MOSQUEES
vieux Caire, le véritable type de la mosquée primitive.
C'est un grand carré ouvert, d'une centaine de pas de coté , entouré sur trois cotés de deux rangées de colonnes formant une douole galerie profonde de 11 m.
Sur la quatrième face de la cour, celle de l'E., il y a cinq rangées de colonnes formant quatre nefs transversales, qui constituent la mosquée proprement dite. C'est là qu'on voit, au centre de la muraille de fond, percée dans toute sa longueur de petites fenêtres ogivales finement sculptées , un mihrab très-ancien, orné de quatre colonnettes de marbre et de mosaïques très-détériorées. Le menôèr, en bois sculpté, qui s'élève en face, est tout vermoulu. Le mestabé ( chaire des lecteurs) est soutenu par quatre colonnes de marbre très-simples. Les deux piliers qui en sont voisins présentent des sculptures bizarres, celui de gauche une espèce de niche ogivale (sans doute un mihrab), celui de droite une espèce de croix d'honneur suspendue à une chaîne. A gauche du mihrab principal , on voit aussi dans la muraille de fond une autre niche sculptée ou mihrab, semblable à celle du pilier ci-dessus. La porte du côté do la grande cour est ornée de deux pierres noires, portant les inscriptions coufiques dont nous avons parlé.
Mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les arcs ogivaux qui supportent ces nefs. Ils sont soutenus par des piliers ornés à leurs quatre angles de quatre demi-colonnes engagées avec des chapiteaux arabes. Entre chaque grand arc ogival est pratiquée une petite fenêtre en fer à cheval. Les grandes ogives sont aussi légèrement étranglées à la base de l'archivolte. Le tout est couronné d'une frise ornée d'arabesques légères. Les arceaux qui entouraient la cour sont comblés et convertis en habitations. Au centre de la cour est la fontaine aux
EGYPTE
ablutions, recouverte d'un dôme très-détérioré. Un second mur extérieur, à chacun des angles duquel s'élève un minaret , enveloppe cette première enceinte :
l'appel à la prière se fait du minaret de l'angle N.-O. , grosse tour carrée à la base, puis cylindrique, et enfin octogone. Un escalier tournant l'enveloppe extérieurement. Du haut de ce minaret, on
[Route 16Î.]
noire, tache de sang, disent les Arabes ; quelques marches conduisent ensuite dans un corridor sombre garni de bancs de pierre ; on, franchit une chambre ou se tiennent les gardiens, qui vous foni quitter vos chaussures , et l'on pénètre dan* la grande cour intérieure. Son plan est différent de celui des ancii-nnes mosquées; elle affecte la forme de la cro:x
jouit d'une des plus belles vues du grecque. A chacun des quatre cd- Caire. L'édifice est, au total, moins | tés de la cour^est une sorte de salle remarquable encore pour sa beau- i carrée surmontéed'une arche életé que par l'intérêt qu'il présente I vée du plus grand effet ; celle de pour l'histoire de l'architecture l'E., plus haute que les autres,
pour
sarrasine. Le dome qui surmonte la partie antérieure du quadrilatère est d'une époque beaucoup plus récente. Il porte en caractères arabes la date de l'an 696 de l'hégire (1297 de J.-CV.
La mosquée du sultan Hassan (Gam'a soultan Hassan) est sur la place Honmeïlèh, au pied occidental de la citadelle. On s'accorde à la regarder comme la plus belle du Caire. C'est un ouvrage du xive siècle: elle fut commencée en l'an 757 de l'hégire et terminée en 760 (1356-58 de notre ère,', sous le régne du sultan B iharite en-Nâscr-Hassan. C'est dans cette mosouée que s'étaient réfugiés les Arabes pendant la révolte du Cairo (21 octobre 1790S
A l'extérieur elle se présente sous la forme d'un bâtiment rectangulaire, allongé du N.-O. au S. - E. et dominé du cdté de la place Honmeïlèh par une haute coupole ; un immense minaret à trois galeries occupe l'angle S.-O.
