VI. Le barrage du Mil
Le moyen le plut facile de s'y rendre est de prendre le chemin de fer jusqu'à la station de Calioub (départ à 8 h. 30, trajet en 25 min.), d'où il ne faut guère plus d'une heure à âne pour gagner le barrage. On peut, pour revenir, attendre le train qui passe à Calioub à 3 h. 35, ou revenir le long des bords du Nil, environ 4 h. à àne.
Cette construction gigantesque, dont Mohammed-Ali posa la première pierre en 1K47 au milieu d'une grande solennité, aurait été le plus grand ouvrage hydraulique du monde si on avait pu le conduire à terme. Un ingénieur français depuis longtemps au service du vice-roi, M. binant de Bellefonds (aujourd'hui Linant-Bey), en avait tracé les plans et en a dirigé les travaux. Ces travaux sont établis à la tôte môme du Delta, à 20kil.
au-dessous de Boulâk, sur la pointe intérieure que forment, à leur bifurcation , les branches de Damiette et de Rosette. Leur but é/ait de maintenir les eaux du fleuve pendant les huit mois d'étiage (c'est-à-dire des moyennes et des basses eaux) , au niveau môme du sol, de manière à pou-, voir arroser la basse Egypte comme pendant l'inondation. Comme complément du barrage, tout le système de canalisation du Delta devait être modifié et complété.
C'était une grande dépense ; mais aussi le résultat devait être d'accroître, dans une proportion énorme, l'étendue des terres actuellement cultivables du Delta , en même temps qu'on rendait inutile l'emploi de 50 000 sakyèh ou machines d'arrosement artificiel, qui exigent un grand nombre de bras.
Le revenu agricole de l'Kgypte
Eouvait être immédiatement doulé. Malheureusement des difficultés pratiques sont venues à la travers© de ces magnifiques résul-
qui n'ont ét<-
tats. Les travaux, achevés, ou du moins fort avancés, que sur la branche de Damiette , sont interrompus depuis plusieurs années, et, faute d entretien, sont déjà très-dégradés On a dit que le barrage serait insuffisant pour résister à la pression du fleuve ; on s'est plaint aussi qu'il nuisait beaucoup à la navigation. Quelsque soient les motif*, ce prodigieux travail paraît être abandonné. Il n'en mérite pas moins d'être visité, comme une des plus hardies conceptions du génie humain.