‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 439 sur 511 · MOSQUEES · texte numérisé non relu

MOSQUEES

més les manuscrits, et chaaue salle a un ou plusieurs cheikhs pour la direction des élèves. La mosquée sert aussi d'asile aux musulmans pauvres ou étrangers , qui y passent tranquillement la nuit sur des nattes étendues sons les galeries ou dans la cour. Le pourtour est distribuéen quartiers (roudij) destinés aux étudiants qui arrivent des diverses contrées de l'islam; chaque nation a son quartier, et chaque quartier son nazir ou inspecteur, au-deasus duquel est l'administrateur général. Tous les deux jours, on fait pour les étudiants pauvres une distribution de pain, outre une certaine quantité d'huile pour l'éclairage; et, de plus, ils reçoivent chaque mois une petite somme d'argent pour leurs outres besoins. Aussi les dépenses annuelles de la mosquée sé montent-elles à plus de 600 000 piastres. Le gouvernement alloue une partie de la somme ; le reste est fourni par le revenu des immeubles légués à la mosquée par de dévots musulmans. Toutes les mosquées possèdent plus ou moins de ces legs pieux [icâkf). Un fonds spécial est affecté à l'entretien de 300 aveugles logés dans un bâtiment spécial appelé Zatriet cl- Omidn, la chapelle des aveugles, située à l'angle oriental de la mosquée. La plupart d'entre eux suivent les cours. Ils se sont fait remarquer de tout temps par leur animosité fanatique contre les infidèles, et un étranger qui s'engagerait inconsidérément au milieu d'eux pourrait courir un danger sérieux.

Deux autres mosquées avoisinent El-Azhar au N.; lapins septentrionale est celle de Hassanem, dédiée à Hassan et Hossaïn, les deux fils d'Ali, le gendre du prophète. La mosquée conserve leurs reliques , qui lui ont valu une grande réputation de sainteté. Le maxeled ou jour de la naissance des Hassaneïnest une des principales j fêtes du Caire ; et dans le quar- I tier de la mosquée on particulier

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sa célébration ne dure pas moins de huit jours , accompagnée de toutes sortes de réjouissances populaires.

Mosquée du sultan El-Hakem, située à l'extrémité N., près de Bab en-Nasr : c'est la plus ancienne mosquée du Caire (la mosquée de Touloun, ainsi qu'on l'a vu, n'y ayant été comprise que longtemps après la fondation de la ville). Elle fut construite, comme on le sait par une inscription coufique audessus de la porte O., en Van 393 de l'hégire (1003 de J.-C), c'est-àdire 30 ans après la fondation du Caire par le sultan El-Hakem, le troisième prince de la dynastie fatimite, le même qui établit la religion des Druses. [V. p. 587.) La mosquée est maintenant en ruine et abandonnée. Son minaret, dont la base carrée et massive

IRoutb 162. J

La mosquée du sultan Kalaoûn

est près du bazar de KhAn-KhaliJ, entre le quartier Franc et la mosquée d'El-Azhar. Elle est surtout connue comme étant attachée au Morostân ou maison des fous, fondée par le sultan mamelouk kalaoûn, en l'an de l'hégire 68-4 (HK7 de notre ère), et qui a subsisté jusqu'à ces derniers temps dans cet emplacement. La mosquée se trouve à gauche de l'entrée du Morostân ; elle présente des arcades de forme allongée, et un mihrab orné de mosaïques , de nacre de perle et de colonnettes. Le tombeau de Kalaoûn est en face de la mosquée, à droite de l'entrée du Morostân : c'est un bel édifice, avec des arcades légèrement en fer à cheval. Le tombeau de Nasser- Mohammed, fils du précédent, mon enl294, fait partie au même groupe

imite assez bien les pylônes égyp- de monuments. Il fut élevé sous

tiens, a été fortifié autrefois par les Français. La cour intérieure offre un aspect de désolation ; les portiques qui l'entouraient ont perdu leur couverture, mais les arcades restent en partie avec leurs jolies ogives en fer à cheval et leurs piliers ornés de colonnettes, comme à la mosquée de Touloun.

La mosquée El-Moeyed, située au centre même de la ville ôrien-

le règne de Mélek el-Mansour-ed- Dln, ainsi que le porte l'inscription. Il se fait remarquer par un élégant portail, plus semblable au gothique européen qu'au style sarrazin , et par les ciselures de son minaret, qui rappellent les ornements de l'Alhambra.

La mosquée d'El-Ghouri, située à l'extrémité du bazar du même nom, forme, avec le tombeau, qui est construit de l'autre" coté de la

taie, près de Bàb ez-Zoueïlèh, est rue. un groupe pittoresque, toud'une époque relativement mo- | jour animé par la population affai-

derne ; elle fut construite sous le règne du sultan mnmelouk El- Moeved, qui régna de 818 à 825 de Vhégire (1115-14211. Le plan présente une grande cour carrée entourée de portiques à colonnes surmontées d'arcades à ogives très- légèrement étranglées à la base. Trois de ces portiques sont à double rang; le quatrième en a trois servant de nefs et formant le sanctuaire ou la mosquée proprement dite, à droite et à gauche de laquelle sont des tombeaux. La décoration de la mosquée estd'une grande richesse ; les plafonds présentent des compartiments ou cais- ] rieh et de Khàn-Khalll. Ils sont ?ons peints et relevés de dorures. Itous deux au delà du canal, a peu

rée qui se presse dans ce quartier.

El-Ghouri possède encore deux autres tombeaux à son nom. l'un à Kaït-Bey, l'autre sur la route d'Hêliopolis. Il fut cependant tué près d'Alep, dans un combat contre le sultan Sélim. On peut citer encore, dans la rue de la Citadelle, la mosquée d'Ibrahim Aga. remarquable par les arabesques de sa coupole et la légèreté de son minaret.

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