantôt debout, tantôt assis sur un trône, la tête surmontée de deux hautes plumes droites, et ayant dans les mains les emblèmes de la souveraineté et de la vie. Le dieu Amoun prit surtout une grande importance au temps do la xi i* dynastie, après la domipation des Hyksos. On réunit en lui les attributs du dieu du soleil, Ra, et il devint dès lors le plus grand dieu de toute l'Egypte. Le culte de Ra ne s'était pas étendu auparavant dans la haute Egypte, qui n'avait connu que deux divinités solaires, Mentou, le soleil supérieur, celui qui apparaît chaque jour, et Atmou, le soleil inférieur, celui qui disparait chaque soir à l'horizon.
A côté d'Amoun, le dieu principal de la haute Egypte, était Knepf. à la tête de bélier. La couleur de Knepf, sur ses monuments, est habituellement verte, et il est nommé dans les inscriptions « le maître des inondations. > Les représentations de ce dieu se montrent plus tard unies à celles d'Amoun, et dans cette union des deux divinités, Amoun prend les cornes ou même la tête du bélier. C'est sous cette forme qu'il était adoré dans l'oasis de Siwah, et ailleurs.
Il y avait en outre un dieu de la guerre, Onuris. Ombos avait le dieu Savak, auquel le crocodile était consacré, et Khemmis un dieu phallique, Khèm, que les Grecs comparent a leur Pan. Parmi les divinités adorées dans cette partie de l'Egypte, on distingue particulic-
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rement la déesse Mout, qui se place à coté d'Àmoun comme le principe femelle de la fécondité et de l'enfantement. Les monuments non* la montrent portant la haute coiffure royale de l'Egypte supérieure. Comme le vautour lui était consacré, elle paraît souvent la tête surmontée^de l'image de cet oiseau, ou sous la forme du vautour même.
Parmi les nombreuses déités d'ordre inférieur, nous noterons le diea delà lune, Khonso, et Thot, l'écrivain céleste. Ce dernier parait souvent avec une tête d'ibis, animal qui lui était consacré : il tient d'un; main la tablette, et de l'autre la branche de palmier ou le poinçon a écrire, comme pour inscrire le retour des fêtes et des époques remarquables. C'est aussi le dieu de la justice, et il en porte le symbole str la tête, deux plumes d'autruche. Comme il inscrit les temps et ptî est en quelque sorte le régulateur, à ce dernier point de vue il e*t i » dieu de la lune. Et comme enfin il a inscrit et transmis aux homra~ la volonté des dieux, de même il prend part à l'examen des taorj dans le monde inférieur. Dansces deux dernières fonctions il n'est jai représenté avec la tête d'ibis, mais avec la tête du cynocéphale.
Le culte d'Osiris et d'Isis est d'une époque plus récente, bien qce ce culte ait pris une très-grande extension. Leur mythe, réuni à ceiui de Typhon, est l'expression symbolique des conditions naturelles dt l'Egypte et des saisons qui en partagent l'année. Sous la forme et îe nom de Typhon (il est nommé Seden égyptien) sont réunies toutes le? forces, toutes les énergies nuisibles de la Nature. Il est le Soleil qui brûle et dessèche, il est la Stérilité et les Ténèbres. C'est le dieu do la mer salée et improductive, par opposition aux eaux douces et fécondantes du Nil. Toutes les plantes nuisibles, tous les animaux malfaisants lui appartiennent. C'était aussi, par une extension naturelle, l'auteur et l'image du mal moral. Sa couleur est le rouge foncé: le crocodile, l'hippopotame , l'âne, a cause de sa voix insupportable , lui étaient consacrés : lui-même portait des oreilles d'àne.
Horus (Har en égyptien) est communément représenté sous la forme d'un enfant tenant un doigt posé sur ses lèvres, et alors il est désigné comme Harpékhrouti (Harpocrate); mais déjà sous cette forme il est appelé le grand Libérateur, le Soutien du monde. Sous la forme d'un homme fait, c'est le fort Horus, Harouèr. Comme tel, on le représente avec la tête d'épervier de Ra et avec les symboles de la domination et de la vie.
Près d'Horus est la déesse Hathor. Tantôt c'est la déesse de l'Amour (les Grecs la confondent avec Vénus', et on la représente alors tenant à la main les symboles de la joie et du plaisir, le tambourin et d'autres instruments de musique ; quelquefois aussi on voit en elle la puissance de l'Enfantement. Sous ce dernier rapport, l'épervier femelle êt la vache lui sont consacrés, et une génisse blanche était entretenue dans quelques-uns de ses temples. Elle est aussi représentée soit avec les cornes, soit avec la tête de la vache.
