VII. Les Pyramides
Cette excursion est la plus important?
de celles que l'on peut faire autour dû Caire, et celles dont se dispensent le moins les voyageurs. Qui n'a pas été as* Pyramides n'a pas vu l'Égypte.
Si l'on ne veut voir que les grandes pyramides de Giièb, l'excursion peut être facilement faite en un jour, mais une exploration un peu complète demande an moins un jour et demi ou deux jours- On peut indifféremment la commencer par Gixèh ou par Sakkarah. Cette dernière localité est à environ 5 b. du Caire; on peut aller y coucher (on y trouve sne espèce dhôtel), revenir de grand matin aui pyramides de Gizèh, et rentrer au Caire vers midi. Pour la marche inverse, on partira du Caire dans l'après-midi, 00 couchera dans les grottes creusées an pied de la grande pyramide ; le lendemain, on verra lever *le soleil du haut de celleci ; on achèvera la visite des autres monuments et l'on se rendra à Sakkara (4 heuviron), où l'on pourra coucher une seconde nuit, si l'on veut explorer attentiT*ment les monuments.
Pour cette excursion, il fant ae de provisions, de bougies, d une lanterne, de nattes , de tapis , de matelas et de couverture* ; un petit marche-pied pour gravir les degrés de la pyramide n'est pas une chose inutile. Chaque personne qui fait partie de l'expédition a son une, et chaque Ane son conducteur; les deux ensemble coûtent pour la journée de
[ROtJTiî 162.] LES PYRAMIDES.
10 à 12 piastres. Le cheikh qui réside près des pyramides fournira les guides nécessaires pour les escalader et se diriger dans l'intérieur. Ces guides se payent 7 à 8 piastres pour la journée, quoique naturellement ils soient toujours portes à réclamer davantage. L'article des baghehich est surtout un perpétuel sujet d'ennui. Il est également bon de faire prix d'avance avec les àniers ou avec le drogman, si l'on en a un, pour le passage du Nil à Gizèh; les bateliers demandent souvent des prix exorbitants.
Du Caire on descend (1 h.) au Vieux Caire, (V. p. 889) où des bateliers vous transportent, sur la rive opposée du tleuve, à
Gizén, ce village fut autrefois fortifié, et forma avec l'île de Koudah, au temps de la domination des Mameloucks, une ligne de défense en avant du Caire; ce n'est plus aujourd'hui qu'un simple village, avec deux ou trois cafés, des bazars ruinés, et quelques restes difficilement reconnaissantes des anciennes maisons de plaisance des Mameloucks et des riches habitants du Caire. Les mosquées et les édifices qui bordaient la rivière, il y- a moins d'un siècle encore, n'ont laissé que des décombres. Gizèh a cependant encore une sorte de réputation, qu'il doit à ses fours pour l'éclosion artificielle des poulets, industrie particulière à l'Egypte, et dont les procédés se voient déjà représentés sur les monuments des temps pharaoniques. ( V. p. 905;
En quittant Gizèh, on s'engage dans une plaine accidentée, semée "de magnifiques bois de palmiers, et où s'élèvent ça et là quelques villages arabes, et l'on se dirige droit sur les Pyramides, ayant à droite le champ de bataille de Bonaparte. A mesure que l'on avance, les trois monuments grandissent, et présentent, surtout quand on les entrevoit entre des bouquets^le palmiers, l'aspect le
S lus imposant. Rien de plussplenide que cette vaste plaine verdoyante, avec ses belles forêts, et
Orient.
son arrière- plan, où les trois colosses se détachent sur la lisière fauve du désert inondé de lumière.
En 2 h. 30 m. on atteint le pied d'une chaîne de rochers calcaires qui marque à la fois l'extrémité du terrain cultivé et la limite du plateau sur lequel les pyramides sont assises (18 kil. du Caire). Plusieurs excavationssépulcralessont creusées dans le flanc de ces rochers, et forment des salles où l'on s'installe pour passer la nuit,
3uand on n'entreprend pas imméiatement l'ascension.
Il faut ajouter que, si l'excursion aux Pyramides se fait au temps • de l'inondation, la plaine est couverte d'eau, et qu'il faut faire un grand détour au S. jusqu'au village de Chébrament, d'où Ton remonte vers les Pyramides par le Hadjèt ou lisière du désert.
