ENVIRONS DU CAIRE
(Uoutk 162.]
jours lors de sa fuite en Egypte.
Le Deïr en-Nasârab renferme austi un couvent grec. Le port du vieux Caire présente une grande animation. Le Nil s'y montre dans toute sa majesté, et l'œil peut suivre son cours assez loin vers, le S.; sur l'autre rive on aperçoit (iizèh et les beaux bois de palmiers qui couvrent la plaine des Pyramides.
A chaque instant de gros bateaux transportent d une rive à l'autre hommes, femmes, enfants, Anes et chameaux. L'embarquement de ces animaux est un spectacle amusant: le chameau fait entendre un grognement maussade et enjambe maladroitement le bord du bateau, que l'âne franchit au contraire avec légèreté.
Pour quelques paras on se fera passer clans
L'île de Roudah (Géziret er-Roudah), qui s'étend en face du vieux Caire. A la pointe S. se trouve le Nilomètre, en arabe Mékyds (mesure), destiné, comme son nom l'indique, a mesurer les crues du fleuve. C'est une sorte de puits carré où l'on descend par un escalier, et au milieu duquel se dresse»une colonne graduée. Cette colonne est divisée en coudées dont chacune répond a 54 centimètres, chaque coudée subdivisée en six parties ou doigts de 0 eentim.
Au temps des crues, des erieurs en proclament le chiffre trois fois par jour dans le Caire. Le point le plus bas où il faut que fleuve monte au mékyàs est 18 coudées. A 22 coudées tous les canaux son t pleins; au-dessus, la crue devient nuisible.
Avant que les Arabes fissent la conquête du pays , le Nilomètre était pJacé au bourg de Halouàn, vis-à-vis de Memphis. L'an 96 de l'hégire (715), Oçama, gouverneur de l'Egypte, écrivit au khalife Soleïman Abd el-Mctekque le mékyas d'Halouân avait été renversé. Le khalife lui commanda d'en élever un autre dans l'île située entre Fost.it et Gizèh. Il fut obéi. Cent quarante neuf ans après, co Nilo-
mètre tomba (245 de l'hégire, 859 de J.-C.ï, et le khalife El-Motawâkil en fit rétablir un à la mémo place, qu'on appela le nouveau mékyas: c'est celui qu'on y voit encore actuellement. Ces circonstances sont rapportées par l'historien égyptien Elmacin.
L'île de Roudah était autrefois liée à la rive occidentale par un pont de bateaux qui n'existe plus depuis longtemps. La partie N.
était occupée par de beaux jardins plantés vers 1831 par Ibrahim-Pacha, mais qui ont beaucoup perdu depuis sa mort.
On revient du vieux Caire vers la téte de l'aqueduc et vers lo Kbalig, qu'on passe sur un pont, près de son point de départ. A 10 min. du pont, on trouve à gauche le Kasr el-Àïni, ou fut originairement installée une des écoles pratuites créées par Méhémet-Ah, et oui est devenue depuis une école Je médecine avec un hôpital consacre surtout aux militaires. L'école est sous la direction de M.
Burguières-Bey, médecin sanitaire de France, et successeur du docteur Clot-Bey, qui s'efTorce d'y introduire les méthodes européennes. L'établissementcst vaste, bien aéré et dans d'excellentes conditions de prospérité.
A côté de Kasr el-Aïni est le bâtiment appelé
Collège des Derviches, établissement central de ceseorporations religieuses répandues dans tout le monde musulman {V. p. 298;, et qui se partagent en un grand nombre de sectes. On les reconnaît en général à leur costume, et entre autres à leur bonnet élevé, ainsi qu'à une grande amulette qu'ils portent extérieurement. Les plus nombreux au collège des Derviches sont les saadyi'h, qui sont charmeurs de serpents [Ps\jUe$), et accomplissent la cérémonie du dossèh (V. p. 987), et les mcvlévis {tourneurs). Leur zikr ou danse, qu'ils exécutent une fois par semaine (le vendredi) dans l'intérieur de leur collège, intéressera