Un autre plus petit s'élève sur la face E. On est frappé de la hauteur et de la belle construction de ses murailles, percées de longues baies verticales avec deux rangs de fenêtres, et couronnées par une corniche en haut-relief.
L'entrée dans la mosquée est dans la rue du côté de l'E., par une porte de dimension colossale, avec une voAte en encorbellement, décorée de riches stalactites. Sur le pavé, on montre une grande tache
mesure 21 met. d'ouverture. Tout an fond est un mihrah en marbres de diverses couleurs, avec quatre colonnettes fines; autour sont des ornements de marbre et de porphyre très - dégradés. La tribune des lecteurs {mastaba) n'est soutenue que par des colonnettes grossières. Un lustre en bronze oxydé et finement ciselé est pendu au centre. Deux rangées de rases en verre coloré, sur lesquels est inscrit le nom du souverain, sont suspendus aux parois; le tout c*t surmonté1 d'une frise ornée d'arabesques légères A droite du Af^nbèr, une porte fermée par tin simple loquet conduit h la tombe du fondateur de la mosquée, salle nue et décrépite, surmontée d'un démo; sur la tombe même est placé un exemplaire du Coran, écrit en gros et beaux caractères. La fontaine des ablutions, au milieu de la cour, est surmontée d'une large coupole sphérique, soutenue par des colonnes et tombant en ruines. Les pierres qui servirent a édifier ce grand édifice furent tirées des pyramides; mais le marbre a été prodigué dans les ornements int,'krieurs, et le carreau est formé de belles mosaïques.
Dans le voisinage de la mosqnée d'Hassan, nous pouvons citer, outre la mosquée Mahmoudièb, déjà mentionnée sur la place Roumeïlèh, deux autres mosquées situées au N.-E., celle de Mardanî, dont le minaret eut un modèle de grâce
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et de légèreté, et celle d'Émir- Akhor (de l'écuyer), oui date» des sultans mamelouks des xive au xvie siècle. Sa coupole est tout ce qu'on peut voir de plus coquet.
Le Gâm'a el-Azhar est dans la partie orientale de la ville, non loin de la porte (ihôraïb, à^Omin.
de l'Esbékyèh. Son nom, qui signifie la mosquée splcndide, indique assez le naut rang qu'on lui assigne, et avec raison, parmi les mosquées de la capitale. Elle fut fondée originairement en même temps que le Caire par Gowhèr-el- Kaïd, le général des sultans fatimites de KaïrouAn, en l'année 359 de l'ère musulmane (970 de J.-C), et terminée en 361, comme l'indique une inscription; mais l'édifice, dans son état actuel, a été reconstruit postérieurement , et fort agrandi. Des inscriptions arabes font connaître les noms des sultans qui y ont fait travailler à diverses époques.
De même que toutes les mosquées primitives, El-Azhar se compose d une grande cour entourée de portiques. Celui de l'E.,qui est le coté de la prière, est formé de neuf travées où plus de 1200 lampes sont suspendues. Plus de -100 colonnes en marbre, en porphyre et en granit, enlevées aux anciens temples égyptiens, sont entrées dans la construction de ce grand édifice, qui eut dès l'origine le double caractère, qu'il a toujours gardé depuis, de maison pour la prière et de lieu d'enseignement.
Il acquit de bonne heure une grande célébrité par le concours des savants docteurs qui y enseignaient la théologie et le droit musulman. Les étudiants y affluent de toutes les contrées du monde musulman; El-Azhar est regard»' comme l'université non-seulement de l'Egypte, mais de tout l'Orient.
Les portiques, de deux, cotés do la cour, ont été convertis en salles par des grilles et îles cloisons en Lois, pour la distribution des étudiants. Chacune de ces salles contient des armoires ou sont renfer-