En opposition à* Typhon, on avait réuni dans Horus et dans Osiris toutes les attributions bienfaisantes disséminées entre les autres dieux. Les Égyptiens invoquaient Osiris comme le maître de la vie; mais il avait laissé à Horus la souveraineté sur l'Egypte. Son attribution prin-
cipale était la souveraineté du monde inférieur. Parmi les arbres, c'était le tamarisc toujours vert, et parmi les animaux, le héron, qui lui étaient consacrés. Dans Isis, la Grande Déesse, l'Épouse Royale, on retrouve à la fois Mout, Neith, Hathor, toutes les divinités qui présidaient à l'enfantement et à la naissance, dans lesquelles se personnifiaient l'énergie reproductrice. La vache est son symbole, et ses images en portent soit les cornes, soit la téte entière.
Osiris et I.sis étaient révérés dans toute l'Egypte; néanmoins leurs principaux temples étaient ii Abydos, à Tins et dans l'île de Philœ. On montrait le tombeau d'Osiris en différents lieux; mais le plus authentique était ci lui de la ville de Rousiris, dans le Delta.
S 1. Écritures hiéroglyphiques, etc.— Les Égyptiens avaient trois sortes d'écriture : l'écriture hiéroglyphique, l'écriture hiératique et l'écriture démotique. La première était la seule qu'on employât dans les inscriptions: c'était l'écriture monumentale. Elle se compose, on le sait, de ligures d'animaux et d'autres ul jets exprimés d'une manière plus ou moins distincte. C'est une écriture toute symbolique, où chaque figure, d'après certaines règles qui lui sont propres, exprime un son ou une articulation dérivée du nom qu'avait en égyptien l'objet représenté. Les prêtres seuls en avaient la complète intelligence. Lorsqu'on se servait de l'écriture hiéroglyphique pour écrire les volumes de paj:yrus, on la disposait généralement en colonnes , où la forme des figures, devenue plus enrsive, s'altéraitsensiblemcnt.
Une plus grande abréviation des mêmes signes, appropriée a l'usage rapide du calame. produit l'écriture hiératique : c'est l'écriture sacerdotale. Elle est disposée d'ordinaire en lignes non plus verticales , mais horizontales, et se lit de droite à gauche, comme l'hébreu et l'arabe. Son intelligence présente une difficulté qui s'ajoute aux difficultés générales du système hiéroglyphique : c'est de reconnaître chacun des signes ainsi abrégés. On s'est servi de cette écriture depuis des temps très-reculés, pour écrire les livres sur le papier indestructible que donnait l'écorce du papyrus.-
La troisième éc riture, celle que les Grecs ont appelée dem otique ou vulgaire, est une dernière simplification et une altération de l'écriture hiératique. On la trouve usitée pour les usages civils depuis le vue siècle avant notre ère; elle servit à écrire les textes rédiges dans la langue vulgaire, qui déjà s'éloignait beaucoup de la langue antique, et qui a éprouvé» de nouvelles altérations en devenant ce qu'on nomme aujourd'hui le copte. Dans le précieux monument bilingue connu sous le nom de pierre de Rosette, l'inscription grecque (du temps de Ptolémée Epiphanej est traduite en égyptien, sous la double forme et avec les deux écritures hiéroglyphique et démotique. On sait que cette inscription, découverte à Rosette en 179.8 par les Français, et dont les Anglais s'emparèrent lors de l'évacuation de l'Egypte en 1801, fut le point de départ des études par lesquelles Chainpollion est arrivé à retrouver la clef de l'écriture hiéroglyphique et à en reconstituer tout le système.
S 5. Palais.— Nous ignorons quelle était la disposition des palais de Memphis, où tout a péri, même les ruines- dans la seconde capitale
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de l'Egypte, à Thèbes, les demeures royales dont on retrouve encor? les restes sont comprises dans l'enceinte des temples. Tel e<t du moins le palais de Touthmès III, qui fait partie d'un des plus beau temples et des plus vastes de toute l'Egypte. Les avenues de sphinx, les pylônes , les portiques soutenus par des forêts de colonnes . îe* obélisques, les statues colossales, les riches et spacieux vestibuleles chambres et les salles décorées de tableaux historiques, tout ;, était d'une étendue et d'une magnificence qui confondent l'imagin* tion. Aussi cet immense édifice, avec son sanctuaire consacré auditt Amoun, avait-il été l'œuvre des siècles. Une longue suite de gé nattions de rois, depuis le chef de la xn« dynastie jusqu'aux puissao: monarques de la xix«, y ajoutèrent successivement de nouvelles cotstructions ou embellissements de constructions antérieures. Ce fut!* Louvre des Pharaons.