1° Notions générales sur les Pyramides. On a émis bien de opinions, et quelqueR-unes assez bizarres, sur la destination originaire, aussi bien que sur l'ancienneté des Pyramides. Aujourd'hui que ces prodigieux monuments ont été explores et décrits dans leurs moindres détails, qu'on en connaît la structure intérieure, et (ju'on a pu tirer des inscriptions égyptiennes quelques indications précises, tous ces points sont fixés et hors de discussion. Les Pyramides ne sont autre chose que des constructions tumulaires, et elles remontent aux premières dynasties pharaoniques. Ce sont les
S lus anciens monuments connus el'Égypte{F. p. 910 et 920) Hérodote avait recueilli de la bouche des prêtres, sans doute d'après des inscriptions qu'il mentionne et qui ont disparu avec le revêtement extérieur , des renseignements qu'il nous a transmis sur le nom des rois qui firent élever les trois grandes pyramides au voisinage de Memphis ; ces renseignements, avec lesquels s'accordent ceux qne l'on doit à Manéthon, à Eratosthène et à Diodorc, ont été pleinementconfirmés de nos jours
998 egy:
par les découvertes des explorateurs égyptologues. Los rois auxquels appartient d'après Hérodote, la construction des trois grandes pyramides, Khéops (Seuphis dans Manéthon),KhéphrènetMykérinos (ou Menkhérès), sont nommés dans les inscriptions Cboufou, Cbafra et Menkara. Tous trois appartiennent à la quatrième dynastie (F. p. 910), Les Pyramides qui existent en Egypte sont toutes dans la partie intérieure de l Egypte moyenne, sur la gauche ou à 10., uu Nil, entre le Delta et le Fayoum. Le nombre en est considérable, le • docteur Lepsius n'en a pas examiné moins de 67. répandues du N. au S. sur un espace d'une dizaine de lieues. Elles varient beaucoup quant à leurs d irnensions et à leur état de conservation.
Elles forment un certain nombre de groupes plus ou moins espacés, qu'on distingue, d'après les filages actuels au ils avoisinent. en pyramides d'^loouroach, de Gizèh, à Aboutir , de Sakkarah , de Dachour, de Matanyèh et de Meidoûn,- De tous ces monuments, les plus grands et les plus connus sont les trois pyramides de Gizèh ; ce sont aussi (sauf la pyramide ruinée d'Abouroach) les plus septentrionales, et les seules que 1 on veut désigner communément quand on prononce le nom de Pyramides.
Le docteur Lepsius a pu constater, par l'étude qu'il a faite de l'ensemble des pyramides, queleur construction commençait par le centre et se développait extérieurement h la manière de l'aubier dans les arbres, de telle sorte qu'autour d'une pyramide de moyenne grandeur, formant comme un noyau central, on ajoutait successivement une ou plusieurs couches extérieures épaisses de 5 à 6 mèt., chaque couche augmentant ainsi graduellement la grosseur et l'élévation de la construction primitive. Pour se rendre compte de ce procédé, il faut savoir que chaque prince de l'ancienne monarchie, dès son avènement au
>TË. tKorr* 102.1
trône, faisait commencer la construction de sa pyramide tumtlaire, et cela sur de médioer»
proportions, afin d'en assurer lichèvement, dùt-ii ne régner çk peu de temps ; mais, à mesure r?
son règne se prolongeait, il ta ^Li superposer de nouvelles couc:».si oien que la grandeur de la pyramide était toujours en raison la durée du règne. C'esi ce qui implique pourquoi quelques-unepyramides ont de si vastes pror - *• tions, tandis que d'autres sont rctées à l'état embryonnaire. (îran i ou petite, la construction terminé à la mort du roi était revêtue d use enveloppe de pierres dures et r> lies qui faisait disparaître les gradins, en même temps qu'elle recoL vrait et dissimulait complètement l'orifice de la galerie conduisan: * la chambre sépulcrale. Cet exp»W du savant archéologue prussien est d'ailleurs justifie par le* fa bien connus des temps postérieur?
de la monarchie Les nombreux hypogées royaux de la moyenne et de la haute Egypte présentera absolument la même particularité
Les tombeaux des princes dont le règne fut court n'y ont qu'une ou deux chambres hâtivement décorées, tandis que le sarcophage, des rois qui occupèrent longtemps le trône se trouve déposé au ton:
d'une longue suite de salles et galeries, toutes Couvertes de peintures et de légendes historique* ou symboliques.
2° Pyramides de Gizèh. Les grandes pyramides occupent use vaste esplanade de rochers, nivelée par la main de l'homme, et." couverte d'un assez grand nombre de monuments, que nous al Ion?
passer en revue (V. le petit plan annexé au olan du Caire.;
La Grande Pyramide, ou Pyramyde de Khéops, est la plus rapprochée du Nord. C'est en géiura".
la seule que l'on gravisse ot dort on visite 1 intérieur, parcelle-là on £eutse former une idée des autre?.
Ascension. — La montée en est plus fatigante que difficile ; on y