I. Le Vieux Caire on Fostàt
Le vieux Caire est à 5 kil. du quartier Franc et à 2 kil. 1/2 de l'extrémité S.-O. du Caire. On s'y rend soiten prenant, àpartirde l'Esbékyèh, l'avenue de Boulak qu'on laisse (10 m.) pour suivre à main gauche la grande avenue des plantations d'Ibrahim-Pacha, soit en traversant la partie occidentale de la ville, le long du Khalig, jusqu'à Bab es-SéidehZéineb. C'est un quartier entièrement arabe, avec une quantité de petites mosquées et quelques jolies fontaines arabes.
On remarque surtout, prèsd'uncar-
amene enfin (15min.) au
Vieux Caire. La ville fut fondée par Amrou, le général du khalife Omar, à l'époque môme de la conquête de l'Égypte (640 de J.-C).
Comme il assiégeait un château appelé Bab y Ion, il avait planté sa tente un peu au N. de la place investie, et il voulut qu'en souvenir de l'événement, la ville, dont il fit commencer la construction sur la place même où il avait campé, fût appelée Fostàt, mot qui en arabe signifie une tente. Ce fut là aussi qu il fit élever la mosquée encore existante et qui a gardé son nom. Fostàt resta la capitale musulmane de l'Egypte jusqu'à l'époque de la fondation du Caire, en 969. C'est depuis lors que Fostàt a pris la dénomination assez impropre de Vieux Caire, en arabe | Masr eUAtikah ; mais dans ces derniers temps l'usage tend à lui rendre, et avec raison, son nom primitif. En 1168, lors de l'irruption des croisés dans la basse Egypte, les Sarrasins livrèrent Fostàt aux flammes, dans la crainte qu'elle ne tombât aux mains des enrétiens.
A cette époque elle s'étendait au
Nord jusque vers la mosquée de Touloun, dans ce qui est devenu plus tard la partie méridionale du Caire. L'incendie de 1168, qui dura , dit-on , cinquante - quatre jours sans qu'on pùt l'éteindre , fat la ruine définitive de Fostàt.
Elle ne s'en est pas relevée. Les décombres répandus dans la campagne indiquent seuls son an-
ÉOYPTE. [Roctb 162.]
l'ensemble présente une véritable grandeur. Le côté oriental a trois entrées. Un minaret surmonte )a plus méridionale, et un second minaret s'élève k l'angle S.-E.
Les arches des galeries sont en plein-cintre, saut' quelques-unes ajoutées postérieurement. Au centre du sanctuaire est un mihrab très-simple , un menber en bois
cienne extension. On estime que l sculpté, près duquel est la colonne, la population qu'elle a conservée, j marquée d'une veine blanche, qui et qui se compose principalement serait l'empreinte de la coorbaeh
île Coptes, peut se monter à 3000 âmes.
Le seul monument de quelque intérêt qu'on y trouve est
La mosquée d'Amrou {Gâm'a- Amr), située à 1*E. du village, du côté du champ de décombres.
L'entrée est au-dessous du minaret du milieu. C'est une porte en forme de trèfle, surmontée d'une petite fenêtre en ogive surbaissée. Cette mosquée, la première que les Arabes aient bâtie en Egypte, est le véritable type de la mosquée primitive. L'enceinte a la l'orme d'un carré régulier, l'intérieur n'étant autre chose qu'une cour découverte, entourée de colonnes formant galerie et ayant au milieu une fontaine pour les ablutions, près de laquelle se dresse un beau palmier. La longueur des côtés est de b0 raèt. Le côté occidental n'a qu'une simple rangée de colonnes; les côtés S.
et S., qui sont en partie écroulés, en ont chacun trois; le côté oriental, qui est celui du sanctuaire, en a six, et les arcades sont au nombre de vingt et une. Le nombre total des colonnes n'est pas de moins de deux cent trente. Huit colonnes entourent la construc-
du khalife Omar, d'après la légende racontée spirituellement par M.
du Camp. {Le Nil, p. 60.) A l'angle, S.-O. est une source entourée d'une petite margelle au ras du pavé. Elle communique, selon les musulmans , avec le puits de Zem-Zem do la Mecque. A l'angle S.-E. est le tombeau d ^tmrou grand rectangle de pierre surmonté d'un toit triangulaire avec quatre colonnottes carrées oux quatre angles. La mosquée est presque abandonnée, à cause de son état de ruine ; néanmoins le vicc-roi et tout le cortège - des croyants y viennent encore implorer le prophète dans quelques occasions solennelles.
Le quartier Copte forme, à l'extrémité de Fostàt, une enceinte séparée appelée Kasr fch^Chrmmâ.
ou plus communément Detr cn-Xa~ sdrah, la maison des chrétiens; il est entouré de hautes murailles et fermé de portes. Les murailles sont do construction romaine; l'enceinte a dû être celle do la forteresse de Uabylon. Dans la portiou S., une porte d'ordre dorique, flanquée de deux lours rondes et surmontée d'un fronton avec une inscription illisible, est murée et
tion octogone qui abrite au centre 1 entourée jusqu'au cintre. I ne des
de la cour la source sauraàtre des ablutions. Quoique toutes ces co lonncs. tirées des différents monu-
leux tours (celle de l'O.) a. dans une chambre supérieure, de curieuses sculptures sur bois du
ments anciens, soient assez dispa- i temps de Dioclétien. L'église copte rates, que leur arrangement pèche est dédiée a saint Oeorges ; on y souvent contre le goût et la sy- montre avec grande vénération inétric, et qu'en outre toute la une chapelle souterraine où la
construction soii aujourd'hui dans un grand état de délabrement,
tradition rapporte que la vierge Marie se retira pendant quelques