§ 6. — Demeures privées. Autant les temples des dieux et les y*lais des rois frappaient l'esprit du peuple par leur étendue et 1er richesse, autant les demeures privées étaient simples et nues. C\s le contraste éternel que présente l'Orient. Il y avait néanmoins gradations. Les habitations des riches se distinguaient surtout p*r;» recherche de leurs jardins, ce vrai luxe des pays chauds. Ces heureux climats sont peu exigeants; ce qu'on y veut avant tout, c est ^ l'air et de l'ombre. Tout est disposé pour ce double objet. Des r:-» très-étroites, où le soleil ait difficilement accès ; des construction* u& l'air circule largement. Les villes actuelles et leurs maisons peuvent donner une idée exacte de ce qu'étaient les maisons et les ville* J? l'ancienne Egypte ; sauf l'introduction de la mosquée musulman' rien d'essentiel n'a pu changer dans la disposition et l'aspect de* habitations privées, parce que c'est le climat même qui en impov conditions. Dans les demeures d'une certaine étendue, une galet* ouverte, soutenue par des piliers, courait, comme dans nos accte2* cloîtres, autour d'une cour ordinairement plantée d'arbres, et donnai accès aux différentes pièces de l'habitation, qui prenaient jour cette cour intérieure. Alors comme aujourd'hui la maison se terminait en terrasse. Tout était construit en briques. Dans les peinture murales où sont représentées des scènes de la vie civile, on vo;: figurée une grande variété de meubles, quelquefois remarquables pr l'élégance des formes aussi bien que par la richesse de la mati; Te du travail ; et l'on peut d'ailleurs se former une idée de la perfetuj à laquelle étaient arrivés très-anciennement certains arts «le luxe, pr les bijoux et les autres objets d'or, d'ivoire et d'autres matières précieuses, que l'on a trouvés dans les tombeaux et qui se conserver: dans nos musées. Comme travail d'orfèvrerie, de ciselure et d'incrustation, beaucoup de pièces défieraient l'habileté de nos meii!rur< artistes. Naturellement les habitations communes et les demeures de> pauvres cultivateurs n'avaient plus rien de cette recherche. Quatre murailles en terre, une petite cour intérieyre, une ou deux ebamerv> nues et quelques resserres, c'était tout. Nos pauvres paysans, -dan? des conditions do climat bien plus rudes, en ont-ils davantage?
8 7.— Architecture musulmane. La conquête de l'Egypte psr i»
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Arabes musulmans introduisit dans le»pays un nouveau style d'architecture, non pour les constructions privées, qui n'ont jamais changé, mais pour les édifices consacrés au culte. C'est au vieux Caire que se trouve la première mosquée qui ait jamais été bâtie en Egypte par les Arabes. Kllcfut construite par les ordres d'Amrouen l'année 21 de l'hégire ;G1:1 de J. -('.), et on peut la considérer comme le type de la mosquée primitive, bâtie sur le plan de celle de la Mekke. C'est une vaste cour quadrangulaire, entourée d'une muraille, et dans l'intérieur de laquelle des rangées de colonnes surmontée's d'un plafond forment des galeries couvertes ou les assistants trouvaient un abri contre le soleil, et d'où ils pouvaient entendre la voix de leur chef ou celle des docteurs. Au centre de la cour se voit la fontaine aux ablutions, surmontée d'un dôme.
La mosquée proprement dite est une grande salle divisée en plusieurs nefs parallèles par plusieurs rangées de colonnes, c'est la partie du bâtiment qui est tournée vers la Mekke et qui forme un des petits côtés du harem ; une niche ou Mihrab surmontée d'une voûte et indiquant la direction de la K^aba se trouve au centre du mur qui regarde la Mekke, c'est là que l'on, conserve les copies du Koran. Près du Mihrab on remarque le Menbèr, chaire à prêcher, les différentes Mastaba pour les imams et les prieurs (F. p. 292). La mosquée de Touloun au Caire présente encore la même disposition.
On trouve une seconde espèce de mosquée, comme celle de Hassan au Caire, qui se rapproche davantage des mosquées modernes. C'est un vaste édifice à murailles élevées, présentant aussi à son centre une cour hypèthre, et dont le sanctuaire est placé sous un grand portique ogival, ouvert sur cette même cour. Enfin Mohammed-Ali a élevé au Caire une mosquée en tout semblable à celles de Constantinople.
Quant aux éléments architecturaux, c'est-à-dire arabesques, fleurs, inscriptions, coupoles en stalactites, mêlés aux matériaux empruntés à des édifices antiques, ils ne diffèrent pas de ceux que nous avons décrits, p. 291. Pour l'Egypte, nous devons signaler surtout la disposition de* minarets ;« ils se présentent sous la forme de tours étroites et élancées, rondes ou polygones, divisées en plusieurs étages en retraite # les uns uu-dessus des autres. A chaque étage se trouvent des balcons ou des galeries saillantes, finement sculptées etportées généralement sur des niches en encorbellement. La construction est terminée supérieurement par une petite coupole qui s'ajuste au moyen d'un piédouchc avec le reste de l'édifice. » (Batis3ier, ouvr. cité). Les minarets s'élèvent ordinairement aux angles de la cour ou harem, audessus de la porte d'entrée. Par leur construction riche, élégante et originale, ils l'emportent de beaucoup sur les minarets de Constantinople qu'on a comparés avec assez de justesse à des chandeliers recouverts d'un éteignoir. Mentionnons encore la forme ogivale qu'on retrouve dans les arcades de la plupart des mosquées antiques du Caire vTouloun, Amrou, El-Azhar, Barkouk). Une autre remarque générale, c'est qu'à l'exception de deux, toutes les mosquées du Caire, sont k toits plats, et que la coupole est réservée aux tombes. Les plus